
du Mois |
Mobile |
|
Rôle
d'Helicobacter pylori dans la pathogénie de la maladie
ulcéreuse duodénale
Guido N.J. TYTGAT
Academisch Ziekenhuis, Universiteit van Amsterdam,
Academisch Medisch Centrym, 1105 AZ Amsterdam, The Netherlands.
REVUE : Hépato-Gastro. Vol. 2, n° 1, janvier-février
1995 : 07-11
RESUME
De nombreux éléments suggèrent que l'inflammation
induite par Helicobacter pylori (H. pylori) est le facteur
de risque principal au cours de la maladie ulcéreuse duodénale.
L'éradication d'H. pylori permet de soigner la maladie
et d'emp cher les récidives. Dans cet article, nous
faisons le point des mécanismes pathogéniques associant
H. pylori à l'ulcère duodénal (UD).
Mots clés: ulcère duodénal, Helicobacter
pylori, sécrétion acide gastrique. ulcère
duodénal, Helicobacter pylori, sécrétion
acide gastrique.
Maladie ulcéreuse duodénale et hypersécrétion
acide
L'entrée du bol alimentaire dans l'estomac entraîne une distension gastrique qui active des mécanorécepteurs pariétaux ; il en résulte une sécrétion réflexe de gastrine. La sécrétion de gastrine est également chimiquement activée au cours des augmentations du pH gastrique et par les peptones alimentaires. L'hypersécrétion acide gastrique et l'augmentation de la masse des cellules pariétales sont fréquentes chez les patients ayant un UD. Cet état hypersécrétoire pourrait tre le fait de paramètres génétiques et/ou de l'inflammation induite par H. pylori et de perturbations du métabolisme de la gastrine qu'elle pourrait induire. En fait, la libération exagérée de gastrine après stimulation alimentaire et l'hyperpepsinogénémie I sont plutôt des conséquences de l'infection par H. pylori, car l'éradication normalise ces paramètres [1]. Le suivi des patients ulcéreux après éradication n'a pas pour l'instant permis de mettre en évidence de normalisation du potentiel sécrétoire acide chez tous les patients [2], mais des études récentes ont montré une réduction importante du débit acide sécrétoire stimulé par le gastrin-releasing-peptide après éradication [3].
Prévalence de l'infection à H. pylori au cours de l'UD
L'infection par H. pylori est retrouvée
dans 95 % à 100 % des UD [4]. Un UD survenant chez un patient
non infecté par H. pylori doit faire reconsidérer
le diagnostic d'ulcère peptique et faire évoquer
la prise d'anti-inflammatoire non stéroïdiens (AINS),
une maladie de Crohn, un gastrinome ou une hypersécrétion
acide gastrique idiopathique [5]. De façon surprenante,
dans une étude menée à Glasgow, l'infection
à H. pylori n'était présente que chez
48 % des patients présentant un UD perforé, ce qui
suggère que la pathogénie de l'ulcère perforé
diffère de celle de l'UD chronique [6]. La moitié
des patients présentant un ulcère perforé
prenait régulièrement des AINS ou des stéroïdes,
et la plupart de ces patients étaient des fumeurs importants.
Les AINS sont probablement à l'origine de la majorité
des ulcérations apparaissant chez les sujets non infectés
par H. pylori [7, 9].
On ne sait pas pourquoi seulement environ 10 % des patients présentant
une infection à H. pylori développeront un
UD au cours de leur vie. La maladie ulcéreuse est probablement
l'aboutissement de plusieurs facteurs de risques présents
conjointement, l'infection par H. pylori étant le
plus important au vu de l'efficacité remarquable de l'éradication.
Le risque ulcéreux pourrait varier selon la virulence du
micro-organisme, l'âge d'acquisition de l'infection, et
plusieurs autres facteurs dépendant de l'hôte (sexe,
groupe sanguin O et statut sécréteur, expression
de l'antigène Lewis, tabagisme, etc.).
