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Les génotypes du virus de l'hépatite C : quels intérêts en pratique ?
  
Philippe HALFON 1,
Guy CARTOUZOU 2,
Marc BOURLIÈRE 3 

1 Laboratoire Alphabio, hôpital Ambroise-Paré, 23, rue de Friedland,13006 Marseille.
2 Laboratoire de biochimie et biologie moléculaire,hôpital la Conception, Marseille.
3 Service d'hépato-gastroentérologie, hôpital Saint-Joseph, Marseille.
     


RESUME :


Depuis la découverte du virus de l'hépatite C en 1989, de nombreuses souches virales ont été isolées. Ces différents isolats, de par leur diversité génétique, sont à l'origine du concept de génotypes du VHC.
Une nomenclature standardisée et une classification en six grands groupes de génotypes au moins, ainsi qu'en de nombreux sous-types est établie. Différentes méthodes de typage du VHC sont actuellement effectuées et sont comparées à la méthode de référence qui est le séquençage. Ces méthodes sont nombreuses et plus ou moins informatives quant au nombre de types ou sous-types mis en évidence. Elles sont basées soit sur la détection d'acides nucléiques viraux, telles la RFLP (restriction fragment lenght polymorphism), la PCR spécifique de type et l'hybridation inverse avec des sondes spécifiques, soit sur la détection d'anticorps sériques dirigés contre des épitopes spécifiques (sérotypage). Ces techniques ont permis de préciser la répartition géographique des génotypes et d'apprécier l'étendue de l'épidémie à travers le monde. La répartition de ces génotypes est variable selon les populations étudiées. Leurs implications pratiques sont nombreuses. La façon dont ils modulent l'histoire naturelle de la maladie reste à préciser. Par contre le faible taux de réponse à l'interféron des infections par le génotype 1b est bien établi. Il semble ainsi logique de ne traiter par l'interféron selon le schéma de l'AMM que les infections par les génotypes non-1b et de ne traiter les infections par le génotype 1b, surtout en cas de forte virémie, que dans des essais thérapeutiques ou de différer le traitement, surtout en cas de lésions histologiques minimes, dans l'attente des résultats d'études en cours sur les combinaisons thérapeutiques.


Mots clés:génotypes, virus de l'hépatite C, hépatite C, séquençage, sérotypes.



Le virus de l'hépatite C (VHC) est caractérisé par la grande variabilité de son génome au même titre que les virus à ARN simple brin, appartenant à la famille des Flaviviridæ. Cette variabilité a pu être appréhendée grâce à l'essor des techniques de biologie moléculaire et à leur application aux problèmes virologiques. Elle est à l'origine des concepts de génotypes et de quasi-espèces, qui découlent de la caractérisation et de la différenciation des différents isolats viraux.
Différentes méthodes sont actuellement utilisées pour distinguer les divers génotypes et sous-types du VHC. Elles ont permis, depuis 1989, d'identifier au moins six génotypes ainsi qu'un grand nombre de sous-types. Ces derniers sont à l'origine d'une classification consensuelle internationale. Un décalage existe cependant entre le nombre important de souches du VHC découvertes et le rôle pathogène précis des différents génotypes.
Le but de cette revue est de faire le point sur différents aspects des génotypes tels que : les différentes méthodes de leur détermination, leur répartition géographique, leur prévalence respective selon le mode de transmission, leur rôle dans l'histoire naturelle de la maladie et leur influence sur la réponse au traitement par l'interféron. Nous nous limiterons dans cette revue à l'étude des génotypes à l'exclusion de l'étude des quasi-espèces.

