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Intervention de Delorme et prolapsus du rectum
François PIGOT,
Jacques FAIVRE,
Jean-Claude CHAUME,
Alain CASTINEL
Service de coloproctologie, hôpital Bagatelle,
33401 Talence Cedex.
RESUME
L'intervention de Delorme fut une des premières à
permettre la correction du prolapsus rectal. Pratiquée
par voie basse, elle ne corrige pas les anomalies du haut rectum
ni les autres troubles de la statique pelvienne associés.
Un bilan complet, reposant essentiellement sur la défécographie,
permet de sélectionner les malades ayant les meilleures
chances de succès.
Nous retenons les malades avec prolapsus rectal extériorisé
ou interne, sans faillite des moyens de suspension rectale au
plan sacré, sans entérocèle, ni trouble de
la statique urogénitale associé. La contre-indication
à un geste par voie haute pour raisons médicales
est aussi une des indications de l'intervention de Delorme, mais
les résultats anatomiques et fonctionnels sont alors moins
bons.
Chez des malades bien sélectionnés on peut en attendre
la correction anatomique sans risque de dyschésie secondaire.
Les troubles de la continence sont moins bien soulagés.
Une revue de la littérature ainsi que l'analyse d'une série
personnelle permettent de bien définir les malades à
qui proposer cette technique de première intention.
Mots clés : rectum, prolapsus, intervention de
Delorme, voie périnéale, indications.
Au cours de ce siècle, le traitement du prolapsus rectal
est passé de la simple réduction ou du cerclage
anal à des gestes plus spécifiques. Le premier,
Delorme a eu l'idée de réduire la longueur du rectum
extériorisé en réséquant la muqueuse,
puis en « accordéonnant » la paroi musculaire.
En 1901, il présentait à la Société
de chirurgie ses trois premiers malades [1]. Le traitement chirurgical
par voie basse était lancé. Mais les échecs
ont montré que cette technique limitée au bas rectum
ne corrigeait pas durablement tous les prolapsus du rectum. Plus
tard des interventions par voie abdominale ont logiquement pris
le relais. L'intervention de Delorme s'est trouvée réservée
à leurs contre-indications. En effet, les progrès
de la technique et des matériels de suture la rendent bénigne
et susceptible d'être proposée à des malades
âgés ou porteurs de tares multiples. Par contre l'ambition
d'efficacité durable est limitée et ne peut se concevoir
que pour certains cas. La meilleure compréhension et l'amélioration
des méthodes d'exploration des troubles de la statique
pelvienne permettent aujourd'hui de sélectionner les malades
qui peuvent en bénéficier. Notre mise au point se
propose de situer les limites et résultats de l'intervention
de Delorme.
Le bilan préopératoire
Il est essentiel dans le choix de la technique
chirurgicale à cause de la fragilité du malade (souvent
âgé, mauvais terrain médical), et de son périnée
(lésions de l'appareil neuromusculaire assurant la continence,
troubles de la statique du périnée antérieur
et entérocèle) [2, 3], et aussi des anomalies fréquemment
associées au niveau des filières urinaires et génitales.
Il comprend un examen clinique soigneux du périnée,
de l'appareil sphinctérien, des filières urinaire
et génitale, la rectoscopie appréciant l'aspect
et la mobilité de la muqueuse rectale. De plus, nous pratiquons
systématiquement une défécographie dynamique
associée à l'opacification du vagin chez la femme,
de la vessie en cas d'incontinence urinaire ou de cystocèle
clinique et des anses grêles chez les hystérectomisées.
Cet examen radiologique explore complètement la statique
des trois filières et peut mettre en évidence une
entérocèle (figures 1 et 2). Par ailleurs,
il apprécie la tolérance rectale à l'instillation
de liquide (sensation, douleur, continence), la vidange rectale
(durée, qualité) et l'efficacité des moyens
de suspension du rectum au plan sacré (figures 3
et 4). Comme nous le verrons, ces différents éléments
sont déterminants pour notre choix thérapeutique.
