Revue de Presse
du Mois

 Hepatoweb édition
Mobile

 
HEPATOBASE
Retour


"Nous remercions les Editions Masson qui ont accepté à titre gracieux la reproduction
de l'ensemble de ces textes issus de leur fonds éditorial"


Traitement de l'hépatite chronique C chez les malades ayant une co-infection VIH : tolérance, interactions médicamenteuses, indications thérapeutiques
Christian PERRONNE (1)

(1)Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Hôpital Universitaire Raymond-Poincaré, Faculté de Médecine Paris - Île-de-France - Ouest, Garches

Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26: 274-282
© Masson, Paris, 2002

 

Gastroentérologie clinique & biologique

 

Interactions VIH-VHC

Les études sur l'influence de l'infection due au virus de l'hépatite C (VHC) sur la progression clinique de l'infection au virus de l'immunodéficience humaine (VIH) ne sont pas concordantes [1], [2]. Dans l'étude de Dorucci et al., il n'existait aucune influence de l'infection par le VHC sur l'évolution de l'infection VIH chez les 416 malades infectés par le VIH [3]. En revanche, dans l'étude de Piroth et al. portant sur 238 malades, le risque de progression clinique de l'infection liée au VIH était multiplié par 1,64 (p = 0,04) et par 10,9 dans le sous-groupe de malades ayant une concentration initiale de lymphocytes CD4 supérieure à 600/ml. Le risque de progression immunologique (baisse de plus de 50 % des lymphocytes CD4) était multiplié par 2,31 (p = 0,02) [4].
Les études sur l'influence de l'infection VIH sur l'histoire naturelle de l'infection par le VHC sont en revanche concordantes et montrent un rôle délétère de celle-ci. Ce rôle délétère n'apparaissait pas il y a quelques années en raison de la mortalité et de la morbidité dues à l'infection à VIH avant l'ère des traitements antirétroviraux hautement actifs (HAART) [5]. La charge virale VHC est plus élevée chez les malades infectés par le VIH. Le rôle délétère du VHC a été confirmé par plusieurs études menées sur des cohortes d'hémophiles [6] [7] [8]. L'infection à VIH augmente le risque d'évolution vers la cirrhose, l'insuffisance hépatocellulaire et le carcinome hépatocellulaire. Chez les malades co-infectés, une concentration faible de lymphocytes CD4 (< 200/ml), une consommation d'alcool supérieure à 50 g par jour et l'acquisition de l'infection à VHC avant l'âge de 25 ans sont corrélés à une progression plus rapide vers la fibrose [9].
Une étude récente a comparé 3 groupes de malades ayant une infection à VIH seule, une infection à VHC seule ou une co-infection VIH-VHC [10]. La mortalité était de 7 % chez les malades uniquement infectés par le VIH, alors qu'elle atteignait 11 % chez les malades co-infectés (p < 0,02). Parmi les co-infectés, 47 % des décès étaient dus à une atteinte hépatique.


Impact du traitement antirétroviral sur l'infection par le VHC

Les HAART peuvent augmenter initialement l'activité des aminotransférases et la charge virale VHC [11] [12] [13] [14] [15]. Cette élévation de la charge virale VHC n'a pas été trouvée dans une étude [16]. En revanche, les HAART incluant un inhibiteur de protéase s'avèrent bénéfiques à long terme sur l'évolution de l'hépatite C [17]. Ces traitements antirétroviraux prolongés, surtout lorsqu'ils permettent le maintien d'une concentration élevée de lymphocytes CD4, et qu'ils sont associés à une réduction de la consommation d'alcool, auraient un impact bénéfique sur l'évolution de la fibrose hépatique des malades co-infectés.
Deux études rétrospectives nationales françaises réalisées en 1995 sur 17 487 malades et en 1997 sur 26 497 malades infectés par le VIH ont montré une diminution considérable de la mortalité liée au sida passant de 7,47 % à 1,73 % (p < 0,001) liée aux HAART, mais pas de diminution de la mortalité liée au VHC passant de 0,06 % à 0,07 % [18].


