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L'échinococcose
alvéolaire hépatique
Solange BRESSON-HADNI 1,
Brigitte BARTHOLOMOT 2,
Jean-Philippe MIGUET 1,
Georges MANTION 3,
Dominique-Angèle VUITTON 4
1 service d'hépatologie.
2 service de radiologie viscérale.
3 service de chirurgie viscérale et vasculaire.
4 service de médecine interne, CHU Besançon.
RESUME :
L'échinococcose alvéolaire hépatique est
une parasitose rare des zones septentrionales du globe, due au
développement intra-hépatique de la larve du tænia
Echinococcus multilocularis. Sa gravité est liée
à sa grande latence clinique, et à un développement
comparable à celui d'un cancer. Aux lésions proprement
parasitaires, s'associent de la nécrose, une intense prolifération
granulomateuse réactionnelle, puis une fibrose dont le
tropisme vasculo-biliaire rend compte des complications de cette
maladie et des difficultés thérapeutiques lorsque
le diagnostic est trop tardif. En raison de l'absence de médicaments
parasitolytiques, la guérison ne peut être obtenue
que par l'exérèse chirurgicale. Le pronostic de
cette maladie s'est beaucoup amélioré au cours de
ces dix dernières années. Du fait de la généralisation
de l'échographie, le diagnostic est souvent plus précoce,
notamment avant l'apparition d'un ictère par obstruction
des voies biliaires, permettant alors des interventions limitées
et curatives. Lorsque les lésions sont évoluées,
la survie est maintenant allongée par l'administration
au long cours de drogues parasitostatiques, dérivés
des benzimidazoles, les gestes de radiologie interventionnelle
et, dans les situations extrêmes, le recours à une
transplantation hépatique.
Cette affection peut également être considérée
comme une maladie « immunologique », modèle
de granulomatose et de fibrose hépatique irréversible.
La découverte récente, dans les zones d'endémie,
de formes abortives d'échinococcose alvéolaire,
ou de cas de séropositivité sans lésion décelable,
suggère fortement l'existence d'autres modes plus efficaces
de réaction de l'hôte vis-à-vis d'Echinococcus
multilocularis. Ainsi, des facteurs de sensibilité individuelle,
peut-être génétiquement médiés,
pourraient être associés au développement
de la maladie et expliquer sa rareté.
Mots clés : échinococcose alvéolaire
hépatique, Echinococcus multilocularis.
L'échinococcose alvéolaire est une maladie grave,
rare en France, où elle n'est observée que dans
l'Est et dans le Massif central. Elle est due au développement
intra-hépatique de la larve du tænia Echinococcus
multilocularis, proche parent d'Echinococcus granulosus,
agent du kyste hydatique. Ces affections sont toutefois radicalement
différentes. Les kystes d'Echinococcus multilocularis,
non limités par une coque fibreuse, progressent lentement
dans le foie, à la manière d'une tumeur maligne.
Les manifestations n'apparaissent que plusieurs années
après la contamination et traduisent le développement
de lésions nécrotiques et fibreuses, caractérisées
par un tropisme vasculaire et biliaire.
Depuis quelques années, d'importants progrès ont
été effectués, dans le domaine de l'épidémiologie,
comme dans celui de l'immunopathogénie, du diagnostic et
du traitement de cette parasitose. L'homme est un hôte relativement
résistant à ce parasite, et un déterminisme
génétique, immunologiquement médié,
pourrait rendre compte du développement de la maladie chez
certains individus prédisposés. La maladie est généralement
diagnostiquée beaucoup plus précocement qu'autrefois,
permettant à un bon nombre de malades de bénéficier
de traitements chirurgicaux curateurs et limités. Il n'existe
toujours pas de drogue parasitolytique, mais les traitements parasitostatiques,
pris régulièrement et pendant de longues périodes,
peuvent contrôler les lésions inextirpables. Dans
le traitement palliatif, la radiologie interventionnelle a pris
une place importante, évitant les laparotomies itératives.
Enfin, dans les situations extrêmes, une transplantation
hépatique peut être proposée.
Le but de cette mini-revue a été d'essayer de souligner
ces nombreux progrès, issus d'une recherche multi-disciplinaire.
Elle repose en partie sur l'analyse des 110 cas franc-comtois
suivis au cours des vingt dernières années au CHU
de Besançon.
L'échinococcose alvéolaire : maladie parasitaire
Cycle parasitaire
Le cycle parasitaire habituel, sylvestre, fait
intervenir des renards et des rongeurs sauvages, campagnols, rats
des champs [1]. A l'état adulte, Echinococcus multilocularis,
petit tænia de 3 à 4 mm de long, vit dans l'intestin
de l'hôte définitif, le renard. Ses oeufs (ou embryophores),
éliminés dans les excréments des renards,
sont absorbés par les hôtes intermédiaires,
les petits rongeurs sauvages. La paroi des oeufs est dissoute
par les sécrétions digestives, et libère
un embryon hexacanthe, qui pénètre la paroi intestinale
et gagne le foie par le système porte, où la larve
va progresser par multiplication indéfinie à la
manière d'un cancer. L'hôte définitif se contamine
à son tour, en dévorant les petits rongeurs qui
sont une part importante de sa nourriture quotidienne (figure
1). A côté de ce cycle sauvage, on décrit
un cycle parasitaire rural ou urbain, qui fait intervenir comme
hôte définitif le chien ou le chat [2], et comme
hôte intermédiaire, les mêmes rongeurs sauvages
ou la souris domestique.
Dans les régions d'hyperendémie, le taux d'infestation
vulpine peut être très élevé, parfois
de l'ordre des 45 % [3]. La prévalence des parasites définitifs
chez les animaux domestiques, et tout particulièrement
le chien, n'a pas pu être précisément établie,
faute d'outil épidémiologique fiable et sans risque
(sérologies, identification des parasites ou des oeufs
dans les selles...). Cependant, des chiens infectés ont
été découverts en Haute-Savoie [3], des chats
parasités également [4]. Dans ce dernier cas, il
semble bien que les parasites n'arrivent pas à complète
maturité.
L'homme, dans ce cycle, se comporte comme un hôte intermédiaire
accidentel, et représente un cul-de-sac évolutif
pour le parasite. L'atteinte humaine constitue le signal révélateur
d'une infestation animale, qui passe tout à fait inaperçue,
puisque la parasitose touche principalement la faune sauvage,
et que les renards ne souffrent que très peu de la parasitose
intestinale, pouvant même être contaminés plusieurs
fois dans leur vie.
Mode de contamination humaine (figure 1)
L'homme peut s'infecter directement en touchant
ou en dépeçant des renards. En effet, du fait de
sa parasitose intestinale, le renard calme son prurit anal en
se léchant, et charge ainsi sa langue de parasites qu'il
répartit ensuite sur son pelage en faisant sa toilette.