Une incontinence sera recherchée par l'interrogatoire et
quantifiée. En complément de l'appréciation
clinique, les performances de la musculature périnéale
peuvent être mesurées par la manométrie anorectale.
En cas de constipation, le temps de transit colique aux marqueurs
radio-opaques recherchera un trouble de la motricité pouvant
influencer l'indication chirurgicale.
Quelle technique chirurgicale dans le prolapsus du rectum ?
Le choix de la technique chirurgicale serait
simple s'il n'était à faire qu'entre un geste par
voie périnéale et un geste par voie abdominale.
Mais, pour chaque voie d'abord, il existe à peu près
autant de variantes que de chirurgiens. Cette situation est expliquée
par la complexité des objectifs : corriger l'anatomie en
évitant la récidive et faire disparaître les
symptômes associés au prolapsus rectal. Or, on sait
maintenant que tous les signes fonctionnels ne disparaîtront
pas après la correction du prolapsus rectal. Par exemple,
l'incontinence anale n'est pas uniquement due à l'oblitération
de la zone sensible canalaire par le prolapsus, mais aussi aux
altérations musculaires et neurologiques associées.
De même, l'obstacle à la défécation
ou la constipation sont primitifs chez un certain nombre de malades.
De plus, le geste chirurgical ne doit pas être à
l'origine d'un nouveau handicap fonctionnel. Aucune des techniques
chirurgicales décrites ne répond parfaitement à
toutes ces contraintes. Ceci explique leur nombre élevé
(plus d'une centaine).
Nous nous limiterons volontairement à la seule intervention
de Delorme dont nous allons exposer les avantages et défauts
et définir la place que nous lui donnons.
La technique de Delorme
Nous la décrirons telle que nous la
pratiquons à l'hôpital Bagatelle (figures
5 à 7). La veille de l'intervention, le malade est
préparé par un lavement à la Bétadine®.
L'intervention est effectuée sous anesthésie générale
ou rachidienne. Le malade est installé en décubitus
dorsal, cuisses fléchies sur le bassin. Après extériorisation
du boudin rectal, soit spontanément, soit après
traction douce par des pinces de Williams, une infiltration sous-muqueuse
à la Marcaïne adrénalinée® est pratiquée
sur toute sa surface, y compris sur son versant interne. La dissection
sous muqueuse débute 1 cm au-dessus de la ligne pectinée.
Elle est effectuée aux ciseaux et remonte jusqu'à
ce qu'une traction trop importante soit nécessaire pour
extérioriser de la muqueuse rectale. L'hémostase
est faite pas à pas au bistouri électrique. La musculeuse
est ensuite plicaturée par huit points longitudinaux de
fil résorbable (Vicryl® 00). Gardés sur pince,
ils ne seront noués qu'après avoir été
tous passés. La muqueuse redondante est reséquée.
La tranche muqueuse est anastomosée à la ligne pectinée
par 8 à 12 points de fil résorbable (Vicryl®
000). En fin d'intervention, le boudin de musculeuse plicaturée
se réintègre spontanément et, tel un pessaire,
aspire vers le haut le canal anal. Nous y associons, si nécessaire,
une hémorroïdectomie externe (figures 8 à
12) ou une anoplastie postérieure (en cas d'anus
fibreux, sténosé). Une couverture antibiotique est
assurée. Jusqu'au lendemain, le malade reçoit du
Profénid® à la seringue électrique, puis
le traitement antalgique per os est à la demande.
Le malade est réalimenté le lendemain, de l'intervention.
Le transit est facilité par la prise systématique
de mucilages et de paraffine.
Les principales modifications de la technique retrouvées
dans la littérature sont les suivantes : 1) sphinctéroplastie
au pôle antérieur [4, 5], pour l'effectuer, il faut
découvrir l'anneau sphinctérien car la dissection
du Delorme démarre au-dessus de la ligne pectinée
; 2) myorraphie pré-anale, pratiquée en cas de hiatus
dans la paroi antérieure rectale [5] ; 3) outre la sphinctéroplastie,
l'équipe de Lechaux associe une douglassectomie après
ouverture de la musculeuse extériorisée [6]. Il
faut noter que même modifiée l'intervention de Delorme
ne corrige que les anomalies ano-rectales.