Conséquences de l'infection par H. pylori
Plusieurs mécanismes pourraient expliquer
les lésions de la muqueuse induites par l'infection par
H. pylori : production d'ammoniac par l'uréase,
de facteurs chimiotactiques, de cytotoxines vacuolisantes, de
protéases, de lipase et de phospholipase A2. Les leucocytes
sont attirés sur le site lésé et libèrent
en retour des cytokines et des radicaux libres oxygénés
[10]. Le degré de l'infection par H. pylori et la
sévérité des lésions de la muqueuse
sont directement corrélés avec l'importance de l'infiltrat
à polynucléaires neutrophiles. Helicobacter pylori
induit l'inflammation en favorisant l'adhérence des leucocytes
en surface des cellules endothéliales [11].
L'infection par H. pylori est à l'origine de plusieurs
perturbations gastroduodénales, comme une hyperpepsinogénémie
I et une augmentation de la libération de gastrine (notamment
postprandiale). Ces perturbations étaient autrefois considérées
comme des marqueurs génétiques de susceptibilité
pour l'UD. Il est maintenant prouvé que ces soi-disant
marqueurs génétiques régressent et finissent
par disparaître après l'éradication d'H.
pylori et la disparition de la gastrite. Il reste à
définir la signification des facteurs de risque que constituent
le groupe sanguin O et le statut non sécréteur.
Les individus ne sécrétant pas les antigènes
de groupe sanguin ABO ont un risque accru de maladie ulcéreuse
duodénale et sont connus pour tre plus exposés
aux infections bactériennes et fongiques. Cependant, le
statut non sécréteur n'a pas pu tre relié
à une susceptibilité particulière pour l'infection
par H. pylori [12].
Une diminution du nombre des cellules antrales D et G est observée
au cours de la gastrite associée à l'infection par
H. pylori, mais la proportion des cellules D/G n'est pas
modifiée [13]. Cependant, le métabolisme de la gastrine
paraît anormal et l'augmentation de sa sécrétion
est probablement secondaire à la production de cytokines
par les cellules inflammatoires [1]. Des résultats préliminaires
suggèrent que l'hypergastrinémie est la conséquence
d'un défaut d'inhibition par la somatostatine produite
par les cellules D.
Aspects histopathologiques de la maladie ulcéreuse duodénale
La gastrite qui accompagne l'UD affecte l'antre
de façon prédominante. La muqueuse antrale présente
une infiltration lympho-plasmocytaire superficielle ou transmurale.
Des follicules lymphoïdes sont fréquemment présents.
Il existe presque invariablement un infiltrat à polynucléaires
neutrophiles au niveau de la lamina propria et de l'épithélium.
Des lésions atrophiques associées à divers
degrés de métaplasie intestinale sont également
présentes au niveau de l'antre chez une minorité
des patients [14-17]. Chez la plupart des patients ayant un UD,
l'inflammation est également présente au niveau
du corps de l'estomac, mais à un degré moindre qu'au
niveau de l'antre. On ne sait pas pourquoi l'infection épargne
le corps de l'estomac, permettant ainsi le maintien de valeur
normales ou élevées de la sécrétion
acide gastrique. Les faibles valeurs du pH mesurées au
niveau du corps gastrique inhibent probablement la croissance
bactérienne et seraient à l'origine de la limitation
de l'infection à l'antre, l'habitat préféré
d'H. pylori. Il est intéressant de relever qu'une
inhibition profonde de la sécrétion acide gastrique
facilite peut- tre l'extension de l'infection par H. pylori
au niveau de l'antre, ainsi que cela a pu tre proposé
par plusieurs investigateurs après utilisation d'inhibiteurs
de la pompe à protons.
M me s'il existe une forte association entre la gastrite
à H. pylori et l'existence d'ulcérations
duodénales, ceci ne permet pas en soi de conclure que la
gastrite joue un rôle causal. D'un point de vue théorique,
l'infection pourrait aussi bien faire suite à l'existence
d'UD. Mais des études épidémiologiques suggèrent
que la gastrite précède l'apparition des ulcérations.
