
du Mois |
Mobile |
|
Helicobacter
pylori, gastrite chronique, métaplasie intestinale, dysplasie
et cancer gastrique
Giorgio DOBRILLA
Stefano BENVENUTI
Stefano AMPLATZ
Laura ZANCANELLA
division of gastroenterology and service of
pathophysiology and digestive endoscopy, General Regional Hospital,
Via Lorenz Boehler
5, 39100 Bolzano, Italy.
Hépato-Gastro. Vol. 2, n° 2, mars-avril 1995 : 151-8
RESUME :
La gastrite chronique constitue probablement une condition favorisant
la survenue du cancer gastrique sans & tre en soi une
lésion précancéreuse. Chez de nombreux patients,
elle est associée à l'infection par Helicobacter
pylori, et on peut penser que ce germe possède un rôle
au moins indirect dans la pathogénie du cancer de l'estomac.
Helicobacter pylori n'est cependant qu'un des facteurs
de risque impliqués, puisque des paramètres comme
la consommation de sel, le tabagisme et la diminution de l'apport
alimentaire en composés antioxydants pourraient intervenir
dans la transformation de la gastrite chronique atrophique en
un cancer gastrique de type intestinal. La carcinogenèse
gastrique est donc un processus multifactoriel et multi-étape,
caractérisé par la survenue intriquée d'anomalies
histologiques (métaplasie intestinale de type III et dysplasie)
et fonctionnelles (hypochlorhydrie à l'origine d'une pullulation
bactérienne et de la production de nitrosamines). L'existence
d'une étroite corrélation entre l'incidence du cancer
de l'estomac, la fréquence de l'infection par H. pylori,
et le niveau socio-économique et hygiénique des
populations, permet d'étayer l'hypothèse qu'H.
pylori est impliqué dans la carcinogenèse gastrique.
Il pourrait ainsi exister plusieurs moyens de réduire le
risque de cancer de l'estomac : (1) la prévention de l'infection
par H. pylori, grâce à l'amélioration
des conditions socio-économiques ou à la conception
d'un vaccin ; (2) en éradiquant H. pylori chez les
sujets infectés, grâce aux traitements antibiotiques
(qui ne seraient de toute façon efficaces que sur les patients
chez lesquels ne seraient pas encore apparues de lésions
d'atrophie diffuse ou de dysplasie). La mise en évidence
définitive du rôle d'H. pylori dans la genèse
du cancer de l'estomac et de l'efficacité des traitements
antibiotiques et des mesures préventives ne sera vraiment
établie qu'après la réalisation d'essais
contrôlés. Ces études sont de réalisation
difficile, puisqu'elles doivent & tre conduites à
partir de populations à forte prévalence de gastrite
chronique non atrophique.
Mots clés : gastrite chronique, Helicobacter
pylori, cancer gastrique, carcinogenèse, métaplasie
intestinale, dysplasie.
L'association entre gastrite chronique atrophique (GCA) et cancer
de l'estomac est connue depuis longtemps [1]. Il a été
estimé que, 9 à 26 ans après qu'ait été
porté le diagnostic de GCA, on trouvait une prévalence
de cancer de l'estomac voisine de 10& % [2], c'est-à-dire
beaucoup plus élevée que celle observée dans
la population générale : 12/100 000 dans les populations
à faible risque comme les individus mâles de type
caucasien aux USA, et 79/100 000 dans les populations à
haut risque comme les Japonais [3].
Gastrite chronique atrophique et cancer gastrique
Le cancer gastrique de type intestinal est
associé à la gastrite de type B (figure 1), c'est-à-dire
localisée à l'antre et considérée
comme « environnementale » [4], et à la gastrite
atrophique multifocale [5], une entité curieusement ignorée
par le Sydney System. Cette dernière forme de gastrite,
qui est plus fréquemment notée dans les zones de
forte incidence du cancer gastrique (Japon, Amérique du
Sud), est caractérisée par la présence initiale
de foyers atrophiques avec disparition des glandes au niveau de
la petite courbure gastrique et de la jonction antre-corps, puis
coalescence des foyers atrophiques et extension à l'antre
et/ou au corps gastrique [5]. Les cancers de l'estomac &endash;
retrouvés chez les patients avec une gastrite atrophique
multifocale &endash; sont surtout localisés à
l'antre et à la petite courbure gastrique, souvent bien
différenciés et se présentent accompagnés
d'ulcérations. Au contraire, les cancers de l'estomac de
type diffus, qui constituent une entité plus rare, sont
localisés au corps de l'estomac ; ils sont associés
à la gastrite corporéale et fundique de type A,
généralement qualifiée d'auto-immune (figure
2). Dans ce type de gastrite, la disparition progressive des cellules
pariétales et principales de la muqueuse oxyntique peut
& tre à l'origine d'une anémie de Biermer
et d'une achlorhydrie. Contrairement à ce qui avait pu
& tre auparavant proposé, l'achlorhydrie en tant
que facteur isolé, ne peut pas & tre considérée
comme un mécanisme essentiel à l'origine du cancer
gastrique [6]. Cependant, la plupart de ces patients développent
une hyperplasie des cellules ECL, qui chez certains aboutit à
une tumeur carcinoïde.