Ce mode de contamination est rare. Il est difficile actuellement
d'apprécier l'importance de la contamination directe au
contact de chiens ou de chats.
La contamination est le plus souvent indirecte par consommation
de végétaux crus souillés par les déjections
des renards parasités. La contamination indirecte est favorisée
par la très grande résistance des oeufs. Dans les
conditions naturelles, la résistance minimale des oeufs
à la surface du sol est de 18 mois à 2 ans à
des températures variant de + 25 à - 25 °C.
Les oeufs conservent très bien leur vitalité en
milieu humide, ce qui évoque la possibilité d'une
contamination indirecte par l'intermédiaire d'eaux souillées.
Une étude épidémiologique franc-comtoise
a montré que les agriculteurs représentaient la
classe professionnelle la plus importante (40 %), représentation
significativement supérieure à celle attendue sur
la base des statistiques de l'Institut national de la statistique
et des études économiques (Insee) [5]. La très
faible représentation de forestiers et de gardes-chasses
(2 cas sur 110), professions très représentées
en Franche-Comté, et traditionnellement à risque,
tend à prouver que contrairement à l'idée
souvent répandue que l'échinococcose alvéolaire
est une maladie des forêts, il s'agit en fait plutôt
d'une maladie des champs.
Des travaux faits sur le terrain en Franche-Comté, dans
la région de Levier (Doubs), secteur hyperendémique,
par le laboratoire de la faune sauvage de l'Institut national
de recherche agronomique (INRA) renforcent cette hypothèse
: l'infestation des rongeurs est apparue inégale dans les
différentes zones du paysage rural : les campagnols piégés
à la lisière des chemins ou des pâturages
et des champs cultivés étaient vingt fois plus parasités
que ceux piégés dans d'autres zones, comme par exemple
la zone centrale des pâturages. Ces secteurs « hyperinfestés
» semblent correspondre à des zones d'enfouissement
possible des oeufs (banquettes herbeuses piétinées
par le bétail, chemins vicinaux, zone de débardage
du bois). La localisation de la maladie dans ce type de milieu
pourrait aussi être favorisée par le comportement
du renard, qui défèque préférentiellement
sur ses lieux d'alimentation et sur les lisières le long
desquelles il se déplace [6]. Ces travaux ont également
révélé une limitation de l'infection des
rongeurs à la saison froide (d'octobre à avril).
L'existence de ces lieux à « haut risque »,
particulièrement fréquentés par les agriculteurs
et par leurs chiens, suggère un risque de contamination
supérieur à celui qui était envisagé
jusqu'alors, et met en doute l'explication de la rareté
de la maladie humaine par la seule rareté de la rencontre
de l'homme avec le parasite.
Régions à risque élevé d'échinococcose alvéolaire
Les principales régions d'endémie
d'échinococcose alvéolaire chez l'homme sont l'Europe
centrale (Allemagne du Sud, Suisse, Autriche, Est de la France),
la plus grande part de l'ex-URSS, la Turquie (région des
hauts plateaux), le Japon, l'Alaska, et le Nord-Est du Canada
[7-10]. La mise en évidence plus récente de cette
cestodose larvaire dans le Nord des États-Unis pourrait
suggérer que, sur ce continent, le parasite progresse actuellement
vers le Sud et l'Est [11]. Il existe également un important
foyer en Chine (région du Centre et du Nord-Ouest) [12],
avec une prévalence évaluée par dépistage
échographique de masse extrêmement élevée
dans certains villages, de l'ordre de 5 à 15 %.
En France, la parasitose sévit essentiellement en Franche-Comté,
en Lorraine, en Savoie et en Auvergne, avec une prévalence
de la maladie relativement faible : 235 cas humains recensés
en France de 1931 à 1983 ; 135 cas recensés en Franche-Comté
de 1963 à 1993. Les zones d'endémie ne semblent
pas se modifier actuellement en France.
Aspect macroscopique des lésions
Les lésions consistent en des modifications
de la surface du foie qui peuvent se présenter sous deux
aspects différents :
- Une forme multinodulaire pseudométastatique : la surface
du foie est déformée par des formations nodulaires
apparemment isolées les unes des autres, dures, blanchâtres,
de 2 à 4 cm de diamètre. Le nombre de nodules varie
de 2 à 10. Il n'y a jamais, en leur centre, d'ombilication
comme c'est habituellement le cas pour les métastases cancéreuses
hépatiques.
- La forme confluente la plus fréquente, où la surface
hépatique est le siège d'un vaste placard blanc
jaunâtre, irrégulier, présentant exceptionnellement
des végétations kystiques. Cette forme est parfois
confondue, soit avec une périhépatite localisée,
soit avec un cancer primitif du foie.
A la coupe, l'aspect est très caractéristique, la
masse parasitaire pousse des prolongements vers la surface hépatique.
La parasitose est solide, de consistance dure, creusée
d'innombrables cavités irrégulières dont
la taille varie de quelques millimètres à quelques
centimètres, reproduisant l'aspect classique en bois vermoulu
ou en pain bis (figure 2).
Aspect microscopique
Après coloration des coupes histologiques
par l'hématéine-éosine-safran, le trichrome
vert de Masson et l'acide périodique Schiff (PAS), l'aspect
microscopique des lésions distingue deux zones :
- Une zone centrale où les vésicules parasitaires
peuvent être de grande taille (de l'ordre du centimètre)
; leur cuticule est épaisse et plissée, remplissant
parfois toute la lumière qui devient virtuelle ; la membrane
proligère (ou germinative) n'est pas identifiable ; ces
cavités parasitaires anciennes et non fertiles siègent
dans un tissu de nécrose acidophile dans lequel aucun élément
cellulaire n'est identifiable ; le plus souvent, elles sont limitées
directement par des plaques de fibrose hyaline très denses,
où il n'existe plus ni cellules, ni vaisseaux, ni canaux
biliaires. De petits foyers calcifiés sont parfois observés.
- Une zone périphérique, où des éléments
parasitaires récents sont entourés d'une réaction
tissulaire très caractéristique (figure 3)
: les vésicules parasitaires sont de taille plus réduite,
elles possèdent une cuticule mince, d'épaisseur
uniforme PAS-positive, de structure lamellaire concentrique. Cette
cuticule est bordée, en dedans, d'une membrane germinative,
reconnaissable à ses cellules allongées, aux noyaux
arrondis ou aplatis. La présence de protoscolex à
l'intérieur des vésicules est relativement rare.
Les vésicules parasitaires fertiles sont bordées
d'une mince couche de nécrose acidophile homogène,
puis d'une couronne d'histiocytes épithélioïdes
à disposition palissadique, elle-même entourée
d'une zone leucocytaire polymorphe comportant des histiocytes,
des polynucléaires plus souvent neutrophiles qu'éosinophiles,
parfois des cellules géantes multinucléées
et des lymphocytes, le plus souvent périphériques.