Position taxonomique du VHC

La taxonomie actuelle des virus qui distingue cinq niveaux de hiérarchie (ordre, famille, sous-famille, genre et espèce) est basée sur différents critères liés au virion (taille, forme, symétrie de la capside, présence ou non d'enveloppe...), liés au génome viral (ADN ou ARN, simple brin ou double brin, polarité positive ou négative), ou aux propriétés physiques, biologiques ainsi qu'au mode de réplication du virus [1]. Le génotype correspond à un niveau de classification au sein de l'espèce basé sur un pourcentage d'homologie de séquences nucléotidiques.
Le VHC est classé comme le troisième genre de la famille des Flaviviridæ, dénommé hépacivirus, du fait de l'éloignement par rapport aux deux autres genres pestivirus et flavivirus. Tous les membres de cette famille ont en commun un génome viral de type ARN à polarité positive ainsi qu'une structure et une organisation génomique similaires.
Le VHC a un diamètre de 50 à 60 nm et comporte une enveloppe. Il contient un ARN monocaténaire de polarité positive, d'environ 9,4 kilobases. La séquence nucléotidique contient un cadre de lecture ouvert codant pour un précurseur polypeptidique de 3 010 à 3 011 acides aminés [2]. La séquence du génome confirme que le VHC est génétiquement distinct des flavivirus et des pestivirus. Une région 5' terminale de 341 nucléotides (région 5' non codante) précède la séquence codante composée d'une région structurale et d'une région non structurale.
La région structurale code les protéines de la capside et de l'enveloppe. La région non structurale est divisée en cinq régions, de NS1 à NS5, codant différentes protéines nécessaires à la réplication et au processus de maturation virale. La région 5' terminale représente la région la mieux conservée du génome des différents isolats viraux étudiés, ce qui suggère qu'elle doit jouer un rôle très important dans l'initiation et la traduction de la polyprotéine [3]. Cette région est le support de la recherche de l'ARN viral du VHC par RT-PCR. A l'opposé, les régions E1 et E2/NS1 du génome présentent un haut degré de variabilité de séquence nucléotidique. Deux régions hypervariables HVR1 et HVR2 sont présentes dans la région E2/NS1 [3]. Une autre région non codante se situe à l'extrémité 3' et comporte une séquence polyA (figure 1). La séquence nucléotidique complète d'au moins 6 isolats est actuellement connue [4].

Définitions, classification et concept de génotypes

Depuis la découverte du virus de l'hépatite C en 1989, de nombreux isolats ont été identifiés, témoignant de la variabilité génétique du virus et conduisant au concept de génotypes du virus de l'hépatite C. Une nomenclature standardisée et une classification de ces derniers en six grands groupes de génotypes au moins, ainsi qu'en de nombreux sous-types sont établies [5]. Cette classification est basée sur le séquençage et la construction d'arbres phylogéniques à partir de séquences complètes ou partielles de la région de la capside, et des régions E1 et NS5 du génome viral [6-9].
L'homologie de séquence est d'au moins 91 % entre isolats d'un même génotype ; elle est de 79 % (77-80 %) entre sous-types et de 68 % environ (66-69 %) entre différents génotypes. La nomenclature des types correspond aux six branches majoritaires de l'arbre phylogénique numérotées de 1 à 6. Les sous-types sont désignés par des lettres, a, b, c... correspondant aux sous-embranchements, et ceci dans l'ordre chronologique de leur découverte (figure 2).
Une controverse est née à propos des « types asiatiques ». Certains auteurs avaient classé provisoirement des nouveaux isolats en types 7, 8, 9, 10 et 11 [10]. D'autres, tels Simmonds et al., rattachent ces nouveaux isolats aux sous-types du groupe 6 [11]. Ces derniers auteurs sont à l'origine d'un comité international de taxonomie des séquences du VHC, dont un des rôles est la classification des séquences nouvellement décrites afin d'éviter les appellations « sauvages » [8].

Les facteurs liés à la variabilité génétique du VHC

Le VHC est doué d'une variabilité génétique extrêmement importante. Celle-ci est en partie responsable de la persistance virale et donc de la chronicité de la maladie, et d'un échappement immunologique, thérapeutique et vaccinal du virus.
La variabilité génomique du VHC se caractérise à l'échelle du patient individuel par une hétérogénéité des populations virales dérivant d'une même souche originelle, hétérogénéité dont le degré varie au cours du temps, aboutissant au concept de quasi-espèces [12, 13].
Deux niveaux peuvent être individualisés : la complexité génétique d'une part, définie par le nombre de variants moléculaires existant au sein d'une population dite quasi espèce et la diversité génétique d'autre part, définie par la distance phylogénique entre variants moléculaires, et ce en prenant comme référence un isolat donné. Cette variabilité est le résultat de mutations génomiques ponctuelles ayant eu lieu lors de la réplication virale et de l'absence d'un système de corrections d'erreurs « proof-reading » (activité 3'-5' exonucléasique) de l'ARN polymérase virale [14].
De nombreux paramètres influencent cette variabilité :
a) l'importance de la production de virus, environ 2.107 virions par jour, entraînant un renouvellement important du VHC et des cellules infectées [15] ;
b) le taux de mutation du génome, 1,44. 10- 3 nucléotides par site et par an pour le génome entier et 2,1.10- 3 pour les régions hypervariables E2/NS1 [16] ;
c) l'importance de la population virale, entre 109 et 1012 génomes ;
d) le « fitness », c'est-à-dire le pouvoir mutagène propre à chaque souche virale.
De plus ces mutations sont accentuées par la pression plus ou moins importante du système immunitaire de l'hôte, et par l'action de l'interféron lui-même sur les régions hypervariables, le tout aboutissant à la sélection d'un virus plus « adapté » à l'hôte [17].