Ainsi, la GCA est significativement associée au cancer
de l'estomac, m& me si plusieurs facteurs interviennent
certainement dans l'apparition du cancer durant la très
longue période (plusieurs décennies) pendant laquelle
la gastrite chronique superficielle se transforme en GCA puis
en cancer [7]. Comme nous le reverrons plus loin, alors que la
survenue de la gastrite de type B ou de la gastrite atrophique
multifocale est surtout associée à l'infection par
H. pylori, la progression de la gastrite chronique initiale
vers l'atrophie pourrait & tre surtout influencée
par des paramètres génétiques, macro-environnementaux
(alimentation, sel, tabac, médicaments) et micro-environnementaux
(reflux duodéno-gastrique, pullulation bactérienne
intragastrique à l'origine de la formation de nitrosamines)
[8]. Le risque de cancer gastrique augmente avec le degré
et l'étendue de l'atrophie ; il pourrait & tre
jusqu'à 80 à 90 fois plus important chez les patients
présentant une pan-atrophie sévère que chez
ceux où la gastrite est absente, et 3 à 5 fois plus
élevé chez ceux qui présentent une atrophie
limitée au corps. La prévalence de la GCA est étroitement
liée à l'âge [9], et on la détecte
chez plus de 50& % des personnes âgées.
Les séquelles de la gastrite chronique, et particulièrement
son potentiel de transformation néoplasique, dépendent
beaucoup de l'âge auquel les patients développent
la gastrite, et donc de l'âge auquel ils contractent l'infection
à H. pylori [9].
Métaplasie intestinale, dysplasie et carcinome gastrique
La GCA, surtout dans sa localisation antrale, et la gastrite atrophique multifocale sont associées à la métaplasie intestinale (MI) ; Avant m& me que n'ait été envisagée la subdivision de la MI en plusieurs types, plusieurs observations avaient relié la présence de la MI à la survenue des cancers de type intestinal. Parmi ces observations, on peut noter la plus grande fréquence de la MI chez les patients ayant un cancer gastrique par rapport aux patients ayant une tumeur bénigne [10], la distribution topographique identique de la MI et des cancers, et la fréquence plus élevée de la MI dans les zones à haut risque de cancer comme le Japon [11] et chez les sujets apparentés au premier degré aux individus ayant un cancer gastrique [12]. Avant l'identification des différents sous-types de MI, il était de toute façon difficile d'attribuer à la MI une signification pathologique précise en tant que lésion précancéreuse, toutes les études ayant considéré la GCA comme le paramètre essentiel, m& me en l'absence de MI [5-7, 13, 14]. Grâce à la classification proposée par Filipe [15], il a pu & tre montré que seule la MI de type III (MI incomplète, ou de type colique), caractérisée par la présence d'entérocytes sécrétant surtout des sulfomucines, était une lésion précurseur du cancer gastrique de type intestinal [13, 16]. Au contraire, les métaplasies de type I (MI complète, ou métaplasie de type gr& le) et de type II (MI incomplète comme le type III, mais avec des cellules sécrétant essentiellement des sialomucines) ne constituent pas des lésions précurseurs du cancer gastrique, alors qu'on les retrouve plus fréquemment chez les patients ayant une gastrite chronique [14]. En fait, la MI de type I est caractérisée par une prolifération cellulaire similaire à celle observée dans la muqueuse gastrique normale, alors que dans la MI de type III la prolifération cellulaire s'apparente à celle des cancers gastriques [17] ; morphologiquement, il existe un pléomorphisme nucléaire plus marqué et une augmentation du rapport nucléocytoplasmique [18]. La MI de type III est fréquemment associée à la dysplasie et elle ne présente pas une distribution focale ; elle est non seulement associée à une immaturité cellulaire et à une prolifération accrue, mais aussi à l'expression d'antigènes foetaux [19]. Chez les patients avec une MI de type III et suivis par endoscopie, la prévalence des cancers précoces est significativement accrue (figure 3) [20]. Chez les patients avec une GCA, la présence d'une dysplasie de haut grade traduit un risque élevé de cancer de l'estomac, qu'elle s'accompagne ou non de MI [21]. En fait, 80& % ou plus des patients avec des lésions de dysplasie sévère présentent ou présenteront un cancer gastrique [22, 23]. Le pourcentage de dysplasie synchrone au cours des cancers de l'estomac est pratiquement du m& me ordre, ce qui suggère qu'une petite minorité seulement des cancers gastriques se développe en l'absence de GCA et de dysplasie.