Tolérance hépatique du traitement antirétroviral chez les malades co-infectés

L'élévation fréquente de l'activité des aminotransférases en début de traitement antirétroviral peut être liée à une toxicité des médicaments sur le foie ou à la restauration immunitaire.
Les cytolyses hépatiques liées aux médicaments antirétroviraux s'observent avec une fréquence accrue chez les malades co-infectés par le VHC (ou par le virus de l'hépatite B, VHB) [19] [20] [21] [22]. Dans la cohorte Aquitaine, le risque de cytolyse était accru de 2,7 fois en cas d'hépatite C [23]. Dans cette cohorte, 8,5 % des malades traités par HAART incluant un inhibiteur de protéase et 5,7 % des malades traités par deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (NRTI) ont développé une cytolyse. Le délai médian de survenue de la cytolyse après le début du traitement était de 164 jours pour les HAART et de 252 jours pour les bithérapies de NRTI. Le risque était accru de 2,3 fois en cas d'antécédent de cytolyse, de 2,4 fois si l'activité des aminotransférases avant traitement était comprise entre 1 et 2 fois la limite supérieure de la normale, de 3,3 fois si l'activité des aminotransférases avant traitement était comprise entre 2 et 4 fois la limite supérieure de la normale. Le ritonavir peut exercer un effet cytopathique direct [24]. Certains NRTI peuvent avoir une hépatotoxicité directe, secondaire à une toxicité mitochondriale, qui se manifeste par une stéatose hépatique et une acidose lactique. Cette toxicité a été décrite avec la zidovudine, la didanosine et la stavudine. Les nucléotides formés après triphosphorylation intracellulaire des NRTI ont une forte affinité pour l'ADN-polymérase gamma, qui est la seule enzyme permettant la réplication de l'ADN mitochondrial. La déplétion de l'ADN mitochondrial se manifeste par des symptômes variés : pancréatite, stéato-hépatite, neuropathie, myopathie. Cette déplétion s'accompagne d'une accumulation intracellulaire des triglycérides et des acides gras libres, avec notamment, au niveau hépatique, une stéatose macrovésiculaire. Les cytopathies mitochondriales graves peuvent entraîner une acidose lactique mortelle [22], [23], [25], [26]. L'incidence de cette toxicité hépatique est estimée à 1,3/1 000 malades par an [27]. Les HAART contenant de la zidovudine semblent entraîner plus de cytolyses que les HAART contenant de la stavudine [28]. Dans l'étude de Torre et al., l'activité des aminotransférases élevée avant HAART était corrélée avec une baisse de l'activité des aminotransférases sous HAART, alors que l'activité des aminotransférases normale avant HAART était corrélée avec une augmentation de l'activité des aminotransférases sous HAART [16]. Le dosage plasmatique des antirétroviraux potentiellement hépatotoxiques pourrait diminuer le risque de complications en évitant les surdosages [29]. Certains antirétroviraux peuvent occasionner une atteinte hépatique par hypersensibilité, comme la névirapine ou l'abacavir. Le traitement de l'hépatite C pourrait améliorer la tolérance hépatique des antirétroviraux [30], [31].
La restauration immunitaire sous HAART peut entraîner une cytolyse hépatique [32]. L'augmentation de l'activité des lymphocytes T cytotoxiques pourrait être à l'origine d'une destruction des hépatocytes infectés par le VHC. Cette restauration immunitaire peut parfois révéler l'infection à VHC en permettant la réapparition des anticorps anti-VHC qui ont pu disparaître du fait de l'immunodépression sévère. Dans certains cas, la restauration immunitaire est associée à une aggravation rapide de l'histologie hépatique et à une évolution vers la cirrhose [33]. L'hépatotoxicité de la restauration immunitaire s'ajoute parfois à celle des médicaments antirétroviraux, expliquant que l'atteinte hépatique puisse persister malgré le remplacement des médicaments en cause [29].
Une consommation excessive d'alcool ou la prise concomitante de certains médicaments peuvent contribuer à la cytolyse hépatique chez les malades co-infectés VIH-VHC [34].
Il a été noté dans une étude récente que l'activité des aminotransférases sériques était plus élevée chez les malades co-infectés VIH-VHC que chez les malades uniquement infectés par le VIH : p < 0,05 [10]. Cette différence n'était pas liée à la prise de HAART avec inhibiteur de protéase.
Autres troubles métaboliques favorisés par les HAART et la co-infection VHC
Les HAART sont associés à une résistance à l'insuline chez les sujets infectés par le VIH. Par ailleurs, l'hépatite C augmente le risque de résistance à l'insuline et de diabète de type II. Dans une étude chez les malades co-infectés VIH-VHC, la lipoatrophie était plus fréquente que chez les malades seulement infectés par le VIH (41 % versus 14 %, p = 0,003) et les concentrations de cholestérol total et de triglycérides étaient plus basses chez les malades co-infectés. La résistance à l'insuline était accrue chez les malades co-infectés [35]. L'albuminémie serait plus basse chez les malades co-infectés que chez les malades seulement infectés par le VIH : 35 g/l versus 38 g/l, p < 0,02 [10].