Cette zone est également caractérisée par
l'existence d'une fibrose d'aspect jeune et inflammatoire, et
de capillaires lymphatiques et sanguins dilatés. Les infiltrats
cellulaires sont le plus souvent diffus, peu denses, polymorphes.
Ils prennent parfois l'aspect de nodules lymphocytaires. Des éléments
vasculaires et biliaires indiquent des reliquats d'espaces portes
où sont observées des cavités parasitaires
fertiles. En général, le foyer parasitaire est assez
bien individualisé du parenchyme hépatique voisin,
bien qu'il ne soit jamais entouré d'une coque fibreuse
telle qu'elle existe dans l'hydatidose. Parfois, cependant, les
limites sont moins nettes et le parenchyme hépatique est
disséqué par des travées fibreuses irrégulières,
avec perte de l'architecture normale, néogenèse
biliaire, désorganisation des travées hépatocytaires
qui ne persistent que sous forme de lobules paucicellulaires.
Des signes de dégénérescence vacuolaire,
une sténose ou des thrombi biliaires dans les canalicules
sont parfois observés.
L'échinococcose alvéolaire : maladie immunologique
Pendant longtemps, la relative rareté
des cas humains a été mise sur le compte de la probabilité
tout à fait exceptionnelle d'ingérer un oeuf infestant.
La très grande prévalence des rongeurs, mais surtout
des renards infestés dans les zones d'hyperendémie,
tout particulièrement dans les zones fréquentées
par les humains, semble aller à l'encontre de cette hypothèse.
Les données obtenues par des dépistages systématiques
semblent d'ailleurs confirmer que la rencontre du parasite et
de l'homme n'est finalement pas si rare. Dans le département
du Doubs, sur 7 884 sérums examinés dans le cadre
d'une campagne de dépistage volontaire organisée
grâce à une collaboration de la Mutualité
sociale agricole, 140 sujets avaient une réaction sérologique
positive, avec un test Elisa utilisant à la fois un antigène
brut d'E. multilocularis, et un antigène purifié
spécifique, l'antigène Em2. Les investigations morphologiques
(échographie abdominale complétée si besoin
par une tomodensitométrie) ont permis de découvrir
des lésions hépatiques chez 13 personnes. Huit d'entre
elles étaient effectivement atteintes d'échinococcose
alvéolaire active et ont fait l'objet d'interventions chirurgicales
exploratrices et/ou curatives. Cependant, pour les cinq autres
cas, les images scanographiques étaient des calcifications,
témoins d'une guérison de l'échinococcose
alvéolaire [13]. De semblables résultats avaient
été précédemment rapportés
en Alaska [14]. Ces formes abortives semblent bien témoigner
de la possibilité pour l'homme de se défendre activement
contre ce parasite, et de faire parfois une maladie tout à
fait inapparente et sans conséquence pour l'avenir. Les
127 personnes restantes, séropositives sans lésion
décelable, sont suivies régulièrement. Une
trentaine d'entre elles, toutes originaires des cantons les plus
à risque du département, avait des titres d'anticorps
extrêmement élevés, sans lésion décelable
par tomodensitométrie. Cette situation pourrait correspondre
soit à une échinococcose encore en « incubation
», avec des lésions trop petites pour être
repérées, soit au contraire à une échinococcose
guérie, cette « cicatrice sérologique »
témoignant d'un contact passé avec le parasite et
de son rejet. Le suivi longitudinal de ces personnes, qui dépasse
actuellement 2 ans, ne semble pas confirmer la première
hypothèse.
La réponse immunitaire vis-à-vis d'E. multilocularis
intervient principalement sous la forme d'un granulome péri-parasitaire,
témoin d'une réaction d'immunité cellulaire
T-dépendante, et élément majeur du diagnostic
histopathologique de l'affection. Cette réaction est en
particulier responsable d'une activation de la fibrogenèse
[15], arme à double tranchant qui, d'une part limite l'extension
parasitaire, mais d'autre part contribue aux complications obstructives
de l'affection. Ces particularités font que l'échinococcose
alvéolaire est non seulement une maladie parasitaire, mais
aussi un modèle de granulomatose et de fibrose hépatique
irréversible [16, 17] (figure 4). Des études
menées parallèlement sur un modèle expérimental
murin ont pu montrer que des souches particulières de souris
(C57 BL10) étaient résistantes au parasite, et que
cette résistance était liée au niveau d'intensité
de la réponse immune cellulaire vis-à-vis des antigènes
parasitaires [18]. Chez l'homme, la composition cellulaire du
granulome péri-parasitaire, en particulier le rapport des
lymphocytes T CD4/CD8 dans ce granulome, semble également
différente chez les malades ayant des formes actives comparés
à ceux ayant des formes abortives [19]. Plus récemment,
une étude par hybridation in situ de l'expression
des ARNm des cytokines pro-inflammatoires au sein de ce granulome
a également indiqué des différences de profils
dépendantes de l'activité des lésions parasitaires
: dans des formes scolérifères d'échinococcose
alvéolaire, une très forte expression de l'ARNm
du TNFalpha était observée, non seulement en périphérie
du granulome, mais aussi au contact des vésicules parasitaires
[20]. L'ensemble de ces données tend à privilégier
l'hypothèse d'une sensibilité individuelle de l'homme
contaminé vis-à-vis d'un développement parasitaire
ultérieur. Cette sensibilité pourrait être
génétiquement déterminée. Certains
groupes HLA, par exemple, pourraient être associés
au développement de la maladie. Une étude préliminaire
du groupe HLA classe II chez des malades suisses a indiqué
une association significative entre le groupe HLA DR13 et l'évolutivité
de l'échinococcose alvéolaire [21].
Clinique
Très peu de grandes séries sont disponibles dans la littérature [10, 22-24]. Cependant, des données actualisées peuvent être tirées de notre propre série de 110 cas, diagnostiqués et traités dans le service d'hépatologie du CHU de Besançon, de 1972 à 1993. Nous avons comparé les caractéristiques cliniques des 30 premiers malades diagnostiqués entre 1972 et 1982, et des 80 cas diagnostiqués entre 1983 et 1993. Durant ces 20 années, d'importants changements sont intervenus, tant dans les circonstances de découverte, que dans la prise en charge de malades, avec en particulier, à partir de 1983, l'introduction des benzimidazoles, ayant une action parasitostatique.