Méthodes actuelles de typage du VHC

Conditions de conservation

Comme pour la détection ou la quantification de l'ARN du VHC, le génotypage impose d'effectuer au préalable une transcription inverse et amplification génique. De ce fait des précautions de prélèvement et de conservation sont nécessaires afin de préserver au mieux l'intégralité du génome viral. Ainsi, l'échantillon à analyser doit être centrifugé rapidement (moins de deux heures) sur tube sec (avec séparateur) après le prélèvement. Le sérum ainsi séparé des éléments figurés doit être aliquoté et congelé, idéalement à - 80 °C [18]. Pour le sérotypage, en revanche, les conditions de conservation sont moins contraignantes puisque, détectant des anticorps dirigés contre certains épitopes du virus, une conservation à - 20 °C est suffisante.

Le génotypage

En l'absence de système de réplication différentiel en culture cellulaire de tel ou tel type viral, le typage reste le seul moyen d'identification de la souche virale en cause. Les nombreuses méthodes de typage du VHC actuellement réalisées sont comparées à la méthode de référence qui est le séquençage. On distingue d'une part les méthodes basées sur la détection d'acides nucléiques viraux telles la RFLP (restriction fragment lenght polymorphism), la PCR spécifique de type et l'hybridation inverse avec des sondes spécifiques, et d'autre part des méthodes de sérotypage, basées sur une détection d'anticorps sériques dirigés contre des épitopes spécifiques sans amplification génique préalable.
Ces méthodes, en dehors du séquençage, sont plus ou moins informatives quant aux nombres de types ou sous-types mis en évidence. Elles présentent l'inconvénient majeur d'être « statiques », c'est-à-dire de nécessiter de connaître au préalable la séquence des génotypes à déterminer et doivent donc constamment s'adapter à l'identification incessante de nouveaux isolats viraux.

Le séquençage

Le séquençage est la technique de référence puisqu'elle consiste en une analyse réelle de la séquence de la souche donnée. Elle peut de ce fait mettre en évidence tous les nouveaux types ou sous-types. Le séquençage des acides nucléiques a été effectué dans différentes régions du génome viral, les régions NS5 B, E1 et la région de la capside servant de référence à la construction des arbres phylogéniques permettant de classer les isolats en types et sous-types [17]. La région 5'NC du génome, région la plus conservée entre les différents génotypes, représente une cible attractive pour les méthodes de génotypage pour au moins deux raisons. La première est un fort polymorphisme (plus de 37 mutations) permettant de classer les différents types et sous-types de 1 à 6. En second lieu cette région étant également amplifiée dans le test diagnostique de RT-PCR, le produit d'amplification peut donc servir pour le génotypage. Les limites à l'utilisation de cette région sont la faible discrimination de certains sous-types : 1a et 1b dans 5 % à 10 % des cas [4], 2a et 2c, le génotype 1 et les différents sous-types 6, et les différents sous-types 6, entre eux. Les séquences identifiées sont comparées aux séquences enregistrées dans les différentes banques de données.