Influence de l'interféron alpha sur la charge virale VIH

Dans une étude évaluant, chez 25 malades infectés par le VIH, l'activité de l'interféron-alpha sur le sarcome de Kaposi, l'interféron était utilisé par voie sous-cutanée à des doses fortes comprises entre 18 et 36 millions d'UI/j [36]. L'interféron a provoqué chez 7 malades une baisse de la charge virale VIH qui semblait dose-dépendante (- 1,91 log à la 4e semaine et - 1,78 log à la 8e semaine) et chez 8 malades une augmentation de la charge virale VIH (+ 1,91 log à la 4e semaine et 1,5 log à la 8e semaine).
Dans une étude réalisée chez 31 malades infectés par le VIH, l'interféron-alpha pégylé administré par voie sous-cutanée pendant 2 mois a permis de diminuer la charge virale VIH de 0,5 à 1 log [37]. La dose hebdomadaire administrée était de 1 m/kg (8 malades), 1,5 m/kg (12 malades), 2,2 m/kg (8 malades) ou 3,5 m/kg (3 malades). La baisse la plus forte a été observée avec la dose de 3,5 mg/kg.

Tolérance de l'interféron-alpha chez les malades co-infectés VIH-VHC

Dans l'étude de Soriano et al., l'interféron-alpha était administré en monothérapie par voie sous-cutanée à la dose de 5 millions d'UI trois fois par semaine pendant 3 mois puis, en cas de réponse, à la dose de 3 millions d'UI trois fois par semaine pendant les 9 mois suivants [38]. Cette étude incluait 90 malades co-infectés et 29 malades uniquement infectés par le VHC. Un seul effet secondaire grave a été observé chez un malade co-infecté ; il s'agissait d'une toxicité hématologique avec apparition d'une leucopénie et d'une thrombopénie, obligeant à arrêter le traitement par interféron au 3e mois. Aucun autre effet secondaire grave n'a été noté. Cependant, il a été observé chez 10 malades co-infectés (12,5 %) une chute importante de la concentration de lymphocytes CD4, de plus de la moitié de la valeur initiale. Cette chute des lymphocytes CD4 est survenue entre la 6e et la 14e semaine. La concentration des lymphocytes CD4 est remontée complètement ou partiellement chez 7 des 10 malades, au prix d'un arrêt de l'interféron chez 3 malades ; l'interféron a pu être maintenu chez les 4 autres. En revanche, les lymphocytes CD4 ne sont jamais remontés chez les 3 derniers malades (3,8 %), même après l'interruption définitive de l'interféron.
Dans l'étude de Causse et al., l'interféron-alpha a été administré en monothérapie par voie sous-cutanée à la dose de 3 millions d'UI trois fois par semaine pendant 6 mois [39]. Cette étude incluait 76 malades co-infectés et 77 malades uniquement infectés par le VHC. Les effets secondaires graves du grade 4 de l'OMS étaient au nombre de 2 dans le groupe co-infectés et de 3 dans le groupe VHC isolé et ceux du grade 3 de l'OMS étaient au nombre de 6 dans le groupe co-infectés et de 7 dans le groupe VHC isolé. Deux tentatives de suicide non réussies (une dans chaque groupe) ont été observées. Les concentrations de lymphocytes CD4 chez les malades co-infectés étaient en moyenne de 653 + 259/ml avant traitement, 564 + 198/ml à la fin des 6 mois de traitement et 543 + 201/ml à la fin des 6 mois de suivi post-traitement. L'interféron a entraîné une légère baisse non significative de la moyenne (mais pas de la médiane) de la charge virale VIH pendant le traitement, mais avec un retour à la valeur initiale en fin de suivi post-traitement.

Tolérance de l'interféron alpha à forte dose chez les malades co-infectés VIH-VHC

L'étude suisse de Sax et al. avait pour but d'évaluer l'activité de l'association interféron-alpha - amantadine [40]. L'interféron était prescrit à la dose quotidienne de 6 millions d'UI/j le premier mois, puis à la dose de 6 millions d'UI trois fois par semaine, en association ou non avec l'amantadine. Cet essai a connu des problèmes de recrutement. Seuls 7 malades ont été inclus, dont 3 en bithérapie. Tous les malades ont souffert de fatigue, modérée à sévère, associée à une fièvre intermittente et des myalgies. Un malade a eu une thrombopénie et un autre une alopécie. Tous les malades de l'étude ont arrêté prématurément leur traitement, essentiellement en raison de la mauvaise tolérance de l'interféron à forte dose, mais aussi en raison de l'inefficacité sur l'hépatite C. Les lymphocytes CD4 et la charge virale VIH sont restés stables.