Circonstances de découverte de l'échinococcose alvéolaire
Elles se sont clairement modifiées au cours de ces dix dernières années (tableau 1). Dans la première série, l'affection était souvent reconnue à l'occasion d'un ictère d'allure néoplasique. Une hépatomégalie isolée d'allure tumorale, des douleurs abdominales non systématisées constituaient les autres modes de découverte de l'échinococcose alvéolaire. Rarement, la maladie était découverte par des métastases parasitaires, pulmonaires le plus souvent. Dans la série récente, l'ictère était beaucoup moins souvent révélateur de l'échinococcose alvéolaire, et les formes découvertes en l'absence de tout symptôme sont nettement plus fréquentes qu'auparavant. Ces modifications sont liées à la généralisation de l'échographie abdominale et à la mise en place dans notre région d'un dépistage sérologique. Certaines de ces formes sans symptômes correspondaient déjà à des lésions évoluées, localisées dans la région postérieure et médiane du foie, envahissant la veine cave inférieure et une ou deux veines sus-hépatiques. Dans trois cas de la série récente, c'est un envahissement de voisinage qui a permis de découvrir la lésion primitive hépatique : envahissement du diaphragme et de la base du poumon droit, à l'origine d'une dyspnée dans un cas, et d'une fistule bilio-bronchique dans l'autre cas ; envahissement pariétal dans la région sus-ombilicale dans un autre cas, par progression du parasite le long du ligament falciforme à partir d'une petite lésion du foie gauche [25].
Complications
Elles sont rarement révélatrices
de la maladie, mais surviennent pratiquement toujours au cours
de l'évolution lorsqu'une résection chirurgicale
curative n'a pas pu être réalisée.
- Les métastases d'échinococcose alvéolaire
ont été identifiées dans 23 % des cas. Les
métastases pulmonaires sont les plus fréquentes,
observées dans 18 % des cas [26, 27]. Ces métastases
pulmonaires sont peu évolutives, et rarement source de
symptômes. La dissémination au poumon se fait plus
souvent par voie sanguine. Deux cas de métastases cérébrales
ont été observés dans notre série
: l'un était associé à une atteinte intraorbitaire,
l'autre est survenu dans un contexte d'immunosuppression après
transplantation hépatique. D'autres localisations sont
possibles, beaucoup plus exceptionnelles : os, rate, thyroïde,
glandes lacrymales...
- Les infections biliaires, les abcès centro-parasitaires
représentent les complications majeures de l'échinococcose
alvéolaire. Elles peuvent être observées pendant
la surveillance chez des malades n'ayant pas bénéficié
d'une exérèse complète. Ces infections sont
dues à la présence de calculs intra-hépatiques
en amont d'une sténose biliaire parasitaire, à la
surinfection d'une poche de nécrose centro-parasitaire
ou à un drainage biliaire chirurgical ou radiologique insuffisant
(figure 5). A terme, une véritable cirrhose
biliaire secondaire peut se constituer.
- Un syndrome de Budd-Chiari chronique peut se développer
chez les patients ayant une forme postérieure d'échinococcose
alvéolaire, avec envahissement progressif de la veine cave
inférieure, et des veines hépatiques. Nous n'avons
jamais observé de syndrome de Budd-Chiari aigu. Ceci est
probablement lié à une évolution extrêmement
lente du parasite, permettant aux veines hépatiques accessoires
et au réseau de dérivation du système lombo-azygos
de se développer.
- L'hypertension portale peut relever de trois mécanismes
différents : hypertension portale supra-hépatique
en cas de syndrome de Budd-Chiari parasitaire ; hypertension portale
intra-hépatique lorsqu'une cirrhose biliaire secondaire
s'est développée ; hypertension portale infra-hépatique
lorsque le tronc porte est engainé ou envahi par le processus
parasitaire. Des hémorragies digestives par hypertension
portale sont survenues 11 fois chez les 30 patients diagnostiqués
entre 1972 et 1982, alors que cette complication n'a été
observée chez aucun des patients de la série récente.
Cela est lié d'une part à un diagnostic plus précoce,
et d'autre part à une surveillance plus systématique
avec institution, si nécessaire, d'une prophylaxie primaire
de la rupture de varices oesophagiennes par bêtabloquants.
Pronostic
La survie à 5 ans des malades de la série récente est significativement meilleure que celle des malades de la série ancienne, passant de 67 % à 88 % (l'âge des malades des deux séries était comparable). Cette amélioration du pronostic de l'échinococcose alvéolaire depuis 1983 est sans aucun doute liée au diagnostic plus précoce et aux progrès thérapeutiques (amélioration des techniques chirurgicales, introduction des benzimidazoles, recours à la radiologie interventionnelle).
Examens biologiques
Examens non spécifiques
La concentration sérique de la bilirubine
totale et de sa fraction conjuguée est augmentée
proportionnellement à l'intensité de l'ictère.
La gamma-glutamyltranspeptidase et les phosphatases alcalines
sont fortement augmentées, aussi bien chez les patients
avec ictère que chez ceux sans ictère. La gamma-glutamyltranspeptidase
et les phosphatases alcalines sont supérieures à
20 fois et à 6 fois la limite supérieure des valeurs
normales, respectivement, chez la plupart des malades. Toutefois,
chez quelques malades de notre série, les tests biochimiques
hépatiques étaient strictement normaux malgré
l'existence d'une volumineuse lésion d'échinococcose
alvéolaire. Le taux sérique des transaminases est
habituellement normal, excepté chez quelques patients ayant
un processus nécrotique du foie, chez qui une augmentation
de 2 à 4 fois la limite supérieure est habituellement
observée [22].
Une éosinophilie supérieure à 7 % est retrouvée
chez environ 10 % des malades. Une hyperéosinophilie marquée
de l'ordre de 30 à 60 % n'a été observée
que deux fois dans notre série. Elle était contemporaine
d'embolies pulmonaires parasitaires à répétition,
et dans un des cas elle s'accompagnait de manifestations anaphylactiques.
Huit fois sur dix, le taux sérique de gammaglobulines est
supérieur à 30 g/l ; l'électrophorèse
montre qu'il s'agit bien, dans la plupart des cas, d'une augmentation
polyclonale, mais exceptionnellement des augmentations monoclonales
ont été signalées. Les IgG, IgA, IgM et IgE
totales sont habituellement augmentées [22]. Malgré
des concentrations sériques élevées de certaines
protéines de l'inflammation, comme l'haptoglobine, le C3
du complément, l'alpha1-glycoprotéine acide, une
augmentation de la protéine C réactive n'est observée
que chez les patients ayant une surinfection bactérienne
biliaire patente ou latente [28]. Le taux de prothrombine peut
être abaissé en cas de cholestase. Le facteur V est
habituellement normal ; il ne s'abaisse que dans les formes évoluées
avec cirrhose biliaire secondaire.
