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"Nous remercions les Editions Masson qui ont accepté à titre gracieux la reproduction
de l'ensemble de ces textes issus de leur fonds éditorial"


Hépatite chronique C : quelles sont les recommandations en dehors du traitement antiviral ?
Dominique LARREY (1)

(1)Service d'hépato-gastroentérologie et transplantation, Hôpital Saint-Eloi, CHU Montpellier

Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26: 283-290
© Masson, Paris, 2002

 

Gastroentérologie clinique & biologique

 

Il est bien établi que l'infection virale C a une expression et des conséquences extrêmement polymorphes [1] [2] [3] [4] [5] [6] [7]. La majorité des malades ayant une infection chronique ont une hépatite chronique, symptomatique ou non. Le risque d'évolution vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire constitue une des préoccupations majeures sur le plan pronostique et une motivation importante à traiter les malades pour éviter ces complications [1] [2] [3] [4] [5] [6] [7]. L'infection virale C chronique peut aussi entraîner diverses manifestations extrahépatiques, rénales, cutanées, thyroïdiennes, neurologiques et articulaires [8] [9] [10]. La présence d'auto-anticorps sériques est fréquente [8] [9] [10]. Les manifestations extra-hépatiques associées à la cryoglobulinémie peuvent être sévères et dominer le pronostic [8] [9] [10] [11]. De plus, de nombreux malades sans atteinte hépatique sévère se plaignent de troubles fonctionnels comprenant une fatigue importante, des arthralgies sans syndrome inflammatoire, des manifestations anxio-depressives ou des troubles de la concentration qui viennent les gêner considérablement dans leur vie professionnelle et sociale, comme le révèlent des enquêtes récentes faites sur la qualité de vie [12] [13] [14].
Depuis plus de 12 ans, la recherche thérapeutique a eu pour principal objectif d'obtenir une éradication virale prolongée afin d'empêcher la progression de la maladie vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire. Depuis la première étape correspondant à l'interféron alpha (IFN) en monothérapie, des progrès considérables ont été faits avec la bithérapie IFN-ribavirine, l'interféron pégylé (IFN PEG), puis actuellement l'association IFN PEG-ribavirine [15] [16] [17] [18] [19] [20] [21]. Néanmoins, deux handicaps principaux persistent : le caractère inconstant de l'efficacité du traitement et la survenue très fréquente d'effets secondaires parfois très sévères. Cela amène souvent à réduire les doses de médicaments, voire à interrompre le traitement prématurément [15] [16] [17] [18] [19] [20] [21]. À cela s'ajoutent les conséquences socio-économiques de la prise en charge thérapeutique : coût du traitement, arrêts de travail et autres répercussions sociales. Comme pour le risque évolutif, il existe une très grande variabilité dans les chances de succès et dans la tolérance du traitement antiviral [15] [16] [17] [18] [19] [20] [21] [22].
Il est donc très important de prendre en compte les facteurs qui modifient l'aggravation de la maladie non traitée, l'efficacité du traitement antiviral et sa tolérance. Le but de cette présentation est donc d'examiner quelles sont les recommandations qui peuvent être proposées à une personne atteinte d'une hépatite chronique C pour optimiser la prise en charge de sa maladie en dehors du traitement antiviral et pendant le traitement antiviral.
Limiter l'aggravation spontanée de la maladie et améliorer l'efficacité du traitement antiviral