Tolérance de la ribavirine chez les malades co-infectés VIH-VHC

La ribavirine est connue pour être responsable d'une baisse fréquente et habituellement modérée de l'hémoglobine, par un mécanisme d'hyperhémolyse, et de leucopénie et de lymphopénie. Dans une étude de phase 1 conduite chez des malades infectés par le VIH, il a été montré que la ribavirine en monothérapie pouvait occasionner une baisse des lymphocytes CD4, en moyenne de 92/ml à la 12e semaine [41].
Interactions potentielles entre la ribavirine et certains médicaments antirétroviraux

Interactions ribavirine-zidovudine et ribavirine-stavudine

Un antagonisme a été décrit in vitro entre la ribavirine et les analogues nucléosidiques de la thymidine comme la zidovudine ou la stavudine [42], [43]. Le mécanisme de l'interaction serait l'inhibition par la ribavirine de la thymidine-kinase, une enzyme cellulaire responsable de la transformation des nucléosides thymidiniques en anabolites-monophosphate. Or, la formation de monophosphates est indispensable pour initier la formation de la forme active triphosphorylée. En fait, la ribavirine est un inhibiteur de l'inosine-5'-monophosphate deshydrogénase (IMPD). Cette inhibition entraîne une augmentation des désoxynucléotides-triphosphate [44] conduisant à un rétrocontrôle négatif sur la thymidine-kinase. Des études in vitro ont montré en présence de ribavirine une diminution significative de la phosphorylation de la zidovudine [45], en particulier de la forme monophosphate [46] et de la stavudine [47].
Cet antagonisme ne s'est pas trouvé dans les quelques études cliniques ouvertes présentées ci-dessous, mais les effectifs sont faibles.
Une étude prospective randomisée a été conduite sous l'égide de l'Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS), l'étude CORIST [48]. L'objectif de cette étude était d'évaluer les conséquences virologiques et pharmacologiques intra-cellulaires de la coprescription de stavudine et de ribavirine. L'essai a été mené chez 30 malades co-infectés VIH-VHC ayant une charge virale VIH < 2 000 copies/ml stable sous traitement antirétroviral incluant de la stavudine depuis au moins 3 mois. Le premier groupe recevait interféron-alpha (3 millions d'UI trois fois par semaine) et ribavirine (800 à 1 000 mg/j selon le poids) et le deuxième groupe ne recevait pas de traitement anti-VHC (groupe témoin). Les ARN plasmatiques du VIH et du VHC et les concentrations intracellulaires de stavudine et de ses métabolites ont été mesurées tous les mois pendant 3 mois. L'ARN du VIH plasmatique n'a pas varié significativement entre J 0 et M 3 : - 0,03 log dans le groupe interféron-ribavirine versus + 0,15 log dans le groupe témoin. Une augmentation de l'ARN du VIH plasmatique de plus de 0,5 log a été observée chez un malade de chaque groupe. Les concentrations médianes résiduelles de stavudine triphosphate étaient cependant plus basses, quoique de façon non significative, dans le groupe interféron-ribavirine que dans le groupe témoin (6,2 versus 14,9 fmol/106 cellules après un mois ; 3,6 versus 11,3 fmol/106 cellules après 3 mois). La coprescription de ribavirine et de stavudine ne semble donc pas avoir un impact négatif à court terme.