Examens spécifiques
* Test humoraux
La détection des anticorps spécifiques
a une grande valeur pour affirmer le diagnostic [29]. Les tests
sérologiques classiques, hémagglutination indirecte,
immunofluorescence, immunoélectrophorèse, sont positifs
dans 80 % des cas [30, 31]. Plus récemment, un test immunoenzymatique
(Elisa), utilisant deux antigènes spécifiques d'E.
multilocularis, un antigène brut et la fraction purifiée
Em2, a été développé [32, 33]. Cependant,
l'anticorps dirigé contre l'antigène Em2 peut être
absent dans quelques rares cas au moment du diagnostic chez des
patients ayant pourtant des lésions d'échinococcose
alvéolaire tout à fait typiques. Un test Elisa avec
un nouvel antigène, dit « Em2 + » associant
l'antigène Em2 et un antigène recombinant d'E.
multilocularis (l'antigène II/3.10) a été
récemment élaboré et devrait devenir le test
sérologique de référence pour le diagnostic
d'échinococcose alvéolaire, sa spécificité
et sa sensibilité étant respectivement de 99 % et
97 % [34]. Du fait de communautés antigéniques avecE.
granulosus, les tests sérologiques utilisant un antigène
hydatique sont généralement positifs chez les patients
atteints d'échinococcose alvéolaire. Les IgE spécifiques
d'E. multilocularis sont présentes dans le sérum
chez un malade sur deux [35].
A côté de leur valeur diagnostique, les tests sérologiques
sont utiles pour suivre l'évolution après hépatectomie.
Habituellement, la période qui fait immédiatement
suite à la chirurgie est caractérisée par
une augmentation temporaire du taux des anticorps. Elle est suivie
par une diminution progressive, pendant une période de
1 à 2 ans, avant que la négativation des tests ne
survienne. La persistance d'un taux élevé ou la
réascension secondaire suggèrent l'existence d'un
foyer résiduel ou d'une récidive [36]. C'est habituellement
la réascension du titre des anticorps dirigés contre
l'antigène Em2 qui est la plus utile au diagnostic de récidive
[37]. En effet, ce sont les premiers à disparaître
après l'intervention, alors que les anticorps dirigés
contre l'antigène brut du kyste hydatique restent très
longtemps détectables et ne permettent pas de discrimination
[36]. Par contre, après transplantation hépatique
pour échinococcose alvéolaire, probablement en raison
de l'immunosuppression thérapeutique, ce sont les anticorps
révélés par l'antigène brut du kyste
hydatique qui sont les plus utiles pour poser précocement
le diagnostic de récidive ou de persistance de la maladie
initiale, les anticorps anti-Em2 restant très longtemps
indétectables [38]. L'intérêt du suivi de
certains isotypes d'IgG spécifiques a été
récemment montré [39], mais devrait être confirmé
sur de plus grandes séries, de même que le pouvoir
discriminant entre les formes actives et abortives de certaines
fractions séparées par western blotting [40].
* Tests cellulaires
- Test de transformation lymphoblastique.
Une sensibilisation lymphocytaire spécifique est observée
dans la plupart des cas [41]. Sa détection peut être
utile pour le diagnostic en cas d'image hépatique évocatrice
d'échinococcose alvéolaire lorsque les tests sérologiques
sont négatifs. Cependant, Gottstein et al. ont récemment
montré que dans certaines formes évoluées
d'échinococcose alvéolaire, la sensibilisation lymphocytaire
spécifique pouvait être en défaut [42]. Par
contre, cette sensibilisation se maintient de façon intense
et prolongée après une résection hépatique
curative. Ce phénomène a également été
observé après transplantation hépatique curative
: en dépit de la prise de ciclosporine au long cours, la
prolifération lymphocytaire spécifique peut persister
plus de 7 ans après la transplantation [43].
- Tests de libération d'histamine. Alors que la
détection des IgE spécifiques circulantes n'est
positive que dans la moitié des cas, la présence
d'IgE spécifiques fixées aux basophiles a été
décélée par le test de libération
d'histamine chez tous nos patients [35]. Ce test, non utilisable
en routine pour le diagnostic, pourrait, du fait de sa grande
sensibilité, être proposé comme complément
lorsque les tests sérologiques classiques sont négatifs.
Examens morphologiques
L'imagerie intervient tant pour le dépistage que pour le diagnostic positif, le bilan d'extension, le traitement et la surveillance des lésions parasitaires ou des reliquats. La radiographie de l'abdomen sans préparation n'est plus effectuée systématiquement. Cependant, elle peut permettre la découverte fortuite de calcifications de l'hypochondre droit dont l'aspect en « mie de pain » est tout à fait évocateur du diagnostic.
Échographie abdominale
C'est l'examen morphologique de base, réalisé en première intention [44-47]. Elle permet le diagnostic du foyer parasitaire et identifie ses différents constituants. La séméiologie échographique est polymorphe et reflète la complexité du contenu des lésions, où s'associent, de façon très variable, vésicules parasitaires, nécrose, micro- et macro-calcifications plus ou moins confluantes et fibrose.
* Aspects typiques
L'aspect habituel, rencontré trois fois
sur quatre, est celui d'un processus expansif intra-hépatique
pseudo-néoplasique, d'échostructure hétérogène,
à prédominance hyperéchogène, de contours
irréguliers, mal définis, d'aspect nodulaire ou
infiltratif. Le tissu fibro-parasitaire est hyperéchogène,
en raison de très nombreuses interfaces dues aux travées
fibreuses, aux fragments cuticulaires, aux parois des alvéoles,
généralement de trop petite taille pour être
distinguées [48]. Les plages de nécrose sont de
contours irréguliers, anfractueux, plus ou moins confluantes,
de siège central, d'aspect transsonore pseudo-liquidien.
Les calcifications se présentent soit sous forme d'amas
nodulaires, avec cône d'ombre acoustique postérieur
net, soit sous forme de semis de micro-calcifications se traduisant
par une absorption rapide du faisceau ultrasonore. L'échographie
permet une première évaluation de la localisation
et de l'extension de la lésion. Elle montre une extension
hilaire, une éventuelle dilatation des voies biliaires
intra-hépatiques et une extension extra-hépatique
de contiguïté, en particulier rétropéritonéale.
Couplée au Doppler pulsé et couleur, elle permet
de rechercher la compression, l'engainement ou l'envahissement
des structures portes, des veines sus-hépatiques et de
la veine cave inférieure [49], et de mettre en évidence
les signes d'hypertension portale, d'abcès, d'obstacle
biliaire. Cependant, en raison du caractère très
absorbant de la masse parasitaire et du contingent calcifié,
l'échographie ne permet généralement pas
une délimitation précise des lésions, dont
les contours postérieurs sont mal appréciés.
Elle sous-estime les calcifications et méconnaît
souvent les extensions extra-hépatiques de contiguïté.
* Aspects atypiques
Dans un quart des cas, l'échographie
repère des formes atypiques d'échinococcose alvéolaire
:
- Formes focales homogènes qui correspondent à
des lésions débutantes de la maladie. Il s'agit
d'un nodule de petite taille, inférieur à 2 cm,
soit hypoéchogène, soit hyperéchogène,
ressemblant à un angiome [46, 48, 50, 51].
- Formes massivement calcifiées habituellement de
petites tailles, quelquefois limitées à une calcification
punctiforme, souvent plus volumineuses, pouvant mesurer jusqu'à
3 cm, et alors volontiers associées à des phénomènes
de rétraction. Elles peuvent correspondre à des
foyers abortifs d'échinococcose alvéolaire.