La PCR spécifique de type

Cette technique, initialement décrite par Okamoto et al. [19], consiste en une amplification du gène codant pour la région de la capside du VHC au moyen de plusieurs couples d'amorces nucléotidiques spécifiques de types ou de sous-types. Pour chacun des couples, une seule des amorces est spécifique de type, l'autre est universelle, pouvant amplifier tous les types du VHC. Cette méthode, bien que simple de réalisation, présente beaucoup d'inconvénients : nécessité de réaliser une amplification par sous-type, absence d'amorces spécifiques des types autres que les 1a, 1b, 2a, 2b et 3a, surestimation du nombre d'infections à génotypes multiples et enfin interprétation délicate. On tend à abandonner cette technique.

L'étude du polymorphisme de restriction (RFLP)

Cette technique, décrite par Simmonds et al. [11], consiste à réaliser une amplification d'une région donnée du génome du VHC, le plus souvent les régions 5' non codante et NS 5, puis à effectuer une coupure des produits d'amplification à l'aide de plusieurs enzymes de restriction. Le choix approprié de ces combinaisons d'enzymes permet d'obtenir un polymorphisme de restriction caractéristique de types ou de sous-types. Cette technique qui permet actuellement de différencier dans plus de 84 % des cas une grande partie des sous-types du VHC est peu onéreuse mais requiert une bonne expérience en biologie moléculaire des laboratoires qui la pratiquent [20].

L'hybridation inverse

Cette technique décrite initialement par Stuyver et al. [21] a été la première commercialisée (firme Innogenetics). Elle consiste en une amplification de la région 5' non codante du VHC, puis en une hybridation des produits d'amplification à des sondes nucléotidiques spécifiques des différents types et sous-types (principe de l'hybridation inverse). Ces sondes sont soit immobilisées sur bandelette de nitrocellulose (technique InnoLipa HCV, Innogenetics), soit fixées dans les puits d'une microplaque (technique Amplicis HCV, CisBio ; GenEtiK DEIA, Sorin Biomedica). L'hybridation est ensuite révélée par une méthode colorimétrique enzymatique. Ces techniques, en particulier la technique InnoLipa HCV, sont de réalisation simple, utilisables sur le produit de RT-PCR ayant servi au diagnostic tel le produit Amplicor® (Roche) et sont très informatives pour la détermination des types et sous-types dans près de 96 % des cas (hormis les sous-types asiatiques). Elles permettent en effet de distinguer les types et sous-types 1a et 1b, 2a/2c, 2b, 3a, 3b, 4, 5a et 6. Elles présentent deux inconvénients : leur prix relativement élevé, et leurs limites dues au choix de la région amplifiée (5'non codante) [22].

Le sérotypage

Ces méthodes sont basées sur une détection d'anticorps contre des épitopes spécifiques sans amplification génique préalable. Elles recourent à des procédés simples tels des tests de type Elisa ou immunoblot, utilisant des anticorps dirigés contre des épitopes spécifiques des différents types. Deux trousses sont commercialisées : la trousse Murex (HCV Serotyping assay, Murex diagnostic) qui permet de déterminer les types de 1 à 6 [23], et la trousse Ortho (Riba HCV Serotyping assay) les types de 1 à 3. Ces techniques présentent pour l'instant des inconvénients majeurs : un manque de sensibilité (10 % à 25 % des sérums ne sont pas typables) [24], l'impossibilité d'identifier les sous-types du VHC, et surtout des réactivités croisées entre génotypes à l'origine de résultats discordants dans la comparaison au génotype déterminé par séquençage. Cependant, leur faible coût, leur simplicité d'utilisation et la possibilité de typer des sérums ayant subi une rupture de la chaîne du froid font leur intérêt. Il faudrait améliorer leur spécificité et leur sensibilité pour permettre leur utilisation en pratique courante.

Comparaison des méthodes de typage

Une comparaison (avantages/inconvénients) des différentes méthodes de typage du VHC avec la méthode du séquençage [20] est illustrée par le tableau 1. Une autre comparaison peut également être effectuée entre méthodes de génotypage en différenciant : les méthodes rapides utilisant la région 5' non codante et donc le produit d'amplification issu de la RT-PCR de dépistage, et les méthodes « lentes » utilisant d'autres régions du génome (capside, E1, NS5) et nécessitant une amplification spécifique de ces régions (figure 3).

