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de l'ensemble de ces textes issus de leur fonds éditorial"


Traitement des manifestations extrahépatiques associées à l'injection par le virus de l'hépatite C
Jean-Charles DUCLOS-VALLÉE (1)

(1)Département des Maladies du Foie, Centre Hépato-Biliaire, EPI-99-41, Hôpital Paul-Brousse, 94804 Villejuif

Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26: 76-81
© Masson, Paris, 2002

 

Gastroentérologie clinique & biologique

 

L'infection par le virus de l'hépatite C (VHC) peut être associée à des manifestations extrahépatiques qui sont rarement au premier plan, mais qui peuvent être sévères et nécessiter une prise en charge thérapeutique adaptée. Ces manifestations extrahépatiques sont représentées essentiellement par les cryoglobulinémies mixtes qui peuvent être responsables d'un purpura, d'une néphropathie ou d'une neuropathie. D'autres manifestations extrahépatiques ont été décrites en association avec l'hépatite C : lymphomes non hodgkiniens, atteintes thyroïdiennes, syndrome de Sjögren, porphyrie cutanée tardive, lichen plan, purpura thrombopénique auto-immun et auto-anticorps sériques. Toutefois, pour certaines de ces manifestations, le lien de cause à effet n'a pas encore été prouvé tableau I.


Cryoglobulinémies mixtes

Les cryoglobulines sont des immunoglobulines (Ig) qui sont présentes dans le sérum, précipitent au froid et se resolubilisent lors du réchauffement. Il existe trois types de cryoglobulines. Les cryoglobulines de type I sont composées d'une Ig monoclonale. Les cryoglobulines mixtes de type II sont composées d'une Ig monoclonale (IgM kappa) et d'IgG polyclonales. Les cryoglobulines de type III sont composées d'Ig polyclonales. Les cryoglobulines mixtes de type II et III peuvent être associées à une connectivite (lupus, syndrome de Sjögren, granulomatose de Wegener), à une lymphoprolifération de type B ou à une infection virale (essentiellement à VHC).
De nombreuses études épidémiologiques rétrospectives et prospectives ont permis d'établir la relation VHC-cryoglobulinémie. En effet, 50 % à 80 % des malades atteints de cryoglobulinémie mixte ont une infection chronique par le VHC [1] [2] [3] [4] [5] [6]. Chez les malades infectés par le VHC, la prévalence de la cryoglobulinémie détectable est importante, variant de 40 % à 80 %. Dans une étude prospective française portant sur 196 malades, la prévalence était de 56 % [7].
Au sein du cryoprécipité, il a été mis en évidence de fortes concentrations d'ARN viral et de protéines virales C, suggérant que la cryoglobuline est constituée de complexes antigène-anticorps spécifiques du VHC. Ainsi, le rôle direct du VHC dans la pathogenèse de la cryoglobulinémie a été mis en évidence [2] [8]. Des facteurs tels que la présence d'une cirrhose et l'ancienneté de l'infection virale prédisposent à la présence d'une cryoglobulinémie [4]. Il ne semble pas exister de relation significative entre le génotype du VHC et l'existence d'une cryoglobulinémie, bien qu'une étude italienne ait rapporté une forte prévalence du génotype 2 dans cette situation [9].
Les manifestations cliniques de la cryoglobulinémie sont rares. Leur fréquence varie de 10 à 25 % selon les séries. Elle est probablement surestimée. Il s'agit essentiellement de manifestations cutanées (purpura, ulcère, livedo, syndrome de Raynaud), nerveuses (neuropathie périphérique ou centrale), articulaires et rénales (glomérulonéphrites membranoprolifératives). Ces manifestations résultent d'une vascularite induite par la cryoglobuline [4].
Chez les malades atteints d'hépatite chronique C et de cryoglobulinémie, les résultats du traitement par l'interféron représentent une preuve indirecte du rôle pathogénique du VHC dans la production de cryoglobulines. En effet, le traitement par l'interféron peut entraîner une amélioration des symptômes cutanés, de la fonction rénale, de la concentration des cryoglobulines et de la synthèse d'IgM tableau II [8] [10]. L'amélioration des symptômes est corrélée à la négativation de la virémie. Une étude récente a montré qu'à la fin d'un traitement par l'interféron (3 millions d'unités, 3 fois par semaine pendant 6 mois), il existait une disparition de la cryoglobulinémie chez 39 % des malades ; une amélioration clinique était notée dans la majorité des cas (à l'exception, dans cette étude, des manifestations neurologiques et rénales) [11]. Six mois après l'arrêt du traitement, 14 % des malades traités avaient à la fois une cryoglobulinémie et une virémie indétectables [11]. Après l'arrêt du traitement, le risque de réapparition de la cryoglobulinémie et des symptômes liés à la cryoglobulinémie est élevé et lié à la réapparition d'une virémie détectable. Dans la série de Lunel et al., parmi 16 malades qui avaient une cryoglobulinémie indétectable sous traitement, 7 ont eu une rechute virologique et 5 ont eu à nouveau une cryoglobulinémie détectable après l'arrêt du traitement [4].
Chez les malades atteints d'hépatite chronique C sans manifestation clinique liée à la cryoglobulinémie, la présence d'une cryoglobulinémie détectable n'influence pas le taux de réponse au traitement par l'interféron [4].
Il a été observé que la ribavirine en monothérapie pouvait, chez des malades non répondeurs virologiques à l'interféron, induire une réponse biochimique (diminution de l'activité des aminotransférases) et une amélioration des symptômes cliniques liés à la cryoglobulinémie [12]. Aucune étude de l'association interféron (standard ou pégylé) et ribavirine n'a été effectuée dans cette population de malades.
La cryoglobulinémie mixte associée à l'hépatite chronique C est liée à une réponse immunitaire particulière, induisant une production anormale, monoclonale et polyclonale, d'immunoglobulines. Si elle s'accompagne de manifestations cliniques, elle représente une indication au traitement antiviral. Bien que la bithérapie interféron et ribavirine n'ait pas été évaluée chez ces malades, il paraît justifié de leur proposer le traitement actuel le plus efficace sur le plan virologique, c'est-à-dire l'association interféron pegylé-ribavirine. La durée optimale du traitement n'a pas été déterminée. En cas de réapparition du virus après l'arrêt du traitement, des rechutes sévères des manifestations cutanées, rénales ou nerveuses ont été observées. Cela doit rendre prudent et faire envisager un traitement prolongé et une diminution progressive de la posologie avant son arrêt. Dans les formes sévères ou résistantes au traitement antiviral, des plasmaphérèses peuvent être envisagées.