- Formes pseudo-kystiques ou cavitaires dues à une
nécrose centrale massive, ne laissant en périphérie
qu'une fine couronne de tissu péri-lésionnel partiellement
calcifié. Cet aspect est fréquemment rencontré
lors des récidives après chirurgie palliative, laissant
en place les reliquats parasitaires au contact des gros vaisseaux
[52].
Tomodensitométrie
Toujours pratiquée après l'échographie, l'examen tomodensitométrique est indispensable pour apprécier le nombre, la taille et la topographie exacte du ou des foyer(s) parasitaire(s) [47, 48, 50, 51, 53]. Sa sensibilité de détection des foyers parasitaires, comparée à l'exploration per-opératoire est de 94 %, toutes lésions confondues, et de 86 % en cas de lésions mesurant moins de deux centimètres. C'est la meilleure technique pour visualiser les calcifications. Elle peut, dans quelques rares cas, mettre en évidence des vésicules parasitaires [47]. Par contre, dans de nombreux cas, ses performances sont inférieures à celles du Doppler pulsé et couleur pour apprécier l'extension vasculaire, en particulier au niveau des veines hépatiques. Si l'extension extra-hépatique de contiguïté, en particulier rétro-péritonéale, est mieux analysée que par l'échographie, l'acquisition axiale des coupes est inadaptée à l'étude de certaines structures, notamment celle du diaphragme. L'aspect typique est celui d'une masse hépatique, souvent unique, généralement de grande taille, globalement hypodense par rapport au parenchyme normal, avant injection de produit de contraste, ne se réhaussant pas du tout, ou très faiblement, après injection. Ses contours sont irréguliers, beaucoup mieux délimités après injection ; son contenu est hétérogène. Le contingent fibro-parasitaire est en règle général hypodense, et peut présenter un faible rehaussement. Les plages de nécrose sont les plus hypodenses au sein de la masse et ne présentent aucun rehaussement après injection. Les vésicules parasitaires sont assez rarement identifiables dans le contingent fibreux, sous forme de formations kystiques infracentimétriques. Les calcifications sont très bien mises en évidence. Il s'agit soit de macronodules calcifiés, parfois confluents, souvent disposés en périphérie des zones de nécrose, ou associés à des plages de rétraction, soit de dépôts micronodulaires réalisant un fin piqueté spontanément hyperdense. L'examen tomodensitométrique visualise également une habituelle hypertrophie compensatrice du foie sain, des signes de rétraction capsulaire [54].
Imagerie par résonance magnétique (IRM)
La place de cette nouvelle technique dans la
stratégie d'exploration radiologique de l'échinococcose
alvéolaire apparaît d'emblée importante. C'est
la meilleure technique pour analyser les contenus des foyers parasitaires
[52, 55, 56]. Elle caractérise les différents constituants,
délimite précisément les plages de nécrose,
et met en évidence la structure fibreuse de la lésion
par un hyposignal en pondération T1 et T2. Elle montre
les vésicules parasitaires en hypersignal en pondération
T2 (figures 6 et 7), et met en évidence
la fibrose inflammatoire péri-lésionnelle qui prend
le contraste après injection intraveineuse de gadolinium.
Par contre, l'IRM méconnaît très souvent les
calcifications qui ne sont que suspectées dans un tiers
des cas. Cet examen permet de caractériser une forme multiloculaire,
constituée par l'adossement de multiples vésicules
parasitaires infracentimétriques, réalisant un aspect
en « rayon de miel » ou en « grappes de raisins
», pathognomonique des lésions d'échinococcose
alvéolaire. L'IRM est plus sensible que la tomodensitométrie
pour détecter les formes débutantes de la maladie,
dont l'aspect est nodulaire homogène. Elle montre un aspect
kystique en cas de récidive après chirurgie palliative.
Enfin, c'est la meilleure technique pour démontrer l'envahissement
de la veine cave inférieure et des veines hépatiques
par le processus parasitaire et pour apprécier l'infiltration
extra-hépatique de contiguïté, en particulier
du diaphragme (figure 8), du péricarde et
des organes abdominaux, grâce à l'étude multiplan.
Ainsi en IRM, l'aspect de la lésion d'échinococcose
alvéolaire est celui d'une lésion infiltrante, hétérogène,
avasculaire, en hyposignal, en pondération T1 et de signal
variable en pondération T2, comportant des plages en hyposignal,
des zones de nécrose en franc hypersignal et des plages
en hypersignal relatif.
Si le diagnostic radiologique et l'évaluation de l'extension
des lésions reposent toujours sur l'échographie
couplée au Doppler pulsé et couleur, et la tomodensitométrie,
l'IRM doit y être intégrée, en particulier
pour l'atteinte vasculaire, et l'extension extra-hépatique
de contiguïté au diaphragme et/ou au péricarde.
Artériographie coelio-mésentérique
Elle n'est plus effectuée actuellement, sauf dans de rares cas de bilan préopératoire. Outre la topographie vasculaire, elle peut montrer des signes d'envahissement progressif et bénin des vaisseaux, des encoches marginales, des sténoses moniliformes très caractéristiques, des amputations touchant le réseau porte mais surtout le réseau artériel et des réseaux de suppléance portal et systémique intra- ou extra-hépatiques, très évocateurs de lésions d'échinococcose alvéolaire. La masse parasitaire a l'aspect d'une masse avasculaire, sans néovascularisation.
Cavographie
Cet examen n'est que très rarement indiqué. Il peut montrer un refoulement, une sténose ou une obstruction complète de la veine cave inférieure avec réseau collatéral azygos. Des irrégularités pariétales ou un bourgeon parasitaire endoluminal permettent d'affirmer l'envahissement pariétal.
Opacification des voies biliaires
La ponction percutanée à l'aiguille d'Okuda est ici préférée à la cholangiographie rétrograde. En effet, en cas d'obstacle hilaire serré, cette dernière ne pourrait fournir d'image des voies biliaires intra-hépatiques. Cet examen, rarement effectué, est réalisé avant drainage biliaire plutôt pendant qu'avant l'opération, pour situer le siège et l'aspect de l'obstacle et établir le caractère communiquant ou non d'une poche de nécrose. Il peut également montrer des sténoses en encoche et des interruptions de canaux biliaires, d'aspect régulier, parfois des fistules spontanées avec une cavité nécrotique, des signes d'angiocholite chronique, des calculs intrahépatiques. Les voies biliaires intrahépatiques en amont d'une sténose parasitaire peuvent ne pas être dilatées lorsqu'une cirrhose biliaire secondaire s'est constituée.