Sipponen et al. ont suivi sur 10 ans des individus présentant
ou non une gastrite [18]. Sur 133 individus présentant
une histologie gastrique normale à l'admission, 1 seul
(0,8 %) a développé un ulcère peptique (gastrique
ou duodénal). Sur 233 patients présentant initialement
une gastrite antrale, 29 (12,4 %) ont présenté un
ulcère au cours du suivi. Une étude menée
en Europe de l'Est fait état d'un risque d'ulcération
peptique de 21 % sur 5 ans chez des patients dyspeptiques infectés
par H. pylori [19]. Cullen et al. ont étudié
le risque d'UD à long terme chez 407 patients, âgés
de 40 à 66 ans [20]. Ils ont montré que 15 % des
patients séropositifs pour H. pylori développaient
un UD, contre 3 % des sujets séronégatifs [20].
De très nombreuses études ont montré sans
exception que les récidives ulcéreuses n'étaient
virtuellement observables que chez les patients chez lesquels
l'éradication d'H. pylori avait échoué
ou une réinfection était survenue.
Il existe aussi une forte association entre les lésions
de duodénite chronique et le risque d'UD. Au cours de la
duodénite, on retrouve fréquemment des îlots
de métaplasie gastrique. Ces îlots sont constitués
de cellules à mucus de type gastrique intercalées
entre des cellules absorptives et des cellules caliciformes intestinales
[21, 22]. La métaplasie gastrique n'est pas uniquement
présente chez les individus présentant une duodénite,
mais elle est généralement présente à
un degré moindre chez les individus sains [23]. Des études
expérimentales et des études chez l'homme suggèrent
que l'acide déversé dans le bulbe duodénal
est le déterminant le plus important dans la genèse
de la métaplasie gastrique [21]. La métaplasie gastrique
est indiscutablement une modification acquise, mais on ne sait
pas si elle représente une anomalie de différenciation
de la cellule souche ou son remplacement par des cellules ayant
migré depuis les glandes de Brünner. Dans le duodénum,
l'infection par H. pylori est sans doute limitée
aux îlots de métaplasie gastrique. Des relations
étroites existent entre la métaplasie gastrique,
la duodénite et la gastrite associées à H.
pylori [24]. Johnston et al. ont rapporté que
H. pylori pouvait tre mis en évidence dans
le duodénum de pratiquement tous les patients avec un ulcère
ou une duodénite active, mais pas chez les sujets sains
et ceux avec une inflammation inactive [25]. Taha et al.
ont mis en évidence une forte association entre duodénite
active et métaplasie gastrique, gastrite à H.
pylori et ulcération duodénale [26]. Helicobacter
pylori était isolé pratiquement aussi facilement
au niveau du duodénum que de la muqueuse gastrique.
En résumé, H. pylori tend à coloniser
l'antre et le corps de l'estomac, mais l'inflammation est surtout
active dans l'antre [27, 28]. Chez les patients UD, la portion
acido-sécrétante de l'estomac semble relativement
résistante à l'infection. Ceci pourrait simplement
refléter l'existence d'un environnement hyperacide hostile.
Ainsi, la capacité à produire des volumes importants
de sécrétion acide gastrique (plus ou moins génétiquement
déterminée ?) pourrait expliquer les différentes
modifications en réponse à l'infection, c'est-à-dire
d'une part au niveau gastrique, la restriction de l'inflammation
au niveau antral, et d'autre part la présence de foyers
métaplasiques gastriques dans le duodénum, ces deux
paramètres distinguant UD et ulcères gastriques.
L'inflammation chronique active de la muqueuse, et l'attaque acide
et peptique de la muqueuse duodénale aboutissent à
des érosions et finalement à des ulcérations
franches.
Pour expliquer pourquoi l'UD se développe sur une zone
aussi circonscrite, on peut supposer que l'UD apparaît là
où la métaplasie gastrique apparaît préférentiellement,
c'est-à-dire peut- tre, là où le jet
de sécrétion acide antrale arrive. Des lésions
supplémentaires pourraient apparaître par friction
avec la paroi controlatérale, expliquant les lésions
occasionnellement symétrique de l'UD (kissing ulcers).
