Structure :
Le virus de l'hépatite C s'apparente
aux pestivirus animaux et est proche de la famille des Flaviviridæ
humains. Le virus dont la taille est de 50 à 60 nm de diamètre
est constitué d'une enveloppe lipidique et d'un ARN monocaténaire
de 10 000 nucléotides avec un cadre de lecture unique.
Le génome code des protéines structurales et des
protéines non structurales de régulation utilisées
dans les tests de détection des anticorps anti-VHC. Il
existe une grande variabilité du génome dans certaines
régions sauf dans la région 5' non codante qui permet
la détection de l'ARN du VHC. Les techniques de biologie
moléculaire ont permis d'identifier à ce jour 6
génotypes majeurs comprenant au moins 16 sous-types, eux-mêmes
constitués d'isolats. Une classification consensuelle a
été proposée avec une répartition
géographique différentielle de ces génotypes.
Épidémiologie : (1)
En France, on estime qu'environ 1 % de la population
française, soit 600 000 personnes, sont infectées
par le virus de l'hépatite C. A ce jour, la moitié
d'entre elles auraient été identifiées et
une importante campagne de sensibilisation au dépistage
a été lancée cette année par le Ministère
de la Santé afin que les porteurs du virus prennent conscience
de leur séropositivité et puissent envisager un
traitement anti-viral. La sécurisation du sang et des produits
sanguins a permis de tarir la principale source d'infections qu'était
la transfusion sanguine avant la découverte du virus, à
la fin des années 80. On estime qu'il existe aujourd'hui
5000 à 6000 nouveaux cas d'hépatite C par an, la
plupart survenant chez des toxicomanes par voie veineuse. En outre,
80 % des infections aiguës évoluent vers une hépatite
chronique C, exposant les sujets infectés à ses
risques évolutifs.
Transmission :
Parmi les malades nouvellement contaminés,
on estime à 80 % la proportion de toxicomanes.: Risque
transfusionnel évalué à 1/375 000, soit 10
hépatites post-transfusionnelles par an en France. Ce "réservoir"
est en train de s'épuiser, et la population en cause est
plus âgée que les sujets contaminés par toxicomanie.
Endoscopies digestives : 2 cas documentés avérés.
Hémodialyse : rôle non négligeable de l'insuffisance
dans l'application des précautions universelles et mise
en cause de certaines techniques de dialyse.
Infection primaire (2)
Manifestations :
L'hépatite post-transfusionnelle passe
actuellement moins rarement inaperçue que chez le toxicomane
(20 à 25 %). L'incubation qui est de 2 à 26 semaines
(pic à 7-8 semaines) et la sévérité
de l'infection sont en fonction de l'importance de l'inoculum.
Il existe très rarement de syndrome pré-ictérique.
Les signes cliniques ne peuvent être distingués de
ceux de l'hépatite virale A ou B.
Diagnostic de l'infection :
Premier marqueur d'infection primaire à
VHC : virémie détectable par PCR dès le 7ème
jour après l'exposition. -- fluctuantes traduisant la cytolyse
dès la 6ème semaine et précède les
signes cliniques lorsqu'ils sont présents. L'hépatite
fulminante est un concept controversé. Elle est possible
en cas de co-infection avec d'autres virus hépatotropes
(B-C) (3). 20 % des infections primaires évoluent vers
une guérison avec disparition de la virémie (ARN
du VHC), 80 % vont évoluer vers des infections chroniques.
Infection chronique à VHC
Hépatites chroniques à ALAT normales
Concerne en moyenne 25 % des hépatites
chroniques C. Patients identifiés à l'occasion d'un
dépistage systématique: asymptomatiques. En cas
d'ARN VHC détectable et ALAT normales, en général,
il existe des lésions hépatiques à la biopsie
: 54 % d'hépatites minimes, 21 % d'hépatites modérées,
1 % de cirrhoses (4). En raison des atteintes minimes, et de la
moindre efficacité des traitements antiviraux, il est généralement
recommandé de ne pas réaliser de PBH dans ce groupe
(5) En général, bon pronostic et évolution
fibrosante très lente (6)
Hépatites chroniques à ALAT élevées
:
75% des hépatites chroniques C. Patients
souvent symptomatiques, mais signes peu spécifiques (asthénie).
Deux sous groupes individualisables selon l'histologie : 50 %
: hépatite minime, 50 % hépatite modérée
à sévère. La valeur des transaminases n'est
pas un bon marqueur de la sévérité de l'infection
chronique.
Facteurs associés à la vitesse
de progression de la fibrose :
Age, Sexe masculin (7),
Consommation d'alcool (8) et de cigarette (9),
Durée d'infection,
Co-infection VIH (10),
Fer (11),
Surpoids (BMI) (12).
Références
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l'hépatite C. Rev. Prat. 2000; 50:1066-70.
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par le virus de l'hépatite C. Med Mal Infec 2000; 30 :
8-13.
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