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Endoscopie biliaire et pancréatique
  
Mehdi KAASSIS,
Pascal BURTIN,
Jean BOYER 
 

Service d'hépato-gastroentérologie, Centre hospitalier universitaire,  49033 Angers Cedex 07.
     
REVUE : Hépato-Gastro. Vol. 4, n° 3, mai-juin 1997 : 241-52



RESUME :


Les données de la littérature de ces trois dernières années ont apporté des précisions sur la sphinctérotomie oddienne et des éléments ayant pour objectifs la prévention de ses complications (hémorragie, pancréatite). La place de la sphinctérotomie endoscopique dans le traitement de la lithiase de la voie biliaire principale a évolué durant cette période avec l'abord coelioscopique de la voie biliaire principale ; elle reste actuellement tributaire de l'expérience des opérateurs (endoscopistes et chirurgiens). La meilleure stratégie sera celle ayant le meilleur rapport coût-efficacité. L'échoendoscopie est sans nul doute devenu l'examen de référence des méthodes diagnostiques de petites lithiases biliaires, des tumeurs pancréatiques et des pancréatites chroniques. Dans un avenir proche, l'imagerie par RMN pourrait constituer une alternative ; il faudra attendre les résultats des études prospectives. Le traitement endoscopique des affections biliaires et pancréatiques, bénignes et malignes, a fait l'objet de nombreuses études confirmant son efficacité dans le traitement des pseudo-kystes et des pancréatites chroniques douloureuses. En ce qui concerne le traitement palliatif des sténoses malignes de la voie biliaire principale, la supériorité significative de l'une ou l'autre méthode (endoprothèse en plastique ou métallique ou dérivation bilio-digestive) n'est pas encore démontrée. Les résultats des essais thérapeutiques font apparaître que le choix thérapeutique doit tenir compte de l'espérance de vie des patients basée sur une meilleure connaissance des facteurs pronostiques.
Mots clés  : sphinctérotomie, échoendoscopie, lithiase biliaire, pancréas.



Complications de la sphinctérotomie oddienne

Les résultats de la sphinctérotomie endoscopique (SE) dans le traitement de la lithiase de la voie biliaire principale (LVBP) sont actuellement bien connus. Les complications restent un sujet d'actualité et sont dominées par les pancréatites et les infections. Plusieurs études se sont attachées à préciser les facteurs de risque de ces complications afin de définir les attitudes pratiques permettant d'en limiter l'incidence. Boender et al. [1], dans une étude prospective portant sur 242 patients traités par SE pour LVBP, ont retrouvé un taux de complications de 14 % dans les 3 mois suivant la SE ; dans cette étude, il faut remarquer un nombre élevé de précoupes tant diagnostiques que thérapeutiques (50 patients), ce qui est assez inhabituel, et dont 11 n'ont pu être complétées par une SE. Ce travail permet de montrer que la précoupe devrait être utilisée avec prudence lorsque le diamètre de la voie biliaire principale est inférieur à 10 mm (risque accru de pancréatite) ou lorsque la papille est intradiverticulaire (risques hémorragiques et de perforations accrus).
La pancréatite aiguë (PA) est la complication la plus fréquente des cholangiographies rétrogrades per endoscopiques (CPRE) avec ou sans SE ; son incidence varie de 0 % à 20 % en fonction des critères diagnostiques, des indications et du caractère prospectif ou rétrospectif des études. La pathogénie de la PA post-CPRE est multifactorielle et n'est pas totalement élucidée ; les facteurs d'agression pancréatique sont mécaniques, chimiques, hydrostatiques, enzymatiques, infectieux, allergiques et thermiques. Parmi les facteurs chimiques, l'osmolarité du produit de contraste a été depuis longtemps incriminée.
Une étude prospective, multicentrique, en double aveugle [2], a comparé la fréquence et la sévérité des pancréatites post-CPRE dans deux groupes : l'un avec un produit de contraste de faible osmolarité (Omnipaque 300®, 600 mosm/kg), l'autre avec un produit standard (1 515 mosm/kg). Aucune différence statistiquement significative n'était notée concernant la fréquence et la sévérité des pancréatites. Cette étude montre ainsi que l'utilisation d'un produit de contraste de faible osmolarité et de coût plus élevé n'est actuellement pas justifiée. Il convient cependant de noter dans cette étude une forte incidence de PA après manométrie oddienne par cathétérisme sélectif (30 %), source de biais d'interprétation. L'oedème induit par la SE a également été incriminé dans la genèse des PA post-CPRE.
Dans une étude prospective, Smithline et al. [3] ont étudié l'intérêt de la pose d'une prothèse pancréatique de 5 ou 7 F chez des patients à risque de PA post-CPRE (dysfonction du sphincter oddien, diamètre de la voie biliaire principale < 10 mm, précoupe). La mise en place prophylactique d'une endoprothèse ne réduisait pas le risque de PA après SE chez les patients à haut risque (18 % vs 14 %). Il est à noter que cette étude confirmait le facteur de risque indépendant de PA post-CPRE en cas de voie biliaire principale fine (diamètre < 6 mm dans cette étude).
Parmi les méthodes préventives des PA, la place de la somatostatine et de son dérivé retard, l'octréotide, reste sujet à controverse. Les résultats antérieurs ne plaidaient pas pour une efficacité préventive de l'octréotide. Dans une étude [4], sur deux groupes de patients randomisés présentant une LVBP nécessitant une CPRE, l'octréotide à 0,1 mg a été administré 120 et 30 min avant l'examen, puis 4 h après contre placebo. Les résultats, conformément aux différentes données de la littérature, ne montraient pas d'effet préventif sur les PA, mais semblaient réduire le nombre de PA sévères. Cependant, une étude italienne [5] a comparé l'administration de l'octréotide en préventif donné aux posologies de 0,1 mg ou de 0,2 mg 30 min avant la CPRE contre placebo. L'analyse des résultats montrait une différence significative du nombre de PA chez les patients ayant eu 0,2 mg d'octréotide, suggérant ainsi qu'il pouvait exister une relation dose-effet. Ces résultats préliminaires méritent d'être validés par d'autres essais, en particulier chez des patients à haut risque de PA post-CPRE.
Les infections biliaires sont volontiers considérées comme étant les complications les plus graves de la CPRE. Le risque infectieux serait surtout lié aux obstructions biliaires nécessitant un geste endoscopique de drainage [6], la survenue d'une complication infectieuse dépendant étroitement de la qualité du drainage biliaire obtenu au terme du traitement endoscopique. La prévention du risque infectieux a fait l'objet de beaucoup de recommandations et de divergences. L'antibioprophylaxie doit tenir compte du terrain et des situations favorisant l'infection, tels les patients à risque d'endocardite ou ayant une altération des défenses immunitaires. De même l'antibioprophylaxie doit tenir compte de l'existence ou non d'une pathologie bilio-pancréatique, de la cinétique des antibiotiques au niveau du site infectieux et de leur spectre antibactérien. L'incidence des septicémies après CPRE varie de 0 % à 16 % selon les séries [7]. Ces septicémies sont en règle générale le fait de bacilles à Gram négatif et de Pseudomonas aeruginosa (tableau 1). P. aeruginosa a été trouvé préférentiellement chez les patients vus en « seconde main » après échec d'un premier traitement endoscopique, chez les patients fragilisés (diabète, néoplasie) ou déjà sous antibiothérapie. En fait, la présence de P. aeruginosa est attribuée à une colonisation du matériel endoscopique liée à des méthodes de désinfection insuffisantes [8], ce germe n'étant que très rarement retrouvé dans la bile.
Le Dreau et al. [9] ont fait une synthèse des données actuelles de la littérature et proposé les attitudes pratiques suivantes (figure 1). Avant la CPRE, en cas d'obstacle biliaire, monothérapie prophylactique par amoxicilline-acide clavulanique ou par fluoroquinolone. Avant la CPRE, en cas d'obstacle biliaire avec antibiothérapie préalable ou en cas d'hospitalisation ou de CPRE antérieures, antibioprophylaxie visant les entérobactéries résistantes et Pseudomonas : monothérapie par céphalosporine de 3e génération, ticarcilline-acide clavulanique, pipéracilline-tazobactam ou imipénème. En cas de dilatation des voies biliaires et de risque d'endocardite, antibiothérapie visant les cocci à Gram positif et les bacilles à Gram négatif : pipéracilline et gentamicine. En l'absence d'obstacle sur les voies biliaires, en l'absence de risque d'endocardite : pas d'antibioprophylaxie. En l'absence d'obstacle biliaire chez un patient aux risques d'endocardite infectieuse : antibioprophylaxie visant le streptocoque (amoxicilline 2 g IV et gentamicine 1,5 mg/kg dans l'heure précédant le geste endoscopique, puis 1 g d'amoxicilline per os 6 h après l'examen).
Dans une étude portant sur 179 CPRE, Mollison et al. [10] trouvèrent une bactériémie de l'ordre de 5 % avec un risque élevé en cas de traitement endoscopique sur voie biliaire obstruée. Les auteurs concluaient qu'une dose unique de gentamicine et d'ampicilline en prophylaxie ne permettait pas de prévenir les bactériémies chez ces patients à haut risque et que, dans cette situation, l'utilisation d'un antibiotique de plus longue durée d'action ou à posologie répétée était préférable.
Enfin, les risques infectieux liés à Pseudomonas, mais également liés au virus de l'hépatite C après CPRE [11], soulignent l'importance des procédures de désinfection des endoscopes.