La nature récidivante bien connue de l'UD pourrait trouver
son explication dans la destruction séquentielle de la
niche métaplasique gastrique, suivie par sa régénération
après cicatrisation de l'ulcère. Quand, après
cicatrisation, il existe suffisamment de muqueuse gastrique métaplasique
pour permettre la colonisation par H. pylori, le cycle
inflammation &endash; lésions épithéliales
&endash; érosion puis ulcération peut alors
se répéter.
Caractéristiques bactériennes au cours de la maladie ulcéreuse duodénale
Alors qu'H. pylori est désormais
bien connu comme le facteur de risque prédominant pour
l'UD, on ne sait toujours pas pourquoi une minorité des
individus infectés présente ou présentera
une maladie ulcéreuse peptique.
Les souches bactériennes pourraient posséder des
potentiels ulcérogènes différents. Plusieurs
caractéristiques bactériennes doivent tre
prises en compte.
L'aptitude à adhérer aux cellules épithéliales
pourrait tre importante puisque les altétrations
ultrastructurales de l'épithélium sont observées
aux endroits où H. pylori adhère aux cellules
épithéliales [29, 30]. O'Rourke et al. ont
suggéré que l'adhésion à la muqueuse
de type gastrique était importante dans l'ulcérogenèse,
puisque les 2 seules espèces du genre Helicobacter
qui présentent un potentiel ulcérogène (H.
pylori et H. mustelae) sont celles qui présentent
de telles propriétés d'adhérence [31]. L'aptitude
à l'adhérence pourrait tre à l'origine
d'une suite d'événements qui rendraient finalement
la muqueuse plus fragile. Helicobacter pylori lie préférentiellement
l'antigène Lewisb (Leb) localisé en surface des
épithéliales gastriques, et qui fait partie des
antigènes de groupe sanguin qui détermine le groupe
sanguin O [32]. La découverte de la liaison à l'antigène
Leb est particulièrement importante, parce qu'elle pourrait
expliquer le mystère épidémiologique que
constitue la susceptibilité accrue des individus avec le
groupe sanguin O. Ces derniers ont un risque entre 1,5 et 2 fois
plus important de maladie ulcéreuse peptique que les individus
dont les groupes sanguins sont A ou B.
Une cytotoxine vacuolisante, c'est-à-dire induisant la
vacuolisation des cellules épithéliales en cultures,
est plus souvent retrouvée dans les souches d'H. pylori
obtenues chez les patients UD [33-37]. La potentialisation
de cette toxine vacuolisante par la nicotine pourrait contribuer
aux lésions de la muqueuse [38]. Le gène vag
est pratiquement toujours présent et exprimé dans
les souches obtenues chez les UD comparées aux autres.
Les bactéries co-exprimant cagA (cytotoxin-associated
gene A) et une protéine cytotoxique de surface (la
protéine de 120-128 kDa produit de cagA) sont préférentiellement
associées aux UD [39, 40]. Les patients avec un UD possèdent
des titres d'anticorps sériques anti-cagA plus importants
que les autres. L'expression de la protéine cagA est fortement
corrélée avec la sévérité de
la gastrite [41]. Enfin les souches cagA+ induisent une plus forte
expression des ARN messagers de l'Il1 et du TNFalpha dans les
tissus enflammés. Des études récentes ont
également révélé que la production
d'II8 par les cellules épithéliales Kato3 en culture
était augmentée par les souches d'H. pylori
exprimant cagA. Cela est peut- tre à mettre en rapport
avec l'observation que les souches d'H. pylori qui possèdent
des propriétés d'activation et d'agglutination des
polynucléaires neutrophiles sont plus fréquemment
isolées chez les patients présentant un ulcère
que chez ceux qui présentent une gastrite isolée
[42, 43], et que des quantités accrues de radicaux libres
oxygénés sont détectables dans les prélèvements
biopsiques de muqueuse duodénale obtenus chez les patients
présentant un UD [44].
Des études génétiques fondées sur
des hybridations d'ADN génomique d'H. pylori en
solution ont montré que les souches d'H. pylori
obtenues à partir de volontaires avec une gastrite asymptomatique
appartenaient à un groupe d'hybridation différent
de celui des souches isolées à partir d'UD [44].
