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Fiches pratiques
Résistance d'une maladie coeliaque au régime sans gluten

La "résistance" d'une maladie coeliaque au régime sans gluten impose une démarche rigoureuse.

Le diagnostic de sprue réfractaire, qui était encore récemment un diagnostic d'élimination, peut être aujourd'hui conforté par l'immunohistochimie et la biologie moléculaire.


Première étape  : le diagnostic initial de maladie coeliaque doit être remis en cause

Les quatre arguments du diagnostic positif de la maladie coeliaque sont:


Deuxième étape  : en cas de non-réponse à un régime sans gluten, la principale cause est la mauvaise observance du régime sans gluten

Erreurs possibles

  • soit dans l'alimentation
  • soit dans les prises médicamenteuses
    • Débridat®
    • Théophylline®
    • Tardyféron®

 

  • Un mauvais suivi du régime est suspecté si
    • les anticorps anti-endomysium n'ont pas disparu après 12 mois de traitement
    • le nombre de LIE n'a pas significativement diminué sur les biopsies duodénales de contrôle


Troisième étape  : après avoir exclu une mauvaise observance du régime sans gluten, une résistance primitive ou secondaire à l'exclusion du gluten doit faire rechercher un lymphome intestinal associé à la maladie coeliaque

Lymphome de phénotype T qui peut compliquer ou révéler la maladie coeliaque, essentiellement chez l'adulte

  • Survenue est favorisée par la non-observance du régime sans gluten
  • risque relatif de survenue d'un lymphome est multiplié par 50 à 100 chez les patients non observants
    • endoscopies haute et basse
    • entéroscopie
    • transit du grêle
    • un scanner
    • laparotomie en cas de forte suspicion.

La mise en évidence d'une jéjunite ulcéreuse associée à une maladie coeliaque doit être considérée comme une entité prélymphomateuse.

En effet, un réarrangement monoclonal du TCRgamma sur des biopsies de zones ulcérées non lymphomateuses a été détecté chez des malades qui ont secondairement développé un lymphome invasif.

 


Quatrième étape  : si aucun lymphome invasif n'est mis en évidence, le diagnostic de sprue réfractaire ou atrophie villositaire résistante au régime sans gluten peut être posé

Histologiquement, l'atrophie villositaire observée au cours de la sprue réfractaire est identique à celle observée au cours de la maladie coeliaque, avec une atrophie totale ou subtotale associée à une augmentation importante du nombre de LIE

  • phénotype de ces LIE différents
    • population lymphoïde T intestinale monoclonale de phénotype anormal, exprimant le CD3 de façon intracytoplasmique, mais non les autres marqueurs T habituels tels que CD8, TCR et CD4.
    • Cette population lymphoïde T anormale est détectée chez la plupart des malades, non seulement au niveau de l'intestin grêle, mais également au niveau du côlon.
    • Cette anomalie phénotypique avec expression du CD3 sans expression du CD8 (appelée "trou phénotypique") peut être mise en évidence par un immuno-marquage simplifié sur des coupes fixées, n'utilisant que les marqueurs CD3 et CD8

Au cours de la sprue réfractaire

  • associations morbides inhabituelles
    • jéjuno-iléite ulcéreuse
    • cavitation ganglionnaire mésentérique
    • sprue collagène
    • lymphome T invasif
      • intestinal
      • ganglionnaire intra-abdominal
      • cutané
      • pédicule hépatique

Sur le plan thérapeutique

  • corticothérapie
  • associée ou non à une nutrition parentérale
  • amélioration clinique dans environ 70 % des cas
  • amélioration histologique est exceptionnelle
  • traitements par immunosuppresseurs
    • azathioprine
    • ciclosporine
        


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