Néphropathies glomérulaires

Il s'agit essentiellement de glomérulonéphrites membranoprolifératives qui résultent dans 90 % des cas de la présence d'une cryoglobuline de type II. Il a été montré que l'administration d'interféron permettait d'améliorer la fonction rénale (diminution de la créatininémie et de la protéinurie). L'effet du traitement par l'interféron sur l'atteinte rénale est lié à la réponse virologique tableau I [13]. La ribavirine seule a permis, chez 4 malades transplantés pour une cirrhose virale C, d'améliorer une glomérulonéphrite sévère [14]. Aucune donnée n'est actuellement disponible concernant les effets de l'interféron pégylé et de l'association interféron (standard ou pégylé) à la ribavirine.
Lymphomes non hodgkiniens
L'association entre lymphome non hodgkinien et infection à VHC a été rapportée chez des malades avec ou sans cryoglobulinémie. Cette association a été essentiellement observée en Italie. En 1994, Ferri et al. ont rapporté une prévalence de l'infection par le VHC de 34 % chez des malades atteints de lymphome non hodgkinien [15]. Toutefois, cette association n'a pas été constatée dans d'autres pays européens, tels que le Royaume-Uni et l'Allemagne [16] [17]. En France, deux études rétrospectives récentes ont montré que la prévalence de l'infection par le VHC chez les malades atteints de lymphome non hodgkinien B était de 2 % et de 1,83 %, donc non différente de celle trouvée dans la population générale [18] [19].
Les discordances constatées dans la littérature sont liées aux différences entre les populations étudiées. L'association VHC-lymphome semble assez claire dans les populations à forte endémie d'infection par le VHC (comme l'Italie du Sud). A l'inverse, elle n'est pas établie dans des pays à plus faible prévalence, comme la France. Des études cas-contrôles prospectives sont donc nécessaires pour préciser cette relation. En théorie, l'association VHC-cryoglobulinémie, d'une part, et l'association VHC-lymphome, d'autre part (si elle démontrée), seraient en faveur d'une "expansion clonale lymphocytaire B" induite par le VHC.
La survenue plus fréquente de lymphomes au décours des transplantations hépatiques faites pour une cirrhose virale C pourrait constituer un argument supplémentaire en faveur de cette association [20]. Toutefois, cette fréquence plus grande n'a pas été confirmée par une étude issue de la Mayo Clinic [21].