Lithiase de la voie biliaire principale : diagnostic et traitement endoscopique

Diagnostic

Quinze à 20 % des patients ayant des symptômes liés à une vésicule lithiasique ont une LVBP. Si la cholangiographie rétrograde reste l'examen de référence pour le diagnostic de LVBP, l'échoendoscopie (EES) a pris dans cette indication une place grandissante. Deux études prospectives ont montré sa supériorité par rapport à l'échographie transabdominale et à la tomodensitométrie pour le diagnostic de LVBP. Dans le travail d'Amouyal et al. [12], la sensibilité diagnostique atteignait 95 % contre 25 % pour l'échographie et 75 % pour la tomodensitométrie (tableau 2). Parallèlement, la valeur prédictive négative de l'EES était de 97 % contre 56 % pour l'échographie et de 78 % pour la tomodensitométrie ; la précision diagnostique de l'EES et du scanner était similaire chez les patients présentant des calculs de taille < 10 mm. Dans une étude de Dancygier et Nattermann [13], portant sur 41 patients ayant une cholestase extra-hépatique explorée par échographie, EES et CPRE, le diagnostic de LVBP par EES était porté dans 94 % des cas ; le seul cas non diagnostiqué était lié à une lithiase enclavée dans le canal hépatique droit. Les données actuelles de la littérature montrent que l'EES est une méthode diagnostique excellente pour la recherche d'une LVBP, l'indication la meilleure étant la recherche de calculs de petite taille ; par contre, l'EES se heurte à l'exploration de la région biliaire. Dans le travail de Dahan et al. [14], l'EES était comparée à l'examen microscopique biliaire pour le diagnostic préopératoire de la LVBP. La méthode de référence était la cholécystectomie avec tamisage biliaire. L'EES et l'examen microscopique étaient comparables en terme de spécificité et l'EES était plus sensible. Il faut souligner que, dans cette étude, les calculs étaient de taille inférieure à 2 mm.
Prat et al. [15] ont comparé les valeurs respectives de l'EES et de la CPRE pour le diagnostic de LVBP chez 119 patients présentant une cholestase avec dilatation de la LVBP (figure 2). La technique de référence était une SE avec visualisation des calculs. Les indices diagnostiques de l'EES et de la CPRE étaient comparables, et les deux techniques étaient concordantes dans 95 % des cas : la sensibilité, la spécificité, la valeur prédictive positive et la valeur prédictive négative pour l'EES étaient respectivement de 93 %, 97 %, 98 % et 88 %, les valeurs correspondantes pour la CPRE étaient respectivement de 89 %, 100 %, 100 % et 83 %. Les auteurs concluaient que l'EES était au moins aussi sensible que la CPRE pour le diagnostic de la LVBP et que, proposée en première intention en cas de suspicion de LVBP, elle permettait d'éviter une exploration invasive et inutile de la voie biliaire principale. De même, dans le travail de Palazzo et al. [16], l'EES et la CPRE étaient d'égale sensibilité pour le diagnostic de la LVBP avec une concordance de 91,3 %. Ainsi, ces légères différences font proposer plutôt l'EES en première intention chez les patients potentiellement opérables et plutôt une CPRE en première intention chez des patients jugés non opérables ou à haut risque opératoire.
Depuis peu, l'EES et la CPRE sont confrontées aux progrès récents de la cholangio-IRM en pathologie biliaire. Dans une série de Soto et al. [17], la précision diagnostique de la cholangio-IRM pour la détection des dilatations des voies biliaires, des sténoses biliaires et des lésions intra-canalaires était respectivement de 96 %, 90 % et 100 %. Ces résultats étaient confirmés dans un autre travail [18] où la cholangio-IRM permettait un diagnostic dans tous les cas où la CPRE à visée diagnostique avait échoué. Il est ainsi probable que l'IRM prendra une place nouvelle et grandissante en pathologie bilio-pancréatique, mais ces résultats préliminaires devront être validés par de larges études prospectives.