Problème posé par les infections à génotypes multiples

L'existence d'une co-infection par deux ou plusieurs génotypes a été décrite [4], en particulier chez les hémophiles. La difficulté à déterminer correctement ces génotypes multiples est d'ordre technique. En effet, les différentes méthodes précitées n'ont pas toutes la même sensibilité et certaines, comme la PCR spécifique de type, ont tendance à majorer le pourcentage de génotypes multiples trouvés.

Limites du typage

Un des principaux problèmes des méthodes de typage est celui des recombinaisons existant entre virus. Ce phénomène des recombinaisons entre virus est fréquent chez de nombreux virus à ARN tel le VIH. Il est difficile de classer un virus C ayant une séquence de type 1a en une partie de son génome et de type 2 en une autre partie. Il paraît impossible, en routine, de séquençer le génome entier du VHC pour chaque patient afin de déterminer son génotype exact [4].

Conséquences de la variabilité génétique du VHC sur la valeur des tests diagnostiques

On dispose de peu de données sur l'influence des variations de séquences nucléotidiques des différents génotypes sur la spécificité des tests de dépistage des anticorps dirigés contre le VHC. Les tests de troisième génération utilisés actuellement sont basés sur différents épitopes codés par le virus de type 1a. Cependant cette réactivité est dépendante du génotype. L'hétérogénéité des gènes NS3-NS4 explique une détection incomplète des protéines C-100 et 5-1-1 chez des patients infectés par des génotypes du VHC autres que le génotype 1. En revanche, bien que le gène NS3 présente certaines variations, aucune différence concernant la protéine C-33 n'a été observée parmi différents isolats. Il en est de même pour la protéine C-22 ; un travail sur 52 isolats de type 1 à 6 [18] montre que celle-ci est hautement conservée quel que soit le génotype. Les futurs tests de dépistage devront toutefois prendre en considération cette diversité antigénique en incluant des protéines conservées par tous les types et devront également s'adapter à la découverte de nouveaux isolats dans certaines populations ou régions géographiques [4, 20].
Il en est de même pour les tests de biologie moléculaire quantifiant la virémie C. Sont-ils tous indépendants du génotype ? Un travail récent a démontré que la version initiale du test de l'ADN branché sous-évaluait la quantité d'ARN viral circulant pour le génotype 2 par un facteur 3 et pour le génotype 3 par un facteur 2 [25].

Épidémiologie Répartition géographique

Histoire épidémiologique des génotypes du VHC

L'histoire épidémiologique des génotypes du VHC est basée sur la détermination du taux de changement de séquence nucléotidique du VHC en fonction du temps (horloge moléculaire). Il a été possible de calculer le moment précis de divergence entre les différents types et sous-types. Les souches virales ont divergé à partir d'un ancêtre commun, il y a 120 ans environ, aboutissant à l'individualisation des génotypes majeurs. Puis 30 à 40 ans après, une deuxième sous-division a abouti à la différenciation entre sous-types et ainsi de suite pour les variants d'un même sous-type, ceci dans des zones géographiques précises à travers le monde : par exemple, la souche HCV-BK a divergé de la souche J, toutes deux de génotype 1b, il y a 30 ans au Japon. Ceci suggère que l'hépatite C est, chez l'homme, une infection récente ayant une évolution historique relativement courte comparativement à celle d'autres virus humains [4].