Helicobacter pylori et gastrite chronique
Helicobacter pylori est à l'origine de 80& % des GCA antrales et des gastrites chroniques atrophiques multifocales [24, 25]. Dans sa localisation au corps gastrique, la gastrite à H. pylori est à la fois moins fréquente et caractérisée par une intensité moindre des phénomènes inflammatoires [26]. La gastrite à H. pylori est particulièrement fréquente dans les populations de faible niveau socio-économique [27]. La fréquence de la MI augmente avec le degré de l'inflammation et la durée de l'infection à H. pylori, et comme c'est le cas pour la GCA, avec l'âge du patient [9, 28]. La densité de la colonisation tend à diminuer au fur et à mesure qu'apparaissent l'atrophie et la MI. En effet, H. pylori colonise l'épithélium de type gastrique, y compris la métaplasie gastrique localisée au duodénum, et non l'épithélium de type intestinal [29] ou les lésions dysplasiques [30]. Malgré cette diminution de densité de colonisation, on retrouve fréquemment des anticorps anti-H. pylori chez ces sujets, et on peut penser que la colonisation par H. pylori persiste en zone non atrophique. En plus du fort pourcentage de cas dans lesquels H. pylori est retrouvé associé à la GCA, plusieurs éléments suggèrent une relation de cause à effet entre H. pylori et GCA : (1) l'ingestion volontaire d'H. pylori a provoqué l'apparition d'une gastrite (rapidement résolutive de façon spontanée dans un cas [31], plus persistante dans un autre cas [32]) chez des sujets auparavant endoscopiquement normaux ; (2) l'éradication d'H. pylori permet d'obtenir une amélioration nette des paramètres histologiques de l'inflammation antrale chez des patients ulcéreux ayant une gastrite chronique antrale [33] ; (3) la responsabilité apparente d'H. pylori dans des mini-épidémies de gastrites non érosives, probablement causées par la contamination des appareils d'endoscopie utilisés [34].
Helicobacter pylori et cancer gastrique
En m& me temps qu'était mise
en évidence l'existence de liens entre cancer gastrique
et GCA (et à une échelle moindre entre cancer gastrique
et gastrite chronique superficielle non atrophique), et entre
GCA et H. pylori [24, 25, 32-34], la question de l'implication
d'H. pylori dans la carcinogenèse gastrique se posait
tout naturellement [35] ; en d'autre terme, on pouvait se demander
si le cancer de l'estomac était une maladie infectieuse
[36]. Un travail « provocateur » avait d'ailleurs
décrit une régression des lésions gastriques
dysplasiques après prescription d'un traitement anti-H.
pylori [37] ; de telles conclusions méritent confirmation.
A l'heure actuelle, les études portant sur la fréquence
de la colonisation de la muqueuse gastrique sur les prélèvements
cancéreux ont donné des résultats contradictoires,
avec des taux de positivité allant de 19 à 80& %
[38, 39] ou avec des études ne mettant pas en évidence
H. pylori [40]. Comme H. pylori ne colonise que
l'épithélium gastrique [29, 30], on peut penser
que cette variabilité est attribuable à la présence
à différents degrés de la MI, de la dysplasie
et à l'extension du cancer. En l'absence de cancer de l'estomac,
on a d'ailleurs trouvé chez certains patients des sérologies
anti-H. pylori positives sans colonisation histologique
de la muqueuse gastrique [41]. Quoi qu'il en soit, chez les patients
avec un cancer gastrique de type diffus précoce (i.e. limité
à la muqueuse et à la sous-muqueuse), les études
ayant recherché H. pylori de façon extensive
(au niveau de l'antre, de la courbure gastrique, du corps et de
la muqueuse péritumorale) ont mis en évidence une
prévalence de 100& %, ce qui suggère fortement
un rôle étiologique dans ce type de tumeur [42].
De plus, quand le cancer gastrique de type intestinal précoce
et la gastrite chronique non atrophique ou la GCA sont limités
à l'antre et à l'angle gastrique, la colonisation
par H. pylori est significativement plus fréquente
(85& %) que lorsque la muqueuse du corps de l'estomac
est atrophique (50& %) [42]. Des études prospectives
ont montré que les patients séropositifs pour H.
pylori ont un risque de cancer gastrique 3 à 6 fois
supérieur à la population non infectée [43],
et que l'infection par H. pylori précède
l'apparition du cancer d'une période en moyenne de 6 à
14 ans. Trente-cinq à 60& % des cancers gastriques
pourraient & tre attribuables à une infection
initiale par H. pylori [44]. Les données rapportées
par Hanson et al. [45] et par le groupe d'étude EUROGAST
[46] confirment l'existence d'une association entre la séropositivité
pour H. pylori et la prévalence et le taux de mortalité
par cancer de l'estomac chez plus de 3 000 patients dans 17 populations.
Dans l'étude EUROGAST, il a été calculé
que les populations présentant une prévalence de
100& % de la colonisation par H. pylori avaient
un risque de cancer gastrique augmenté 6 fois par rapport
aux populations non infectées [46]. Malgré l'importance
de ces données épidémiologiques, il reste
que, pour certains auteurs, une association « aussi forte
soit-elle, ne démontre pas une relation de cause à
effet entre un facteur ou un événement et la survenue
d'un état pathologique » [44]. Plusieurs éléments
suggèrent que l'infection par H. pylori n'est pas
à elle seule suffisante pour induire le cancer gastrique
: le fort taux d'infection dans les populations témoin
des études prospectives mentionnées plus haut [43]
; l'absence de différence significative des taux de séropositivité
pour H. pylori entre les zones à forte et à
basse incidence du cancer de l'estomac dans certaines études
[47] ; enfin, le paradoxe que constitue l'existence de forts taux
d'infection par H. pylori en m& me temps que la
faible incidence du cancer de l'estomac dans des zones comme la
Chine ou l'Afrique. Le cancer gastrique est l'aboutissement d'un
processus comprenant plusieurs étapes, et chaque paramètre
pourrait jouer un rôle à une étape précise.
