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Traitement de l'hépatite C Mercredi 27 et jeudi 28 février 2002 Maison de la Chimie - Paris |
Consensus HVC |
Les traitements des patients infectés par le VHC comprennent les traitements antiviraux, la transplantation hépatique et les mesures d'accompagnement.
1. LES TRAITEMENTS ANTIVIRAUX
Le traitement antiviral a reposé successivement sur l'IFN standard, la bithérapie IFN + ribavirine et aujourd'hui IFN PEG + ribavirine. L'IFN PEG est constitué par l'IFN standard lié à du polyéthylène glycol (PEG). La pégylation de l'IFN diminue la clairance rénale du médicament, prolonge sa demi-vie et augmente sa concentration plasmatique; de ce fait une injection par semaine suffit.
1.1. IFN PEG + ribavirine en bithérapie :
Le traitement de référence
Il existe deux IFN PEG : a-2a et a-2b.
Deux études récentes randomisées portant
sur plus de 2 500 malades ont comparé la bithérapie
IFN PEG + ribavirine à la bithérapie IFN + ribavirine.
Elles ont abouti à des résultats concordants en
terme de RVP.
Dans ces études, les schémas thérapeutiques les plus efficaces par rapport à la bithérapie standard étaient :
Une de ces études a montré
qu'en cas d'infection par un virus de génotype 1, la baisse
de la charge virale à la 12 ème semaine était
prédictive de RVP.
Dans l'étude concernant l'IFN PEGa-2b, une analyse rétrospective
a montré que le taux de patients ayant une RVP était
plus élevé dans le sous-groupe de malades ayant
reçu une dose de ribavirine > 10,6 mg/kg/j. Cette analyse
a conduit secondairement à proposer une posologie de ribavirine
adaptée au poids.
Dans ces deux études, la durée du traitement était
de 48 semaines. Toutefois, avec une bithérapie IFN + ribavirine,
la durée du traitement recommandée (AMM) pour les
infections liées à un virus de génotype 2
ou 3 est de 24 semaines.
Par analogie avec ce schéma, une durée de 24 semaines
peut être proposée pour la bithérapie IFN
PEG + ribavirine chez les patients infectés par un génotype
2 ou 3.
Recommandations du jury :
Un des deux schémas suivants :
Une durée, fonction du génotype, de :
Le jury souligne que ces recommandations devront être revues en fonction des résultats des études en cours ou à venir dont l'objectif est de répondre aux questions encore non résolues concernant :
Indications :
Ces schémas thérapeutiques s'appliquent aux malades suivants :
1.2. Les autres schémas thérapeutiques
1.2.1. L'IFN PEG en monothérapie
La posologie recommandée est pour l'IFN PEGa-2a de 180 mg/sem et pour l'INF PEGa-2b de 1mg/kg/sem. La durée dépend des indications.
Ce traitement est proposé :
1.2.2. L'IFN standard en monothérapie
Ce schéma s'applique à deux situations distinctes : les patients ayant une primo-infection par le VHC et les patients dialysés.
- Les primo-infections par le VHC
Les seules études disponibles concernent l'IFN en monothérapie avec, dans les publications les plus récentes, un taux de RVP supérieur à 80 %. Le jury recommande l'utilisation (hors AMM) de l'un des deux schémas décrits dans la littérature offrant les meilleurs résultats virologiques :
Indications :
Primo-infection par le VHC asymptomatique : en cas de contamination documentée (par exemple AES) par au moins 2 détections positives de l'ARN viral, certains proposent de commencer immédiatement le traitement. D'autres attendent l'augmentation des transaminases pour débuter le traitement. En fonction des données actuelles, le jury ne peut pas trancher entre ces deux attitudes.¨ Hépatite aiguë C ictérique : la recommandation est de ne pas traiter immédiatement compte tenu de la possibilité d'une guérison spontanée dans environ 50 % des cas. La recherche de l'ARN viral est effectuée 12 semaines après le début de l'ictère et le traitement est débuté si celle-ci est positive.
- Les dialysés
Dans l'état actuel des connaissances, l'IFN PEG et la ribavirine sont contre-indiqués chez les patients dialysés.
Le schéma proposé est l'IFN 3 MU 3 fois par semaine pendant 6 à 12 mois. L'injection est faite après chaque dialyse.
1.2.3. L'IFN dit " consensus "
Sa place doit être précisée. Ses conditions d'administration, identiques à celles de l'IFN standard, en limitent l'utilisation.
1.2.4. La ribavirine en monothérapie
Chez les patients ayant une fibrose F3 ou une cirrhose et une contre-indication ou une intolérance à l'IFN, un traitement par ribavirine en monothérapie peut être discuté bien que cette stratégie n'ait pas été suffisamment validée. Ce traitement ne devrait être poursuivi qu'en cas de réponse biochimique.
1.2.5. Les autres combinaisons thérapeutiques
Il n'existe pas de schéma validé pour le traitement des patients rechuteurs et des patients non répondeurs après bithérapie. Des associations de la ribavirine, de l'amantadine et du mycophénolate, à l'IFN PEG sont en cours d'évaluation.
2. LA TRANSPLANTATION HÉPATIQUE
Les hépatopathies virales C représentent environ 20 % des indications de transplantation hépatique en France.
La transplantation hépatique est indiquée
Une réinfection du greffon survient dans la quasi-totalité des cas. Les modalités du traitement antiviral pour juguler cette réinfection sont actuellement discutées. L'IFN seul n'est pas indiqué ; la bithérapie est en cours d'évaluation.
3. LES MESURES D'ACCOMPAGNEMENT
Des études ont montré que certains facteurs associés à l'infection virale C peuvent influencer la réponse au traitement et l'évolution de la maladie. Il est important de les prendre en compte dans une approche globale du patient, qu'il soit ou non traité.
3.1. L'alcool
Une consommation excessive semble associée
à une augmentation de la réplication virale et à
une résistance au traitement antiviral, et conduit à
une évolution plus rapide de l' hépatopathie. Une
consommation nulle ou très limitée (< 10 g/j)
est donc recommandée.
En cas d'alcoolodépendance, le traitement antiviral peut
être proposé s'il existe une prise en charge globale
de celle-ci. Même en l'absence de traitement antiviral,
la prise en charge de l'alcoolodépendance est importante
pour limiter l'évolution de l'hépatopathie.
3.2. L'excès de poids
L'excès de poids est un facteur de stéatose, elle-même associée à une progression plus rapide de la fibrose. En outre, il réduit les chances de succès thérapeutique. Une réduction pondérale doit être recherchée.
3.3. Le tabac
Une étude suggère que le tabagisme augmente la sévérité de l'atteinte hépatique. Compte tenu du bénéfice de l'arrêt du tabac sur la santé, le jury recommande une réduction et si possible un arrêt de la consommation de tabac.
3.4. Les vaccins
La vaccination vis-à-vis du VHB est recommandée, en raison du risque de co-infection avec le VHC qui est un facteur pronostique péjoratif. Les indications de la vaccination vis-à-vis du virus de l'hépatite A (VHA) sont les mêmes que celles de la population générale.
3.5. Les autres traitements
Aucun autre traitement ou régime n'a fait la preuve de son efficacité, en particulier les saignées et l'acide ursodésoxycholique.
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