L'analyse des empreintes génétiques a révélé
2 groupes majeurs ; un groupe constitué de souches obtenues
chez des patients avec un UD et un groupe regroupant largement
des souches obtenues chez des patients avec une gastrite asymptomatique.
Les isolats obtenus chez les patients avec un UD, quoique génétiquement
hétérogènes, sont plus proches les uns des
autres que des isolats obtenus chez des patients ne présentant
qu'une gastrite, ce qui suggère l'existence de souches
pathogènes spécifiques [45].
Plusieurs études supportent l'existence de ces 2 types
de souches. L'aptitude d'une souche d'H. pylori à
induire l'apparition d'ulcères est corrélée
à son activité alcool deshydrogénase [46],
à une plus faible capacité à inhiber la production
d'acide par les cellules pariétales in vitro [47],
à une augmentation marquée du débit de sécrétion
acide stimulé par la gastrine [3] et à une augmentation
de l'activité phospholipase C [48]. Finalement, les micro-organismes
H. pylori non opsonisés semblent plus souvent capables
d'activer la production de radicaux libres oxygénés
par les polynucléaires neutrophiles quand ils sont isolés
chez des patients ayant un UD [49]. Cette aptitude paraît
indépendante de la capacité à produire la
cytotoxine.
Alam et al. ont étudié l'incidence des ulcères
duodénaux selon la densité de la colonisation bactérienne
(exprimée de façon semi-quantitative) sur les biopsies
obtenues chez 903 patients [50]. Chez les patients non infectés
par H. pylori, 6 % avaient un ulcère, contre 27
% chez ceux qui avaient une forte densité de colonisation
(3+). Comme H. pylori est distribué de façon
inhomogène dans la muqueuse gastrique, il pourrait tre
plus intéressant d'utiliser un test global afin de déterminer
l'influence de la « charge » bactérienne. En
mesurant la production d'ammoniac dans l'estomac 2 heures après
l'administration d'urée, Weber et al. ont pu différencier
le groupe des patients ulcéreux d'un groupe de patients
dyspeptiques non ulcéreux, indiquant que des densités
de colonisation supérieures étaient retrouvées
au cours de l'UD [51]. Les fortes densités de colonisation
ont été corrélées au grade de la gastrite
et à des taux de récidives élevés
[52, 53].
CONCLUSION
Mégraud a récemment appliqué à l'infection
à H. pylori dans l'UD les critères de causalité
de Hill [54]. Les critères étaient remplis comme
suit : association forte et reproductible (complète), association
spécifique (faible), relation temporelle (raisonnable),
gradient biologique (faible), plausibilité biologique (raisonnable),
effet de l'éradication (complète), cohérence
(raisonnable). On peut s'attendre à une consolidation des
différents critères, au fur et à mesure qu'on
en saura plus sur la pathogénie d'H. pylori dans
l'UD. Une caractérisation plus poussée des souches
ulcérogènes et de la réaction inflammatoire/immunitaire
de l'hôte permettra d'élucider les facteurs de virulence
d'H. pylori dans l'UD.
Dans une population donnée, une petite proportion d'individus
possède une masse pariétale supérieure à
la « normale ». Ces individus pourraient présenter
au niveau de leur duodénum plus de lésions de métaplasie
gastrique que les autres. Lors d'une infection par H. pylori
chez ces sujets, l'inflammation gastrique resterait largement
confinée à l'antre du fait de la protection du corps
gastrique par l'acide. Cependant, la présence de la métaplasie
gastrique dans le duodénum pourrait permettre l'infection
de la muqueuse duodénale et le développement d'une
duodénite chronique active. Les lésions de l'épithélium
de surface pourraient conduire à l'apparition d'érosions
puis d'ulcérations. Alors que l'infection par H. pylori
est présente chez pratiquement tous les patients avec un
UD, ce dernier est de survenue plutôt rare chez les patients
infectés. Vraisemblablement, d'autres facteurs interagissent
au cours de l'infection pour créer un profil à risque
d'UD : génétiques (présence de l'antigène
Lewis, permettant l'adhérence bactérienne), environnementaux
(tabagisme, stress) ou microbiens (virulence intrinsèque).