Répartition géographique

Le VHC est ubiquitaire. Le brassage de ses différents génotypes est dû à l'essor des voyages et des communications ainsi qu'au développement de la toxicomanie, des transfusions sanguines et du commerce des produits sanguins. La répartition des génotypes est fonction des populations étudiées et des différentes régions du globe. Ainsi les génotypes 1, 2 et 3 sont responsables de la majorité des hépatites en Europe de l'Ouest, aux États-Unis et au Japon [26-28]. Il existe par contre des caractéristiques génotypiques propres à certains continents. Ainsi le génotype 4 est très fréquent en Afrique centrale [29], en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (Égypte) [26]. Le génotype 5 prédomine en Afrique du Sud. Le génotype 6 [11] ainsi que de nombreux variants sont présents dans le Sud-Est asiatique (Inde, Hong Kong, Vietnam). Le génotype 3 [30] avec de nombreux sous-types de 3a à 3f est particulièrement fréquent en Inde (figure 4).
Dans une même région, la répartition des génotypes est fonction des populations étudiées. Le tableau 2 illustre la prévalence des principaux génotypes rencontrés en France dans différentes populations infectées par le VHC : les donneurs de sang [31] les transfusés [32], les toxicomanes [32], les hémophiles [33] et les hémodialysés [34]. Le génotype 1b prédomine chez les transfusés et le génotype 3a chez les toxicomanes. Dans notre expérience chez 141 patients, le sous-type 1b est majoritaire (37 %) et ce particulièrement chez les patients contaminés par transfusion. Les sous-types 1a et 3a (respectivement 23 % et 24 %) sont également fréquents. Le sous-type 3a est majoritaire chez les toxicomanes. Les types 2 (10 %), 4 et 5 (3 % chacun) sont minoritaires.
Par ailleurs, on observe en France une modification de prévalence des génotypes dans le temps, associant une diminution du génotype 1b et une augmentation du génotype 3a. Cela s'explique par la modification des modes de transmission du virus avec une diminution de la contamination transfusionnelle et une augmentation de la contamination par toxicomanie intraveineuse [35]. Ainsi, en France, le génotype 1b est autochtone et le génotype 3a importé. Ce dernier, endémique dans le sous-continent indien, a vraisemblablement envahi l'Europe par l'intermédiaire des jeunes « hippies » européens des années 1970 qui, à leur retour d'Inde, ont propagé ce génotype par l'échange de seringues contaminées [32]. Par contre, ce génotype 3a est très faiblement représenté aux États-Unis [36].

Rôle du génotypage comme traceur épidémiologique

L'étude du génotype constitue un des moyens de surveillance de la migration des populations et du commerce de produits sanguins entre régions [20]. En revanche elle est trop grossière pour l'analyse des modes de transmission entre individus. Seule la mise en évidence de liens phylogéniques entre souches virales permet d'établir une transmission sexuelle, nosocomiale [37] ou mère-enfant. Cette même étude des liens phylogéniques des séquences nucléotidiques est utilisée lors d'investigations médico-légales [20].

Implications cliniques et thérapeutiques

Histoire naturelle

L'histoire naturelle de l'hépatite C est-elle différente en fonction du génotype ? La comparaison entre l'expression clinique de la maladie des différents génotypes est pour l'instant limitée aux types 1a, 1b, 2a, 2b, 3a et 4. Chez les patients asymptomatiques, le génotype 1b est plus souvent associé à des pertubations du bilan hépatique que le génotype 2, mais le risque relatif de développer une hépatite chronique semble identique [38]. De nombreux travaux ont porté sur le rôle pathogénique du génotype 1b. Pour certains, celui-ci n'est pas associé à une gravité particulière de la maladie [28, 39]. Pour d'autres, le génotype 1b est associé à une maladie plus sévère [40-42]. Le génotype 1b semble plus fréquent chez les malades ayant une cirrhose ou un carcinome hépatocellulaire (CHC) [43, 44]. Une étude japonaise a ainsi montré que les patients de génotype 1b présentent un risque de développer un CHC 3,8 fois [1-13, 9] plus grand que les patients de génotype 2a et cela indépendamment de l'âge des sujets [44]. De même, une étude italienne a montré que le génotype 1b était plus fréquent parmi les patients cirrhotiques atteints de CHC, et que l'âge moyen des patients de génotype 1b avec CHC était inférieur à celui des patients de génotype non-1b atteints de CHC [43]. Enfin, une forte prévalence de génotype 1b est observée parmi les patients développant un CHC en l'absence de cirrhose [45].
En l'absence de système de culture cellulaire du virus in vitro, la transplantation hépatique peut constituer un modèle pour l'étude du pouvoir pathogène des différents génotypes. Ainsi le génotype 1b entraîne plus fréquemment une hépatite aiguë ou chronique après transplantation que les autres génotypes, et les hépatites aiguës sont moins souvent résolutives [46].
Il est possible que le pouvoir pathogène plus marqué du génotype 1b ne soit que l'expression d'une contamination plus ancienne comme le suggère l'étude de Nousbaum et al. [42]. Cependant la survenue plus précoce du CHC chez les patients cirrhotiques infectés par le génotype 1b que chez ceux infectés par un génotype différent [43], et la sévérité des lésions induites après transplantation hépatique mettent cette hypothèse en question.
La co-infection par le virus G ne semble pas modifier l'hépatite chronique C, et ce quel que soit le génotype.