Traitement endoscopique

La sphinctérotomie endoscopique est grevée d'environ 10 % de complications. Aussi, la dilatation de la papille par ballon a été proposée comme alternative à la SE. Dans une série de 100 patients, Mathuna et al. [19] ont étudié les résultats de la « sphinctéroplastie » par ballon (« sphinctéroclasie » étant le terme le plus approprié) en cas de LVBP de taille comprise entre 3 et 20 mm. L'efficacité thérapeutique était de 78 %, une lithotritie mécanique était nécessaire dans 10 % des cas, en cas de lithiase de taille supérieure à 12 mm. Aucune hémorragie n'était notée ; 5 % des patients ont présenté une PA bénigne et 2 % ont eu, au cours des 16 mois de suivi, une récidive de LVBP traitée efficacement après nouvelle dilatation. L'intérêt de la dilatation oddienne est également rapportée dans la série de Minami et al. [20]. Dans cette étude portant sur 40 patients, la SE était comparée à la dilatation papillaire pour l'extraction de lithiases de la voie biliaire principale de taille inférieure à 12 mm ; une étude manométrique oddienne était réalisée avant et après le traitement endoscopique. L'extraction des lithiases était réalisée dans 100 % des cas par les deux méthodes avec un nombre de procédures identique. Toutefois, le temps d'intervention était plus long en cas de dilatation (63 min vs 42 min). Les auteurs relevaient surtout que dans le groupe traité par SE, et contrairement au groupe traité par dilatation, les patients avaient une perte complète de la fonction oddienne étudiée en manométrie. Dans un travail prospectif randomisé portant sur 78 patients, Bergman et al. [21] ont comparé la SE et la dilatation oddienne. Les lithiases de la voie biliaire principale pouvaient être extraites par dilatation avec un taux d'efficacité de 82 % en une séance. Les lithiases variaient de 4 à 30 mm de diamètre, et le recours à une lithotritie mécanique était plus fréquent dans le groupe dilatation. Ainsi, les données de la littérature montrent une efficacité identique de la SE et de la sphinctéroclasie au ballon pour le traitement de la LVBP. La sphinctéroclasie reste cependant limitée pour des lithiases de taille supérieure à 15 mm pour lesquelles la SE est le traitement de référence. Les conséquences à long terme de la SE restant inconnues, la sphinctéroclasie aurait l'avantage de préserver la fonction oddienne, suggérant son utilité chez les patients chez qui le maintien d'une bonne fonction oddienne est souhaitable, en particulier chez les sujets jeunes.
Dans une étude prospective, Boender et al. [22] ont analysé les résultats de la SE chez 95 patients ayant une angiocholite par LVBP. La morbidité et la mortalité étaient significativement plus élevées (42 % vs 4 % et 8 % vs 0 %) lorsque la SE était effectuée tardivement (> 3 jours après le début de l'angiocholite si celle-ci ne répondait pas à l'antibiothérapie) ou en cas d'échec initial de l'extraction des calculs. Les auteurs recommandent d'effectuer le traitement endoscopique en urgence si après 24 h d'antibiothérapie l'angiocholite n'est pas maîtrisée ; de même, un traitement chirurgical ou un drainage percutané doivent être proposés en urgence lorsque le drainage biliaire per-endoscopique n'a pu être réalisé.