Consommation d'alcool

La consommation régulière d'alcool, d'autant plus qu'elle est excessive, peut avoir diverses conséquences, tant sur l'histoire naturelle de la maladie que sur la prise en charge thérapeutique [23] [24] [25] [26]. L'alcool peut agir à différents niveaux : la réplication virale, le système immunitaire, le risque de lésions hépatocellulaires, le développement de complications, en particulier la fibrose et les traitements antiviraux [23] [24] [25] [26] [27] [28]. Chez les malades alcooliques infectés par le virus C (VHC), l'activité des aminotrasnférases, l'activité histologique et l'indice de fibrose sont plus élevés que chez les malades ayant une infection virale C sans alcoolisme [29], [30]. La survenue de cirrhose est plus fréquente et plus rapide [23] [24] [25] [26] [27] [28] [29] [30]. L'infection virale C et la prise d'alcool s'additionnent pour prédisposer à la cirrhose [31]. La progression de la fibrose est deux fois plus grande pour une consommation d'alcool dépassant 40 g/jour [32]. Une étude montre que l'activité histologique de l'hépatite C augmente même pour les consommations relativement modérées d'alcool, c'est-à-dire au-delà de 10 g d'alcool pur par jour [33]. La même étude montre qu'au-delà de 10 g d'alcool par jour, la charge virale paraît augmenter d'après l'analyse quantitative de l'ARN du VHC sérique [33]. Ce dernier point est soutenu par le fait que la réduction de la consommation d'alcool s'accompagne d'une diminution de la charge virale dans plusieurs études [23], [26], [33]. Les mécanismes pathogéniques impliqués dans le rôle de la consommation d'alcool sur la réplication virale ne sont pas bien connus [23], [26]. Certaines manifestations extrahépatiques associées à l'hépatite C, comme la porphyrie cutanée tardive, sont également favorisées par la consommation d'alcool [23]. L'impact sur le traitement antiviral n'est pas étonnant, puisque la consommation excessive d'alcool agit de façon délétère sur deux des facteurs prédictifs de bonne réponse thérapeutique, la présence ou non de fibrose et la charge virale [23] [24] [25] [26] [27] [28] [29] [30] [31] [32] [33]. D'autres facteurs péjoratifs pour la réponse thérapeutique sont l'adhésion limitée du malade au traitement et l'acceptabilité et la gestion des effets secondaires des antiviraux. Dans plusieurs études, les effets de l'interféron alpha en monothérapie étaient diminués par une consommation d'alcool dépassant 60 g par jour [23], [34].
Sur les données existantes, il est donc recommandé que les malades atteints d'hépatite chronique C limitent leur consommation d'alcool à moins de 10 g/jour. En cas de cirrhose et/ou de traitement antiviral, il est souhaitable que la consommation soit encore plus faible, voire nulle.


Régime alimentaire

Chez un malade ayant un rapport staturopondéral normal et une alimentation équilibrée, il n'y a actuellement aucun travail scientifique qui indique que des restrictions alimentaires doivent être apportées en cas de constatation d'une hépatite chronique C. La notion que la consommation de chocolat, d'oeufs ou de produits contenant des graisses sont a priori contre-indiqués dans les maladies du foie repose sur des traditions empiriques. En revanche, lorsqu'il existe un déséquilibre alimentaire, notamment une hyperalimentation, les conditions sont différentes. En effet, l'obésité est souvent associée à une stéatose et, moins fréquemment, à une stéato-hépatite non alcoolique pouvant évoluer vers une fibrose et une cirrhose [35] [36] [37]. L'hépatite C elle-même est aussi souvent associée à une stéatose, avec une fréquence atteignant 30 à 70 % des malades dans plusieurs études [38] [39] [40].
Plusieurs études récentes suggèrent une coopération entre la stéatose, la stéato-hépatite non alcoolique liée à des troubles métaboliques et le surpoids et l'infection virale C dans la progression vers la fibrose et la cirrhose [40] [41] [42] [43] [44]. Dans une étude comprenant 221 malades atteints d'hépatite C, une stéatose a été prouvée histologiquement chez 48 % [40]. La fibrose était corrélée avec le stade de stéatose, y compris après ajustement pour l'âge. Il existait également une corrélation entre la stéatose et le degré de lésions nécrotico-inflammatoires [40]. En revanche, il n'y avait pas de relation entre la stéatose, l'âge, le sexe et la charge virale [40]. Les malades ayant une stéatose atteignant plus de 30 % des hépatocytes avaient une activité plus élevée de la GGT et de l'ALAT [40]. Chez les malades chez qui la date d'infection virale C était connue, les stéatoses les plus marquées étaient associées avec un indice de progression de la fibrose plus élevé [40]. Dans une autre étude récente comprenant 170 malades atteints d'hépatite chronique C non traités, la fréquence d'une fibrose extensive était élevée (54,7 %) ainsi que celle de la stéatose (52,9 %) [41]. Une stéato-hépatite non alcoolique superposée aux lésions de l'hépatite C était constatée chez 10 % des malades et constituait un facteur indépendant associé à une fibrose étendue [41]. Cette stéato-hépatite était corrélée avec la présence d'une obésité (76,5 %), un diabète de type 2 (16 %) et le sexe masculin (62 %) [41]. D'autres travaux aboutissent aux mêmes conclusions et suggèrent que la réduction de l'obésité pourrait diminuer les lésions hépatiques et le risque de complications évolutives [42] [43] [44].
L'obésité constitue un facteur négatif sur la réponse thérapeutique pour la bithérapie IFN-ribavirine. En effet, les essais thérapeutiques ont été conduits avec des doses fixes d'IFN (3 millions d'unités 3 fois par semaine) et des doses de ribavirine de 1 000 à 1 200 mg [15], [16]. De ce fait, la dose administrée rapportée au poids s'est trouvée relativement faible chez les obèses chez qui on note une moins bonne réponse thérapeutique [15], [16]. De façon similaire, l'étude récente de la bithérapie de INF PEG 2b-ribavirine montre que la réponse thérapeutique est influencée par le poids [21]. Les malades obèses, peut-être parce qu'ils reçoivent des doses plus faibles, ont plus rarement une réponse virologique prolongée [21].
L'ensemble de ces résultats indique que le surpoids constitue non seulement un facteur aggravant de l'histoire naturelle de l'hépatite C, mais également un handicap pour obtenir une bonne réponse thérapeutique. Par conséquent, un régime alimentaire visant à se rapprocher du poids idéal par rapport à la taille du sujet est une mesure bénéfique pour la santé en général (risque cardio-vasculaire, anomalies rhumatologiques, etc.), mais aussi un bénéfice pour l'état hépatique et le contrôle de l'infection virale C.