Manifestations extra-hépatiques et génotypes

Les manifestations extra-hépatiques sont fréquentes au cours des infections chroniques par le VHC. Elles comprennent la porphyrie cutanée tardive, la cryoglobulinémie mixte, le lichen plan, les sialadénites lymphocytaires et les hépatites auto-immunes de type II. Aucun génotype particulier ne semble favoriser la survenue de ces manifestations. Cependant, chez les patients porteurs d'une cryoglobulinémie mixte, la sévérité des lésions hépatiques et la survenue de neuropathie périphérique semblent plus fréquentes chez les patients porteurs du génotype 1b [47].

Rôle du génotype dans le traitement des hépatites chroniques

Parmi les facteurs prédictifs de réponse au traitement par interféron, deux semblent importants : l'importance de la virémie et le génotype. Ces deux facteurs semblent indépendants.
Toutes les études ont montré que le génotype 1b est associé à un taux de réponse à l'interféron plus faible que les autres génotypes, en particulier le 2 et le 3 [48, 49]. Chez des malades ayant un génotype 1b, une réponse prolongée est observée dans moins de 10 % des cas [49]. Le génotype 4 semble, comme le génotype 1, associé à une mauvaise réponse à l'interféron [35].
Les mécanismes par lesquels le génotype influence la réponse thérapeutique sont inconnus. Il est possible que le faible pourcentage de réponse associé au génotype 1b soit lié à l'âge plus avancé des patients, à une durée plus longue de la maladie, ou à des modes de contamination différents par comparaison aux individus infectés par le génotype 3a [4] (figure 5). Il est possible, mais non démontré, que le faible pourcentage de réponse soit lié à une hétérogénéité génétique du génotype 1b plus importante que dans les autres génotypes.
La charge virale ne permet pas d'expliquer la différence de réponse à l'interféron existant entre les génotypes. Une étude récente a montré que les niveaux de virémie étaient similaires chez des individus infectés par des génotypes différents [20].

Implication de la variabilité génétique du VHC sur la réponse vaccinale

Un des nombreux problèmes posés par la variabilité génétique du VHC et par son ubiquité est celui de la mise au point d'un vaccin. Celui-ci doit être impérativement multivalent, couvrant le maximum d'épitopes de la région HVR1 des différents génotypes de l'enveloppe, cible des anticorps neutralisants [50]. Les premiers essais de vaccination ont donné des résultats encourageants, entraînant une protection chez 5 chimpanzés sur 7 avec l'isolat ayant servi à l'élaboration du vaccin.

  
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CONCLUSION
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Les conséquences de la variabilité génétique du VHC sont nombreuses sur le plan clinique, diagnostique et thérapeutique. La plus importante étant indiscutablement le faible taux de réponse à l'interféron associé au génotype 1b. En pratique nous aurions donc tendance : a) à traiter par interféron, à la dose recommandée par l'AMM, uniquement les patients non-1b ; b) à inclure les patients infectés par le génotype 1b, surtout en cas de forte virémie, dans des protocoles évaluant des doses plus importantes ; ou c) à différer le traitement, surtout en cas de lésions histologiques minimes dans l'attente des résultats des études en cours sur les combinaisons thérapeutiques. Cette attitude nous semble justifiée par le fait qu'après un échec à un premier traitement, il y a sélection d'une ou plusieurs quasi-espèces résistantes à l'interféron qui seront plus difficiles à éradiquer [51].
En ce qui concerne la place du sérotypage par rapport au génotypage, elle nous semble actuellement limitée par la fréquence supérieure à 10 % des cas de discordance avec le résultat du génotypage, par la fréquence de 10 % des cas non sérotypables, et par l'incapacité à distinguer les sous-types du VHC. Il faudrait que la spécificité et la sensibilité de ces méthodes soient améliorées pour permettre leur utilisation en pratique courante.
Un certain nombre de réponses seront sans doute apportées par l'avènement prochain des systèmes de culture des différents types de VHC in vitro.

Remerciements

Nous remercions Hacéne Khiri et Jean-Philippe Alimi (laboratoire Alphabio) pour leur aide iconographique.

  
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REFERENCES
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