REFERENCES
1. Graham DY, Go MF, Lew GM, Genta RM, Rehfeld JF. Helicobacter
pylori infection and exagerated gastrin release. Effects of
inflammation and progastrin processing. Scand J Gastroenterol
1993 ; 28 : 690-4.
2. Graham DY, Go MF. Helicobacter pylori : current status. Gastroenterology 1993 ; 105 : 279-82.
3. El-Omar E, Panman I, Dorrian CA, Ardill JES, McColl KEL. Eradicating Helicobacter pylori infection lowers gastrin mediated acid secretion by two thirds in patients with duodenal ulcer. Gut 1993 ; 34 : 1060-5.
4. Tytgat GNJ, Noach LA, Rauws EAJ. Helicobacter pylori infection and duodenal ulcer disease. Gastroenterol Clin North Am 1993 ; 22 : 127-39.
5. Graham DY. Campylobacter pylori and peptic ulcer disease. Gastroenterology 1989 ; 96 : 615-25.
6. Reinbach DH, Cruickshank G, McColl KEL. Acute perforated duodenal ulcer is not associated with Helicobacter pylori infection. Gut 1993 ; 34 : 1344-7.
7. Borody TJ, George LL, Brandl S, Andrews P, Ostapowicz N, Hyland L, et al. Helicobacter pylori-negatice duodenal ulcer. Am J Gastroenterol 1991 ; 86 : 1154-7.
8. Wensey YM, Schubert TT, Bologna SD, Ma CK. Helicobacter pylori-negative duodenal ulcer. Am J Med 1991 ; 91 : 15-8.
9. McColl KEL, El-Nujumi AM, Chittajallu RS, Dahill SW, Dorrian CA, Graham H, et al. A study of the pathogenesis of Helicobacter pylori-negative duodenal ulcer disease. Gut 1993 ; 34 : 762-9.
10. Dum B. Pathogenic mechanisms of Helicobacter pylori. Gastroenterol Clin North Am 1993 ; 22 : 43-57.
11. Yoshida N, Granger DN, Evans Jr DJ, Evans DG, Graham DY, Anderson DC, et al. Mechanisms involved in Helicobacter pylori-induced inflammation. Gastroenterology 1993 ; 105 : 1431-40.
12. Dickey W, Collins JSA, Watson RGP, Sloan JM, Porter KG. Secretor status and Helicobacter pylori infection are independent risk factors for gastroduodenal disease. Gut 1993 ; 34 : 351-3.
13. Graham DY, Lechago J. Antral G-cells and D-cells numbers in Helicobacter pylori infection : effect of Helicobacter pylori eradication. Gastroenterology 1993 ; 104 : 1655-60.
14. Dixon MF. Helicobacter pylori and peptic ulceration : histopathological aspects. J Gastroenterol Hepatol 1991 ; 6 : 125-30.
15. Dixon MF, Sobala GM. Gastritis and duodenitis : the histopathological spectrum. Eur J Gastroenterol Hepatol 1992 ; 4 (suppl 2) : S17-23.
16. Sobala GM, Axon ATR, Dixon MF. Morphology of chronic gastritis : relationship to age, Helicobacter pylori status and peptic ulceration. Eur J Gastroenterol Hepatol 1992 ; 4 : 825-9.
17. Axon ATR. Clinical and histological consequences of Helicobacter pylori suppression/eradication. Eur J Gastroenterol Hepatol 1992 ; 4 (suppl 2) : S49-52.
18. Sipponen P, Seppala K, Aarynen M, Helske T, Kettunen P. Chronic gastritis and gastroduodenal ulcer : a case control study on risk of coexisting duodenal or gastric ulcer in patients with gastritis. Gut 1989 ; 30 : 922-9.
19. Matysiak-Budnik T, Poniewierka E, Gasciniak G, Jelen M, Knapik Z. A 5-year follow-up study of the chronic gastritis patients. Ir J Med Sci 1992 ; 161 (suppl 10) : 59.
20. Cullen DJE, Collins BJ, Christiansen KJ, Epis J, Warren JR, Cullen DJ. Long-term risk of peptic ulcer disease in people with Helicobacter pylori infection : a community-based study. Gut 1993 ; 34 (suppl 1) : 284.