Lithiase biliaire et chirurgie coelioscopique : place de la CPRE

La stratégie diagnostique et thérapeutique avant chirurgie laparoscopique de la vésicule biliaire reste controversée. La plupart des auteurs s'entendent pour indiquer une CPRE préopératoire en cas d'angiocholite, de PA sévère ou de forte suspicion de LVBP. Dans une série portant sur 407 patients, Coppola et al. [23] ont mis en évidence l'intérêt de la CPRE préopératoire chez 99 patients (24 %) à risque élevé de LVBP (PA, ictère avec ou sans angiocholite, dilatation de la voie biliaire principale de plus de 10 mm, cholestase) : 40 % des patients avaient une LVBP retrouvée en CPRE. L'extraction des calculs fut obtenue dans 100 % des cas avec une seule complication (pancréatite aiguë) ; la CPRE préopératoire ne compliquait pas la réalisation de la cholécystectomie sous coelioscopie.
Dans la série de Welbourn et al. [24], 276 patients sur 1 507 avaient une CPRE préopératoire en cas de suspicion de LVBP, d'ictère, de pancréatite ou de dilatation de la voie biliaire principale. Une LVBP était mise en évidence dans 90 % des cas et une SE permettait de libérer la voie biliaire principale dans 79 % des cas ; 1 % des patients avait une lithiase résiduelle traitée efficacement par CPRE au cours d'un suivi de 14 mois. Les auteurs suggèrent que la CPRE préopératoire évite l'exploration inutile de la voie biliaire principale en peropératoire. De même, dans la série rétrospective de Korman et al. [25] portant sur 343 patients ayant eu une CPRE avant chirurgie laparoscopique, les auteurs concluent que la CPRE devrait être réalisée en préopératoire chez les patients à haut risque de LVBP. Quand la CPRE est normale, la cholangiographie peropératoire ne semble pas nécessaire et peut même être nuisible. La CPRE postopératoire est indiquée en cas de LVBP découverte en peropératoire. La réalisation systématique d'une cholangiographie peropératoire était de plus entachée de faux positifs conduisant à des manoeuvres inutiles sur les voies biliaires. Les recommandations actuelles prennent en compte le fait que la CPRE ± SE est une technique arrivée à maturité contrairement aux explorations et traitements de la LVBP en per-coelioscopie.
Une étude portant sur 303 patients [26] a confirmé les bénéfices de la CPRE avant chirurgie laparoscopique en cas de LVBP ; les auteurs ont conclu que tout patient ayant une forte suspicion de LVBP devait avoir une CPRE préopératoire ± SE. Dans une série rétrospective portant sur 370 patients ayant eu une chirurgie laparoscopique, Robertson et al. [27] ont étudié les facteurs prédictifs de LVBP retrouvés en CPRE chez 66 % des patients. L'âge, l'ictère, l'élévation des phosphatases alcalines, une dilatation de la voie biliaire principale en échographie, la visibilité de LVBP en échographie et l'hypoalbuminémie étaient des facteurs prédictifs de LVBP, mais pas la pancréatite. La sensibilité de la CPRE était de 89 %. Les données actuelles de la littérature tendent actuellement à démontrer que la CPRE préopératoire devrait être réservée aux patients à haut risque de LVBP, la CPRE + SE trouvant également sa place en postopératoire en cas de LVBP découverte lors de la chirurgie laparoscopique.
L'enclavement d'un calcul au niveau du sphincter d'Oddi peut être à l'origine d'une PA biliaire. L'intérêt d'une SE dans les 72 heures pour les PA biliaires sévères semble être une notion maintenant bien admise. L'intérêt d'une CPRE dans les PA peu sévères n'est par contre pas démontré. Scapa [28] a étudié 16 patients ayant eu une PA biliaire non sévère d'évolution favorable. Tous les patients avaient eu une CPRE avant la réalisation d'une chirurgie laparoscopique. Deux patients avaient une dilatation de la voie biliaire principale en échographie constatée également lors de la CPRE, et associée à des LVBP extraites après SE. Les auteurs proposent que les patients ayant présenté une PA biliaire bénigne d'évolution favorable sous traitement médical, et sans anomalie des voies biliaires en échographie, ne nécessitent pas de CPRE préopératoire. Ces conclusions rejoignent celles de Guibert et al. [29] pour qui le traitement coelioscopique en cas de PA biliaire bénigne peut être proposé de première intention sans CPRE préopératoire. De même, De Virgilio et al. [30], dans une étude rétrospective portant sur 71 patients ayant eu une PA biliaire, concluent que la CPRE préopératoire doit être réservée aux patients ayant une angiocholite associée ou présentant une PA d'évolution non favorable avec persistance de l'hyperamylasémie. Delorio et al. [31], dans une étude rétrospective portant sur 113 patients ayant eu une PA biliaire, montrent que la chirurgie laparoscopique peut être proposée en première intention, et suggèrent aussi que les progrès réalisés pour le diagnostic et le traitement de la LVBP par coelioscopie pourraient faire diminuer encore les demandes de CPRE préopératoire. Les auteurs notent également une relation entre le nombre de LVBP diagnostiquées (par CPRE ou chirurgie laparoscopique) et la précocité de l'examen (80 % au 2e jour, 30 % au 9e jour) suggérant ainsi que la CPRE aurait pu être effectuée de façon précoce mais inutilement pour des lithiases d'élimination spontanée.
Devant les différentes attitudes possibles avant chirurgie laparoscopique et en l'absence de consensus, Erickson et Carlson ont utilisé une analyse décisionnelle afin de tenter de mieux préciser la place de la CPRE préchirurgie laparoscopique [32] (figure 3). Cette technique d'analyse nécessite une recherche bibliographique exhaustive afin de connaître les probabilités de succès d'une technique dans le but d'obtenir un tableau final des probabilités de chaque attitude pratique possible. Il est ainsi possible de calculer les durées de séjour, les coûts, les taux de complication, les taux de mortalité, de morbidité de chaque attitude. Les auteurs ont étudié la place respective de la CPRE avec SE en fonction de la cholécystectomie laparoscopique et de la chirurgie ouverte. Quatre stratégies étaient étudiées : 1) CPRE préopératoire systématique avec SE si LVBP ; 2) CPRE préopératoire chez les patients à haut risque de LVBP et CPRE postopératoire en cas de LVBP découverte en peropératoire ; 3) pas de CPRE préopératoire et CPRE postopératoire en cas de LVBP découverte en peropératoire ; 4) pas de CPRE préopératoire et CPRE seulement en cas d'échec d'extraction chirurgicale des lithiases. Les trois premières approches étaient identiques en termes d'efficacité, de mortalité et de durée de séjour. Les auteurs ont conclu que la meilleure approche est celle faisant intervenir la CPRE ± SE après la cholécystectomie en cas de LVBP. En cas de haut risque de LVBP en préopératoire, la réalisation d'une CPRE préopératoire donnait des résultats équivalents. Cette étude démontre a priori que la CPRE ± SE systématique avant chirurgie laparoscopique n'a pas d'indication, sauf en cas de risque élevé de LVBP. Il faut cependant noter que ces stratégies excluaient systématiquement l'EES, peu pratiquée aux États-Unis, ainsi que l'abord coelioscopique de la voie biliaire principale. Une étude utilisant l'analyse décisionnelle, évaluant également la place de l'EES et l'abord laparoscopique de la voie biliaire principale pourrait à l'avenir permettre de définir la meilleure stratégie diagnostique et thérapeutique.
La chirurgie laparoscopique n'est pas dénuée de complications, les complications biliaires seraient de l'ordre de 0,5 %. L'endoscopie biliaire trouve une place de choix dans le diagnostic et le traitement de ces complications. Dans la série de Raijman et al. [33], 17 patients sur 465 présentaient une fistule biliaire traitée par SE et pose d'une prothèse biliaire de 7 ou 10 french. Le tarissement de la fistule était obtenu dans 96 % des cas, et confirmé par la cholangiographie. Ces prothèses étaient retirées 3 à 4 semaines après leur pose. Dans le travail de Ell et Dertinger [34], 23 patients présentaient une fistule postchirurgie laparoscopique ; un traitement par drain naso-biliaire seul (en l'absence de lithiase résiduelle associée) ou une sphinctérotomie (en cas de lithiase résiduelle) étaient réalisés. Le taux de guérison était de 80 %. Les auteurs suggèrent ainsi la réalisation d'une SE en cas de fistule avec lithiase restante, et la réalisation d'un traitement sans SE par drain ou prothèse en cas de fistule sans lithiase restante. Isaac et al. [35] rapportent deux observations de fistules du cystique traitées efficacement par SE alors que le drainage simple par drain naso-biliaire s'avérait initialement inefficace. Ces observations confortent les données antérieures relatives à l'efficacité du traitement endoscopique des fistules biliaires post-chirurgie laparoscopique par SE et/ou drain naso-biliaire et/ou prothèse biliaire. Le traitement endoscopique doit donc être proposé en première intention, la persistance de la fistule malgré un drainage efficace devant conduire à une prise en charge chirurgicale.
La sténose biliaire postchirurgie laparoscopique est une complication bien connue. Ell et Dertinger [34] rapportent un taux d'efficacité de 63 % pour le traitement des sténoses biliaires post-chirurgie laparoscopique traitées par dilatation au ballon et pose d'une endoprothèse. L'intervention chirurgicale était cependant nécessaire dans 27 % des cas (sténose non dilatable, sténose non franchie par le fil guide). Aucune récidive n'était notée dans l'année suivant le traitement endoscopique. Ce travail, comme celui de Kozarek et al. [36], confirme les données antérieures de la littérature concernant l'efficacité du traitement endoscopique des sténoses biliaires précoces ou tardives postopératoires par dilatation au ballonnet suivie de la mise en place d'une endoprothèse biliaire.