Tabagisme

Il a été suggéré dans plusieurs études que le tabagisme était un facteur promoteur indépendant de cirrhose et de carcinome hépatocellulaire chez des alcooliques chroniques [45] [46] [47]. Le tabagisme augmente la mortalité à 5 ans chez les malades atteints de cirrhose alcoolique [48]. Le risque de cirrhose est également accru chez les malades fumeurs et porteurs du virus B (VHB) [49]. Ces éléments épidémiologiques, suggérant un rôle contributif du tabac au développement de la cirrhose indépendamment de sa cause, ont conduit à une étude française récente analysant l'impact du tabagisme sur l'évolution de l'hépatite chronique C [50]. L'étude faite chez 310 malades atteints d'une hépatite chronique C vus consécutivement a montré que plus de la moitié d'entre eux (57 %) étaient des fumeurs réguliers. Par rapport aux non-fumeurs, les fumeurs étaient globalement un peu plus jeunes, plus souvent de sexe masculin, consommaient plus fréquemment de l'alcool et avaient plus souvent des antécédents d'usage de drogue [50]. L'usage du tabac était associé à une augmentation de la fibrose et du score d'activité histologique après ajustement selon l'âge et dans l'analyse multivariée [50]. Cela suggère que l'usage régulier du tabac peut augmenter la sévérité des lésions hépatiques chez les malades atteints d'hépatite chronique C [50].
Cette étude mérite d'être confirmée par d'autres travaux. Néanmoins, elle incite à recommander aux malades atteints d'hépatite chronique C de supprimer l'usage du tabac, au-delà de l'intérêt que cela représente pour la santé en général.


