
du Mois |
Mobile |
|
Constipation
fonctionnelle : données récentes (janvier 1993-mars
1995)
Jacques FREXINOS
Dominique LOUVEL
Michel DELVAUX
service de gastro-entérologie et nutrition,
CHU de Rangueil,
31054 Toulouse, France.
Hépato-Gastro. Vol. 2, n° 6, novembre-décembre
1995 : 545-58
RESUME :
La constipation représente un des principaux symptômes
« carrefour » de la gastro-entérologie où
se croisent les grands courants habituellement rencontrés
dans cette discipline : épidémiologie, psychologie,
explorations, thérapeutiques. Seule l'endoscopie y est
relativement absente, si l'on fait abstraction de son rôle
dans l'élimination de l'organicité. Au cours de
ces trois dernières années, les publications concernant
la constipation ont porté essentiellement sur les problèmes
diagnostiques avec un intérêt particulier pour les
dyschésies anorectales et les planchers pelviens défaillants.
De nouvelles techniques d'imagerie scintigraphique ont été
explorées et ont apporté une vue globale sur l'ensemble
du transit digestif et les relations entre côlon, estomac
et intestin grêle. Il faut cependant attendre une évaluation
plus complète pour déterminer leur intérêt
réel dans l'exploration des constipations « intraitables
». La meilleure connaissance des constipations terminales
débouche incontestablement avec le biofeedback sur des
possibilités thérapeutiques prometteuses. En revanche,
l'abord chirurgical est plus délicat et la prudence de
la plupart des chirurgiens témoigne bien des difficultés
réelles et des résultats parfois incertains. Opérer
une anomalie anatomique sans être sûr de sa responsabilité
directe dans les symptômes n'est plus de mise. Enfin, les
essais thérapeutiques n'ont pas apporté de révélation
majeure et le véritable prokinétique colique reste
encore à découvrir, à moins qu'il n'ait été
déjà inventé il y a deux mille ans quand
les Égyptiens utilisaient le séné pour soulager
les digestions difficiles et les ventres encombrés...
Mots clés : constipation, troubles fonctionnels intestinaux,
laxatifs, périnée descendant, biofeedback,
temps de transit digestif, défécographie, manométrie
ano-rectale.
S'il fallait désigner le livre de l'année 1994 sur la constipation, ce serait sans discussion celui de Kamm et Lennard-Jones [1], qui réunit 45 auteurs et fait le point sur tous les aspects du problème sans aucun oubli. Le but de cette revue bibliographique n'est pas d'en donner un résumé ni d'en tenter une synthèse. Quelques aspects sont rapportés, mais l'essentiel est puisé dans la littérature courante, relativement riche car, même si la constipation n'est pas le grand sujet à la mode, elle n'en demeure pas moins, par sa fréquence et les problèmes thérapeutiques qu'elle pose, une entité incontournable en gastro-entérologie.
L'indéfinissable étrangeté du symptôme
Il est classique de dire qu'il y a habituellement trois types de constipés : ceux qui croient l'être et ne le sont pas, ceux qui le sont et qui s'en plaignent et ceux qui le sont, mais qui l'ignorent [2]... Un travail récent [3] vient confirmer cette hypothèse en démontrant que la définition de la constipation est véritablement insaisissable. La comparaison, dans une population féminine, du temps de transit global et de l'évaluation subjective de ce même transit a permis en effet de constater l'absence de toute corrélation ! Ainsi chez 731 femmes, non consultantes, âgées de 25 à 69 ans, issues d'un groupe plus important (n = 1 059) de volontaires concernées par une enquête sur la prévalence de la lithiase biliaire, l'éventualité d'une constipation fut recherchée selon trois techniques. La première utilisait une mesure du temps de transit selon une méthode clinique originale, fondée sur la date d'émission de trois selles consécutives et leur morphologie ; le ralentissement du transit était retenu au-delà de 92 heures (n = 68). La deuxième était fondée sur la définition de la constipation selon la classification IBS (irritable bowel syndrome) de Rome (effort lors de la défécation, évacuation incomplète, selles dures et fragmentées, fréquence des selles inférieure à 3 par semaine) (n = 60). La troisième était centrée sur une simple question : « Pensez-vous être constipée ? » La mesure du transit objectivait un ralentissement dans 9,3 % des cas et des pourcentages voisins étaient obtenus avec les définitions cliniques : 8,5 % et 8,2 %. Cependant, la figure 1 montre nettement qu'il n'y a pas de correspondance étroite entre les trois séries puisque sur les 68 patientes ayant un ralentissement du transit, 17 seulement répondaient positivement au questionnaire « d'autoconstipation », alors que 9 rentraient dans la définition de Rome et 11 satisfaisaient aux trois critères à la fois. Parmi les 68 patientes ayant un temps de transit ralenti, 31 ne se plaignaient de rien. Les critères subjectifs de constipation correspondaient seulement dans 37 % des cas à un ralentissement du transit. Les critères subjectifs sont donc insuffisants en pratique clinique pour savoir si une malade est véritablement constipée. La description du caractère morphologique des selles par la malade semble plus performante et on peut imaginer que l'examen visuel des selles par le praticien serait alors encore plus efficace. Molière va à nouveau sourire...
Études épidémiologiques : comment allez-vous ?
Les enquêtes épidémiologiques
ne sont plus uniquement centrées sur l'évaluation
brute de l'incidence du symptôme mais aussi sur la connaissance
précise des différents facteurs étiologiques
ou prédictifs et du comportement ou du vécu du trouble.
Restant dans une ligne classique et ignorant probablement «
l'insaisissable définition » du symptôme, Talley
et al. [4] ont recherché chez 1 021 résidents
du comté de Olmsted, Minnesota, les signes cliniques compatibles
avec l'existence d'une constipation fonctionnelle ou terminale
en leur adressant deux fois par la poste le même questionnaire
avec un intervalle variant entre 12 et 20 mois. L'incidence de
la constipation fonctionnelle fut ainsi évaluée
à 19,2 % et celle de la constipation terminale à
11,0 %, cette dernière étant significativement plus
fréquente chez les femmes.
Dans une étude focalisée sur l'évacuation
rectale, Heaton et Cripps [5] ont évalué, dans une
population générale (834 hommes et 1 058 femmes),
les efforts lors de la défécation, la forme des
selles et l'utilisation de laxatifs. Ils ont pu ainsi découvrir
que les efforts pour aller à la selle étaient communs
mais pas systématiques puisque retrouvés au début
de la défécation chez 32 % des femmes et 22 % des
hommes, alors qu'en fin de défécation, l'effort
n'était plus présent que chez respectivement 15
% et 9 %. Comme pour beaucoup d'actions c'est donc le début
qui est le plus difficile... L'usage des laxatifs paraissait être
dans cette étude moins important que prévu, mais
les médicaments les plus populaires restent encore, outre-Manche,
la phénolphtaléine, le séné et le
magnésium.
A côté de ce travail, il paraît indispensable
de rappeler la publication [6] plus originale de cette même
équipe sur la fréquence de la défécation
et la forme des selles (figure 2)... Seulement 40
% des hommes et 33 % des femmes ont un cycle régulier de
défécation sur 24 heures. Une défécation
tous les 2 à 3 jours est retrouvée chez 7 % des
hommes et 4 % des femmes. Une minorité de sujets s'estime
satisfait de leur défécation, la plupart présentant
un cycle excessivement irrégulier, un tiers de femmes ayant
moins d'une défécation par jour et 1 % une fois
par semaine ou moins. Le plus surprenant dans ce travail est l'évaluation
et la description des selles classées en six catégories
(Tableau 1). Le type 4 (selles ressemblant à une
saucisse ou à un serpent, lisses et molles) étant
prédominant dans les deux sexes, suivi ensuite des types
3 et 2 ! Cette étude se termine sur une conclusion pessimiste
: moins de la moitié de la population interrogée
est satisfaite par ses selles et un sous-groupe concernant des
jeunes femmes est particulièrement désavantagé.
Que de malheur dans ce monde !