Alors qu'H. pylori joue certainement un rôle à
un stade précoce, d'autres facteurs de nature macro- ou
micro-environnementale interviennent aux étapes plus tardives
de la carcinogenèse (quand H. pylori a disparu des
zones de MI ou de dysplasie) [8]. Les facteurs du micro-environnement
incluent les acides biliaires, les nitrites et les nitrosamines.
M& me si plusieurs auteurs n'étaient pas par le
passé parvenus à mettre en évidence le rôle
des concentrations élevées en nitrites et nitrosamines
chez les patients avec une MI [48], on peut aujourd'hui expliquer
ces résultats non concluants du fait de la nature multifactorielle
du processus cancéreux et de l'emploi d'une méthodologie
discutable [49]. Dans les facteurs macro-environnementaux, on
recense surtout les facteurs alimentaires [50], c'est-à-dire
: (1) la consommation de sel (qui induit une gastrite initialement
caractérisée par un renouvellement cellulaire accru
et qui augmente significativement le potentiel d'agents carcinogènes
gastriques comme la N-méthyl N-nitro N-nitrosoguanidine)
[36, 51] ; (2) un apport alimentaire carencé en légumes
et fruits frais connus pour apporter des antioxydants [36] qui
diminuent les lésions et les mutations de l'ADN des cellules
épithéliales gastriques dans le cycle cellulaire
[52]. Une diminution de la concentration en acide ascorbique a
d'ailleurs été observée dans le suc gastrique
au cours de la gastrite chronique induite par H. pylori
[53]. La réduction de l'apport alimentaire et les faibles
concentrations sériques en acide ascorbique sont fortement
corrélées à la survenue de la MI [54]. Cette
constatation est probablement d'importance, puisque l'acide ascorbique
exerce une action réductrice sur les dérivés
nitrés et donc un effet inhibiteur sur la formation des
nitrosamines carcinogènes ; ces nitrosamines sont produites
en quantités d'autant plus importantes qu'une hypochlorhydrie
est à l'origine d'une pullulation bactérienne [55].
Chez des patients dyspeptiques infectés par H. pylori,
l'éradication a permis le retour de la concentration en
acide ascorbique du suc gastrique à des valeurs normales
[56].
L'âge auquel l'infection par H. pylori est contractée
constitue un paramètre crucial (figure 4). Avant que n'ait
été mise en évidence l'importance d'H.
pylori, Haenszel et al. avaient montré à partir
de l'étude d'immigrants japonais vivant à Hawaï,
que le risque de cancer gastrique était largement dépendant
de facteurs environnementaux acquis pendant la première
décennie de la vie [57]. L'infection précoce par
H. pylori pourrait expliquer cette observation, en étant
d'abord à l'origine d'une gastrite chronique, puis plus
tard des modifications anatomiques (atrophie, MI, dysplasie) et
fonctionnelles (hypo et achlorhydrie) favorisant la survenue du
cancer. D'ailleurs, dans les populations où l'infection
par H. pylori est contractée dans l'enfance, on
constate une forte prévalence de gastrites, qui du fait
de leur longue durée d'évolution, pourront fréquemment
subir une transformation néoplasique [58]. Si au contraire
l'infection est contractée à l'âge adulte,
la période de latence nécessaire à l'apparition
d'une tumeur pourrait dépasser l'espérance de vie
moyenne du sujet, et les patients infectés pourraient ainsi
décéder avant de développer un cancer de
l'estomac [52-58]. Ceci pourrait expliquer la diminution progressive
de l'incidence des cancers gastriques par tranches d'âges
constatée depuis les années 30 ; cette diminution
est probablement à attribuer à la diminution de
la prévalence de la gastrite atrophique multifocale, constatée
plusieurs décennies auparavant [6], et récemment
associée à H. pylori [24]. Le déclin
mondial de la prévalence du cancer gastrique ne concerne
pas seulement le type intestinal, mais aussi le cancer de type
diffus ; de plus, ces deux types de cancers sont retrouvés
en proportions égales dans les zones de forte et de basse
prévalences du cancer gastrique [59]. Initialement, il
semblait qu'il n'y ait de relation qu'entre H. pylori et
le cancer gastrique de type intestinal (ce dernier étant
particulièrement associé avec les lésions
d'atrophie et de MI de type III), et non avec le type diffus,
dont le développement semblait indépendant de la
gastrite et de l'atrophie [60]. Plusieurs travaux ont cependant
montré qu'il existait également un lien entre l'infection
par H. pylori et le cancer gastrique de type diffus [25,
43] : (1) la fréquence de la gastrite était la m& me
au cours de ces deux types de cancer ; (2) la fréquence
des gastrites associées à H. pylori était
significativement plus importante que dans une population contrôle
appariée pour l'âge, quel que soit le type de cancer
; (3) chez les patients avec une gastrite chronique à H.
pylori, le risque de cancer gastrique est pratiquement le
m& me pour les deux types de tumeurs. Il semble donc
que les différences entre ces deux types de cancer sont
de nature exclusivement morphogénétiques [8]. Une
gastrite initialement non-atrophique pourrait favoriser l'apparition
d'un cancer de type diffus, alors que la survenue plus tardive
d'une atrophie et de la MI favoriserait le développement
de cancers de l'estomac de type intestinal [8, 25] (figure 5).