Diagnostic et traitement endoscopique des affections bénignes pancréatiques

Traitement endoscopique de la pancréatite chronique

Le mécanisme le plus souvent évoqué pour expliquer les douleurs de la pancréatite chronique est l'augmentation de la pression canalaire, secondaire aux sténoses des canaux pancréatiques et/ou à la présence de calculs ou de pseudo-kystes. Smits et al. [37] ont étudié de façon rétrospective chez 51 patients les résultats du traitement par endoprothèse pancréatique. Les patients présentaient une pancréatite chronique avec sténose canalaire responsable de douleurs. La prothèse était mise en place chez 49 des 51 patients (96 %) ; 18 % des patients présentaient des complications principalement à type d'exacerbation des douleurs et d'hémorragies postsphinctérotomie. Au terme d'un suivi de 34 mois, 18 % des patients n'avaient pas d'amélioration clinique et les prothèses furent retirées ; par contre, 82 % étaient cliniquement améliorés. Les prothèses étaient retirées chez 22 patients sur 40 avec persistance de l'efficacité sur les symptômes. Toutefois, des complications liées à la prothèse étaient notées dans 55 % des cas, principalement à type d'obstruction, mais aussi de migration et d'érosion duodénale ; ces complications étaient traitées efficacement après remplacement de la prothèse par voie endoscopique.
Devant ces résultats encourageants, mais mal codifiés, du traitement endoscopique, Ponchon et al. [38] ont évalué les résultats d'un protocole standardisé de traitement par prothèse pancréatique chez 22 patients avec douleurs et sténoses pancréatiques. Le protocole suivant était appliqué : après dilatation au ballon de la sténose, une prothèse de 10 french était introduite dans le canal pancréatique et changée tous les 2 mois pendant 6 mois, puis retirée. L'efficacité sur la douleur, corrélée à une diminution de la prise d'antalgiques, était de 74 % à 6 mois et de 52 % à 1 an. Ces résultats étaient corrélés à une réduction du calibre du canal pancréatique et à une levée de la sténose, mais n'étaient pas influencés par l'abstinence en boissons alcoolisées ni par la supplémentation en extraits pancréatiques. Cette étude suggère que dans un sous-groupe de patients sélectionnés (sténose proximale pancréatique et dilatation distale canalaire), le protocole utilisé pourrait être proposé en première intention. Toutefois, la persistance de la douleur, malgré un traitement effectif chez certains patients, laisse entrevoir d'autres mécanismes que l'hyperpression canalaire. L'intérêt du traitement endoscopique sur la douleur apparaît également dans le travail de Binmoeller et al. [39]. Dans cette série, 93 patients présentant des douleurs chroniques dépendant des opiacés et ayant une sténose pancréatique, étaient traités par endoprothèse après dilatation au ballonnet ; 74 % étaient améliorés, 46 de façon complète, 23 de façon partielle pendant 6 mois. Les prothèses étaient retirées chez 49 patients après une moyenne de 15,7 mois. Au terme d'un suivi de 3,8 ans, 36 patients ne présentaient plus de douleur ; les 13, à nouveau symptomatiques, étaient traités efficacement par un nouveau drainage endoscopique. Les patients soulagés initialement de façon précoce par le drainage endoscopique étaient soulagés de façon prolongée après le traitement. Les auteurs concluaient que les « répondeurs précoces » au drainage tiraient bénéfice à long terme du drainage.
Le traitement endoscopique est également jugé bénéfique dans le travail de Kozarek et al. [40] ; il semble donc être une arme thérapeutique venant renforcer la gamme des traitements usuels. Comme le suggèrent Ponchon et al. [38], il est probable que les patients n'ayant pas tiré bénéfice d'un premier traitement ne tireront pas intérêt d'une nouvelle tentative ou d'une intervention chirurgicale. De même, les patients restant asymptomatiques après le retrait de la prothèse, ou chez qui une levée de la sténose est obtenue semblent avoir un bénéfice à long terme du traitement endoscopique. Enfin, ceux soulagés par le traitement, mais chez qui la sténose canalaire persiste pourraient être de bons candidats à un drainage chirurgical.

