Mise à jour le : 14-05-2008
Informations médicales sur la coloscopie virtuelle
La coloscopie virtuelle permet de visualiser le colon sans coloscopie. L'étude du colon est réalisé par le scanner, qui aprés calcul, reconstruit en 3D l'image interne du tube digestif. Il s'agit d'une technique qui évolue avec la capacité de plus en plus grande de calcul des machines radiologiques, mais qui n'est pas encore validée.
Principe de la Coloscopie virtuelle
d'aprés D. Sautereau CHU (Limoges) POST'U Paris - mars 2001 - Lire l'article complet >>> Cliquez iciLa "coloscopie virtuelle" a été définie par Fenlon en 1998
FENLON HM, NUMES DP, CLARKE PD, FERRUCCI JT. Colorectal neoplasm detection using virtual colonoscopy : a feasability study. Gut 1998; 43 : 806-11.
comme se rapportant spécifiquement à la navigation interactive en temps réel dans le côlon simulant ainsi la coloscopie.Actuellement, les terminologies "coloscanner et coloscopie virtuelle" sont considérées comme synonymes.
Les protocoles des différentes études sont globalement similaires.L’examen se déroule en plusieurs temps :
1) La préparation du patient pour assurer une vacuité colique. Une insufflation colique d’air ou de dioxyde de carbone est réalisée à l’aide d’une sonde rectale.
2) Les acquisitions des images sont obtenues lors d’une ou plusieurs apnées de 25 à 35 secondes. Une ou deux spirales complétes sont effectuées en décubitus dorsal et/ou ventral. L’épaisseur de coupe est le plus souvent de 5 mm, avec des intervalles de reconstruction compris entre 1 et 3 mm, et le pas de la spirale ("Pitch") compris entre 1 et 1,5.
Remarque :
Pitch : Distance séparant deux pixel s sur un écran , exprimée en mm. Le pitch dépend donc de la taille de l'écran et de sa résolution . Une résolution trop grande pour un écran trop petit peut donc devenir complétement idiote, les points affichés étant parfois confondus... Valeur courante : 0.28 mm.
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N Engl J Med 1999;341:1496-1503, Nov 11, 1999.3) Pour la visualisation et la reconstruction des images, les données acquises sont transférées sur une console de travail équipée de logiciels où elles sont analysées en coupes axiales 2D, en coupes multiplanaires et en 3D, avec une vision endoluminale. Le rendu volumique endoluminal fournit des images de meilleure qualité que le rendu surfacique. Il est possible de coupler les densités optiques avec une coloration jaune-rouge de la muqueuse virtuelle. La totalité des images obtenues sont revues coupe par coupe, avec un mode "Ciné-loop".
Remarque :
Ciné-Loop : exemple d'une séquence en Quick-Time >>> Cliquez ici
Copyright © http://invision.online.frL’analyse nécessite une étude complémentaire simultanée des vues 3D endoluminales et des vues 2D axiales ou multiplanaires. La durée de la manipulation des images par le médecin varie entre 15 et 45 mn.
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N Engl J Med 2003;349:2191-2200, Dec 4, 2003.Les doses d’irradiation ont été réguliérement réduites et sont inférieures de 25 à 75% à un examen scannographique standard abdomino-pelvien. Cette irradiation est à peu prés identique à celle d’un lavement baryté (0,61 rem).
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N Engl J Med 1999;341:1496-1503, Nov 11, 1999.
Comparaison entre l'image virtuelle et la réalité
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N Engl J Med 2003;349:2191-2200, Dec 4, 2003.
POSITIONNEMENTS RESPECTIFS DU COLOSCANNER ET DE LA COLOSCOPIE
(Mars 2008)
Suite à de récentes publications sur le coloscanner, les sociétés savantes de Gastro-Entérologie (SFED, SNFGE) et de Radiologie (SFR, SIAD) ont souhaité informer conjointement la communauté médicale sur le positionnement de cette nouvelle technique.
La coloscopie, réalisée le plus souvent sous anesthésie générale en hospitalisation courte ou en ambulatoire est la technique de référence pour la détection des lésions de la paroi colique.
Elle permet dans le même temps la résection puis l'analyse histologique de toute lésion retrouvée. Elle peut parfois être incomplète ou manquer des lésions en raison de leur situation derrière un angle ou un pli.
Sa complication essentielle est la perforation qui est rare (0,1% pour une coloscopie diagnostique).