CONCLUSION :
La gastrite chronique constitue probablement une condition favorisant
la survenue du cancer gastrique sans & tre en soi une
lésion précancéreuse [60]. Dans la majorité
des cas, elle est associée à l'infection par H.
pylori, et on peut penser que ce germe possède un rôle
au moins indirect dans la pathogénie du cancer de l'estomac.
Cependant, seule une minorité des patients avec une GCA
induite par H. pylori développe un cancer gastrique,
et donc H. pylori ne peut & tre considéré
que comme un des facteurs de risque de cancer à l'échelle
d'un individu [8]. Des facteurs supplémentaires pourraient
intervenir pour faciliter la transformation de la gastrite non
atrophique en cancer gastrique de type diffus et de la GCA en
MI de type III puis en cancer gastrique de type intestinal, comme
la consommation de sel, de tabac, ou une carence en aliments apportant
des antioxydants.
La carcinogenèse gastrique est donc un processus multifactoriel
et multi-étape, caractérisé par la survenue
intriquée d'anomalies histologiques (métaplasie
intestinale de type III et dysplasie) et fonctionnelles comme
l'hypochlorhydrie. Considérée isolément,
l'hypochlorhydrie ne suffit pas à induire l'apparition
d'un cancer de l'estomac [6] ; cependant, elle permet une pullulation
bactérienne qui pourrait & tre à l'origine
de la formation intragastrique anormale de nitrosamines carcinogènes.
Helicobacter pylori possède donc un rôle indirect
et précoce dans l'apparition du cancer de l'estomac, puisque
la bactérie ne produit pas directement de composés
carcinogènes. L'inflammation est probablement responsable
de l'augmentation de la prolifération cellulaire (probablement
du fait d'une augmentation de la synthèse de facteurs de
croissance comme l'Epidermal Growth Factor) et des lésions
de l'ADN (les polynucléaires neutrophiles qui caractérisent
la gastrite chronique « active » produisent des radicaux
libres comme les ions superoxyde et hydroxyl, qui sont de puissants
mutagènes [61]).
Le lien le plus fort s'établit entre l'incidence du cancer
gastrique et le niveau socio-économique, indépendamment
des disparités géographiques [60, 61]. Or l'infection
par H. pylori est plus fréquente dans les populations
à faible niveau socio-économique [27]. Il est probable
que la diminution de la prévalence du cancer gastrique
observée ces dernières décennies constitue
le reflet de la diminution de l'infection par H. pylori
à l'échelle du monde, conséquence de l'amélioration
des conditions hygiéniques et sanitaires. L'âge auquel
l'infection est contractée et d'autres facteurs mentionnés
plus haut constituent des éléments cruciaux, au
vu des décennies nécessaires à la transformation
d'une simple gastrite superficielle en un cancer de l'estomac.
Il était inévitable que la découverte du
rôle de H. pylori dans la pathogénie du cancer
gastrique conduise à des pro-positions divergentes, aussi
bien en matière de prévention de l'infection (amélioration
des conditions socio-économiques, conception d'un vaccin)
que d'éradication de H. pylori chez les sujets ayant
déjà contracté l'infection [49]. En fait,
le problème se pose de façon particulièrement
épineuse chez les enfants vivant en zone de faible niveau
socio-économique, et donc à forte prévalence
de l'infection par H. pylori, et dans des sous-groupes
de patients notoirement à risque. Comme la gastrite à
H. pylori est une condition fréquemment observée
et qu'elle s'accompagne d'un risque individuel faible de cancer
gastrique, il semble difficile de proposer un dépistage
de masse accompagné d'un traitement le cas échéant.
Cela représenterait un coût estimé de 25 000
$ par année de vie sauvée. Si de telles mesures
étaient ciblées aux populations à haut risque
de cancer de l'estomac (par exemple, les immigrants japonais en
Amérique), le coût estimé tomberait à
2 500 $ par année de vie. De plus, on pourrait ne proposer
l'éradication de H. pylori que chez les sujets ne
présentant pas encore de lésions d'atrophie diffuse
ou de dysplasie. L'évaluation de l'intér& t
de l'éradication de H. pylori au stade prédysplasique
est actuellement l'objet d'une étude en cours de réalisation
[62, 63]. La mise en évidence définitive du rôle
de H. pylori dans la genèse du cancer de l'estomac
et de l'efficacité des traitements antibiotiques et des
mesures préventives ne sera vraiment établie qu'après
qu'aient été réalisés des essais contrôlés.
Ce type d'étude est de réalisation difficile, puisqu'il
doit & tre mené sur des populations à forte
prévalence de gastrite chronique non atrophique.