Interaction ribavirine-didanosine

L'interaction observée entre la ribavirine et la didanosine a, in vitro, un effet inverse des interactions précédentes, puisque la ribavirine augmente la phosphorylation de la didanosine [47]. In vitro, la ribavirine inhibe l'inosine-monophosphate-deshydrogénase. Cela conduit à augmenter les réserves d'IMP qui joue le rôle de donneur de phosphate pour la transformation de la didanosine en désoxy-IMP qui est ensuite métabolisée en didésoxy-AMP (ddAMP), ddADP et ddATP, le métabolite triphosphorylé de la didanosine. Il en résulte une augmentation de la concentration intracellulaire et de la concentration mitochondriale du ddATP, qui inhibe la transcriptase inverse, mais aussi l'ADN-polymérase-gamma mitochondriale. Dans les modèles murins, la ribavirine majore l'efficacité de la didanosine, mais également sa toxicité [49], [50]. Cette interaction pourrait favoriser les cas de cytopathie mitochondriale observés chez des malades traités en même temps par l'association interféron-ribavirine et un HAART incluant la didanosine [51], [52]. Une potentialisation des effets secondaires de la didanosine avait déjà été observée avec l'hydroxyurée [53].
Tolérance de l'association interféron alpha ribavirine chez les malades co-infectés VIH-VHC, dans des études ouvertes
La première étude de Perez-Olmeda et al. a porté sur 18 malades co-infectés [54]. Tous les malades avaient déjà reçu de l'interféron et 11 d'entre eux recevaient déjà un HAART. Le traitement a associé l'interféron alpha sous-cutané à la dose de 3 millions d'UI trois fois par semaine à la ribavirine per os à la dose de 1 000 ou 1 200 mg/j. L'association a été bien tolérée, sauf chez 2 malades qui ont dû l'interrompre, en raison d'une anémie sévère dans un cas et d'un syndrome dépressif avec idées suicidaires dans l'autre cas.
L'étude de Landau et al. a porté sur 20 malades co-infectés dont 9 avaient une cirrhose ; 17 étaient déjà traités pour le VIH, 4 avaient déjà reçu de l'interféron-alpha et aucun n'avait reçu de ribavirine [55]. Le traitement anti-VIH était une bithérapie d'inhibiteurs nucléosidiques de la reverse transcriptase (NRTI) dans 11 cas et une trithérapie incluant un inhibiteur de protéase dans 6 cas. Les NRTI étaient une association de lamivudine et de stavudine chez 11 malades. Le traitement a associé l'interféron-alpha sous-cutané à la dose de 3 millions d'UI trois fois par semaine à la ribavirine per os à la dose de 1 000 ou 1 200 mg/j pour une durée de 6 mois. La tolérance de l'association a été bonne, permettant de n'arrêter aucun traitement. La dose de ribavirine a dû être réduite à 600 mg/j chez 2 malades en raison d'une anémie. La concentration des lymphocytes CD4 est passée en moyenne de 350/ml en début de traitement à 284/ml au 6e mois (p < 0,01). Le traitement n'a pas eu d'impact sur l'évolution de l'infection à VIH.
L'étude de Zylberberg et al. a porté sur 21 malades co-infectés non répondeurs ou rechuteurs après 6 mois d'interféron-alpha [56]. Tous les malades recevaient déjà un traitement anti-VIH (bithérapie de NRTI dans 9 cas, trithérapie incluant un inhibiteur de protéase dans 12 cas). Concernant les NRTI utilisés, tous les malades recevaient soit la zidovudine (n = 8), soit la stavudine (n = 13). Le traitement a associé l'interféron-alpha sous-cutané à la dose de 3 millions d'UI trois fois par semaine à la ribavirine per os à la dose de 1 000 à 1 200 mg/j pour une durée moyenne de 8,5 mois. Une anémie importante a été notée dans 2 cas, nécessitant l'arrêt de l'association interféron-ribavirine dans 1 cas, et la réduction de la dose de ribavirine et une transfusion dans l'autre cas. La concentration des lymphocytes CD4 est passée en médiane de 330/ml en début de traitement à 298/ml au 6e mois (p = 0,2). Le traitement n'a pas eu d'impact significatif sur l'évolution de la charge virale VIH. Cependant, il a été noté une augmentation de plus de 0,5 log de la charge virale VIH chez 3 malades, ayant motivé, ainsi qu'une baisse des lymphocytes CD4, l'arrêt de la ribavirine chez 1 malade. Chez ce dernier malade, l'arrêt du traitement de l'hépatite C s'est accompagné d'une baisse de la charge virale VIH de 8 000 à 1 800 copies/ml. Chez les 2 autres malades qui ont eu une agmentation de leur charge virale VIH et qui ont continué le traitement de l'hépatite C jusqu'au bout, la charge virale VIH est restée inchangée à l'arrêt de l'association interféron-ribavirine. Sur l'ensemble des malades de l'étude, 3 mois après l'arrêt du traitement de l'hépatite C, l'hémoglobine et les lymphocytes CD4 sont remontés de façon significative (p < 0,003 et p < 0,03), mais la charge virale VIH est restée inchangée.