Le coloscanner associé à la reconstruction luminale en 3D appelée encore coloscopie virtuelle est réalisée en externe après une préparation colique contraignante, sur 24H, assez proche de celle de la coloscopie.
Elle doit être pratiquée avec une faible dose de rayons X et par une équipe entraînée. Le risque de perforation est pratiquement nul lorsque l'insufflation se fait au CO avec contrôle de la pression.
Les grandes séries récemment publiées montrent qu'elle permettrait la détection des polypes du colon avec une sensibilité d'environ 90% pour les polypes de plus de 5 mm. Des lésions planes m'me de grande taille peuvent cependant être méconnues. Ce taux de détection, obtenu par des équipes performantes, serait ainsi comparable à celui de la coloscopie standard, examen de référence. L'utilisation d'un logiciel de détection automatisée des lésions est fortement recommandée.
Indications respectives de la coloscopie et du coloscanner
Avant tout il est important de repréciser les règles actuelles de dépistage selon les 3 niveaux de risque :
1. Risque moyen correspondant à la population asymptomatique de plus de 50 ans et sans facteur de risque : HémoccultÆ à répéter tous les 2 ans jusqu'à 74 ans à l'exclusion de tout autre méthode, coloscopie ou imagerie. La coloscopie est indiquée si le test est positif.
2. Risque élevé ou haut risque si antécédent familial de cancer colorectal au premier degré (survenu avant 60 ans) ou antécédent personnel de tumeur recto-colique (adénome ou cancer), MICI étendue évoluant depuis plus de 10 ans : coloscopie à renouveler tous les 3 ou 5 ans selon la présence ou non d'adénomes.
3. Très haut risque en cas de polypose familiale et en cas de suspicion ou diagnostic de syndrome HNPCC : conseil génétique et surveillance par coloscopie avec coloration ou chromoendoscopie.
Jusqu'à présent, selon les recommandations de la HAS publiées en Avril 2004 sur les indications de l'endoscopie digestive basse en dehors du dépistage en population, le coloscanner était indiqué :
- en cas d'échec de la coloscopie,
- en cas de contre-indications à la coloscopie.
Il a été proposé récemment par certains experts américains de réaliser un coloscanner en première intention chez des patients à risque moyen ou à haut risque et de ne diriger vers la coloscopie que les patients qui auraient un ou plusieurs polypes de plus de 9 mm détectés par cet examen.
Dans cette stratégie, les polypes de moins de 6 mm seraient volontairement négligés tandis que pour les polypes de 6 à 9 mm, on laisserait le choix au patient entre une surveillance par coloscanner ou une exérèse par coloscopie.
En France, cette stratégie de dépistage est considérée comme non validée du fait :
- de l'absence de données suffisantes pour recommander de laisser en place des polypes colorectaux (quelque soit leur taille)
- de l'absence de données suffisantes concernant la détection des lésions planes par le coloscanner
- de l'absence de validation sur de larges séries de la place du coloscanner en fonction des indications
En attendant une mise à jour des recommandations en partenariat avec la HAS, l'attitude préconisée par les sociétés savantes est donc la suivante :
1) Le dépistage en population (risque moyen) reste inchangé, basé sur l'Hemoccult°. Il n'est pas justifié de pratiquer en alternative une coloscopie ou un coloscanner.
2) Chez les patients à risque élevé la coloscopie reste l'examen de référence à proposer en première intention.
Cependant, si après une information complète et loyale, une personne à risque élevé ou à dépistage fécal positif refuse la coloscopie, il est important de lui proposer une alternative performante qu'elle pourrait accepter. Aujourd'hui le coloscanner réalisé par une équipe entraÓnée entre dans ce cadre. Le patient devra alors être clairement informé que la coloscopie permettrait la détection des lésions planes avec une meilleure sensibilité afin d'éviter que la responsabilité d'un médecin puisse être engagée en cas de lésion méconnue par le coloscanner. En cas de polypes détectés par le colo-scanner une résection par coloscopie sera recommandée quelque soit leur taille.
DOCUMENTS SCIENTIFIQUES
Articles de référence :
Computed Tomographic Virtual Colonoscopy to Screen for Colorectal Neoplasia in Asymptomatic Adults
Pickhardt P. J., Choi J. R., Hwang I., Butler J. A., Puckett M. L., Hildebrandt H. A., Wong R. K., Nugent P. A., Mysliwiec P. A., Schindler W. R.
N Engl J Med 2003;349:2191-2200, Dec 4, 2003
Abstract :
Background : We evaluated the performance characteristics of computed tomographic (CT) virtual colonoscopy for the detection of colorectal neoplasia in an average-risk screening population.