Cette tentative de revue du rôle de H. pylori dans
la carcinogenèse gastrique serait incomplète s'il
n'était fait mention de l'association entre la colonisation
par H. pylori et un autre type de tumeur gastrique, le
lymphome gastrique primitif, qui est le plus fréquent des
lymphomes extraganglionnaires [64]. L'infection par H. pylori
induit l'apparition de tissu lymphoïde dans la paroi gastrique,
qui en est normalement dépourvue. En pratique, on peut
considérer la présence de ce tissu lymphoïde
comme un élément spécifique de l'infection
par H. pylori [65]. L'infection à H. pylori
est présente dans tous les cas de lymphomes gastriques
primitifs [66]. La persistance de l'infection et l'association
d'un phénomène de nature auto-immune sont à
l'origine de l'accumulation d'un tissu lymphoïde, de son
hyperplasie, puis du développement d'un lymphome. Ce lymphome
est pratiquement toujours de type B et il possède les caractéristiques
histologiques d'une cellule du MALT (le Mucosa-Associated Lymphoid
Tissue) [67]. Des deux grades &endash; haut et bas &endash;
de lymphomes du MALT [68], il semble que seuls les lymphomes du
MALT de bas grade soient sensibles aux cytokines produites par
les cellules T dirigées contre H. pylori, et on
peut ainsi penser que seuls ces lymphomes de bas grade sont susceptibles
de regresser après éradication de H. pylori
[69]. Ceci mérite de toute façon confirmation.
Dans le cas des lymphomes du MALT comme dans le cas des cancers
de l'estomac, il faut de toute façon prendre en compte
des facteurs indépendants de la simple infection à
H. pylori. Certains aspects méritent clarification,
comme par exemple l'existence possible de souches de H. pylori
particulièrement associées à la survenue
de cancers gastriques, et l'influence des paramètres génétiques
propres à l'hôte [70].
REFERENCES :
1. Audigier JC. Chronic atrophic gastritis and gastric carcinoma
: a review. Lyon Med 1982 ; 247 : 399-404.
2. Cheli R, Santi L, Ciancamerla G, Canciani G. Clinical and statistical follow-up study of atrophic gastritis. Dig Dis Sci 1973 ; 18 : 1061-6.
3. Parkin DM, Laara E, Muir CS. Estimates of the worldwide frequency of sixteen major cancers in 1980. Int J Cancer 1988 ; 41 : 184-97.
4. Correa P. The epidemiology and pathogenesis of chronic gastritis ; three etiologic entities. In : van den Reis L, ed. Frontiers of Gastrointestinal Research. Karger : Basel, 1980 : 98-108.
5. Correa P. Chronic gastritis : a clinico-pathologic classification. Am J Gastroenterol 1988 ; 83 : 504-9.
6. Lechago J, Correa P. Prolonged achlohydria and gastric neoplasia : is there a causal relationship ? Gastroenterology 1993 ; 104 : 1554-6.
7. Biasco G, Paganelli GM, Brillanti S, Lalli AA, Brandi G, Terranova A, et al. Cell renewal and cancer risk of the stomach : analysis of cell proliferation kinetics in atrophic gastritis. Acta Gastroenterol Belg 1991 ; 52 : 361-6.
8. Sipponen P, Siurala M, Goodwin S. Histology and ultrastructure of Helicobacter pylori infection : gastritis, duodenitis and petic ulceration and their relevance as precancerous condition. In : Goodwin S, Worsley B, eds. CRC Press : Boca Raton, 1993 : 37-62.
9. Ihmaki T, Kekki M, Sipponen P, Siurala M. The sequelae and course of chronic gastritis during a 30-40 year bioptic follow-up study. Scand J Gastroenterol 1985 ; 20 : 485-91.
10. Correa P. Epidemiology of gastric cancer and its precursor lesions. In : De Cosse JJ, Sherlock P, eds. Gastrointestinal Cancer. Martinus Nijhoff : The Hague, 1981 : 119-30.
11. Kubo T, Imai T. Intestinal metaplasia of gastric mucosa in autopsy materials in Hiroshima and Yamaguchi districts. Gann 1971 ; 62 : 49-53.
12. Lehtola J. Family study of gastric carcinoma. Scand J Gastroenterol 1978 ; 13 (suppl 50) : 3-54.
13. Filipe MI, Potet F, Bogomoletz PA. Incomplete sulphomucin-secreting intestinal metaplasia for gastric cancer. Preliminary data from a prospective study from three centres. Gut 1985 ; 26 : 1319-26.
14. Murayama H, Kikuchi M, Enjoji M, Morita N, Haraguchi Y. Changes in gastric mucosa that antedate gastric carcinoma. Cancer 1990 ; 66 : 2017-26.
15. Filipe MI. Histochemistry of intestinal mucins. In : Whitehead R, ed. Gastrointestinal and esophageal pathology. Churchill Livingstone : Edinburgh, 1989 : 71-5.
16. Craanen ME, Blok P, Dekker W, Ferweda J, Tytgat GNJ. Early gastric cancer and intestinal metaplasia. Eur J Gastroenterol Hepatol 1993 ; 3 : 935-40.
17. Wang S, Lei DN. Cell kinetics in intestinal metaplasia and gastric carcinoma. Chung Hua Ping Li Hsueh Tsa Chin 1989 ; 18 : 643-8.
18. Tosi P, Filipe MI, Baak JPA, Luzi P, Santopietro R, Miracco C, et al. Morphometric definition and grading of gastric intestinal metaplasia. J Pathol 1990 ; 161: 201-8.
19. Granelli P, Bonavina L, Zennaro F, Segalin A, Siardi C. Metaplasia intestinale : quale ruolo nella carcinogenesi gastrica ? Minerva Gastroenterol Dietol 1994 ; 40 : 67-77.
20. Rokkas T, Filipe MI, Sladen GE. Detection of an increased incidence of early gastric cancer in patients with intestinal metaplasia type III who are closely followed up. Gut 1991 ; 32 : 1110-3.