Déplétion en fer

La relation entre le fer et l'hépatite C a fait l'objet de beaucoup de travaux ces dernières années [51] [52] [53] [54]. Au cours de l'hépatite chronique C, les marqueurs sériques du fer sont fréquemment augmentés et on trouve également des dépôts de fer dans le foie à l'examen histologique par les colorations et par les dosages semi-quantitatifs [51] [52] [53] [54]. La concentration hépatique en fer est supérieure à la normale chez 10 à 30 % des malades atteints d'hépatite chronique C [51], [54], [55]. Elle est le plus souvent modérée, l'index hépatique en fer n'étant supérieur ou égal à 1,9 que dans moins de 7 % des cas [51], [54], [55]. Cette surcharge est fréquemment corrélée à une augmentation du fer sérique, de la ferritinémie et de la saturation de la transferrine [51], [54], [55]. L'existence d'anomalies des gènes de l'hémochromatose, présentes à l'état hétérozygote, a été suggérée pour expliquer certaines surcharges ferriques [54]. Ces relations restent à établir. La surcharge en fer est plus fréquente chez les hommes que chez les femmes et peut être liée à une consommation excessive d'alcool. L'excès en fer dans le foie est plus fréquemment trouvé chez les malades ayant des lésions histologiques nécrotico-inflammatoires sévères et une augmentation de l'activité de l'ALAT [51]. La surcharge en fer pourrait affecter l'infection virale C de plusieurs façons [51], [54].
a. Le fer, qui est un des éléments participant au développement de tous les organismes, pourrait faciliter la réplication virale [51].
b. Dans l'hépatite chronique C, l'augmentation du fer intrahépatique pourrait augmenter la formation de la fibrose et la progression vers une cirrhose en synergie avec le virus [51], [54]. De plus, certains travaux suggèrent que la surcharge en fer pourrait favoriser également le risque de survenue de carcinome hépatocellulaire chez les malades ayant déjà une cirrhose [54], [56].
c. Plusieurs études ont montré une relation entre la surcharge en fer et une moins bonne réponse au traitement par IFN [51], [55], [57].
Cela a conduit naturellement à proposer une soustraction du fer excédentaire par phlébotomie pour optimiser le traitement antiviral ultérieur. Les études préliminaires ont suggéré des résultats bénéfiques avec constatation d'une diminution de l'activité de l'ALAT et une discrète amélioration histologique [58]. Cependant, ces résultats n'ont pas été confirmés par d'autres études [52] et il n'a pas été constaté d'amélioration de la réponse virologique [59]. Les résultats ne permettent pas de conclure au bénéfice de l'effet des saignées sur la réponse thérapeutique avec de l'interféron en monothérapie. Il n'y a pas, à ma connaissance, d'étude permettant d'analyser le rôle de la surcharge hépatique en fer sur la réponse à la bithérapie IFN-ribavirine ou IFN PEG-ribavirine.
Les mécanismes qui conduisent à l'augmentation des marqueurs du fer chez les malades avec une hépatite chronique viral C restent mal connus [51]. Les dépôts en fer dans le foie pourraient résulter simplement de la phagocytose suivant la nécrose hépatocytaire. Ils pourraient aussi être liés à une absorption intestinale excessive de fer, une diminution de la transferrine, une augmentation du fer non lié à la transferrine favorisant la pénétration dans les hépatocytes, une hyperhémolyse et la présence de dérivations porto-systémiques, notamment dans la cirrhose [51]. Aucune de ces hypothèses n'est actuellement clairement établie.
En conclusion, il n'y a actuellement pas de preuves suffisantes pour recommander une déplétion systématique en fer chez des malades ayant une surcharge minime ou modérée avant d'initier un traitement antiviral, le bénéfice n'ayant pas été clairement démontré. En revanche, en cas de surcharge importante, cela pourrait être utile.


Médicaments et risque d'aggravation de l'hépatite chronique C

La prise de certains médicaments peut influencer l'évolution de l'infection virale C, notamment en accélérant la progression de la fibrose. Il en est ainsi des immunosuppresseurs, en particulier ceux utilisés de façon prolongée dans le cadre de greffes ou de maladies auto-immunitaires : ciclosporine, tacrolimus, azathioprine et corticoïdes [60], [61]. Des travaux récents montrent que chez les malades transplantés pour cirrhose virale C, la réinfection du greffon par le VHC s'accompagne d'une progression de la cirrhose plus rapide [60], [61].
En revanche, il n'y a pas d'arguments indiquant qu'un traitement de courte durée (corticothérapie) influence de façon significative l'évolution à long terme de l'hépatite chronique C. Quelques cas d'aggravation d'une hépatite chronique C jusque-là bien tolérée ont été rapportés après la mise en route d'une traitement antirétroviral chez des malades ayant une coinfection avec le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) [62]. Une des hypothèses avancées est que ce traitement, en diminuant l'activité du VIH, permet une restauration de l'immunité. Il pourrait alors y avoir une rupture de l'immunotolérance vis-à-vis du VHC et une plus grande agressivité du système immunitaire vis-à-vis des hépatocytes infectés par le VHC [62].