Le coût de la constipation, évalué récemment
par une équipe américaine [7], ne paraît pas
être très excessif par rapport à celui des
autres pathologies digestives. Le chiffre moyen par patient est
en effet de 79 $ alors que celui obtenu au cours de la maladie
ulcéreuse atteint 558 $ et celui de la lithiase biliaire
4 882 $. Un constipé coûte soixante-sept fois moins
cher qu'un lithiasique ! Les dépenses de laxatifs ont été
évaluées à 15 $ par an et par individu, ce
qui, sur la base approximative de 20 millions d'utilisateurs réguliers
aux États-Unis, représenterait annuellement 303
millions de dollars. Une augmentation de ces dépenses de
50 % a été cependant enregistrée depuis ces
dix dernières années et il est difficile de dire
si cela est imputable à une augmentation réelle
de la consommation, c'est-à-dire des constipés,
ou à l'augmentation du prix des laxatifs. La conjonction
des deux hypothèses reste la plus probable.
Une physiopathologie encore trop souvent mystérieuse
Ralentissement du transit et obstruction distale
sont les mécanismes classiques les plus souvent retrouvés,
mais la cause réelle n'est pas toujours évidente.
Le jeu de mots, « constipassion ou consti-poussons »,
reflète parfaitement deux des versants physiopathologiques
du problème et c'est dans ces deux directions que s'orientent
le plus souvent les recherches. Sur le plan ano-rectal, les publications
ne manquent pas et la connaissance de la fonction ano-rectale,
primordiale pour comprendre les anomalies et les dysfonctions,
a donné lieu à des travaux intéressants [8].
La distension d'un ballonnet intrarectal avec de l'air s'est révélée
être la méthode la plus pratique pour évaluer
en routine la perception rectale qui ferait intervenir des récepteurs
sensibles à l'étirement [9].
Dans un travail prospectif portant sur 227 patients présentant
une constipation idiopathique et intraitable, Schouten et al.
[10] ont recherché, chez les malades ayant subi une colectomie
totale ou partielle, des signes en faveur d'une neuropathie viscérale.
Des anomalies portant sur les plexus myentériques et les
axones correspondants ont pu être constatées par
des colorations immunohistochimiques avec des anticorps monoclonaux
anti-filaments chez 75 % de ces malades. Certains ralentissements
du transit intraitables pourraient alors être expliqués
par une atteinte neurologique viscérale passée jusqu'ici
inaperçue.
L'hypothèse d'une neuropathie autonome infraclinique a
été également évoquée par Altomare
et al. [11] grâce à l'utilisation d'un test
à la sueur après injection locale d'acétylcholine
au niveau de la région dorsale du pied afin de stimuler
les glandes sudoripares. La réponse sudoripare des constipés
s'est révélée être plus faible que
celle des sujets témoins (9,53 spots contre 13,92, p =
0,0001), cela pouvant indiquer un dysfonctionnement dans le système
nerveux sympathique. Toutefois, les hypothèses ne peuvent
être aussi simples et, de fait, les résultats de
cette étude témoignent de perturbations neurovégétatives
diverses qui méritent des explorations plus précises.
Explorant un autre versant et utilisant la technique de sémiométrie
qui consiste à côter de - 3 à + 3 l'impression
agréable ou désagréable suscitée par
une liste de 210 mots, Denis et Meyrand [12] ont pu étudier
le profil psychoculturel de 318 malades présentant des
troubles fonctionnels intestinaux. Les constipés, se projetant
autour des valeurs d'harmonie et d'attachement, ont surnoté
les mots évoquant le « paraître » (minceur,
élégance, mode, bijou...), l'harmonie affective
(tendresse, caresse...) et le rêve. Les diarrhéiques
ont surnoté les mots évoquant la contestation (révolté,
sauvage...), la liberté (aventurier, évasion...),
l'onirisme (rêver, magie), et se sont projetés autour
des valeurs de liberté. Les sujets ballonnés ont
surnoté le « paraître », la distinction,
la transcendance et l'attachement aux normes. Cette étude
met donc en évidence à l'intérieur des troubles
fonctionnels intestinaux (TFI), dans trois sous-classes de sujets,
une relation entre la symptomatologie clinique et le profil psychoculturel.
Quel est des deux celui qui détermine l'autre ? De l'oeuf
ou de la poule...
L'importance des facteurs psychologiques est reconnue depuis longtemps
et la contribution de Ghislain Devroede à ce chapitre est
capitale [13]. La constipation n'est pas une maladie mais un symptôme
qui demande à être décodé et dont la
signification est très variable. Idéalement, le
médecin devrait se présenter au patient comme le
miroir attentif et neutre, lui laissant l'opportunité de
montrer ses émotions. Par ailleurs, la physiologie colique
se modifie au cours de la psychothérapie, ce qui tendrait
à démontrer que la constipation n'est pas la cause
des anomalies psychologiques mais que, ou bien elle les accompagne,
ou bien constipation et désordres de la personnalité
sont induits par un problème primitif commun. Heymen et
al. [14] ont retrouvé, dans un groupe de sujets ayant
une constipation chronique avec anisme, des scores élevés
pour les échelles d'hystérie, d'hypocondrie et de
dépression (figure 3). Groz et al.
[15] ont évalué la valeur discriminante de la détresse
psychologique, des symptômes cliniques et du temps de transit
segmentaire dans quatre groupes de malades constipés, le
premier avec un temps de transit allongé, le second avec
des anomalies dans la sphère ano-rectale, le troisième
associant les deux premiers et le quatrième avec temps
de transit normal. Ils ont constaté que mise à part
la présence d'une détresse psychologique de type
dépressive dans le quatri&egra;me groupe, aucun des
paramètres étudiés ne permettait d'identifier
formellement un des quatre groupes de sujets constipés.
Depuis les publications de Drossman, les antécédents
d'abus sexuels sont fréquemment retrouvés au cours
du syndrome de l'intestin irritable [16], mais aussi dans certains
types de constipation. Une étude prospective réalisée
par Leroi et al. [17] sur 344 patients a permis de constater
que 40 % des malades ayant des TFI avaient été victimes
d'abus sexuels par rapport à un groupe de référence
pris dans la population générale (figure
4). L'anisme, présent de façon très
fréquente, a pu ainsi être considéré
comme un marqueur en faveur d'une éventuelle histoire d'abus
sexuels.
A la recherche du temps passé... à parcourir le côlon. Du plus simple au plus sophistiqué
La mesure du temps de transit colique par une
seule radiographie de l'abdomen et un seul type de marqueur proposée
par Danquechin, Dorval et al. [18] consiste à faire
avaler chaque matin, pendant 6 jours consécutifs à
la même heure, 10 marqueurs radio-opaques cubiques de 3
mm de côté et à réaliser le 7e jour
une radiographie de l'abdomen. Le calcul des temps de transit
colique total et segmentaire est ensuite réalisé
selon la méthode de Arhan (TTC = 2,4 x N ; N étant
le nombre de marqueurs présents dans la zone considérée).
La validité de cette méthode a été
démontrée par comparaison avec d'autres techniques
et par l'existence d'une corrélation étroite entre
le TTC et le nombre de selles émises. Le caractère
non invasif est affirmé par la mesure de l'irradiation
évaluée à 0,08 mrad. Les normes du TTC établies
avec cette méthode diffèrent chez l'homme et chez
la femme et cela est particulièrement net pour les temps
gauche et rectosigmoïdien. L'absence de corrélation
des TTC avec la quantité de fibres alimentaires ingérées
est également un point intéressant mis en évidence
par cette étude, mais il faut rappeler que cette indépendance,
démontrée à l'échelle d'un groupe,
ne préjuge pas, pour un individu donné, de l'effet
d'un supplément de fibres sur le TTC.
Une autre méthode ahurissante d'évaluation du temps
de transit [19], fondée sur le nombre des selles par semaine,
la forme des selles et l'intervalle de temps entre les défécations,
a été utilisée et comparée au temps
de transit réellement mesuré. Les résultats
sont globalement satisfaisants. La formule « magique »
est : temps de transit global = 103-1,23 (DF) - 4,69 (SFS) + 10,638
(IDTI) !!!