La présence d'un prolapsus urinaire ou génital est
un argument pour proposer un traitement complet par voie haute.
Il en est probablement de même en cas d'entérocèle
importante.
Quelles que soient les modifications apportées, certains
points techniques nous paraissent importants :
- respecter la zone sensible anale en commençant la dissection
au-dessus de la ligne pectinée ;
- faire une mucosectomie suffisamment étendue pour éviter
la récidive ; mais, comme nous le verrons plus loin, une
dissection étendue diminue d'autant le volume rectal avec
les risques que cela entraîne sur la continence ;
- la suture musculeuse doit être faite séparément
de la suture muqueuse. Nous avons constaté plusieurs sténoses
après avoir essayé la suture en un plan, que nous
avons abandonnée. L'axe des fils verticaux doit respecter
les rayons de la lumière rectale afin d'éviter de
la rétrécir.
Les résultats du Delorme (tableaux 1, 2 et 3) [4-14]
Morbidité et mortalité sont exceptionnelles, ce qui est remarquable s'agissant de malades âgés, présentant souvent une contre-indication médicale à un geste abdominal ou à une anesthésie générale.
* Résultat anatomique
Le taux de récidive du prolapsus total
extériorisé est de 0 % à 26 % avec des reculs
plus ou moins longs selon les séries (tableaux 1
et 2). Les taux d'échecs sont plus élevés
lorsque l'intervention de Delorme est l'ultime recours après
contre-indication d'un geste par voie haute. Cette notion a été
bien mise en évidence par Lechaux et al. : leurs
malades présentant une contre-indication à une chirurgie
lourde ont présenté 23,5 % de récidives,
contre 5 % en cas d'indication élective du Delorme, le
recul étant le même pour les deux groupes [6]. Par
ailleurs, un geste associé sur l'appareil musculaire (myorraphie,
sphinctéroplastie) peut diminuer le taux de récidive.
Lechaux et al. ont ainsi rapporté 21 % d'échecs
après Delorme simple, contre 5 % en cas de Delorme associé
à un geste sur l'appareil musculaire, avec toutefois un
recul plus court (17 vs 47 mois) pour ce dernier groupe
[6].
* Résultat fonctionnel
La correction des signes fonctionnels est variable.
Comme nous l'avons bien mis en évidence, les signes dus
au prolapsus (procidence, saignements, douleurs) disparaissent
presque toujours (83 % à 90 %) (tableau 3).
La dyschésie, quand elle existe, est souvent soulagée
(71 % à 100 %) (tableau 3). Surtout, il n'est
jamais fait mention d'une dyschésie ou d'une constipation
apparue après intervention de Delorme [6, 11, 13, 14, notre
série]. Cela doit faire préférer l'intervention
de Delorme lorsqu'on redoute que cette complication survienne
après rectopexie (dyschésie sévère,
troubles de la motricité colique). L'incontinence est moins
souvent soulagée (31 % à 76,5 %) (tableau
3), ce qui peut être expliqué par l'existence
de lésions irréversibles entraînées
par le prolapsus au niveau de l'appareil sphinctérien et
de son innervation, non corrigées par l'intervention. Un
geste sur l'appareil sphinctérien contemporain ou à
distance du Delorme pourrait améliorer ces résultats.
L'intervention de Delorme ne s'accompagne pas de dilatation anale
et ne comporte donc pas de risque de rupture sphinctérienne
iatrogène, mais elle réduit la capacité du
rectum. Cette diminution du système capacitif rectal peut
décompenser une continence précaire chez un malade
porteur des lésions sphinctériennes évoquées
ci-dessus. Plusa et al. ont trouvé, 3 à 6
mois après intervention de Delorme, un volume de première
sensation passant de 140 à 65 ml, un volume maximal tolérable
diminuant de 249 à 120 ml et une compliance rectale s'effondrant
de 143 à 12,2 ml/KPa (figures 13 et 14).