Hépatite chronique C et risque d'hépatotoxicité des médicaments

Il n'y a pas actuellement d'arguments scientifiques montrant que l'hépatite chronique C augmente significativement le risque d'hépatotoxicité de la grande majorité des médicaments [63], [64]. En particulier, il n'y a pas d'indication qu'il y ait une plus grande toxicité hépatique du paracétamol pris aux doses recommandées, ou de plus grand risque de cholestase avec la prise d'oestrogènes ou d'oestroprogestatifs à visée contraceptive [63], [64]. Néanmoins, la présence d'une hépatite chronique C pourrait augmenter l'hépatotoxicité de quelques médicaments, comme les antituberculeux, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et le méthotrexate [64], d'autant plus s'il existe déjà une fibrose. Lorsque la maladie est au stade de cirrhose, il apparaît y avoir un risque plus important d'effets secondaires avec les anti-rétroviraux chez les malades coinfectés par le VHC et le VIH [62].

Vaccinations

Vis-à-vis du virus de l'hépatite B

La coinfection chronique VHC-VHB constitue un facteur pronostique péjoratif [7]. Il est donc utile de prévenir l'infection virale B en proposant une vaccination, particulièrement chez les malades à risque, notamment chez les usagers de drogue par voie veineuse ou nasale, les homosexuels et autres personnes à partenaires multiples.

Vis-à-vis du virus de l'hépatite A

L'hépatite A est le plus souvent asymptomatique et n'a que rarement un caractère de gravité. La gravité augmente néanmoins avec l'âge lors de la contamination. Un travail récent suggère que le risque d'hépatite fulminante A pourrait être plus élevé chez les malades ayant une infection virale chronique C [65]. Bien qu'il n'y ait pas eu d'autres études montrant ce risque, la vaccination contre l'hépatite A peut être envisagée lorsqu'il existe un risque particulier d'exposition au VHA chez des sujets atteints d'infection virale C.


Réduire les effets secondaires du traitement antiviral

Les effets secondaires induits par la bithérapie, qu'il s'agisse d'IFN alpha + ribavirine ou maintenant IFN PEG + ribavirine sont quasi constants, très nombreux, souvent suffisamment importants pour aboutir à une réduction des doses ou un arrêt de traitement [15], [16], [21]. Pour les associations IFN-ribavirine ou IFN PEG-ribavirine, la réduction de dose d'un des médicaments est nécessaire chez près de 40 % des malades et un arrêt prématuré du traitement dans un peu plus de 10 % à 20 % des cas [15], [16], [21]. Ces modifications de doses et de durée de traitement influencent l'efficacité du traitement [15], [16], [21]. Ces constatations soulignent l'importance de minimiser les effets secondaires liés au traitement de façon à pouvoir maintenir le mieux possible les doses efficaces. Plusieurs mesures sont proposées.

Réduire le syndrome pseudo-grippal

Les effets pseudo-grippaux surviennent principalement dans le premier mois du traitement. Les manifestations du type myalgies, arthralgies ou céphalées peuvent persister pendant tout le traitement.
La prise de paracétamol est conseillée de façon systématique en début de traitement. Il est usuel de commencer en encadrant l'injection d'interféron par la prise de paracétamol. Il peut être utile de poursuivre l'administration de ce médicament dans les jours après l'injection, voire de façon continue, surtout lors du premier mois de traitement. Lorsque l'effet est insuffisant, la dose peut être éventuellement augmentée jusqu'à 3 g/j. À cette dose, il n'a pas été noté de risque particulier d'hépatotoxicité en l'absence de consommation excessive d'alcool ou de dénutrition marquée [63]. D'autres médicaments antalgiques peuvent être utilisés en cas d'échec : dextropropoxyphène couplé ou non avec du paracétamol, association paracétamol-codéine et éventuellement ibuprofène à petites doses en évitant ce médicament chez les malades ayant une cirrhose.