A côté de cette originale et séduisante simplicité,
d'autres auteurs proposent des méthodes isotopiques qui
donnent une vue plus dynamique et plus complète de l'activité
colique, mais sont entourées d'une indéniable complexité
même si l'intubation cæcale est actuellement abandonnée.
Dans l'étude de Notghi et al. [20], une capsule
radioactive de résine marquée à l'indium
111 a été donnée le matin à 5 heures,
l'acquisition des images se faisant à partir de 8 h 30,
toutes les demi-heures jusqu'à ce que la radioactivité
soit retrouvée au niveau de la zone cæcale. Ensuite,
le patient était autorisé à revenir chez
lui, mais devait se représenter le lendemain matin et au
cours des deux jours suivants de façon à pouvoir
enregistrer trois images par jour à 9 h, 12 h, et 16 h,
soit 16 images sur trois jours. Le temps moyen d'arrivée
au cæcum a été évalué à
4,2 h (DS 2,3). Le calcul du centre géométrique
a permis de représenter l'évolution du pourcentage
d'activité dans les différentes régions coliques
facilitant ainsi l'analyse statistique. Quatre heures après
avoir atteint la région iléo-cæcale, 65 %
de l'activité était localisée dans le cæcum
et 26 % dans le côlon transverse. Cette méthode permet
de représenter le transit colique en images paramétriques
traduisant les divers mouvements du bol alimentaire, mais reste
cependant très complexe pour une utilisation pratique quotidienne.
Une autre étude [21] a comparé les mérites
respectifs des marqueurs radio-opaques et des radio-isotopes en
faisant ingérer simultanément les deux types de
marqueurs à des sujets sains volontaires et à des
femmes constipées. Fort heureusement les deux méthodes
ont donné les mêmes résultats ! Cependant,
le centre géométrique de la masse isotopique était
toujours en « retard » sur celui des marqueurs radio-opaques
et les différences, lorsqu'elles existaient, portaient
sur un segment colique, ce qui apparaissait sans importance pour
une détermination de routine. Une autre publication a démontré
[22] que la progression du centre géométrique de
l'isotope était significativement ralentie dans le cas
d'inertie colique surtout au niveau du côlon transverse
et de l'angle splénique alors que, chez d'autres constipés
ayant une obstruction distale, les anomalies de la progression
se situaient au niveau du rectosigmoïde. Un essai original
a été effectué par Price et al. [23]
avec des comprimés non désintégrables marqués
au 99mTc DTPA, le but étant d'évaluer le transit
d'un médicament fictif. Ainsi, le temps de transit bouche-anus
s'est révélé être extrêmement
variable d'un sujet à l'autre, malgré une supplémentation
en fibres alimentaires ; une stase prédominante a été
généralement retrouvée au niveau du côlon
ascendant et de l'angle colique droit. Par ailleurs, les effets
de la réponse colique à l'alimentation étaient
extrêmement différents selon les sujets, la plus
grande réponse étant paradoxalement observée
après le petit déjeuner (4 000 kJ) et la plus faible
réponse après le dîner (4 800 kJ).
Une technique d'étude scintigraphique du temps de transit
global avec des pellets Amberlite marqués à l'111InCl3
et un repas marqué par du 99mTc a été proposée
par Charles et al. [24]. L'intérêt de cette
méthode est de donner une vue globale sur les différents
temps de transit gastrique, intestinal et colique et surtout de
permettre une exploration exhaustive de certaines pathologies
: constipations « intraitables », chirurgie gastrique
à problème et conséquences du ralentissement
colique en amont (figure 6). Un frein colo-gastrique
a pu ainsi être démontré [25] et les relations
constipation-dyspepsie ne sont maintenant plus du domaine des
hypothèses [26]...
De l'ensemble des études précédentes, on
peut raisonnablement retenir que, dans la majorité des
cas de constipation fonctionnelle, les informations cliniques,
bien qu'imprécises, restent suffisantes, la mesure du temps
de transit colique n'étant vraiment indispensable que dans
des cas bien précis : constipations intraitables, bilan
avant traitement chirurgical, biofeedback ou encore évaluations
thérapeutiques.
L'imagerie : utile dans les constipations terminales
Dans de nombreux pays, le lavement baryté
reste toujours en tête d'affiche des examens d'investigation
ou d'élimination. Il a surtout un intérêt
[27] dans le diagnostic d'un mégacôlon, dont le diamètre
transversal doit être supérieur à 6,5 cm au
niveau du segment pelvien. Le lavement à la gastrograffine
est recommandé pour mettre en évidence un mégarectum
ou une maladie de Hirschsprung.
En fait, c'est la défécographie qui représente
depuis maintenant plus de 15 ans, et en particulier depuis les
travaux de pionnier de Mahieu, l'examen radiographique le plus
important pour mieux comprendre les problèmes physiopathologiques
des constipations terminales. La technique initiale décrite
en 1968 a été perfectionnée et une publication
récente [28] vient de regrouper les résultats de
2 816 examens réalisés au Karolinska Institute
à Stockholm chez des malades ayant des troubles de la défécation.
Ce nombre considérable fait tout l'intérêt
de cette publication (Tableau 2). Malgré
la sélection clinique des sujets explorés, 23 %
des examens se sont avérés être normaux. Sur
les 77 % examens pathologiques, existaient une intussusception
rectale dans 31 % des cas, un prolapsus rectal dans 13 % des cas,
une rectocèle dans 27 % des cas, une entérocèle
dans 19 % des cas. Une descente périnéale excessive
était retrouvée dans 9 % des cas seulement, une
incontinence chez 202 patients, un prolapsus muqueux dans 144
cas et un sphincter désobéissant dans 110 cas. Ces
résultats démontrent l'existence fréquente
d'anomalies structurales et fonctionnelles chez les trois-quarts
des malades ayant des troubles de la défécation.
Le fort pourcentage d'entérocèle, retrouvé
ici dans un cinquième des examens, s'explique certainement
par sa recherche minutieuse avec l'opacification simultanée
du vagin et de l'intestin grêle, indispensable selon les
auteurs pour mettre en évidence cette anomalie. Son rôle
est controversé, mais une compression mécanique
du rectum par l'entérocèle s'interposant entre la
paroi vaginale postérieure et la paroi rectale antérieure
pourrait théoriquement provoquer une constipation.
En fait, l'entérocèle, très fréquente
après hystérectomie, est bien souvent associée
à d'autres anomalies : 28 % d'intussusception rectale,
44 % de prolapsus rectal, moins fréquemment avec une rectocèle
[29]. Il est évident que, même accompagnée
d'anomalies électrophysiologiques et manométriques,
l'entérocèle est loin d'être toujours responsable
des troubles qui l'accompagnent et que des investigations minutieuses
sont toujours nécessaires pour exclure toute autre lésion
avant d'envisager son traitement. La faible incidence de descente
périnéale retrouvée dans cette étude
paraît surprenante, mais peut être expliquée
par des paramètres de définition très stricts.
Cette disparité avec des séries antérieures
renforce la nécessité d'une recherche de consensus
et l'intérêt d'un protocole standardisé pour
les examens défécographiques.
La responsabilité de la rectocèle a été
évaluée par Siproudhis et al. [30] dans un
travail portant sur 52 femmes présentant des problèmes
de défécation. Deux groupes ont pu être comparés
: le premier associant dyschésie et rectocèle, le
second comprenant des malades avec dyschésie sans rectocèle.
Différentes explorations manométriques et défécographiques
ont permis de déterminer que la rectocèle était
incontestablement un facteur important pour rendre compte de certaines
difficultés de la défécation, mais que l'anisme
intervenait aussi fréquemment dans la survenue de problèmes
dyschésiques. La fréquence de cet anisme est retrouvée
dans d'autres publications sous différents termes : périnée
immobile, périnée « gelé », dysfonction
ano-rectale, syndrome spastique du plancher pelvien [31].
Le rôle de la position des patients au cours de l'examen
rectographique est évidemment important. La démonstration
en a été apportée par Jorge et al.