Autres explorations
- Ponction biopsie hépatique sous
guidage ultra-sonore ou tomodensitométrique à visée
diagnostique : elle est exceptionnellement
nécessaire, les arguments morphologiques et immunologiques
spécifiques étant généralement suffisants
pour poser le diagnostic d'échinococcose alvéolaire
avant l'intervention. Elle n'a jamais été suivie,
dans notre expérience, de choc anaphylactique.
- Radiographie pulmonaire standard : elle est réalisée
systématiquement à la recherche de métastases
pulmonaires.
- Tomodensitométries thoracique et cérébrale
: elles sont réalisées maintenant assez systématiquement,
en particulier lorsque la lésion est au contact de la veine
cave inférieure et des veines sus-hépatiques, et
en particulier lorsqu'une transplantation hépatique est
envisagée.
- L'étude des autres sites métastatiques potentiels,
en particulier osseux, est guidée par les manifestations.
Traitement
Gestes chirurgicaux
Le traitement complet et définitif de cette parasitose est actuellement assuré par l'ablation chirurgicale complète du parenchyme hépatique envahi.
* Hépatectomie partielle radicale
Il s'agit, dans la majorité des cas, d'une hépatectomie droite le plus souvent élargie au segment IV et parfois au segment I, plus rarement une hépatectomie gauche, exceptionnellement une lobectomie gauche [57]. L'atteinte de la convergence biliaire est fréquente et impose la reconstruction de la voie biliaire après l'exérèse, par une anastomose entre le canal intrahépatique gauche et une anse en Y montée selon Roux [57]. Depuis 1983, dans notre série, de telles hépatectomies majeures ont été effectuées chez 24 % des malades, alors qu'elles ne l'avaient été que chez 1 % avant 1983.
* Hépatectomie partielle palliative
Il s'agit d'une hépatectomie atypique incomplète, appelée réductionnelle par les auteurs russes [57]. Elle permet l'exérèse quasi totale des lésions constituées de zones solides, creusées de vastes cavités nécrotiques et purulentes. Elle laisse en place des lésions parasitaires sous forme de croûtes sur le foie restant au contact direct des pédicules vasculobiliaires. Elle est associée à une dérivation biliaire du foie restant en cas d'atteinte de la convergence.
* Gestes chirurgicaux palliatifs
Ils font appel à divers procédés. En cas d'ictère, il s'agit de dérivations bilio-digestives nécessairement intra-hépatiques dérivant le plus souvent le foie gauche, plus rarement le foie droit, ou d'intubation des voies biliaires avec drain perdu mis en place chirurgicalement. En cas de collection purulente, il s'agit d'un drainage interne par l'intermédiaire d'une anse jéjunale isolée. En cas d'hémorragie par hypertension portale, une anastomose spléno-rénale ou mésentérico-cave peut être effectuée. La perspective d'une transplantation hépatique incite à limiter ces gestes palliatifs chirurgicaux, pour préférer la radiologie interventionnelle, afin d'éviter les laparotomies itératives qui compliquent ultérieurement la transplantation hépatique.
* Transplantation hépatique
Les formes non résécables peuvent actuellement être traitées par transplantation hépatique [58]. Notre expérience porte sur 21 cas de greffe entre 1986 et 1991. Les patients présentaient de nombreuses contre-indications relatives pour une transplantation hépatique : 14 avaient des antécédents d'interventions palliatives multiples, 7 avaient une fistule biliaire externe purulente. Le diaphragme et le péricarde étaient envahis dans 9 et 3 cas respectivement. Il existait un envahissement parasitaire de la veine cave inférieure dans 9 cas (figure 9). Treize patients avaient présenté des épisodes d'angiocholites et cinq un choc septique. Tous sauf 3 étaient atteints d'hypertension portale due soit à une cirrhose biliaire secondaire (10 cas), soit à un syndrome de Budd-Chiari (5 cas), soit à une thrombose portale (3 cas). En dépit de ces nombreuses contre-indications relatives, la transplantation a pu être réalisée chez tous les malades. Cependant, dans 10 cas, ce geste n'a eu qu'un caractère palliatif, en raison de la persistance de reliquats parasitaires périhépatiques ou de métastases pulmonaires parasitaires. La surveillance montre une augmentation de taille des lésions parasitaires résiduelles, probablement favorisée par le traitement immunosuppresseur. Malgré leur croissance, les métastases pulmonaires n'ont jusqu'à présent été à l'origine d'aucun symptôme. Par contre, chez un patient qui avait des métastases pulmonaires résiduelles, sont apparues, 58 mois après la transplantation, des métastases cérébrales qui ont été à l'origine du décès cinq ans et demi après la transplantation ; l'introduction de l'albendazole n'a pas permis de contrôler ces localisations secondaires. La récidive de l'échinococcose alvéolaire sur le greffon est également possible ; nous l'avons constatée chez trois patients de notre série [38, 43]. Dans un cas, la récidive était tardive, découverte fortuitement par une échographie réalisée quatre ans après la transplantation. En dépit des traitements immunosuppresseurs, la surveillance des anticorps spécifiques est apparue utile pour distinguer les transplantations suivies de récidive des transplantations curatives et pour faire suspecter, plusieurs mois avant l'apparition d'anomalies morphologiques, la récidive vraie sur le greffon ou l'existence de localisations extrahépatiques [38, 43]. Des données expérimentales ont confirmé le rôle favorisant de la ciclosporine sur la croissance d'E. multilocularis [59]. Toutes ces données invitent à envisager la transplantation hépatique pour échinococcose alvéolaire de manière comparable à la transplantation hépatique pour carcinome hépatocellulaire : il est indispensable d'effectuer un bilan morphologique poussé avant la greffe afin de préciser l'existence d'éventuelles localisations extrahépatiques, de réduire rapidement les traitements immunosuppresseurs en arrêtant précocement l'azathioprine (Imurel®), d'instaurer un traitement parasitostatique avant l'intervention et de reprendre précocement ce traitement en cas de reliquats inextirpables. La survie actuarielle des patients de notre série greffés pour échinococcose alvéolaire est de 75 % à un an et de 60 % à 5 ans.
Radiologie interventionnelle [60]
Elle joue, depuis les années 1980, un
rôle de plus en plus important dans le traitement palliatif
de l'échinococcose alvéolaire, et a permis de limiter
le nombre de laparotomies et d'interventions chirurgicales palliatives.
Deux grands types de gestes peuvent être réalisés
par voie transcutanée sous guidage échographique
tomodensitométrique ou radioscopique :
- Le drainage d'une collection, qu'il s'agisse d'une poche
de nécrose compliquée, communiquant parfois avec
l'arbre biliaire, et responsable d'épisodes d'angiocholite,
ou de collections post-opératoires (abcès, bilome,
hématome).