21. Wyatt JI, Rathbone BJ, Sobala G, Shallcross T, Heatley RV, Axon ATR, et al. The prevalence and distribution of gastric epithelium in the duodenum and its relationship to Helicobacter pylori and inflammation. J Clin Pathol 1990 ; 49 : 981-6.
22. Noach LA, Rolf TM, Bosma NB, Schwartz MP, Oosting J, Rauws EAJ, et al. Gastric metaplasia and Helicobacter pylori infection. Gut 1993 ; 34 : 1510-4.
23. Kreuning J, Wal AM vd, Kuiper G, Lindeman J. Chronic non-specific duodenitis. A multiple biopsy study of the duodenal bulb in health and disease. Scand J Gastroenterol 1989 ; 24 (suppl 167) : 16-20.
24. Dixon M. Acid, ulcers and Helicobacter pylori. Lancet 1993 ; 342 : 384-5.
25. Johnston BJ, Reed PI, Alimm H. Campylobacter-like organisms in duodenal and antral endoscopic biopsies : relationship to inflammation. Gut 1986 ; 27 : 1132-7.
26. Taha AS, Dahill S, Natohabendi I, Lee PD, Sturrock RD, Russell RI. Duodenal histology, ulceration and Helicobacter pylori in the presence or absence of non-steroidal anti-inflammatory drugs. Gut 1993 ; 34 : 1132-6.
27. Madsen JE, Vetvik K, Aase S. Helicobacter pylori and chronic active inflammation of the duodenum and stomach in duodenal ulcer patients treated with rantidine, misoprostol, or an acid-neutralizing agent. Scand J Gastroenterol 1991 ; 26 : 465-70.
28. Satoh K, Kimura K, Yoshida Y, Kasano T, Kihira K, Taniguchi Y. A topographical relationship between Helicobacter pylori and gastritis : quantitative assessment of Helicobacter pylori in the gastric mucosa. Am J Gastroenterol 1991 ; 3 : 285-91.
29. Bode G, Malfertheiner P, Mader U, Stanescu A, Ditschunert H. Fine structure of active and hailed duodenal ulcer. Am J Gastroenterol 1991 ; 86 : 179-86.
30. Hessey ST, Spenger J, Wyatt JI. Bacterial adhesion and disease activity in Helicobacter-associated chronic gastritis. Gut 1990 ; 31 : 134-8.
31. O'Rourke J, Lee A, Fox JG. An ultrastructural study of Helicobacter mustelae and evidence of a specific association with gastric mucosa. J Med Microbiol 1992 ; 36 : 420-7.
32. Boren T, Falk P, Roth KA, Larson G, Normark S. Attachment of Helicobacter pylori to human gastric epithelium mediated by blood group antigens. Science 1993 ; 262 : 1892-5.
33. Cover TL, Dooley CP, Blaser MJ. Characterization of an human serologic response to proteins in Helicobacter pylori broth culture supernatants with vacuolizing cytotoxin activity. Infect Immun 1990 ; 58 : 603-10.
34. Cover TL, Puryear W, Perez-Perez GI, Blaser MJ. Effect of urease on HeLa cell vacuolation induced by Helicobacter pylori cytotoxin. Infect Immun 1991 ; 59 : 1264-70.
35. Figura N, Guglielmetti P, Rossolini A, Barberi A, Cusi G, Musmanno RR, et al. Cytotoxin production by Campylobacter pylori strains isolated from patients with peptic ulcers and from patients with chronic gastritis only. J Med Microbiol 1989 ; 27 : 225-6.
36. Leunk RD, Johnson PT, David BC, Kraft WG, Morgan DR. Cytotoxic activity in broth culture filtrates of Campylobacter pylori. J Med Microbiol 1988 ; 26 : 93-9.
37. Tee W, Lambert JR, Pegorer M, Dwyer B. Cytotoxin production by Helicobacter pylori more common in peptic ulcer disease. Gastroenterology 1993 ; 104 : A789.