Échoendoscopie et pancréatites chroniques

La place de l'EES dans la prise en charge des pancréatites chroniques reste discutée ; si elle permet la détection de lésions précoces ou de petite taille, son intérêt reste nuancé par son caractère non thérapeutique. Au cours des pancréatites chroniques peu avancées, elle est utile au diagnostic en montrant un parenchyme hypoéchogène et hétérogène, la présence de petites calcifications et des anomalies canalaires. En terme de diagnostic, l'EES n'est pas supérieure à la tomodensitométrie (TDM) ou à l'échographie transpariétale en cas de pancréatite chronique avancée ; toutefois, dans cette situation, elle permet le diagnostic et la localisation de calculs et de sténoses canalaires avant un éventuel traitement endoscopique par CPRE. Comparée à la CPRE, l'EES apparaît comme un outil intéressant pour le diagnostic des lésions précoces de pancréatite chronique non vues en CPRE. Ainsi, selon Devière et al. [41], en cas de signes mineurs de pancréatite chronique à la CPRE, l'EES montre dans 100 % des cas des anomalies parenchymateuses pancréatiques. Ces conclusions rejoignent celles de la série prospective de 114 patients de Natterman et al. [42].
De même, l'EES est utile pour le diagnostic de petits pseudo-kystes de moins de 1 cm de diamètre ; elle peut permettre de guider un geste endoscopique de drainage en repérant les structures vasculaires adjacentes, en particulier en cas d'hypertension portale segmentaire associée. Enfin, si l'EES est un examen performant pour le diagnostic de petites lésions tumorales pancréatiques, sa spécificité pour différencier un cancer pancréatique d'un noyau de pancréatite chronique reste faible, de l'ordre de 75 % [41].

Pseudo-kystes pancréatiques

La place du traitement chirurgical des pseudo-kystes pancréatiques a nettement régressé depuis l'avènement des méthodes non chirurgicales de traitement. Le traitement endoscopique prend une place importante dans les traitements des pseudo-kystes. Smits et al. [43] ont étudié rétrospectivement 37 patients présentant un pseudo-kyste sur pancréatite chronique. Les relations entre les kystes et la paroi gastrique étaient étudiées par EES et/ou TDM. Quand l'épaisseur de la paroi était inférieure à 1 cm, et s'il existait une compression duodénale ou gastrique endoscopique, le faux kyste était drainé par voie endoscopique trans-digestive au moyen d'un papillotome et mise en place d'une prothèse. Seize pour cent des patients ont présenté des complications principalement d'ordre hémorragique, 19 % des malades ont présenté une complication liée au matériel à type d'infection ou de migration. Un drainage efficace et définitif a été réalisé dans 65 % des cas. Dans la série prospective de Barthet et al. [44], 30 malades avaient un pseudo-kyste communiquant avec le canal de Wirsung en CPRE. Une prothèse de 7 à 10 french était mise en place par voie transpapillaire dans le canal de Wirsung et menée soit au contact du kyste, soit en intrakystique ; les kystes variaient de 15 à 120 mm avec une moyenne de 50 mm et prédominaient au niveau céphalique. Quatre complications mineures étaient notées (fistule, pancréatite aiguë, effusion péritonéale, obstruction canalaire) ; 77 % des patients étaient considérés comme guéris au terme d'un suivi de 15 mois. De même, dans le travail de Catalano et al. [45], portant sur 21 patients ayant un faux kyste communiquant, un traitement similaire était réalisé. Soixante-seize pour cent des patients présentaient une disparition du pseudo-kyste sans récidive dans un délai moyen de 37 mois. Un seul avait une pancréatite bénigne dans les suites de l'intervention. Les facteurs prédictifs d'efficacité étaient une taille de kyste supérieure ou égale à 6 cm, la localisation au corps pancréatique et la persistance du kyste depuis au moins 6 mois. La série de Binmoeller et al. [46] confirme l'intérêt du traitement endoscopique ; dans ce travail portant sur 53 patients étaient étudiés les résultats et la faisabilité du drainage transpapillaire ou transmural de pseudo-kystes symptomatiques. Le drainage endoscopique était possible dans 94 % des cas et 47 patients (89 %) avaient une régression complète du pseudo-kyste. La taille des pseudo-kystes variait de 2 à 16 cm avec une moyenne de 7 cm ; 11 % des patients ont présenté des complications dans les suites du traitement endoscopique à type de ponction vésiculaire, d'hémorragie et de pancréatite. Au terme d'un suivi moyen de 22 mois, une récidive des pseudo-kystes était notée chez 11 patients (23 %) dont 7 ont été traités et guéris par un nouveau traitement endoscopique.
L'étiologie de l'affection pancréatique chronique ne semble pas être un facteur d'efficacité du traitement, Funnell et al. [47] rapportent 5 observations de pseudo-kystes pancréatiques d'origine post-traumatique traités par voie endoscopique. Par contre, le drainage de pseudo-kystes dans le cadre d'une pancréatite nécrotique semble contre-indiqué en raison du risque élevé d'infections [48].
Les données actuelles de la littérature plaident donc pour le traitement de première intention des pseudo-kystes pancréatiques par voie endoscopique compte tenu de l'efficacité thérapeutique rapportée. A l'avenir, la place du traitement chirurgical des pseudo-kystes pourrait donc être limitée aux échecs des traitements endoscopiques et à certaines situations particulières (rupture de pseudo-kystes avec hémopéritoine, pseudo-kystes avec hypertension portale segmentaire ne relevant pas d'un traitement non chirurgical). De plus, l'EES et le Doppler pourront prendre une place importante en préthérapeutique en définissant au mieux les structures vasculaires pouvant être lésées lors du traitement, et en guidant ainsi le geste endoscopique [49].