[32] qui ont étudié la position en décubitus
latéral gauche et la position assise chez 105 patients
au moyen de la cinéradiographie pour conclure qu'effectivement
les deux positions entraînaient des différences dans
la mesure de la descente périnéale, de la distance
puborectale et de la position de l'angle anorectal. La position
assise paraît être beaucoup plus physiologique, mais
27 % des malades ayant une incontinence étaient incapables
de retenir leurs matières sauf en position de décubitus.
Une étude à objectif plus physiopathologique [33]
a comparé 22 malades ayant une dyschésie et 7 présentant
une constipation par ralentissement du transit au moyen d'une
proctographie isotopique en utilisant du 99m Tc MDI. Les patients
dyschésiques présentaient soit une évacuation
incomplète, soit une absence de réponse aux laxatifs
locaux ou aux lavements, soit enfin la sensation d'une évacuation
difficile. Cette dyschésie correspondait sur le plan proctographique
à un allongement significatif du temps d'exonération
et à une diminution de la vitesse d'évacuation de
l'ampoule rectale, comparativement aux résultats rapportés
chez les malades ayant une constipation avec ralentissement du
transit. La dyschésie s'accompagnait également d'un
abaissement important du périnée et d'une angulation
plus forte de l'angle ano-rectal. Ces résultats, tout à
fait logiques et sans surprise, sont en accord avec ceux obtenus
par la radiographie classique. Pourquoi alors compliquer les explorations
? Les auteurs répondent en soulignant l'avantage essentiel
de la méthode isotopique qui apporte aux malades un meilleur
confort psychique en supprimant la présence gênante
d'un observateur et cela sans provoquer une irradiation supérieure
à la radiologie conventionnelle !
Les fibres alimentaires toujours sur le chantier
Tout a pratiquement été dit sur
les fibres alimentaires et rien ne sera probablement définitif.
On peut admettre toutefois que leur utilisation au cours de la
constipation est rationnelle et utile dans bien des cas, alors
qu'elles ne présentent pas d'intérêt thérapeutique
au cours de l'IBS [34], mais les études concernant la motricité
colique sous un régime riche en fibres sont rares. Guédon
et al. [35] ont étudié, chez des sujets sains
par des techniques manométriques, la motricité colique
au décours de trois semaines d'un régime avec et
sans 15 g de fibres végétales crues (pois ou carottes).
Après supplémentation en fibres, aucune modification
significative de l'activité motrice colique n'a été
mise en évidence, mise à part une tendance à
l'initiation de contractions de grande amplitude à la partie
distale du côlon qui favoriseraient la propulsion du bol
colique au niveau terminal.
Le rôle des acides gras à chaîne courte, principaux
métabolites de la fermentation colique des fibres et d'autres
substrats, a été évalué par Jouet
et al. [36]. Les résultats obtenus après
perfusion intracolique d'acides gras à chaîne courte,
donnés à des concentrations physiologiques, ne sont
pas en faveur d'une action importante sur l'activité colique
motrice. Cela remet en question leur véritable responsabilité
dans le mécanisme de certaines diarrhées avec fermentation
et leurs éventuels effets laxatifs.
La digestibilité de l'ispaghule, mucilage couramment utilisé
comme lest dans le traitement de la constipation, a été
étudiée par Marteau et al. [37] chez des
volontaires sains et comparée à celle d'un placebo.
Aucune différence concernant le temps de transit ou l'excrétion
des gaz n'a été constatée dans les deux groupes
alors que le poids des selles était plus important durant
l'ingestion d'ispaghule. Apparemment, la fermentation intestinale
de l'ispaghule est donc très réduite et l'effet
thérapeutique résulte surtout de son action de lest
et non des effets prokinétiques dérivant des produits
de la fermentation.
Des laxatifs classiques au banc d'essai...
Une réévaluation comparative
de différents laxatifs est toujours intéressante.
C'est probablement l'idée de Ewe et al. [38] qui
ont comparé chez trente volontaires les effets de 45 g
de lactose, de 30 g de lactulose et de 10 mg de bisacodyl au cours
d'un régime libre et ensuite pendant le ralentissement
artificiel du transit sous lopéramide. Ils ont pu démontrer
ainsi que le lactose n'avait aucun effet chez les sujets sans
insuffisance enzymatique, que le lactulose avait un effet modéré,
et que c'était le bisacodyl, déjà supérieur
aux sennosides [39], qui possédait l'effet le plus prononcé.
Cette démonstration « mathématique »
ne s'accompagne d'aucune considération sur les effets iatrogènes
à long terme que peuvent donner les laxatifs stimulants.
Une autre étude comparative publiée par une équipe
de Houston [40] concerne la phénolphtaléine et le
glucuronide de phénolphtaléine. Par rapport au placebo
chez des volontaires, les doses équivalentes à 30
mg de ces deux produits ont provoqué une augmentation significative
du poids des selles, sans aucune différence dans les deux
séries. Dans la mesure où le glucuronide de phénolphtaléine
ne nécessite pas un cycle entérohépatique,
il devrait être plus efficace que la phénolphtaléine.
Cette dernière, insoluble dans l'eau, a besoin des sels
biliaires pour être absorbée et sécrétée
ensuite dans la bile sous forme de glucuronide qui, déconjugué
dans le côlon, redonnera un produit actif. On est surpris
par cette étude concernant un laxatif découvert
en 1902 et considéré en France comme dangereux et
non utilisable. Apparemment, il s'agit d'un produit encore largement
employé aux États-Unis et les autres laxatifs stimulants
paraissent également bénéficier d'un préjugé
bienveillant en Grande-Bretagne surtout en tant que médicament
OTC (vente libre) [41].
Non seulement les laxatifs stimulants sont dangereux pour la muqueuse
colique (maladie des laxatifs), mais ils donnent en plus le cancer
! Le potentiel cancérigène des anthraquinones a
été étudié par Siegers et al.
[42]. Les résultats d'une enquête rétrospective
sont éloquents : sur 3 049 patients ayant eu une coloscopie,
l'incidence de la pseudo-mélanose rectale était
de 3,1 % chez ceux sans autre anomalie organique colique, de 8,6
% (p < 0,01) chez ceux ayant des adénomes et de 3,3
% chez ceux ayant des carcinomes. Ce dernier chiffre, inférieur
à celui des adénomes, pourrait être expliqué
par un biais dans le signalement de la pseudo-mélanose
considérée comme une pathologie très négligeable
quand on découvrait une lésion cancéreuse.
Il pourrait donc exister un rapport entre la consommation de laxatifs
indiquée par l'incidence de la mélanose et la survenue
de cancer colique. Cette hyptohèse semble confirmée
par une étude prospective qui a démontré
que l'incidence de la pseudo-mélanose était de 6,9
% chez les sujets normaux, de 9,8 % dans les adénomes et
16,8 % dans les cancers rectocoliques. La relation entre laxatifs
et cancers recto-coliques devient alors très troublante.
Une étude randomisée [43] a été réalisée
sur le traitement du fécalome chez l'enfant et a comparé
les mérites d'une solution de lavage intestinal (Colyte®)
et ceux de l'huile de paraffine. La première s'est avérée
être plus efficace, mais moins bien tolérée
que l'huile de paraffine. Dans le même ordre d'idée,
Adam et al. [44] ont constaté que l'adjonction de
bisacodyl permettait de réduire de 4 litres à 2
litres le volume de la solution de PEG pour préparation
colique.
Prokinétiques coliques : pour l'instant, l'attente
Par rapport à la motricité gastro-duodénale,
la motricité colique a été relativement abandonnée
par les nouveaux prokinétiques. Parmi les quelques études
qui relatent l'intérêt limité du cisapride,
celle de Ueda et al. [45] apporte un élément
positif dans le cadre bien précis de la préparation
colique. Un prétraitement par 10 mg de cisapride, trente
minutes avant l'ingestion de la solution de citrate de magnésium
pour effectuer le lavage intestinal, diminue le temps de nettoyage
du côlon et la quantité de liquide intracolique aspiré
lors de la coloscopie chez les patients âgés. Les
raisons qui peuvent expliquer l'efficacité variable des
prokinétiques ont été exposées par
Camilleri et al. [46] qui ont suggéré que
les désordres vagaux et sympathiques pouvaient influencer
la réponse motrice intestinale, les effets du cisapride
paraissant plus nets lorsqu'il n'existait pas de dysfonctionnement
vagal.