L'étude de Nasti et al. a porté sur 17 malades co-infectés n'ayant jamais reçu de traitement anti-VHC et dont 16 d'entre eux recevaient déjà un traitement antirétroviral [57]. Le traitement a associé l'interféron-alpha sous-cutané à la dose de 3 millions d'UI trois fois par semaine à la ribavirine per os à la dose de 1 000 à 1 200 mg/j (selon le poids) pour une durée de 6 mois. La ribavirine a pu être poursuivie à pleine dose chez tous les malades. La baisse de l'hémoglobine a été de 1,7 g/dl à 3 mois et 2 g/dl à 6 mois. Les leucocytes ont baissé chez 15 malades sur 17, se maintenant au-dessus de 2 000/ml. Une neutropénie (700 et 800 neutrophiles/ml) est apparue chez 2 malades après trois mois de traitement, nécessitant de baisser la dose d'interféron de moitié jusqu'à la fin du traitement. Une thrombopénie modérée a été observée chez un malade en fin de traitement. Aucune toxicité hépatique n'a été observée. Il n'y a pas eu de variation significative des lymphocytes CD4 et de la charge virale VIH.
Sauleda et al. ont évalué l'association interféron-alpha - ribavirine chez 20 hémophiles co-infectés [58]. Tous les malades recevaient un HAART. L'interféron-alpha était prescrit à la dose de 3 millions d'UI trois fois par semaine et la ribavirine per os à la dose de 800 mg/j pour une durée de 6 à 12 mois. Tous les malades ont reçu le traitement de l'hépatite C pendant au moins 6 mois, sans effet secondaire majeur nécessitant l'arrêt ou une réduction de dose des traitements dirigés contre le VHC, et sans modification du HAART. Les lymphocytes CD4 sont passés en moyenne de 490/ml au début du traitement à 417/ml après 6 mois de traitement et sont remontés à 552/ml six mois après la fin du traitement. Une discrète baisse des polynucléaires neutrophiles et des plaquettes a été observée sous traitement, réversible après son arrêt. La concentration d'hémoglobine est passée en moyenne de 15,1 g/dl avant traitement à 13,5 g/dl après 6 mois de traitement et est remontée à 14,7 g/dl six mois après la fin du traitement.
L'étude de Landau et al. rapportée ci-dessus a été poursuivie et complétée en incluant 50 malades co-infectés (incluant les 20 de la première publication). L'association interféron-alpha-ribavirine a été administrée pendant 12 mois [59]. L'interféron était administré en sous-cutané à la dose de 3 millions d'UI trois fois par semaine et la ribavirine per os à la dose de 1 000 ou 1 200 mg/j, selon le poids. Presque tous les malades (47, soit 92 %) recevaient déjà un traitement anti-VIH, depuis en moyenne 4,5 ans : une bithérapie avec NRTI chez 24 malades (zidovudine ou stavudine associée à la lamivudine), une trithérapie incluant un inhibiteur de protéase chez 11 malades et une trithérapie incluant un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse chez 12 malades. Les malades avaient déjà reçu de l'interféron dans 19 cas et aucun n'avait reçu de ribavirine. Le traitement anti-VHC a dû être arrêté chez 15 malades (29 %), pour effet secondaire dans 4 cas et pour inefficacité dans les 11 autres cas. La dose d'interféron a été réduite pour mauvaise tolérance clinique ou biologique de 3 millions d'UI à 1,5 million d'UI trois fois par semaine chez 9 malades (17 %). La concentration moyenne d'hémoglobine est passée de 13,8 g/dl en début de traitement à 12,8 g/dl (p = 0,002) en fin de traitement. Chez 18 malades (35 %), la dose de ribavirine a dû être baissée à 600 mg/j en raison d'une diminution de l'hémoglobine en dessous de 12 g/dl. Les effets secondaires attribuables à l'interféron ont été : syndrome pseudo-grippal marqué (n = 19, 38 %), irritabilité (n = 25, 51 %), dépression (n = 4, 8 %), prurit (n = 6, 14 %), toux (n = 1, 2 %). La concentration moyenne des lymphocytes CD4 a baissé de manière significative entre le début du traitement (411/ml) et la fin du traitement de l'hépatite C (340/ml, p < 0,0001), et est remontée à 426/ml six mois après la fin du traitement. Le traitement anti-VHC n'a pas eu d'impact significatif sur la charge virale VIH (14,6 _ 103 copies/ml en début de traitement versus 11,9 _ 103 copies/ml en fin de traitement). La charge virale VIH était indétectable chez 20 malades en début de traitement et chez 17 malades en fin de traitement de l'infection à VHC.