Cette modification du réservoir rectal est susceptible
de se corriger en partie au cours du temps, comme en témoigne
la diminution des besoins fréquents et impérieux
que ressentent les malades dans les premières semaines
suivant l'intervention [5, 6].
Le danger d'explorer la sensibilité rectale à la
distension après Delorme doit être souligné.
Du fait du raccourcissement rectal, le ballonnet insuffle le plus
souvent le sigmoïde, ce qui fait courir le risque de perforation
sans prodrome douloureux (2 cas dans notre expérience).
Il faut noter, dans notre série, la disparition 10 fois
sur 11 (91 %) de la rectite mécanique (aspect rouge brique,
oedématié ou pétéchial de la muqueuse).
Il n'en a pas été de même pour les malades
avec un ulcère solitaire du rectum : 2 perdus de vue, 1
échec (tableau 2).
Aucune autre équipe ne mentionne dans la littérature
son expérience du traitement de l'ulcère solitaire
par l'intervention de Delorme. Nos résultats sont peut-être
expliqués par le fait que l'intervention de Delorme laisse
en place la paroi musculaire rectale qui est anormale en cas d'ulcère
solitaire du rectum [15].
* Facteurs prédictifs
Dans notre expérience, les facteurs
prédictifs d'échec de l'intervention de Delorme
ont été :
(a) pour la correction anatomique du prolapsus total extériorisé
: la contre-indication médicale à une chirurgie
par voie abdominale (3 malades => 2 échecs ; p = 0,018),
l'existence d'une entérocèle (3 malades => 2
échecs ; p = 0,018), la chute du haut rectum en défécographie
(les trois échecs sont parmi ces 8 malades ; p = 0,012)
;
(b) pour la correction de l'incontinence, aucun facteur significatif
n'a été mis en évidence ;
(c) la dyschésie a été moins souvent soulagée
quand le malade présentait un prolapsus rectal interne
plutôt qu'un prolapsus total extériorisé,
bien que ceci reste à la limite de la significativité
(p = 0,079). Aucun des facteurs suivants n'a eu d'influence sur
les résultats : sexe, âge, durée du suivi,
antécédent d'accouchement par voie basse, hypotonie
anale, dyschésie, mauvaise vidange rectale en défécographie.
Les indications de l'intervention de Delorme
Le prolapsus rectal extériorisé
La bénignité de l'intervention
de Delorme et sa réalisation possible sous anesthésie
loco-régionale la font logiquement proposer quand une intervention
par voie haute est contre-indiquée pour raison médicale.
Dans ce cas, les taux de succès sont cependant les moins
bons. A côté de cette indication de dernière
chance, il nous semble que des indications électives à
cette technique existent.
Sa morbidité quasi nulle la fait proposer de première
intention si les conditions anatomiques laissant présager
son succès sont réunies. D'après l'analyse
des facteurs pronostiques vus ci-dessus, il nous semble raisonnable
de ne retenir que les anomalies limitées au bas rectum.
En effet, l'intervention de Delorme ne peut corriger la faillite
complète des moyens de suspension du rectum prouvée
en défécographie par la chute du haut rectum lors
de la poussée (figures 3 et 4). De la même
façon nous éliminons l'association à une
entérocèle ou à un trouble de la statique
urogénitale symptomatique justifiant une suspension par
voie haute, capable de corriger en un seul temps toutes les anomalies.
Nous retenons donc le prolapsus rectal total extériorisé,
sans chute du haut rectum en défécographie, sans
entérocèle ni anomalie génito-urinaire. C'est
souligner l'importance de pratiquer un bilan clinique complet
et une recto-colpo-cystographie dynamique (± opacification
du grêle), explorant non seulement le rectum, ses moyens
d'attache au sacrum, mais aussi la filière uro-génitale
et le cul-de-sac de Douglas.
Nous sommes d'autant plus enclins à proposer une intervention
de Delorme qu'il existe une lésion proctologique justifiant
un geste spécifique (hémorroïdes, fissure...).