Anomalies thyroïdiennes

Une prévalence élevée d'anomalies thyroïdiennes (hypothyroïdie, hyperthyroïdie, présence d'auto-anticorps anti-microsomes thyroïdiens, anti-thyroglobuline et anti-thyropéroxidase) a été décrite chez les malades ayant une infection chronique par le VHC. Cette prévalence est toutefois variable, allant de 5 % à 30 % selon les études [22] [25]. Dans l'étude de Cacoub et al., la prévalence des auto-anticorps anti-thyroglobuline était de 13 % [7]. Dans l'étude de Pawlotsky et al., les prévalences des anticorps anti-microsomes thyroïdiens et anti-thyroglobuline étaient respectivement de 2 % et 7 % ; une seule malade sur les 61 étudiés était atteinte d'une thyroïdite de Hashimoto [3].
Les discordances entre les études peuvent être en partie expliquées par un biais de sélection des populations étudiées. En effet, la prévalence de ce type d'auto-anticorps est très variable dans la population générale. Le sexe féminin et un âge avancé sont des éléments prédisposants importants à la présence de ces auto-anticorps [25].
Habituellement, la présence des auto-anticorps anti-thyroïdiens ne s'accompagne pas d'anomalies de la fonction thyroïdienne (hypothyroïdie ou hyperthyroïdie) et la TSH est normale. En revanche, le risque de développer une pathologie thyroïdienne symptomatique sous interféron est plus important chez les femmes ayant une anomalie thyroïdienne préexistante clinique et/ou biologique (TSH ultra-sensible anormale et/ou présence d'auto-anticorps anti-thyroïdiens) [22] [26]. Il est donc nécessaire avant tout traitement d'effectuer un bilan thyroïdien (TSH ultra-sensible et recherche d'auto-anticorps anti-thyroïdiens). La recherche des auto-anticorps anti-thyropéroxydase est le test le plus sensible et le plus spécifique pour dépister une atteinte thyroïdienne latente. Cependant, des anomalies thyroïdiennes peuvent survenir au cours du traitement, même si le bilan thyroïdien est normal et la détection des auto-anticorps anti-thyroïdiens est négative avant le traitement.
Le rôle du VHC dans la survenue des anomalies cliniques thyroïdiennes n'est pas prouvé. En revanche, la fréquence de survenue de ces anomalies sous traitement par interféron est élevée et implique des déterminations régulières de la TSH ultra-sensible. En cas d'apparition d'une hyperthyroïdie ou d'une hypothyroïdie, la décision de l'arrêt du traitement par l'interféron sera prise en fonction de la réponse virologique, de la sévérité de l'hépatite chronique et de l'évolution de la dysthyroïdie sous traitement spécifique, tout en sachant que la poursuite du traitement expose au risque d'hypothyroïdie définitive.
La présence d'une hypothyroïdie ou d'une hyperthyroïdie lors du bilan initial ne contre-indique pas le traitement antiviral. Elle nécessite d'équilibrer la fonction thyroïdienne avant le traitement, et d'effectuer un suivi rigoureux au cours du traitement, avec, en particulier, la réalisation mensuelle d'un bilan thyroïdien (TSH ultra-sensible).