Les cytopathies mitochondriales favorisées par la ribavirine

Comme décrit ci-dessus, les NRTI peuvent, indépendamment du traitement de l'hépatite C, favoriser une toxicité mitochondriale, due à une inhibition de l'ADN-polymérase [60]. Ce mécanisme est considéré comme un des principaux facteurs du développement de la lipodystrophie, mais aussi de neuropathies périphériques, de pancréatites et d'acidoses lactiques [61].
L'interaction ribavirine-didanosine a été analysée chez l'homme dans une étude de phase 1 [62]. Chez 18 malades infectés par le VIH, la didanosine a été prescrite à une forte dose de 400 mg 4 fois par jour pendant 4 semaines, puis le traitement a été poursuivi par une association de didanosine et de ribavirine pendant 8 semaines. Des effets secondaires de grade 2 à 4 sont apparus chez 22 % des malades. Deux de ces malades qui ont poursuivi le traitement pendant 20 semaines ont développé une pancréatite biologique qui a régressé après l'arrêt de la didanosine.
Lafeuillade et al. ont rapporté 2 cas de cytopathie mitochondriale chez des malades co-infectés recevant simultanément l'association interféron-alpha-ribavirine et une trithérapie antirétrovirale (didanosine, stavudine et saquinavir dans un cas, didanosine, stavudine et lamivudine dans l'autre cas) [63]. Les effets secondaires sont devenus franchement symptomatiques entre 4 et 6 mois après le début du traitement de l'hépatite C. Le premier malade a développé en quelques mois un amaigrissement de 5 kg et une ascite. Le bilan biologique s'est perturbé progressivement avec apparition d'une cytolyse hépatique et d'une cholestase, d'une augmentation de la lipasémie et de la lactatémie. Une pancréatite diffuse était confirmée au scanner et un diabète insulino-dépendant est apparu. Une ponction-biopsie hépatique de contrôle a mis en évidence l'extension majeure d'une stéatose micro- et macrovacuolaire estimée à 50 % du parenchyme hépatique. Le malade a récupéré après l'arrêt de l'association interféron-ribavirine et de la didanosine. La stavudine a été arrêtée dans un deuxième temps. L'interféron a été réintroduit par la suite sans problème. Le deuxième malade a développé en quelques mois un amaigrissement de 6 kg. Les gamma-glutamyl-transférases ont augmenté de façon importante. Il est apparu une élévation de l'amylasémie et de la lactatémie, ainsi qu'une intolérance au glucose. Une biopsie hépatique de contrôle a mis en évidence l'extension majeure d'une stéatose micro- et macrovacuolaire estimée à 40 % du parenchyme hépatique. L'arrêt de la ribavirine a permis la régression des anomalies.
Salmon-Céron et al. ont rapporté 3 autres cas de cytopathie mitochondriale chez des malades co-infectés recevant simultanément l'association interféron-alpha-ribavirine et une trithérapie antirétrovirale incluant de la didanosine [52]. Les effets secondaires sont devenus nets, une médiane de 6 mois après le début du traitement de l'hépatite C. Les malades ont présenté initialement une asthénie et un amaigrissement. Biologiquement est apparue une augmentation de la lipasémie et de la lactatémie. Une pancréatite clinique a été observée chez un malade. Les modifications de traitement ont consisté en un arrêt complet des médicaments anti-VHC et des antirétroviraux dans le cas le plus sévère, un arrêt des médicaments anti-VHC dans le deuxième cas (non répondeur pour le VHC) et une réduction de moitié de la dose de didanosine dans le troisième cas.
Hester et al. ont trouvé 5 cas de pancréatite parmi 22 malades co-infectés recevant une association interféron-ribavirine et un traitement antirétroviral [64]. Parmi ces 5 malades, 4 recevaient un traitement incluant didanosine et stavudine et 1 malade, un traitement incluant la stavudine. La pancréatite est survenue dans les 3 mois après le début du traitement de l'hépatite C chez 4 malades et dans les 6 mois chez 1 malade.
Essais contrôlés randomisés évaluant l'association interféron-ribavirine chez les malades co-infectés VIH-VHC