Concernant le loxiglumide, puissant et spécifique antagoniste
CCK A, il a été démontré que le blocage
des récepteurs CCK A avec le loxiglumide, accélérait
de façon importante le transit chez des volontaires sains.
Meier et al. [47] ont étudié, chez 21 constipés
chroniques âgés, dans un essai en double aveugle
et cross-over, les effets de la prise trois fois par jour
de loxiglumide 800 mg ou de placebo. Le traitement par le loxiglumide
a entraîné une accélération significative
du temps de transit et une augmentation de la fréquence
des selles sans s'accompagner d'effets néfastes et en particulier
de signes d'insuffisance exocrine pancréatique.
En revanche, les effets de la motiline ou de l'érythromycine
sont discutables au niveau du côlon [48] et la réponse
obtenue chez les volontaires sains paraît très limitée,
d'autant qu'elle est localisée au sigmoïde, de faible
amplitude et apparaît seulement au cours de l'alimentation.
Des travaux ultérieurs ont même démontré
l'absence complète de réponse [49]. Ces résultats
paraissent donc très décevants quand on les compare
aux effets de l'érythromycine sur le tractus digestif supérieur
[50].
La trimébutine, largement utilisée et étudiée
dans le traitement du syndrome de l'intestin irritable, pourrait
aussi avoir certains effets intéressants au cours des constipations
chroniques idiopathiques. C'est ce que suggèrent les résultats
d'un travail de Schang et al. [51] qui ont constaté
une réduction du temps de transit (p < 0,01) et une
augmentation de l'activité électrique enregistrée
par électromyographie colique chez les patients ayant un
temps de transit initialement allongé.
Plusieurs travaux, en particulier électromyographiques,
ont été consacrés aux effets moteurs du misoprostol,
dont on connaît les effets secondaires chez les malades
traités pour ulcère gastro-duodénal à
des doses d'attaque : douleurs abdominales et accélération
du transit. Cette propriété laxative a été
exploitée par Soffer et al. [52] qui ont étudié
l'action du misoprostol (1 200 µg par jour en 3 prises)
chez des sujets constipés. Le temps de transit a été
réduit, passant de 109 h ± 8 h sous placebo à
66 h ± 10 h sous misoprostol, alors que le poids et le
nombre des selles augmentaient lors du traitement par les prostaglandines
PGE1 (figure 7). Paradoxalement, l'intensité
des douleurs abdominales était semblable dans les deux
séries.
En dernier recours : les traitements non orthodoxes !
L'utilisation des antidépresseurs au
cours du traitement de l'IBS et des troubles fonctionnels du transit
est parfois proposée en seconde intention, chez des sujets
ne réagissant pas au traitement médical habituel,
mais leur mécanisme d'action est discuté, partagé
entre la possibilité d'une action centrale mais aussi périphérique
au niveau du muscle lisse intestinal [53]. On considère
habituellement que les antidépresseurs ralentissent le
transit colique. Gorard et al. [54] ont évalué
les effets de l'imipramine, antidépresseur tricyclique
et de la paroxetine, inhibiteur 5-HT, sur le temps de transit
intestinal chez des patients IBS diarrhéiques et chez des
sujets sains. Dans les deux groupes, l'imipramine ralentissait
le temps de transit alors que la paroxetine réduisait seulement
le temps de transit oro-cæcal mais n'avait pas d'effet sur
le temps de transit global. Apparemment, les antidépresseurs
ne sont pas d'une grande utilité dans le traitement de
la constipation fonctionnelle habituelle.
Fumer est dangereux pour la santé mais serait bon pour
la constipation. Le mythe de la cigarette matinale reste en effet
fortement répandu et ce tabagisme « thérapeutique
» fait partie des petits moyens utilisés pour soulager
simplement les ventres trop serrés. Ces idées reçues
doivent être tempérées par les résultats
obtenus par Meier et al. [55] qui, évaluant chez
des volontaires non fumeurs, l'influence de la nicotine transdermique
sur les temps de transit colique total et segmentaire, ont constaté
qu'elle réduisait de façon dose- dépendante
le temps de transit total et le temps de transit rectosigmoïdien.
En revanche, quelle que soit la dose appliquée en patch
(17,5 mg ou 35 mg par jour), la nicotine n'avait pas d'effets
sur les temps de transit colique droit ou gauche. Les effets réels
de la nicotine ne sont pas à la hauteur des espérances
des fumeurs constipés.
Devant une constipation rebelle au traitement classique par les
fibres, certains auteurs n'hésitent pas à recourir
à des thérapeutiques surprenantes. Tel est le cas
de Celik et al. [56] qui ont essayé l'association
mucilages et vancomycine (250 mg trois fois par jour) en cross-over
avec les mucilages employés de façon isolée.
La vancomycine est un antibiotique actif principalement contre
les anaérobies Gram-positifs de la flore colique tels que
Clostridium, Bifidobacterium, Lactobacillum et non
contre les Gram-négatifs responsables des fermentations
coliques. L'utilisation de vancomycine a entraîné
une amélioration significative de la fréquence des
selles, de leur consistance, de la facilité de défécation
et du nombre des selles. Toutefois, les mesures objectives concernant
le poids quotidien des selles et le temps de transit oro-cæcal
n'étaient pas significativement différentes dans
les deux groupes. L'explication des quelques succès thérapeutiques
constatés fait intervenir la suppression de bactéries
capables de produire des faux neurotransmetteurs et d'agir ainsi
sur la motricité colique.
Dans un genre voisin, Papi et al. [57] ont étudié
les effets de la rifaximine sur les symptômes présents
au cours de certaines diverticuloses coliques. Les douleurs abdominales
et les ballonnements ont été significativement améliorés
par rapport à la série placebo et ces bons résultats
pourraient être expliqués par une action sur la flore
intestinale et une réduction du métabolisme bactérien
des fibres.
D'un autre côté, la restauration chez un malade de
la flore colique par administration en lavement de suspension
de matières provenant de son épouse a été
couronnée de succès avec disparition de la constipation,
alors que des essais concernant l'acupuncture et les massages
ne se sont pas révélés positifs [58].
Problèmes de défécation : biofeedback ou nitroglycérine ?
L'intérêt du biofeedback
est reconnu dans de nombreux cas de constipation terminale [59]
et il est habituel de dire que la « façon de faire
» est aussi, sinon plus, importante que « ce que l'on
fait ». Il est donc très difficile d'évaluer
une technique où l'opérateur a plus d'importance
que l'opération !
Une étude comparative entre deux techniques a été
réalisée par Bjeijenberg et Kuijpers [60] chez des
sujets présentant une obstruction terminale fonctionnelle
avec un syndrome spastique du plancher pelvien (anisme). La thérapeutique
de cette contraction paradoxale du sphincter anal, qui entraîne
une fermeture du canal anal et une défécation impossible
et parfois douloureuse, fait appel habituellement à la
rééducation, mais aussi, exceptionnellement, à
des injections de toxine botulique... Ici, de façon randomisée,
11 sujets ont été rééduqués
par biofeedback avec EMG et 9 par biofeedback avec
ballon. L'utilisation de différents scores cliniques et
paracliniques a permis de constater que les améliorations
étaient plus importantes après biofeedback
avec EMG (8 patients sur 11) qu'après manométrie
(2 sur 9) (figure 8). Ces résultats statistiquement
significatifs plaident pour l'utilisation de l'électromyographie
dans ce type de rééducation. Peut-être les
sujets sont-ils plus impressionnés par les aiguilles que
par les ballons ?
Papachrysostomou et Smith [61] ont également rapporté
des résultats satisfaisants chez des constipés présentant
une contraction inappropriée du plancher pelvien. Cet effet
propre du biofeedback au cours de l'anisme a été
récemment confirmé par Barbieux et al. chez
47 patients [62]. En cas d'échec, les résultats
ne sont cependant pas nuls puisque le biofeedback favoriserait
la prise en charge psychologique de malades antérieurement
réticents [59].