Pancréas divisum

L'approche thérapeutique endoscopique du pancréas divisum s'est développée depuis ces dernières années, et plusieurs techniques de traitement ont été proposées. Dans une étude rétrospective portant sur 34 patients ayant un pancréas divisum avec des douleurs abdominales ou des poussées de pancréatites, Coleman et al. [50] ont étudié les résultats de la mise en place d'une endoprothèse au niveau de la papille accessoire avec ou sans sphinctérotomie. La douleur était évaluée avant et après le traitement endoscopique. Une amélioration significative des symptômes était notée chez les patients ayant des épisodes récidivants de pancréatite aiguë et chez les malades souffrant de pancréatite chronique. Par contre, les patients se plaignant de douleurs abdominales sans pancréatite ne tiraient pas bénéfice du traitement. Aucune différence statistique n'était notée chez les malades avec ou sans sphinctérotomie de la papille accessoire. Ainsi, en accord avec les données antérieures de la littérature, les pancréatites aiguës récidivantes associées à un pancréas divisum semblent être une bonne indication d'un traitement endoscopique. De futures études sont cependant nécessaires afin de mieux définir quels sous-groupes de patients peuvent réellement tirer bénéfice du traitement endoscopique.

Diagnostic et traitement des affections tumorales pancréatiques et biliaires

Échoendoscopie et pathologie tumorale du pancréas

Progressivement l'EES s'est avérée être un examen fiable pour le diagnostic des lésions tumorales pancréatiques, en particulier pour la recherche de petites tumeurs du pancréas méconnues par les autres examens morphologiques. La série de Muller et al. [51] confirme ces données (tableau 3) ; dans cette étude portant sur 49 patients, l'EES était comparée à la TDM et à l'IRM pour le diagnostic de tumeurs pancréatiques. L'EES était supérieure à la TDM et à l'IRM pour le diagnostic des tumeurs pancréatiques, en particulier pour des lésions de petite taille de moins de 3 cm pouvant tirer bénéfice d'une résection chirurgicale. Des résultats similaires ont été retrouvés dans la série de Nakaizumi et al. [52] où l'EES était comparée à la TDM et à l'échographie standard pour le diagnostic de cancer pancréatique chez 232 patients. L'échoendoscopie s'avérait supérieure à la TDM et à l'échographie pour la détection des petites lésions tumorales de moins de 2 cm, et s'avérait également plus sensible pour le diagnostic d'envahissement vasculaire veineux local.
Si la résection reste le traitement de référence des lésions tumorales pancréatiques, elle n'est réalisable que dans 5 % à 10 % des cas pour des tumeurs non métastasées et non évoluées localement. A ce titre, dans le travail de Snady et al. [53], l'EES apparaît utile pour le diagnostic d'invasion vasculaire des néoplasies pancréatiques apparaissant resécables par les examens radiologiques usuels. Dans cette étude, trois signes échoendoscopiques apparaissent fiables pour le diagnostic d'envahissement des structures veineuses portales : réseau veineux collatéral péri-pancréatique, lésion tumorale dans la lumière vasculaire et solution de continuité dans la paroi vasculaire.
Deux travaux confirment la supériorité de l'EES dans le diagnostic des tumeurs endocrines du pancréas. Dans le travail de Ruszniewski et al. [54] portant sur 22 syndromes de Zollinger-Ellison, la sensibilité diagnostique de l'EES était de 75 % contre 25 % par la TDM ; les auteurs concluent à l'intérêt de l'EES en première intention pour la détection des gastrinomes. Ces résultats rejoignent ceux de Thompson et al. [55] portant sur 50 patients ; dans cette étude, l'EES apparaissait être un examen sensible pour le diagnostic d'insulinome et pouvait, dans cette indication, être le seul examen proposé à visée diagnostique. Les auteurs suggéraient que chez des patients présentant un syndrome de Zollinger-Ellison et ayant une échoendoscopie pancréatique normale, le gastrinome devrait être recherché au niveau duodénal ou en extra-pancréatique.