Contrôler les manifestations anxio-dépressives

De nombreuses études thérapeutiques indiquent que l'interféron peut entraîner différentes manifestations neuropsychiques incluant une fatigue parfois très intense, des troubles de l'humeur, de la concentration et du sommeil, une tendance aux idées noires, voire une véritable dépression. Des cas de suicide ont même été rapportés [66]. Le risque de dépression varie selon les études thérapeutiques allant de 2 à 44 % [67]. Dans l'étude de McHutchison et al. sur la bithérapie IFN-ribavirine versus l'IFN en monothérapie, la fréquence de la dépression était de 24 % pour 24 semaines de traitement et de 37 % pour 48 semaines de traitement, respectivement [16]. Dans l'étude comparant l'association IFN PEG-ribavirine à l'association IFN-ribavirine, le pourcentage de dépression était de 29 à 34 %, de troubles du sommeil de 40 à 41 %, d'irritabilité de 34 à 35 % et les troubles de la concentration de 16 à 21 %, voisins dans les différents groupes thérapeutiques [21].
Ces manifestations sont d'autant plus à prendre en considération que les malades atteints d'hépatite C chronique ont déjà avant tout traitement une tendance à avoir des troubles de l'humeur ou une fatigue [12] [13] [14]. En raison de ces manifestations, les recommandations faites jusqu'à présent sont de contre-indiquer l'administration d'IFN en cas d'antécédents dépressifs graves ou de tentative de suicide ou en cas de dépression mal contrôlée. Lorsque le traitement est en cours et qu'apparaissent les troubles dépressifs, leur sévérité doit être évaluée pour établir un rapport bénéfice/risque. En cas d'indication forte du traitement antiviral, notamment lorsqu'il existe chez un sujet jeune une fibrose extensive ou une cirrhose, le traitement par l'IFN peut être poursuivi en association avec un traitement antidépresseur si la dépression n'est pas sévère. Au cas où la dépression ne s'améliore pas de façon satisfaisante, la dose d'IFN doit être diminuée. Si cela ne permet pas d'amélioration, le traitement doit être interrompu. La question du traitement préventif de la dépression au cours du traitement antiviral de l'hépatite chronique C n'a pas été étudiée. Une étude a été faite de façon randomisée prospective en double insu avec de la paroxétine lors de l'utilisation de fortes doses d'IFN chez des malades atteints de mélanome. Avec le traitement préventif, le risque de dépression et d'arrêt de traitement pour ce motif passait de 35 à 5 % [68]. Cela incite à entreprendre une étude équivalente pour les malades atteints d'hépatite chronique C. Les données actuelles ne sont pas suffisantes pour faire une recommandation systématique chez les malades ayant un antécédent de dépression modéré. L'évaluation doit être faite au cas par cas selon le rapport bénéfice/risque après avis d'un psychiatre [68].