En cas d'échec du biofeedback, pourquoi ne pas utiliser
la nitroglycérine ? Guillemot et al. [63] ont récemment
proposé l'utilisation in situ de nitroglycérine
(NTG) pour diminuer la pression du canal anal supérieur
quand l'hypertonie du sphincter anal n'était pas accessible
à un traitement par biofeedback. La NTG donnée
sous la forme de 5 mg de pommade Lénitral®, enduisant
le ballonnet introduit dans le rectum, diminuait significativement
par rapport au placebo la pression au niveau de la zone supérieure
du canal anal (figure 9). La rapidité de
l'effet ne permettait pas d'exclure une action directe sur la
fibre musculaire lisse. L'importance de la relaxation sphinctérienne
peut faire juger excessive la dose de 5 mg d'autant que certains
effets secondaires ont été rapportés (céphalées,
lipothymies). La possibilité d'une incontinence, chez des
sujets âgés utilisant la NTG pour des raisons cardiaques,
ne peut être exclue. L'utilisation de NTG mérite
donc des évaluations complémentaires en pathologie
anale hypertonique, qu'il s'agisse de problèmes chroniques,
comme dans certains cas de constipation terminale, ou aigus, comme
au cours de l'hypertonie sphinctérienne des fissures anales.
La chirurgie de la constipation « intraitable » : une réponse désespérée à des problèmes difficiles
Quel que soit le problème physiopathologique,
la chirurgie de la constipation « intraitable » reste
la réponse désespérée et exceptionnelle
que l'on propose, avec précautions et réticences,
aux malades non psychotiques, après avoir épuisé
les différentes possibilités thérapeutiques
médicales et après s'être assuré par
un avis psychiatrique autorisé que la solution serait probablement
moins dangereuse que le mal. Mortensen [64], dans une mise au
point raisonnable et complète, a reconnu récemment
qu'il n'y avait pas de traitement chirurgical parfait et que tout
était affaire de réflexion, sélection et
évaluation en insistant sur le faible nombre de malades
qui peuvent bénéficier d'une intervention chirurgicale.
La myectomie ano-rectale paraît être actuellement
abandonnée en raison de ses résultats insuffisants
et de l'incontinence sévère qu'elle peut entraîner.
La division puborectale paraît également très
décevante. Il n'existe pas de démonstration évidente
qu'une contraction anormale du plancher pelvien soit un facteur
capital dans les étiologies des constipations « intraitables
» avec ralentissement du transit.
Une douzaine de publications ont été consacrées
au cours de ces dernières années aux résultats
de la colectomie. Les pourcentages de satisfaction varient, de
50 à 100 %. Le consensus n'existe pas encore sur le type
de colectomie, certains prônant encore les colectomies partielles,
alors que d'autres affirment que l'efficacité n'est apportée
que par les colectomies totales avec anastomose iléo-rectale.
Quoi qu'il en soit, une évaluation psychiatrique préalable
est indispensable avant d'envisager tout recours chirurgical.
En cas de doute sur l'indication réelle d'une colectomie,
la mise en place d'une stomie a été proposée
et peut effectivement paraître plus raisonnable, car réversible.
Elle permet une irrigation colique, mais ne fait pas disparaître
tous les symptômes (douleurs abdominales, ballonnements)
ou l'utilisation des laxatifs. Il semble qu'une des meilleures
indications soit le traitement de la constipation idiopathique
par ralentissement de transit.
Cette constipation « intraitable » survient parfois
après une rectopexie nécessaire et sa physiopathologie
reste bien souvent difficile à élucider. Siproudhis
et al. [64] ont étudié ce problème
en comparant des sujets ayant un prolapsus rectal, des sujets
ayant subi une intervention type Orr Loygue et des volontaires
sains. Ils ont pu constater, en évaluant différents
paramètres, que la constipation, qui survenait ou s'aggravait
après l'opération chirurgicale, semblait être
en rapport avec des troubles acquis de la motricité sigmoïdienne
situés au-dessus de la rectopexie plutôt que des
troubles réels de l'évacuation rectale.
REFERENCES :
1. Kamm MA, Lennard-Jones JE. Constipation. Petersfield UK : Wrightson
Biomedical Publishing Ltd, 1994.
La Bible qui réunit tous les prophètes et toutes
les prophéties +++.
2. Frexinos J. Les ventres serrés. Histoire
naturelle et sociale de la constipation et des constipés.
Paris : Pariente éditeur, 1993.
Un ouvrage remarquable et original que ma modestie m'interdit
de vanter davantage !
3. Probert CSJ, Emmett PM, Cripps HA, Heaton
KW. Evidence for the ambiguity of the term constipation : the
role of irritable bowel syndrome. Gut 1994 ; 35 : 1455-8.
Les critères subjectifs utilisés dans la reconnaissance
de la constipation ne permettent de détecter que la moitié
des femmes ayant un transit ralenti. Cette enquête confirme
des faits déjà connus, mais son originalité
concerne ici une population générale ne consultant
pas le spécialiste et une méthode de mesure originale.
4. Talley NJ, Weaver AL, Zinsmeister AR, Melton JL. Functional
constipation and outlet delay : a population-based study. Gastroenterology
1993 ; 105 : 781-90.
A côté des résultats principaux, une découverte
inexpliquée : l'utilisation excessive d'aspirine significativement
associée à la constipation fonctionnelle : la constipation
donne-t-elle vraiment mal à la tête ?
5. Heaton KW, Cripps HA. Straining at stool
and laxative taking in an english population. Dig Dis Sci
1993 ; 38 : 1004-8.
Plus la selle est grosse , plus les efforts sont fréquents.
6. Heaton KW, Radvan J, Cripps H, Mountford
RA, Braddin FEM, Hugues AO. Defecation frequency and timing, and
stool form in general population : a prospective study. Gut
1992 ; 33 : 818-24.
Une description surréaliste de la forme et de la qualité
des selles comme seuls les anglais savent le faire !
7. Sonnenberg A, Everhart JE, Brown DM. The economic cost of constipation. In : Kamm MA, Lennard-Jones JE, eds. Constipation. Petersfield UK : Wrightson Biomedical Publishing Ltd, 1994 : 19-29.
8. Rasmussen OO. Anorectal function. Dis
Colon Rectum 1994 ; 37 : 386-403.
Une excellente mise au point anatomique, physiologique et diagnostique.
9. Broens PM, Pennick FM, Lestar B, Kerremans
RP. The trigger for rectal filling sensation. Int J Colorect
Dis 1994 ; 9 : 1-4.
Évaluation chez 12 volontaires du volume rectal induisant
différentes sensations rectales et comparaison des distensions
induites par l'air, l'eau et le mercure. Une corrélation
existe entre la sensation rectale et la pression enregistrée
dans le ballon, mais non avec le volume. Sauvé !
10. Schouten WR, ten Kate FJW, de Graaf EJR,
Simons JL, Kluck P. Visceral neuropathy in slow-transit constipation
! an immunohistochemical investigation with monoclonal antibodies
against neurofilaments. Dis Colon Rectum 1993 ; 36 : 1112-7.
Une publication qui rappelle les résultats publiés
en 1985 par Krishnamurthy S et al. (Gastroenterology 1985
; 88 : 26-34).
11. Altomare D, Pilaot M-A, Scott M, Willimas
N, Rubino M, Waldron D. Detection of subclinical autonomic neuropathy
in constipated patients using a sweat test. Gut 1992 ;
33 : 1539-43.
Dites-moi si vous suez des pieds, je vous dirai si votre transit
est ralenti !!!
12. Denis P, Meyrand MF. Le profil psycho-culturel des patients souffrant de côlon irritable diffère selon le symptôme prédominant (constipation, diarrhée, ballonnement) (résumé). Gastroenterol Clin Biol 1995 ; 19 : A75.
13. Devroede G. A clinical perspective of psychological factors in constipation. In : Kamm MA, Lennard-Jones JE, eds. Constipation. Petersfield UK : Wrightson Biomedical Publishing Ltd. 1994 : 101-7.