21. Sipponen P. Atrophic gastritis as a premalignant condition. Ann Med 1989 ; 21 : 287-90.
22. Lansdown M, Quirke P, Dixon MF, Axon ATR, Johnston D. High grade dysplasia of the gastric mucosa : a marker for gastric carcinoma. Gut 1990 ; 31 : 977-83.
23. Farinati F, Cordin F, Di Mario F. Early and advanced gastric cancer during follow-up of apparently benign gastric ulcer : significance of the presence of gastric dysplasia. J Surg Oncol 1987 ; 36 : 263-7.
24. Goodwin CS, Amstrong JA, Marshall BJ. Campylobacter pyloridis, gastritis and peptic ulceration. J Clin Pathol 1986 ; 39 : 353-65.
25. Sipponen P, Kosunen TV, Valle J, Rueehela M, Seppala K. Helicobacter pylori infection and chronic gastritis in gastric cancer. J Clin Pathol 1992 ; 45 : 319-23.
26. Morris A, Maher K, Thomsen E, Miller M, Nicholson G, Tasman-Jones C. Distribution of Campylobacter pylori in the human stomach obtained at post-mortem. Scand J Gastroenterol 1988 ; 23 : 257-64.
27. Graham DY. Helicobacter pylori : its epidemiology and its relation in duodenal ulcer disease. J Gastroenterol Hepatol 1991 ; 6 : 105-13.
28. Taylor DN, Blaser MJ. The epidemiology of Helicobacter pylori infection. Epidemiol Rev 1991 ; 13 : 42-59.
29. Karnes WE Jr, Samloff IM, Siurala M, Kekki M, Sipponen P, Kim SW, et al. Positive serum antibody and negative tissue staining for Helicobacter pylori in subjects with atrophic body gastritis. Gastroenterology 1991 ; 101 : 167-74.
30. Dixon MF. Progress in the pathology of gastritis and duodenitis. Curr Top Pathol 1990 ; 81 : 1-40.
31. Marshall BJ, Amstrong JA, McGechie DB, Glancy RJ. Attempt to fulfil Koch's postulates for pyloric Campylobacter. Med J Aust 1985 ; 142 : 436-9.
32. Morris AJ, Ali MR, Nicholson GI, Perez-Perez GI, Blaser MJ. Long term follow-up of voluntary ingestion of Helicobacter pylori. Ann Int Med 1991 ; 114 : 162-3.
33. Valle J, Seppala K, Sipponen P, Kosunen T. Disappearance of gastritis after eradication of Helicobacter pylori. A morphometric study. Scand J Gastroenterol 1991 ; 26 : 1057-65.
34. Gledhill T, Leicester RJ, Addis B, Lightfoot N, Barnard J, Viney N, et al. Epidemic hypochlorhydria. Br J Med 1985 ; 290 : 1383-6.
35. Dixon MF. Campylobacter pylori and chronic gastritis. In : Rathbone BJ, Heatley RV, eds. Blackwell Scientific : Oxford, 1989 : 106-16.
36. Correa P. Is gastric carcinoma an infectious disease ? N Engl J Med 1991 ; 325 : 1170-1.
37. Recavarren-Arce S, Leon-Barua R, Cok J. Helicobacter pylori and progressive gastric pathology that predisposes to gastric cancer. Scand J Gastroenterol 1991 ; 26 (suppl 181) : 51-7.
38. Correa P, Ruiz B. Campylobacter pylori and gastric cancer. In : Rathbone BJ, Heatley RV, eds. Campylobacter pylori and gastroduodenal disease. Blackwell Scientific : Oxford, 1989 : 139-45.
39. Wee A, Kang JY, Teh M. Helicobacter pylori and gastric cancer. Correlation with gastritis, intestinal metaplasia and tumour histology. Gut 1992 ; 33 : 1029-32.
40. Feng YY, Wang Y. Campylobacter pylori in patients with gastritis, peptic ulcer and carcinoma of the stomach in Lanzhou, China. Lancet 1988 ; I : 1055-6.
41. Karnes WE Jr, Samloff IM, Siurala M, Kekki M, Sipponen P, Kim SWR, et al. Positive serum antibodies and negative tissue staining for Helicobacter pylori in subjects with atrophic body gastritis. Gastroenterology 1991 ; 101 : 167-74.
42. Fiocca R, Luinetti O, Villani L, Chiaravalli A, Cornaggia M, Stella G, et al. High incidence of Helicobacter pylori colonization in early gastric cancer and the possible relationship to carcinogenesis. Eur J Gastroenterol Hepatol 1993 ; 5 (suppl 2) : 2-8.
43. Parsonnet J, Friedman GF, Vandersteen DP, Chang Y, Vogelman JH, Overtreich N, et al. Helicobacter pylori infection and the risk of gastric carcinoma. N Engl J Med 1991 ; 325 : 1127-31.
44. Mitchell HM. The epidemiology of Helicobacter pylori infection and its relation to gastric cancer. In : Goodwin CS, Worsley BW, eds. Helicobacter pylori. Biology and clinical practice. CRC Press : Boca Raton, 1993 : 95-114.