En cas d'incontinence ou d'hypotonie anale, nous ne récusons
pas l'intervention de Delorme. Dans ce cas, nous prenons garde
de ne pas trop étendre la dissection en hauteur, tout en
sachant qu'elle doit être suffisamment importante pour prévenir
la récidive. Certains associent alors une myorraphie ou
sphinctéroplastie avec des résultats favorables
[4, 6]. Nous n'avons pas l'expérience de cette technique
et faisons un geste de renforcement sphinctérien, si nécessaire,
dans un second temps par abord périnéal. Pour certains,
l'existence d'une incontinence est un argument pour proposer d'emblée
une rectopexie par voie haute.
L'intervention de Delorme présente suffisamment d'avantages
pour être proposée de façon élective
devant un prolapsus rectal extériorisé, mais seule
une bonne sélection des malades permet d'en garantir les
résultats.
Le prolapsus rectal interne
C'est pour nous l'indication idéale
de l'intervention de Delorme. Dans cette situation également,
nous déconseillons l'intervention de Delorme en cas de
chute du haut rectum de la concavité sacrée, lorsqu'existe
un trouble de la statique uro-génitale, ou une entérocèle.
Nous rejoignons certains auteurs pour qui la rectopexie donne
alors de bons résultats [16].
Lorsque les conditions anatomiques requises sont réunies,
l'intervention de Delorme paraît la plus logique du fait
de sa bégninité. Il faut remarquer que la dyschésie
n'est pas toujours secondaire au prolapsus interne et peut persister
après correction anatomique, même par l'intervention
de Delorme [5, notre série], mais elle n'est alors jamais
aggravée. C'est ce qui fait préférer l'intervention
de Delorme à la rectopexie qui risque de provoquer une
constipation ou une dyschésie, surtout s'il existe un trouble
de la vidange rectale ou une constipation sévère
[17-19], bien que récemment certains auteurs aient publié
des résultats très favorables de la rectopexie simple
[20-23], ou associée à une suspension prérectale
selon Nicholls [24].
Autres
Après bilan clinique et radiologique,
une rectocèle apparemment isolée peut se révéler
être intégrée dans un prolapsus rectal interne,
voire extériorisé. L'intervention de Delorme a alors
toute sa place, car elle permet de corriger les deux anomalies.
Nous utilisons aussi l'intervention de Delorme quand un prolapsus
hémorroïdaire est accompagné d'une nette procidence
muqueuse. Dans ce cas, un geste spécifique peut être
pratiqué sur le réseau hémorroïdaire
externe (figures 8 à 12).
CONCLUSION
L'intervention de Delorme a une place à côté
de la rectopexie, même chez le sujet jeune. Elle peut être
choisie pour sa morbidité très faible, mais il faut
alors bien sélectionner les malades afin de garantir les
meilleurs résultats. Notamment, il nous paraît indispensable
d'apprécier de façon précise la dynamique
des trois filières pelviennes ainsi que l'attache du haut
rectum au plan sacré et la profondeur du cul-de-sac de
Douglas. Actuellement, l'examen le plus performant pour ce bilan
est la défécographie dynamique associée à
l'opacification du vagin, de la vessie en cas d'incontinence urinaire
et/ou de cystocèle clinique et des anses grêles chez
les hystérectomisées. Après ce bilan, nous
retenons, pour une indication élective de l'intervention
de Delorme, le prolapsus rectal interne ou total extériorisé,
sans décrochage du haut rectum par rapport au sacrum, sans
entérocèle et sans trouble important de la statique
urogénitale. On peut en attendre la correction des symptômes
en rapport avec le prolapsus, une disparition fréquente
de la dyschésie sans risque d'aggravation. L'incontinence
est moins souvent soulagée, elle est exceptionnellement
aggravée. Lorsque l'appareil sphinctérien est fragile
(hypocontinence, pression faible, périnée descendu),
il faut peut-être limiter en étendue la résection
de la muqueuse rectale (au risque d'augmenter le taux de récidive)
ou associer un geste sphinctérien dans le même temps,
voire à distance. La faible morbidité de l'intervention
de Delorme la fait aussi proposer en cas de contre-indication
à la rectopexie, mais ses résultats sont alors moins
satisfaisants qu'en cas d'indication élective.
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