14. Heymen S, Wexner SD, Gulledge AD. MMPI assessment of patients with functional bowel disorders. Dis Colon Rectum 1993 ; 36 : 593-6.
15. Grotz RL, Pemberton JH, Talley NJ, Rath DM, Zinsmeister AR. Discriminant value of psychological distress, symtom profiles, and segmental colonic dysfunction in outpatients with severe idiopathic constipation. Gut 1994 ; 35 : 798-802.
16. Delvaux M, Denis P, Allemand H. Fréquence
des antécédents d'abus sexuels chez les patients
consultant en gastroentérologie pour un IBS (résumé).
Gastroenterol Clin Biol 1995 ; 19 : A6.
Cette étude multicentrique retrouve chez 31 % des sujets
IBS des antécédents d'abus sexuels alors que le
pourcentage baisse à 13,5 % chez les sujets ayant une affection
organique digestive, à 12,5 % chez les malades consultant
en ophtalmologie et à 6,7 % chez les sujets vus dans un
centre de santé.
17. Leroi AM, Bernier C, Watier A, Hémond M, Goupil G, Black R, et al. Anismus as a marker of sexual abuse. Dig Dis Sci 1995 (sous presse).
18. Danquechin Dorval E, Barbieux JP, Picon
L, Alison D, Codjovi P, Rouleau P. Mesure simplifiée du
temps de transit colique par une seule radiographie de l'abdomen
et un seul type de marqueur. Gastroenterol Clin Biol 1994
; 18 : 141-4.
Comme le titre l'indique, c'est la méthode la plus simple
pour mesurer le temps de transit. Elle devrait devenir un examen
de choix chez les patients se plaignant de constipation.
19. Probert CSJ, Emmett PM, Heaton KW. Intestinal
transit time in the population calculated from self-made observation
of defaecation. J Epidemiol Commun Health 1993 ; 47 : 331-3.
Observez vos selles et déduisez-en le temps de transit.
Une tentative originale et farfelue qui paraîtrait être
valable !
20. Notghi A, Kumar D, Panagamuwa B, Tulley
NJ, Hesslewood SR, Harding LK. Measurement of colonic transit
time using radionuclide imaging : analysis by condensed images.
Nuclear Med Comm 1993, 14 : 204-11.
Comme le titre le laisse présager, c'est une méthode
très complexe et dont l'intérêt est des plus
minces dans l'évaluation du TTC.
21. Van Der Sijp JRM, Kamm MA, Nightingale
JMD, Britton KE, Mather SJ, Morris GP, et al. Radioisotope
determination of regional colonic transit in severe constipation
: comparison with radio-opaque markers. Gut 1993 ; 34 :
402-8.
Les deux sont exactes, mais l'une d'entre elles est plus simple...
Pour des travaux de recherche, la méthode isotopique reste
supérieure aux marqueurs radio-opaques mais la difficulté
de réalisation limite réellement sa diffusion à
un usage quotidien.
22. Roberts JP, Newell MS, Deeks JJ, Waldron
DW, Garvie NW, Williams NS. Oral (111In) DTPA scintigraphic assessment
of colonic transit in constipated subjects. Dig Dis Sci
1993 ; 38 : 1032-9.
Démonstration coûteuse de prévisions évidentes.
23. Price JMC, Davis SS, Wilding IR. Characterization
of colonic transit of nondisintegrating tablets in healthy subjects.
Dig Dis Sci 1993 ; 38 : 1015-20.
De l'inégalité de transit des comprimés
pharmaceutiques.
24. Charles F, Camilleri M, Phillips S, Thomforde GM, Forstrom LA. Scintigraphy of the whole gut : clinical evaluation of transit disorders. Mayo Clin Proc 1995 ; 70 : 113-8.
25. Tjeerdsma HC, André JP, Smout M,
Akkermans LM. Voluntary suppression of defecation delays gastric
emptying. Dig Dis Sci 1993 ; 38 : 832-6.
Quand la fermeture de l'anus provoque la fermeture du pylore.
26. Van der JRM, Kamm MA, Nightingale J, Britton
KE, Granowska M, Mather SJ, et al. Disturbed gastric and
small bowel transit in severe idiopathic constipation. Dig
Dis Sci 1993 ; 38 : 837-44.
Le retentissement des problèmes rectaux sur l'évacuation
gastrique ou la satisfaction de comprendre, enfin, pourquoi certains
constipés se plaignent de leur estomac.
27. Bartram CI. The baryum enema and evacuation proctography. In : Kamm MA, Lennard-Jones JE, eds. Constipation. Petersfield UK : Wrightson Biomedical Publishing Ltd, 1994 : 137-43.
28. Mellgren A, Bremmers S, Johansson C, Dolk
A, Uden R, Ahlbacck SO, Holsmtröm B. Defecography. Results
of investigations in 2816 patients. Dis Colon Rectum 1994
; 37 : 1133-41.
Comparé à la trentaine d'études antérieurement
publiées sur le même sujet et dont le nombre d'observations
varie en moyenne de 50 à 200, le travail de Mellgren et
al. est assurément la plus grande série actuellement
publiée provenant d'une seule institution.
29. Mellgren A, Johansson C, Dolk A, Anzen B, Bremmer S, Nilsson BY, Holmström B. Enterocele demonstrated by defaecography is associated with other pelvic floor disorders. Int J Colorect Dis 1994 ; 9 : 121-4.
30. Siproudhis L, Dautrème S, Ropert A, Bretagne JF, Heresbach D, Raoul JL, et al. Dyschezia and rectocele - a marriage of convenience ? Physiologic evaluation of the rectocele in a group of 52 women complaining of difficulty in evacuation. Dis Colon Rectum 1993 ; 36 : 1030-6.
31. Pezim ME, Pemberton JH, Levin KE, Litchy WJ, Philipps SF. Parameters of anorectal and colonic motility in health and in severe constipation. Dis Colon Rectum 1993 ; 9 : 484-91.
32. Jorge JM, Ger GC, Gonzalez L, Wexner SD.
Patient position during cinedecography. Influence on perineal
descent and other measurements. Dis Colon Rectum 1994 ;
37 : 927-31.
On pouvait s'en douter...
33. Papachrysostomou M, Smith AN, Merrick MV.
Obstructive defaecation and slow transit constipation : the proctologic
parameters. Int J Colorect Dis 1994 ; 9 : 115-20.
Pourquoi faire simple quand on peut compliquer les examens
par plaisir ?
34. Snook J, Shperd HA. Bran supplementation
in the treatment of IBS. Aliment Pharmacol Ther 1994 ;
8 : 511-4.
Encore une déception.
35. Guédon C, Ducrotté P, Riachi G, Bernadat C, Denis P, Colin R, et al. Influence d'une supplémentation chronique de l'alimentation habituelle en fibres végétales sur la motricité colique de l'homme sain (résumé). Gastroenterol Clin Biol 1995 ; 19 : A74.
36. Jouet P, Coffin B, Flourié B, Lémann M, Cherbut C, Franchisseur C, et al. Effet des acides gras à chaîne courte (AGCC) sur l'activité motrice phasique et tonique du côlon chez le sujet sain. Gastroenterol Clin Biol 1995 ; 19 : A 81.
37. Marteau P, Flourié B, Cherbut C, Corrèze JL, Pellier P, Seylaz J, et al. Digestibility and bulking effect of ispaghyla husks in healthy humans. Gut 1994 ; 35 : 1747-52.
38. Ewe K, Ueberscchaer B, Press AG, Kurreck
C, Klump M. Effect of lactose, lactulose and bisacodyl on gastrointestinal
transit studied by metal detector. Aliment Pharmacol Ther
1995 ; 9 : 69-73.
Que croyez-vous qu'il arriva ? Ce fut le bisacodyl qui gagnat
!
39. Ewe K, Ueberscchaer B, Press AG. Influnce
of senna, fibre and fibre + senna on colonic transit in loperamide
induced constipation. Pharmacology 1993 ; 44 (suppl 1)
: 242-8.