- Le drainage biliaire interne-externe, réalisé
en un temps ou après mise en place temporaire d'un drain
biliaire externe, qui limite initialement les complications infectieuses
et hémorragiques. Le drainage per-cutané prolongé
(12 à 24 mois), avec augmentation progressive du calibre
des drains, associé à un traitement parasitostatique,
permet une dilatation stable de la sténose biliaire, même
après ablation du drain. Cependant, en cas de cavité
nécrotique parasitaire fistulisée dans les voies
biliaires, l'ablation du drain ne sera possible que si l'on associe
une résection chirurgicale même incomplète
de la masse parasitaire pour éviter les phénomènes
de surinfection, et de migration de débris nécrotiques
ou parasitaires.
Traitement médical
* Médicaments parasitostatiques
Actuellement, parmi les dérivés
des benzimidazoles, seuls le mébendazole et l'albendazole
ont une efficacité démontrée dans le traitement
de l'échinococcose alvéolaire humaine [61]. Le traitement
par flubendazole s'est avéré décevant.
Le mébendazole (Vermox®) a une faible biodisponibilité
car sa faible solubilité limite son absorption intestinale.
Cela explique pourquoi des doses orales de l'ordre de 4,5 g/j
doivent être données, si possible avec un repas riche
en graisses. La demi-vie d'élimination varie de 2,8 à
9 heures et les concentrations plasmatiques de 2,5 à 500
ng/ml. Le mébendazole est fortement lié aux protéines
plasmatiques ; il est métabolisé par le foie et
est fortement excrété par la voie biliaire.
Le mébendazole ayant un effet embryotoxique et tératogène
chez les rats, son utilisation est contre-indiquée pendant
la grossesse et une contraception efficace est nécessaire
chez la femme avant la ménopause. Cinquante-quatre malades
atteints d'échinococcose alvéolaire ont reçu
1,5 à 10 g per os de mébendazole par jour
pendant une période variant de 1 à 12 ans, la dose
étant adaptée pour obtenir une concentration supérieure
à 250 mmol/l, 4 heures après la prise du matin [62]
; après une période d'observation supérieure
à 3 ans, une stabilisation des lésions a été
observée chez 77 % des malades [62]. Dans une autre série
de malades atteints de récidive des lésions hépatiques
après chirurgie, de fortes doses de mébendazole,
données par voie orale pendant une durée moyenne
de 4,5 ans, se sont avérées ralentir la croissance
parasitaire [63]. Un essai clinique ayant duré 10 ans a
montré que le traitement continu par mébendazole
augmentait l'espérance de vie lorsqu'on la comparait à
celle des témoins historiques non traités [64].
Les manifestations subjectives ont été constamment
améliorées et, dans la moitié des cas, une
réduction d'au moins 50 % du diamètre de la masse
parasitaire a été observée [64]. Plus récemment,
cet effet a été confirmé par Amman et
al. [65]. Cependant aucune étude contrôlée
par un groupe recevant un placebo n'a solidement établi
l'efficacité du mébendazole. Comme pour le kyste
hydatique, la surveillance sérologique continue chez ces
malades n'est pas apparue comme un outil intéressant pour
apprécier l'efficacité du mébendazole [61].
La plupart des études ont conclu que le mébendazole
était relativement efficace. Cependant, le mébendazole
se comporte comme une substance parasitostatique ; un traitement
à vie est donc nécessaire. Les principaux effets
secondaires du mébendazole consistent en une anémie
modérée, une leucopénie, une alopécie,
des malaises gastro-intestinaux et une augmentation fréquente,
mais modérée, des transaminases [27, 61].
L'albendazole (Zentel®) est également efficace sur
les infections à cestode chez l'homme. L'albendazole est
caractérisé par une faible biodisponibilité
liée surtout à un fort effet de premier passage
hépatique et à un métabolisme hépatique
très rapide. Son principal métabolite, le sulphoxide
d'albendazole, est détectable dans le sérum [66]
; la demi-vie du sulphoxide est d'environ 8,3 heures. Des concentrations
élevées ont été observées dans
la bile [67]. Le niveau de sulphoxide d'albendazole dans le sérum
varie en fonction des malades et la concentration sanguine doit
être soigneusement mesurée pendant le traitement
en utilisant une méthode de chromatographie liquide de
haute performance (HPLC) [67]. La dose recommandée actuellement
est de 10 mg/kg/j en deux prises en cures d'un mois, entrecoupées
d'arrêts de quinze jours [68]. Les séries de malades
atteints d'échinococcose alvéolaire traités
par albendazole sont assez rares, et d'effectifs limités.
Chez deux patients recevant de l'albendazole pendant une courte
durée, il n'a pas été possible de démontrer
la viabilité du parasite par inoculation des campagnols
avec les vésicules obtenues à partir de biopsies
chirurgicales alors que l'on pouvait raisonnablement penser que
le parasite était vivant avant le traitement [10]. Cette
constatation suggère que l'albendazole pourrait avoir un
effet parasiticide. Cependant, de tels effets n'ont jamais été
observés dans notre série [69], bien que l'albendazole
soit, comme le mébendazole, responsable d'une stabilisation
des lésions dans deux tiers des cas.
Dans notre série, l'albendazole était bien toléré,
excepté par les malades atteints d'hypertension portale
et/ou de cholestase, chez qui l'apparition d'une leucopénie
et d'une alopécie n'étaient pas rares. Le principal
effet indésirable est une augmentation des transaminases
dans 3 à 16 % des cas [26]. Une hépatite clinique
avec ictère est exceptionnelle. Si l'activité des
transaminases devient supérieure à 200, l'arrêt
du médicament doit être envisagé [10]. En
fait, la relative rareté des effets secondaires et la sévérité
de l'affection ont fait récemment reconsidérer l'utilité
du traitement cyclique tel qu'il avait été initialement
proposé : un traitement continu semble plus efficace, pouvant
aboutir à une stérilisation et à une calcification
en masse des lésions, sans augmentation des effets secondaires
[70].
Traitements non spécifiques
Il s'agit principalement d'une antibiothérapie
adaptée aux germes identifiés sur les prélèvements
de bile infectée ou de liquide de nécrose obtenus
après drainage. Cette antibiothérapie doit être
associée à une prophylaxie des infections fungiques.
En effet, des infections fungiques systémiques ont souvent
été observées chez des patients atteints
d'échinococcose alvéolaire recevant une antibiothérapie
itérative.
D'autres médicaments sont utiles au cours de cette affection
: vitamine D et calcium pour éviter l'ostéomalacie
secondaire à la cholestase chronique (cet élément
prend d'autant plus d'importance dans la perspective d'une transplantation
hépatique où une corticothérapie au long
cours va être proposée), cholestyramine en cas de
prurit important.
L'échinococcose alvéolaire reste une maladie grave.
Cependant, un diagnostic souvent plus précoce, une surveillance
plus précise, l'administration prolongée des benzimidazoles,
le recours à la radiologie interventionnelle et les progrès
des techniques chirurgicales avec la possibilité, pour
les formes incurables, de réaliser une transplantation
hépatique, ont récemment contribué à
l'amélioration du pronostic de cette redoutable parasitose.
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