Diagnostic et traitementdes sténoses de la voie biliaire principale

Le diagnostic des sténoses biliaires est difficile ; la nature bénigne ou maligne peut être apportée par l'étude cytologique per-endoscopique dont la technique est actuellement bien codifiée ; toutefois, la cytologie effectuée avant la mise en place d'une endoprothèse a une sensibilité relativement faible d'environ 30 %. Pour améliorer ces résultats, Mohandas et al. [56] ont effectué une étude comparant la cytologie par aspiration de bile lors de la CPRE, et après dilatation de la sténose sur fil guide avec une bougie de Soehendra munie de deux trous latéraux de 1 mm ; la bile était aspirée à travers le dilatateur placé à l'extrémité proximale de la sténose. La mise en évidence de cellules malignes a été observée chez 28,6 % des patients du premier groupe et 63,3 % de ceux du deuxième groupe.
Le traitement palliatif par endoprothèse des ictères par obstacle tumoral biliaire a fait l'objet de nombreuses études depuis ces dernières années. Buffet et al. rapportent leur expérience portant sur une série rétrospective de 266 patients porteurs d'une sténose tumorale sous-hilaire [57]. Leurs résultats sont ceux habituellement rapportés dans la littérature quant au taux de succès (92 %), de complications précoces (28 %) et de complications tardives (31 %). Toutefois, plusieurs points ressortent de cette étude ; en analyse multidimensionnelle ont été retrouvées, liées à une courte survie, l'existence de douleurs au moment de l'apparition de l'ictère, une bilirubinémie de départ supérieure à 500 mu mol/l et une diminution de la bilirubinémie de moins de 75 %.
Après mise en place de la prothèse, l'obstruction des endoprothèses en plastique reste le problème majeur ; elle survient en règle générale dans un délai de 3 à 6 mois ; différents types de matériel ont été proposés pour tenter de résoudre ce problème. Plusieurs études ont pu déterminer le rôle néfaste des trous latéraux sur les endoprothèses, facilitant l'adhésion des bactéries, le sludge et l'obstruction. Seitz et al. ont testé un nouveau modèle d'endoprothèse en téflon dite Tannenbaum stent ou prothèse en forme de sapin constituée d'une prothèse droite sans trous latéraux [58]. Les résultats observés chez 55 patients consécutifs ont été comparés à ceux observés avec une prothèse en téflon en queue de cochon comportant des trous latéraux chez 74 patients. Les résultats sont nettement en faveur de cette nouvelle prothèse, les médianes de survie étant respectivement de 100 et 130 jours et de 104 à 141 jours. Ces résultats sont prometteurs et devraient à l'avenir être comparés à ceux obtenus avec les prothèses métalliques expansibles qui ont montré jusque-là une supériorité par rapport aux autres prothèses plastiques. Hoepffner et al. [59] présentent les résultats à long terme de leur expérience des prothèses métalliques expansibles (Wallstent) pour sténoses malignes de la voie biliaire principale chez 118 patients traités de mai 1989 à mai 1993 avec un suivi à long terme chez 51 d'entre eux ; 67 patients sont décédés de leur maladie au cours des trois premiers mois, dont 6 le premier mois ; 6 d'entre eux présentèrent des signes d'obstruction biliaire ; 51 patients ont survécu plus de trois mois avec une moyenne de survie de 12 mois ; 11 présentaient des signes d'obstruction en rapport avec une prolifération tumorale endoprothétique chez 8 et d'origine alimentaire chez 3. La désobstruction a été effectuée par électrocoagulation à l'aide d'un électrohydrothermocathéter de 7 F permettant une reperméation durant 123 jours pour l'un d'entre eux ; dans cette étude, furent observés 15 % d'obstructions à 6 mois, taux nettement inférieur aux 70 % d'obstructions à 6 mois habituellement observés pour les prothèses plastiques de 10 ou 12 F.
Il ressort de cette étude que les prothèses métalliques représentent un progrès ou un avantage chez les patients dont l'espérance de vie est supérieure à 3 mois, ce qui sous-entend que les indications des prothèses métalliques soient posées en fonction d'une meilleure connaissance des critères de survie et d'obstruction des endoprothèses chez les patients ayant une sténose maligne de la voie biliaire principale.
Dans une étude randomisée, Smith et al. [60] ont comparé les résultats de la dérivation endoscopique par prothèse plastique de 10 F avec ceux de la chirurgie de dérivation chez 204 patients présentant une obstruction biliaire maligne de siège distal. Le taux de succès des deux techniques a été identique (98 % pour la chirurgie et 97 % pour l'endoscopie) : les complications graves ont été plus fréquentes dans le groupe chirurgical 29 % vs 11 % (p < 0,02 ainsi que la mortalité, 14 % vs 3 % (p < 0,006) et le nombre de jours d'hospitalisation 26 j vs 20 j (p < 0,001) ; une récidive de l'ictère est survenue chez 36 patients traités par endoprothèse et chez 2 patients traités chirurgicalement. Une sténose digestive est survenue chez 17 % des patients du groupe endoprothèse contre 7 % chez ceux du groupe chirurgie. La survie à long terme a été identique dans les deux groupes (médiane de survie : chirurgie : 26 semaines ; endoprothèses : 21 semaines).
Cette étude montre que même chez des patients jeunes n'ayant pas de risque opératoire élevé et chez qui le bilan d'extension a récusé la résécabilité, le traitement endoscopique par endoprothèse plastique est une alternative à la chirurgie ; l'utilisation de nouveaux procédés endoscopiques (prothèses métalliques recouvertes, intubation des sténoses duodénales) devrait améliorer encore les résultats du traitement endoscopique.
Dans une étude rétrospective chirurgicale portant sur 148 patients ayant un cancer de la tête du pancréas ou de la région ampullaire, Van Den Bosch et al. ont comparé les résultats des traitements par endoprothèse et par dérivation bilio-digestive [61] ; chez les patients ayant vécu moins de 6 mois, l'endoprothèse apparaît supérieure à la chirurgie de dérivation compte tenu d'une morbidité et d'une durée d'hospitalisation moins importantes ; la mortalité à 30 jours était identique dans les deux groupes. Chez les patients ayant une survie supérieure à 6 mois, la chirurgie apparaît préférable du fait d'une morbidité supérieure du traitement par endoprothèses (61 % vs 5 %).
Deux études ont essayé de savoir si le drainage biliaire par mise en place d'une endoprothèse chez les malades ictériques influençait les résultats de la chirurgie secondaire. Lai et al. n'ont pas trouvé d'avantage significatif du drainage endoscopique préchirurgical dans une étude randomisée regroupant 87 patients ayant une sténose maligne proximale et distale [62]. Klinkenbijl et al., dans une étude rétrospective portant sur 310 patients ayant un cancer de la tête du pancréas, ont montré que le drainage endoscopique préopératoire chez les patients dont la tumeur fut réséquée avait diminué de façon significative le nombre de complications postopératoires, notamment hémorragiques [63].
De plus, si le traitement endoscopique par SE et pose d'une endoprothèse est utilisé de façon courante pour traiter de façon palliative les ictères rétentionnels néoplasiques, Studley et al. [64] rapportent l'observation d'une patiente de 27 ans ayant un carcinome résécable de la tête du pancréas et chez qui était réalisée une sphinctérotomie préopératoire afin de décompresser la voie biliaire principale. Ce geste était compliqué d'une PA avec faux kyste ayant une dissémination maligne dans ses parois. Cette observation amène à considérer avec prudence les traitements endoscopiques systématiques pour des lésions tumorales pouvant être traitées par une chirurgie curative.

  


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