Methods : A total of 1233 asymptomatic adults (mean age, 57.8 years) underwent same-day virtual and optical colonoscopy. Radiologists used the three-dimensional endoluminal display for the initial detection of polyps on CT virtual colonoscopy. For the initial examination of each colonic segment, the colonoscopists were unaware of the findings on virtual colonoscopy, which were revealed to them before any subsequent reexamination. The sensitivity and specificity of virtual colonoscopy and the sensitivity of optical colonoscopy were calculated with the use of the findings of the final, unblinded optical colonoscopy as the reference standard.
Results : The sensitivity of virtual colonoscopy for adenomatous polyps was 93.8 percent for polyps at least 10 mm in diameter, 93.9 percent for polyps at least 8 mm in diameter, and 88.7 percent for polyps at least 6 mm in diameter. The sensitivity of optical colonoscopy for adenomatous polyps was 87.5 percent, 91.5 percent, and 92.3 percent for the three sizes of polyps, respectively. The specificity of virtual colonoscopy for adenomatous polyps was 96.0 percent for polyps at least 10 mm in diameter, 92.2 percent for polyps at least 8 mm in diameter, and 79.6 percent for polyps at least 6 mm in diameter. Two polyps were malignant; both were detected on virtual colonoscopy, and one of them was missed on optical colonoscopy before the results on virtual colonoscopy were revealed.
Conclusions :CT virtual colonoscopy with the use of a three-dimensional approach is an accurate screening method for the detection of colorectal neoplasia in asymptomatic average-risk adults and compares favorably with optical colonoscopy in terms of the detection of clinically relevant lesions.A Comparison of Virtual and Conventional Colonoscopy for the Detection of Colorectal Polyps
Fenlon H. M., Nunes D. P., Schroy P. C., Barish M. A., Clarke P. D., Ferrucci J. T.
N Engl J Med 1999;341:1496-1503, Nov 11, 1999.Abstract :
Background : Virtual colonoscopy is a new method of imaging the colon in which thin-section, helical computed tomography (CT) is used to generate high-resolution, two-dimensional axial images. Three-dimensional images of the colon simulating those obtained with conventional colonoscopy are then reconstructed off-line. We compared the performance of virtual and conventional colonoscopy for the detection of colorectal polyps.
Methods : We prospectively studied 100 patients at high risk for colorectal neoplasia (60 men and 40 women; mean age, 62 years). We performed virtual colonoscopy immediately before conventional colonoscopy. We inserted a rectal tube and insufflated the colon with air to the maximal level that the patient could tolerate. We administered 1 mg of glucagon intravenously immediately before CT scanning to minimize the degree of smooth-muscle spasm and peristalsis and to reduce the patient's discomfort.
Results : The entire colon was clearly seen by virtual colonoscopy in 87 patients and by convention-al colonoscopy in 89. Fifty-one patients had normal findings on conventional colonoscopy. In the other 49, we identified a total of 115 polyps and 3 carcinomas. Virtual colonoscopy identified all 3 cancers, 20 of 22 polyps that were 10 mm or more in diameter (91 percent), 33 of 40 that were 6 to 9 mm (82 percent), and 29 of 53 that were 5 mm or smaller (55 percent). There were 19 false positive findings of polyps and no false positive findings of cancer. Of the 69 adenomatous polyps, 46 of the 51 that were 6 mm or more in diameter (90 percent) and 12 of the 18 that were 5 mm or smaller (67 percent) were correctly identified by virtual colonoscopy. Although discomfort was not specifically recorded, none of the patients requested that virtual colonoscopy be stopped because of discomfort or pain.
Conclusions : In patients at high risk for colorectal neoplasia, virtual and conventional colonoscopy have similar efficacy for the detection of polyps 6 mm or more in diameter.
Evaluation des sociétés savantes :
Rapport dévaluation sur la colospie virtuelle (SFED) >>> Cliquez ici
Mise au point de la Société Française de Radiologie >>> Cliquez ici
Mise au point récente des sociétés savantes (SFED, SFR et SFNGE) >>> Cliquez ici
Conférence de consensus :
Place de la coloscopie virtuelle dans le dépistage du cancer colorectal - Rapport - 2001 - texte court - 38 Ko -
Place de la coloscopie virtuelle dans le dépistage du cancer colorectal - Synthése - 2001 - texte long - 184 Ko -




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