Syndrome de Sjögren

Haddad et al. ont montré que 57 % (16/28) des malades infectés par le VHC avaient une sialadénite lymphocytaire, objectivée par des lésions histologiques [27]. Dans la série de Cacoub et al., 12 % des malades avaient un syndrome sec buccal et 10 % un syndrome sec oculaire [7]. S'il est à peu près clair que l'infection chronique par le VHC peut être associée à un syndrome sec lié à une sialadénite lymphocytaire modérée, le lien entre le VHC et un vrai syndrome de Sjögren n'est pas démontré. Des données expérimentales, ainsi que la détection de l'ARN du VHC dans les glandes salivaires, pourraient conforter le lien entre VHC et syndrome sec [28] [29].
Le syndrome sec associé au VHC ne s'accompagne pas d'auto-anticorps anti-SSA ou SSB, marqueurs du syndrome de Sjögren. Cette constatation est un argument supplémentaire pour ne pas parler de syndrome de Sjögren, mais de sialadénite lymphocytaire associée au VHC. Il faut noter en outre que dans la série de Haddad et al. [27], aucun des malades étudiés n'avait de syndrome sec oculaire.
Porphyrie cutanée tardive
Une association entre VHC et porphyrie cutanée tardive a été suggérée, compte tenu d'une forte prévalence (62 à 82 %) de l'infection par le VHC chez les malades atteints de porphyrie cutanée tardive, en particulier dans des séries italiennes [30] [31]. Cette association n'a pas été confirmée dans une série allemande [32]. Les bases physiopathologiques de cette association ne sont pas claires. Certaines observations suggèrent la possibilité d'une amélioration des lésions cutanées avec le traitement antiviral. Cependant, il est habituellement recommandé, avant de traiter l'hépatite C, d'éliminer les autres facteurs favorisants de la porphyrie cutanée tardive : arrêt de l'alcool en cas de consommation excessive et déplétion par saignées en cas de surcharge ferrique.

Lichen plan

Le lichen plan est une dermatose prurigineuse, qui fait intervenir une réaction lymphocytotoxique dirigée contre les cellules basales de l'épiderme. La prévalence de l'infection à VHC chez les malades atteints de lichen plan varie de 28 % à 38 % dans des séries italienne et japonaise [33] [34]. Cette association n'a pas été démontrée en Europe du Nord et aux États-Unis. Le lichen plan doit être traité par des topiques locaux, essentiellement des corticoïdes ou éventuellement des immunosuppresseurs comme la ciclosporine ou le tacrolimus. Chez les malades atteints d'hépatite chronique C et ayant un lichen plan, l'effet du traitement par l'interféron est mal connu, mais quelques observations d'aggravation ou d'apparition de ces lésions cutanées ont été décrites [35] [36]. Il convient donc d'être prudent dans l'indication du traitement chez ces malades et si le traitement est institué d'exercer une surveillance attentive.

Purpura thrombopénique auto-immun

Le purpura thrombopénique auto-immun (PTAI) est défini par une thrombopénie, aiguë ou chronique, associée à la présence dans le sérum d'anticorps anti-plaquettes et à l'absence d'autre cause (en particulier un hyperspénisme). Le PTAI peut être isolé (il est alors idiopathique) ou associé à une maladie virale, une hémopathie, la prise d'un médicament ou une allo-immunisation. De nombreuses infections virales ont été décrites en association avec le PTAI, en particulier les hépatites virales A et B. Le lien entre l'infection par le VHC et le PTAI n'a pas été établi. Chez les malades atteints de PTAI, la prévalence de l'infection par le VHC est élevée, variant de 10 à 25 %, mais cela pourrait être lié au risque élevé de contamination par le VHC chez ces malades (infections nosocomiales et transfusions) [37]. A l'inverse, la fréquence de la thrombopénie est élevée chez les malades atteints d'hépatite chronique C, pouvant atteindre 41 % [38]. Mais il ne s'agit généralement pas d'un PTAI à proprement parler, puisque la recherche des anticorps anti-plaquettes est habituellement négative. Il convient cependant de rechercher ces anticorps de manière systématique en cas de thrombopénie chez un malade atteint d'hépatite chronique C sans cirrhose ou fibrose extensive à la biopsie hépatique. Cette recherche est d'autant plus importante que le traitement par l'interféron peut exacerber, parfois de façon sévère, un PTAI préexistant [39] [40]. L'effet d'une bithérapie interféron-ribavirine sur le PTAI n'est pas connu. Dans une observation, il a été constaté que la ribavirine en monothérapie, associée au traitement classique du PTAI par immunoglobulines polyvalentes, avait été efficace [41].