45. Hansson LE, Engstrand L, Nyren O, Evans DJ, Luidgren A, Bergstroem R, et al. Helicobacter pylori infection : independent risk indicator of gastric adenocarcinoma. Gastroenterology 1993 ; 105 : 1098-103.
46. The Eurogast Study Group. An international association between Helicobacter pylori infection and gastric cancer. Lancet 1993 ; I : 1359-63.
47. Palli D, Decarli A, Cipriani F, Forman D, Amadori D, Avellini C, et al. Helicobacter pylori antibodies in areas of Italy at varying gastric cancer risk. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 1993 ; 2 : 37-40.
48. Sobala GM, Pignatelli B, Schorah CY, Bartsch H, Sanderson M, Dixon MF, et al. Levels of nitrite, N-nitroso compounds, ascorbic acid and total bile acids in gastric juice of patients with and without precancerous lesions of the stomach. Carcinogenesis 1991 ; 12 : 193-8.
49. Reed PI, Hill MJ, Johnston BJ. Gastric cancer and Helicobacter pylori. Lancet 1993 ; II : 987 (lettre).
50. Pacini F. Diet risk factors in chronic atrophic gastritis and gastric cancer. In : Cheli R, Testino G, eds. Chronic atrophic gastritis and cancer. Cortina International : Verona. 1993 : 87-94.
51. Tuyns AJ. Salt and gastrointestinal cancer. Nutr Cancer 1988 ; 11 : 229-32.
52. Goodwin CS. Overview of Helicobacter pylori gastritis, peptic ulcer and gastric cancer and the possible development of an H. pylori vaccine. In : Goodwin CS, Worsley BW, eds. Helicobacter pylori. Biopsy and clinical practice. CRC Press : Boca Raton. 1993 : 431-44.
53. Sobala GM, Pignatelli B, Schorah CI, Bartsch H, Sanderson M, Dixon MF, et al. Levels of nitrite, nitrate, N-nitroso compounds, ascorbic acid and total bile acids in gastric juice of patients with and without precancerous conditions of the stomach. Carcinogenesis 1991 ; 12 : 193-8.
54. UK Subgroup of the EPC-Euronut-IM study group. Plasma vitamin concentration in patients with intestinal metaplasia and in controls. Eur J Cancer Prevent 1992 ; 1 : 177-86.
55. Mackerness CW, Leach SA, Thompson MH, Hill MJ. Inhibition of bacterially mediated N-nitrosation by vitamin C : relevance to the inhibition of endogenous N-nitrosation in the achlohydric stomach. Carcinogenesis 1989 ; 10 : 397-9.
56. Rokkas T, Papatheodorou G, Karameris A, Maurogeorgis A, Kalogeropoulos N, Giannikos N. Can H. pylori eradication restore vitamin. C levels in gastric juice ? Gastroenterology 1993 ; 104 : A181.
57. Haenszel W, Kurihara M, Segi M, Lee RKC. Stomach cancer among japenese in Hawaii. J Natl Cancer Inst 1972 ; 49 : 969-88.
58. Graham DY, Go MF. Helicobacter pylori : current status. Gastroenterology 1993 ; 105 : 279-82.
59. Sipponen P, Jaervi O, Kekki M, Siurala M. Decreased incidences of intestinal and diffuse types of gastric carcinomas in Finland during a 20 year period of time. Scand J Gastroenterol 1987 ; 22 : 865-71.
60. Siurala M, Varis K, Sipponen P. Carcinogenesis in the foregut. II. Gastric carcinoma. In : Baron JH, Moody FG, eds. Foregut. Butterworths : London. 1981 : 276-82.
61. Parsonnet J. Helicobacter pylori and gastric cancer. Gastroenterol Clin North Am 1993 ; 22 : 89-104.
62. Parsonnet J. Potential utility of H. pylori screening and treatment in prevention of gastric cancer. Ir J Med Sci 1992 ; 161 (suppl 10) : 25-9.
63. Reed PI, Johnston BJ. Primary prevention of gastric precancerous lesion. Eur J Cancer Prevent 1993 ; 2 : 79-82.
64. Isaacson PG. Gastric lymphoma and Helicobacter pylori. N Engl J Med 1994 ; 330 : 1310-1.
65. Wyatt JI, Rathbone BJ. Immune response of the gastric mucosa to Campylobacter pylori. Scand J Gastroenterol 1988 ; 142 : 44-9.
66. Wotherspoon AC, Ortiz-Hidalgo C, Falzon MR, Isaacson PG. Helicobacter pylori-associated gastritis and primary B-cell gastric lymphoma. Lancet 1991 ; 338 : 1175-6.
67. Issacson PG, Spencer J. Malignant lymphoma of mucosa-associated lymphoid tissue. Histopathology 1987 ; 11 : 445-62.
68. Isaacson PG, Spencer J, Wright DH. Classifying primary gut lymphomas. Lancet 1988 ; 332 : 1148-9.
69. Hussel T, Isaacson PG, Crabtree JE, Spencer J. The response of cells from low-grade B-cell gastric lymphomas of mucosa-associated lymphoid tissue to Helicobacter pylori. Lancet 1993 ; 342 : 571-4.
70. Doglioni C, De Boni M, Moschini A, De Bona M. Helicobacter pylori e linfoma gastrico : nuove prospettive. Argomenti di Gastroenterologia Clinica 1994 ; 7 : 105-8.