Réduire la leucopénie

La leucopénie (neutropénie) est un effet quasi constant de l'IFN. Elle est la principale cause de réduction de dose de l'IFN PEG combiné à la ribavirine (18 % des malades) ; la fréquence est un peu plus élevée qu'avec l'association IFN-ribavirine (8 %) [21]. La leucopénie est la principale cause d'arrêt prématuré de traitement (un peu plus de 10 % pour les diverses bithérapies) [15], [16], [21].
Cet effet secondaire constitue donc un effet limitant l'efficacité du traitement, puisque la réduction de doses est un facteur pronostique de moins bonne réponse. Chez certains malades, notamment ceux atteints de cirrhose avec hypertension portale et hypersplénisme, l'existence d'une leucopénie importante, avant même que le traitement ne soit institué, peut contre-indiquer ce traitement. Certains facteurs tels que le GM-CSF (granulocyte-macrophage-colony-stimulating factor) augmentent la concentration des leucocytes chez les malades leucopéniques. Leur intérêt a été démontré pour les chimiothérapies anticancéreuses induisant de fortes leucopénies. Dans une petite série de malades atteints d'hépatite chronique B, le GM-CSF a permis de limiter significativement la leucopénie induite par l'IFN chez les sujets ayant une leucopénie [69]. Il est difficile de faire une extrapolation à l'hépatite chronique C pour laquelle il n'y a pas eu d'étude équivalente à ma connaissance. Néanmoins, au cas par cas, chez un malade jeune ayant une hépatite chronique très sévère avec fibrose extensive ou une cirrhose et une leucopénie importante, cette stratégie thérapeutique pourrait être considérée, en particulier si des facteurs prédictifs de réponse au traitement (génotype favorable, charge virale faible) laissent espérer des chances de succès.

Réduire l'anémie

L'anémie constitue une complication fréquente de la bithérapie combinant l'IFN ou l'IFN PEG à la ribavirine [15], [16], [21]. Elle est principalement liée à la ribavirine [15], [16], [21]. Cet effet secondaire est presque constant. La diminution d'hémoglobine est d'environ 2 g/dL par rapport au niveau préthérapeutique. Chez certains malades, une anémie aiguë apparaît [15], [16], [21]. L'hémoglobinémie diminue à moins de 10 g/dL chez 7 à 9 % des malades traités par bithérapie [15], [16]. Cela conduit généralement à réduire la dose de ribavirine. Parfois, un arrêt de traitement définitif est nécessaire. La baisse de la dose de ribavirine en dessous de 10,6 mg/kg de poids corporel semble constituer un facteur défavorable pour la réponse thérapeutique [21]. Cela a conduit à proposer une stratification de prescription selon le poids (800 mg de ribavirine pour un poids inférieur à 65 kg, 1 000 mg entre 65 et 85 kg et 1 200 mg pour plus de 85 kg) [21]. Dans certains cas, l'hémoglobinémie avant tout traitement est déjà inférieure à 10 g/dL empêchant a priori la prescription de ribavirine. L'érythropoïétine pourrait être un facteur compensateur de cette anémie. Cela est suggéré par une étude préliminaire chez des malades ayant une anémie associée à l'association IFN-ribavirine [70]. Ces résultats méritent une confirmation.
Actuellement, l'apparition d'une anémie mal tolérée justifie la réduction de la dose de ribavirine. L'administration d'érythropoïétine ne peut être recommandée de façon systématique. Son administration peut être examinée au cas par cas.


Risque d'interaction médicamenteuse en cours de traitement

Il est expérimentalement démontré que les IFN en général, dont l'IFN alpha, peuvent diminuer l'activité de certains cytochromes P-450 [71] [72] [73] [74]. Les études pharmacologiques faites avec des administrations courtes à dose élevée ont montré que l'IFN alpha pouvait réduire les clairances de l'antipyrine, de l'érythromycine et de la théophylline [71] [72] [73] [74]. Cependant, une étude faite dans des conditions thérapeutiques chez des malades atteints d'hépatite chronique C a montré que l'administration d'IFN à 3 millions d'unités 3 fois par semaine ne modifiait pas l'activité in vivo de deux des principales familles de cytochromes P450, CYP 1A2 et CYP 3A, après un mois de traitement [75]. Ces résultats suggéraient que les médicaments métabolisés par ces isoenzymes importants pouvaient être utilisés avec l'IFN sans risque notable d'interaction médicamenteuse [75]. Actuellement, des travaux similaires sont en cours pour déterminer si l'IFN PEG associé peut avoir un effet in vivo sur les CYP 1A2 et CYP 3A.
Il existe cependant une réserve en ce qui concerne les malades coinfectés par les virus VHC et VIH recevant à la fois des antirétroviraux et une bithérapie IFN-ribavirine. La crainte réside en plusieurs points. Le premier aspect est le risque de diminution des effets des anti-rétroviraux du fait d'une inhibition compétitive avec de la ribavirine [62]. Sur ce point, en dehors de cas anecdotiques, il n'y a pas d'étude scientifique suffisamment bien documentée pour conclure que cette crainte est clairement établie. Le deuxième aspect concerne le risque d'effets liés à une prise de multiples médicaments chez des malades par ailleurs fragiles. On note en particulier un accroissement des effets généraux du type fatigue ou amaigrissement et des effets hématologiques avec anémie et leucopénie. Par ailleurs, les malades atteints de cirrhose paraissent être particulièrement vulnérables [62]. Les études en cours sur le traitement de l'hépatite chronique C par bithérapie chez les malades ayant une coinfection VIH traitée par des antirétroviraux devraient répondre aux questions actuellement posées sur le risque réel d'interaction médicamenteuse.
Dans l'état actuel, vu les risques d'effets secondaires sévères, en particulier chez les malades cirrhotiques et le manque de connaissances sur l'efficacité, il paraît recommandé que les malades ayant une coinfection VIH-VHC soient traités pour leur hépatite chronique C dans le cadre de protocoles thérapeutiques [62].