Auto-anticorps sériques

La prévalence de certains auto-anticorps sériques est élevée chez les malades atteints d'hépatite chronique C. Les auto-anticorps anti-nucléaires et les auto-anticorps anti-muscle lisse sont détectés dans 5 à 20 % des cas contre 1 à 4 % chez les donneurs de sang tableau II [3] [7]. Ces auto-anticorps sont généralement présents à un titre relativement faible (habituellement inférieur à 1 : 100) et ne sont pas associés à une hypergammaglobulinémie. Les anticorps anti-muscle lisse n'ont généralement pas de spécificité anti-actine et les anticorps anti-nucléaires ont généralement un aspect moucheté. Il n'a pas été mis en évidence de relation entre la présence de ces auto-anticorps et les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, virologiques et histologiques de l'hépatite chronique C. La signification de la présence de ces auto-anticorps chez les malades atteints d'hépatite chronique C n'est pas connue.
Les auto-anticorps anti-LKM1 sont détectés chez 3 à 5 % des malades atteints d'hépatite chronique C. À l'inverse, la prévalence de l'infection par le VHC est élevée chez les malades ayant une hépatite chronique associée à la présence d'auto-anticorps anti-LKM1. Ces observations suggèrent l'existence d'une vraie association entre l'infection par le VHC et ce type d'auto-anticorps. Une homologie de séquence entre certaines régions de la polyprotéine du VHC et le cytochrome P450 II D6 (qui réagit spécifiquement avec les auto-anticorps anti-LKM1) pourrait expliquer ce lien entre le VHC et les auto-anticorps anti-LKM1 [42] [43]. Les malades atteints d'hépatite chronique C ayant des anticorps anti-LKM1 ont plus souvent des antécédents personnels ou familiaux de maladie auto-immune, des manifestations auto-immunes ou une hypergammaglobulinémie que ceux sans auto-anticorps anti-LKM1.
Bien que le traitement par l'interféron donne, dans la plupart des études effectuées chez les malades ayant des auto-anticorps, des résultats voisins de ceux obtenus chez les malades sans auto-anticorps [44] [45], des cas d'exacerbation sévère ont été décrits sous interféron chez les malades ayant des auto-anticorps, surtout anti-LKM1 [46] [47]. En revanche, bien que la corticothérapie augmente la charge virale C, elle n'a pas d'effet délétère sur l'hépatite chronique C, si elle est de courte durée. Ainsi, en cas de présence d'auto-anticorps chez un malade atteint d'hépatite chronique C, le choix thérapeutique entre le traitement antiviral et la corticothérapie doit être soigneusement pesé, surtout chez la femme, en tenant compte de la présence de manifestations cliniques auto-immunes, du titre des auto-anticorps et d'une éventuelle hypergammaglobulinémie.


Conduite pratique


Avant traitement
Dépister les manifestations cliniques suggérant l'existence d'une vascularite ou d'une maladie auto-immune : manifestations cutanées, douleurs articulaires, syndrome sec, signes d'hypothyroïdie ou d'hyperthyroïdie.
Faire systématiquement un bilan thyroïdien (TSH et recherche d'auto-anticorps anti-thyroïdiens, notamment anti-thyropéroxydase). La présence d'une hypothyroïdie ou d'une hyperthyroïdie nécessite un traitement de la dysfonction thyroïdienne avant tout traitement antiviral. La présence d'auto-anticorps anti-thyroïdiens avant traitement est associée à un risque élevé de survenue d'une dysthyroïdie sous traitement. Le traitement sera donc contre-indiqué ou mis en route sous surveillance stricte.
Faire une électrophorèse des protides à la recherche d'une hypergammaglobulinémie qui, en l'absence de cirrhose, doit faire évoquer une maladie auto-immune associée.
Rechercher la présence d'auto-anticorps anti-nucléaires, anti-muscle lisse et anti-LKM1. En cas de positivité de ces auto-anticorps, discuter l'indication du traitement en fonction de l'existence de manifestations cliniques auto-immunes et du titre des auto-anticorps.


En cours de traitement
Détecter l'apparition de manifestations extrahépatiques cliniques.
Doser la TSH tous les 2 mois de façon systématique. Assurer une surveillance clinique et effectuer un dosage de TSH tous les mois chez les malades qui ont des auto-anticorps anti-thyroïdiens avant le traitement.
En cas d'auto-anticorps sériques (anti-nucléaires, anti-muscle lisse ou anti-LKM1) présents avant le traitement, surveiller l'activité des aminotransférases étroitement au cours des premiers mois du traitement. Le traitement doit être arrêté en cas d'augmentation de l'activité des aminotransférases.
En l'absence d'auto-anticorps sériques avant le traitement, rechercher systématiquement les auto-anticorps en cas d'augmentation de l'activité des aminotransférases sous traitement. La positivité des auto-anticorps associée à l'élévation de l'activité des aminotransférases doit faire suspecter l'induction d'une hépatite auto-immune et il est alors recommandé d'arrêter le traitement.


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