Une idée géniale : pourquoi rechercher des constipés
pour des évaluations thérapeutiques quand on peut
en fabriquer sur façon !
40. Anand BS, Operkun A, Graham DY. Comparative
assessment of phenolphtalein and phenolphtalein glucuronid : is
phenolphtalein glucuronid a better laxative ? Aliment Pharmacol
Ther 1994 ; 8 : 559-62.
Ou la recherche d'une meilleure efficacité pour un produit
déjà très drastique ! Mais que fait donc
la Food and Drug Administration ?
41. Gattuso JM, Kamm MA. The management of
constipation. Aliment Pharmacol Ther 1993 ; 7 : 487-500.
Mise au point intéressante.
42. Siegers CP, von Hertzerg-Lottin E, Otte
M, Schneider B. Anthranoid laxative abuse : a risk for colorectal
cancer. Gut 1993 ; 34 : 1099-101.
Les anthraquinones sont-elles procancérigènes
et la pseudo-mélanose est-elle un marqueur du risque tumoral
? De nouveaux arguments pour dissuader les constipés d'abuser
de laxatifs irritants.
43. Tolia V, Lin CH, Elitsur Y. A prospective
randomized study with mineral oil and oral lavage solution for
treatment of faecal impaction in children. Aliment Pharmacol
Ther 1993 ; 7 : 523-9.
Logique !
44. Adams WJ, Meagher AP, Lubowski DZ, King
DW. Bisacodyl reduces the volume of PEG solution required for
bowel preparation. Dis Colon Rectum 1994 ; 37 : 229-34.
Normal !
45. Ueda S, Tatsuta M, Osaka S. Addition of
cisapride shortens colonoscopy preparation with lavage in elderly
patients. Aliment Pharmacol Ther 1994 ; 8 : 204-14.
46. Camilleri M, Balm RK, Zinsmeister AR. Determinants of response
to a prokinetic agent in neuropathic chronic intestinal motility
disorders. Gastroenterology 1994 ; 106 : 916-23.
47. Meier R, Beglinger C, Thumshirn M, Meyer
B, Rovati LC, Giacovelli G, et al. Therapeutic effects
of loxiglumide, a cholecystokinin antagonist, on chronic constipation
in elderly patients : a prospective, randomized, double-blind,
controlled trial. J Gastrointest Mot 1993 ; 5 : 129-35.
Le loxiglumide accélère le transit des personnes
âgées et constipées.
48. Bradette M, Poitras P, Boivin M. Effect
of motilin and erythromycin on the motor activity of the human
colon. J Gastrointest Mot 1993 ; 5 : 247-51.
Quelques faibles effets... mais pas d'application clinique
évidente.
49. Delvaux M, Louvel D, Fioramonti J, Staumont
G, Bueno L, Frexinos J. Effect of various doses of erythromycin
on colonic myoelectrical activity in IBS patients. Neuro Gastroenterol
Mot 1994 ; 6 : 205-12.
Aucun effet, à différentes doses, de l'érythromycine
(1, 3, 7 mg/kg) sur les enregistrements électromyographiques
coliques.
50. Peeters TL. Erythromycin and others macrolides
as prokinetic agents. Gastroenterology 1993 ; 105 : 1886-99.
Une revue générale parfaite sur les agents prokinétiques.
51. Schang JC, Devroede G, Pilote M. Effects of trimebutine on colonic function in patients with chronic idiopathic constipation : evidence for the need of a physiological rather than clinical selection. Dis Colon Rectum 1993; 36 : 330-6.
52. Soffer EE, Metcalf A, Launspach J. Misoprostol
is effective treatment for patients with severe chronic constipation.
Dig Dis Sci 1994 ; 39 : 929-33.
A défaut de pouvoir être facilement utilisées
dans le traitement de la pathologie ulcéreuse, les PGE1
peuvent devenir un excellent laxatif ! Une étude contrôlée
portant sur 10 patientes avec trois semaines de traitement en
cross-over a donné des résultats intéressants,
apparemment sans trop de coliques... A utiliser hors références
pour tester les connaissances bibliographiques des médecins
contrôleurs de la Sécurité sociale.
53. Clouse RE. Antidepressants for functional
gastrointestinal syndromes. Dig Dis Sci 1994 ; 39 : 2352-6.
Une excellente revue générale.
54. Gorard DA, Libby GW, Farthing MJG. Influence of antidepressants on whole gut and orocaecal transit time in health and irritable bowel syndrome. Aliment Pharmacol Ther 1994 ; 8 : 159-66.
55. Meier R, Rausch T, Beglinger C, Meyer-Wyss
B, Brignoli R, Gyr K. Nicotine accelerates transit in the rectosigmoid
in healthy non smoking volunteers ? (abstr) Gastroenterology
1993 ; 104 : A 551.
Non, il n'y a vraiment plus aucune raison de continuer à
fumer.
56. Celik AF, Tomlin J, Read NW. The effect
of oral vancomycin on chronic idiopathic constipation. Aliment
Pharmacol Ther 1995 ; 9 : 63-8.
Les idées originales peuvent avoir du bon mais jusqu'où
faut-il les suivre ? Un intérêt certes pour traiter
quelques cas de constipations exceptionnelles à condition
de conserver la référence bibliographique pour rédiger
cette ordonnance totalement HR.
57. Papi C, Coiacio A, Koch M, Capurso L. Efficacy
of rifaximin in the treatment of symptomatic diverticular disease
of the colon. A multicenter double-blind placebo-controlled trial.
Aliment Pharmacol Ther 1995 ; 9 : 33-9.
Quelque intérêt quand on compare les résultats
obtenus par rapport au groupe traité seulement par les
fibres alimentaires.
58. Lennard-Jones JE. Clinical features and management of severe idiopathic constipation in adults. In : Kamm MA, Lennard-Jones JE, eds. Constipation. Petersfield UK : Wrightson Biomedical Publishing Ltd, 1994 : 127-79.
59. Denis P. Biofeedback for constipation. In : Kamm MA, Lennard-Jones JE, eds. Constipation. Petersfield UK : Wrightson Biomedical Publishing Ltd, 1994 : 349-53.
60. Bjeijenberg G, Kuijpers HC. Biofeedback
treatment of constipation : a comparison of two methods. Am
J Gastroenterol 1994 ; 89 : 1021-6.
Une étude comparative entre deux techniques qui donne
l'avantage à celle que l'on utilise le moins.
61. Papachrysostomou M, Smith AN. Effects of biofeedback on obstructive defecation - reconditionning of the defecation reflex. Gut 1994 ; 35 : 252-6.
62. Barbieux JP, Dorval ED, Scotto JM, Metman EH. Effet du biofeedback pour anisme sur la fréquence des selles chez 47 patients (résumé). Gastroenterol Clin Biol 1995 ; 19 : A11.
63. Guillemot F, Leroi H, You Chen Lone, Rousseau
C, Lamblin MD, Cortot A. Action of in situ nitroglycerine
on upper anal canal pressure of patients with terminal constipation.
Dis Colon Rectum 1993 ; 36 : 372-6.
De l'intérêt de la NTG pour réduire la
pression sphinctérienne. La NTG a une réputation
détonnante et on ne doit pas s'étonner alors de
la retrouver associée au traitement de certains troubles
de la défécation.
64. Mortenssen N. Surgical treatment for severe constipation. In : Kamm MA, Lennard-Jones JE, eds. Constipation. Petersfield UK : Wrightson Biomedical Publishing Ltd, 1994 : 173-9.
65. Siproudhis L, Ropert A, Gosselin A, Bretagne
JF, Heresbach D, Raoul JL, et al. Constipation after rectopexy
for rectal prolapse. Where is the obstruction ? Dig Dis Sci
1993 ; 38 : 1801-8.
Sur des données rectographiques, manométriques
et du temps de transit, une avancée importante dans la
compréhension des troubles après rectopexie.
66. Andrews W, Barnes P, Borody TT. Chronic
constipation reversed by restauration of bowel flora. A case and
a hypothesis. Eur J Gastroenterol Hepatol 1992 ; 4 : 245-7.
Quand les bonnes vieilles méthodes reprennent du service
!