Éducation du malade traité et de son entourage

Il n'y a pas, à ma connaissance, d'études qui montrent l'impact de l'éducation du malade et de son entourage dans la conduite du traitement. Il pourrait paraître banal de souligner que le malade doit être parfaitement coopératif au traitement, bien informé sur sa conduite et ses effets secondaires. La discussion du traitement pose en fait, pour chaque malade, un cas particulier. La perception de la maladie et de sa gravité peuvent être divergentes entre le médecin et le malade [12] [13] [14]. La relative imprévisibilité de la durée du traitement, de ses effets secondaires et du résultat thérapeutique sont parfois difficiles à intégrer. Ces différents aspects doivent être parfaitement compris et acceptés par le malade pour qu'il soit en phase avec le médecin dans la stratégie thérapeutique. Il est également important que l'entourage du malade accepte ces incertitudes. Il est très difficile d'évaluer cet aspect du traitement d'un point de vue scientifique. Néanmoins, il est possible que cela constitue un élément important dans les chances de succès thérapeutique.

Conclusion

En dehors du traitement antiviral, plusieurs mesures peuvent être recommandées pour limiter l'aggravation spontanée de l'infection virale C, améliorer l'efficacité du traitement et minimiser ses effets secondaires. La consommation d'alcool doit être évitée, surtout lorsque la maladie est déjà évoluée ou lorsque la personne est traitée. Il n'y a pas de mesure a priori s'agissant de l'alimentation, sauf un contrôle de l'apport calorique permettant de réduire ou d'éviter le surpoids. En effet, le surpoids est un facteur d'évolution de la maladie vers la fibrose et de diminution de l'efficacité du traitement antiviral. Le tabagisme doit être supprimé puisqu'il pourrait constituer un facteur supplémentaire de mauvais pronostic. La prescription de la plupart des médicaments ne comporte pas de risque particulier en cas d'hépatite chronique C. Néanmoins, les immunosuppresseurs seraient un facteur de risque d'évolution de la fibrose et doivent être limités en conséquence. Certains médicaments peuvent être plus hépatotoxiques en cas d'hépatite chroniqu C, donc évités ou fortement contrôlés. Les vaccinations contre l'hépatite A et l'hépatite B sont conseillées surtout chez les personnes à risque. L'intérêt de la déplétion du fer pour optimiser le traitement reste discutée.
Le contrôle des effets secondaires du traitement comprend essentiellement la réduction du syndrome pseudo-grippal par le paracétamol à dose modérée. Il est important de contrôler les manifestations dépressives par un traitement adapté, une réduction des doses d'antiviraux, voire leur interruption. Les risques d'interactions médicamenteuses entre les antiviraux et d'autres médicaments sont faibles, à l'exception des antirétroviraux, surtout chez les malades atteints de cirrhose. L'intérêt des facteurs de croissance pour la leucopénie et de l'érythropoïétine pour l'anémie reste à évaluer.
Enfin, l'éducation du malade et de son entourage pour une gestion optimale du traitement paraît un facteur important de réussite du traitement.

 


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