38. Cover TL, Vaughn SG, Cao P, Blaser MJ. Potentiation of Helicobacter pylori vacuolating toxin activity by nicotine and other weak bases. J Infect Dis 1992 ; 166 : 1073-8.
39. Covacci A, Censini S, Bugnoli M, Petracca R, Burroni D. Molecular characterization of the 128-kDa immunodominant antigen of Helicobacter pylori associated with cytotoxicity and duodenal ulcer. Proc Natl Acad Sci USA 1993 ; 90 : 5791-5.
40. Blaser MJ. Pathogenesis of Helicobacter pylori infection. Boston : Postgraduate course AGA, 1993 : 113-7.
41. Crabtree JE, Taylor JD, Wyatt JE, Heatley RV, Shallcross TM, Tompkins DS, et al. Mucosal IgA recognition of Helicobacter pylori 120 kDa protein, peptic ulceration and gastric pathology. Lancet 1991 ; 338 : 332-5.
42. Rautelin H, Blomberg B, Fredlung H, Jarnerot G, Danielsson D. Incidence of Helicobacter pylori strains activating neutrophilis in patients with peptic ulcer disease. Gut 1993 ; 34 : 599-603.
43. Davies GR, Simmonds NJ, Steuns JRJ, Gandison A, Blake DR, Rampton DS. Mucosal reactive oxygen metabolite production in duodenal ulcer disease. Gut 1992 ; 33 : 1467-72.
44. Yoshimura HA, Evans DG, Graham DY. Helicobacter pylori strains from duodenal ulcer patients differ at the genomic level from those from patients with simple gastritis. Rev Esp Enf Digest 1990 ; 78 (suppl 1) : 22-9.
45. Go MF, Tran L, Chan KY, Versalovic J, Kocuth T, Graham DY, Lupski JR. REP-PCR fingerprint analysis reveals gastroduodenal disease-specific clusters of H. pylori strains. Am J Gastroenterol 1993 ; 88 : 1591.
46. Salmela KS, Roine RP, Koivisko T. Characteristics of Helicobacter pylori alcohol deshydrogenase. Gastroenterology 1993 ; 105 : 325-30.
47. Jablonowski H, Hengels KK, Savade C, Strohmeyer G. Helicobacter pylori (Hp) from patients with gastritis inhibit acid production more frequently than Hp from duodenal ulcer patients. Gastroenterology 1993 ; 104 : A110.
48. Daw MA, Cotter L, Healy M, O'Moore R, Keane CT, O'Morain C. Are Helicobacter pylori strains isolated from duodenal ulcer patients more virulent than those isolated from gastritis ? Gastroenterology 1991 ; 100 : A572.
49. Rautelin H, Blomberg B, Jarnerot G, Danielsson D. Non-opsonic activation of neutrophils and cytotoxin production by Helicobacter pylori : ulcerogenic markers. Scand J Gastroenterol 1994 ; 29 : 128-32.
50. Alam K, Schubert TT, Bologna SD, Ma CK. Increased density of Helicobacter pylori on antral biopsy is associated with severity of acute and chronic inflammation and likelihood of duodenal ulceration. Am J Gastroenterol 1992 ; 87 : 424-8.
51. Weber J, Asteimer W, Riemann JF. Higher density of colonization by Campylobacter pylori in patients with duodenal ulcer. In : Mégraud F, Lamouliatte H, eds. Gastroduodenal pathology and Campylobacter pylori. Amsterdam : Elsevier, 1989 : 277-80.
52. Bayerdorffer E, Miehke S, Lehn N, Mannes GA, Sommer A, Hochter W, et al. Chronic type B gastritis as an important denominator of peptic ulcer healing. Eur J Gastroenterol Hepatol 1993 ; 5 (suppl 3) : S99-105.
53. Hui WM, Ho J, Lam SK. Pathogenetic role of Helicobacter pylori in duodenal ulcer disease. Multivariate analysis of factors affecting relapse. Dig Dis Sci 1991 ; 36 : 424-30.
54. Mégraud F. Duodenal ulcer disease : a new infectious disease. Eur J Gastroenterol Hepatol 1993 ; 5 (suppl 1) : S17-22.