Deux études randomisées sont en cours

Une étude internationale à 3 bras réalisée par le laboratoire Roche comparant l'efficacité et la tolérance de l'interféron-alpha pégylé en monothérapie, de l'association interféron-alpha-ribavirine et de l'association interféron-alpha pégylé-ribavirine.
Une étude française à 2 bras réalisée sous l'égide de l'ANRS avec l'aide du laboratoire Schering-Plough comparant l'efficacité et la tolérance de l'association interféron-alpha-ribavirine et de l'association interféron-alpha pégylé-ribavirine. L'interféron-alpha est prescrit à la dose de 3 millions d'UI en sous-cutané trois fois par semaine, l'interféron-alpha pégylé à la dose de 1,5 mg/kg en sous-cutané une fois par semaine et la ribavirine per os à la dose de 800 mg/j, pour une durée de traitement de 48 semaines. Les malades incluables sont co-infectés avec à la biopsie hépatique un score METAVIR >= A1-F1 et des lymphocytes CD4 >= 200/ml. Les malades peuvent recevoir ou non un traitement antirétroviral. Celui-ci doit être inchangé depuis au moins 3 mois au moment de l'inclusion. Aucun malade n'a reçu de médicament anti-VHC auparavant. Les malades ayant une cirrhose compensée peuvent être inclus. L'étude est toujours en cours. Au 19 octobre 2001, 393 malades étaient pré-inclus et 364 randomisés. Le score METAVIR à l'inclusion était en moyenne de 1,8 pour l'activité et de 2,3 pour la fibrose (F3 : 24 % des malades, F4 : 15 % des malades). L'activité des aminotransférases était normale à l'inclusion et dans le mois précédant l'inclusion chez 18 % des malades malgré une hépatite C évolutive à l'histologie. Un traitement antirétroviral était déjà prescrit au moment de l'inclusion chez 82 % des malades ; ce traitement incluait de la didanosine dans 22 % des cas. Il n'y a actuellement pas de différence significative de tolérance entre les deux bras sur les données préliminaires obtenues en octobre 2001. Le poids est passé en moyenne de 67 kg à l'inclusion à 63 kg à la semaine 24 (S24) et à 61 kg à S48. De l'inclusion à S24 les modifications biologiques suivantes ont été observées (moyennes) : l'hémoglobine est passée de 14,5 g/dl à 13 g/dl, les leucocytes totaux sont passés de 5 980/ml à 4 358/ml, les polynucléaires neutrophiles de 3 102/ml à 2 361/ml, les plaquettes de 191 000/ml à 164 000/ml, les lymphocytes totaux de 2 168/ml à 1 568/ml, et les lymphocytes CD4 de 500/ml à 400/ml. La charge virale VIH a augmenté de plus de 0,5 log (ou est devenue détectable si indétectable à l'inclusion) chez 9 malades dans le bras interféron-alpha et chez 7 malades dans le bras interféron-alpha pégylé (différence non significative).
L'activité des aminotransférases a baissé de façon très significative dès le premier mois de traitement, témoignant de l'efficacité des deux schémas thérapeutiques. Le nombre d'événements indésirables graves était très proche entre les deux groupes. Certains de ces événements ne semblent pas liés aux traitements, mais plutôt au terrain sous-jacent ou à des facteurs intercurrents. L'analyse d'imputabilité n'est pas encore disponible. Un décès est survenu chez 2 malades, mais dont la cause était sans rapport avec les médicaments de l'étude (inhalation de nitrate de propyle avant le début du traitement dans un cas, carcinome neuro-endocrine à la douzième semaine dans l'autre cas). Un événement psychiatrique a été observé chez 6 malades dans chaque bras. Une cytopathie mitochondriale a été observée chez 8 malades : hyperlactatémie asymptomatique (n = 2), hyperlactatémie symptomatique (n = 3), acidose avec suspicion d'hyperlactatémie (dosage non disponible) (n = 1), pancréatite aiguë clinique (n = 2). Les 8 malades recevaient de la didanosine, associée à la stavudine dans 6 cas. Cet effet secondaire a entraîné un arrêt définitif du traitement de l'hépatite C 5 fois sur 8.

Quand traiter ?

En l'absence de stratégie validée, certains points forts des données de la littérature ou de l'expérience peuvent permettre de suggérer des recommandations stratégiques. Les deux dernières conférences de consensus sur le traitement de l'hépatite C, l'une américaine (1997), l'autre européenne (1999), encouragent le traitement de l'hépatite C chez les sujets infectés par le VIH qui ont une situation clinique satisfaisante sans immunodépression évidente [65], [66]. Les cliniciens sont actuellement de plus en plus enclins à proposer le traitement de l'hépatite C aux malades co-infectés dans la mesure où l'éradication du VHC est devenu un objectif atteignable chez nombre d'entre eux [67]. Le clinicien doit prendre en compte les interactions de chaque infection entre elles, les interactions de chaque infection avec les médicaments et les interactions des médicaments entre eux.
Ainsi, les lésions hépatiques dues au VHC peuvent favoriser l'hépatotoxicité des traitements antirétroviraux [31]. Traiter l'hépatite C d'abord, lorsque cela est possible, devrait donc améliorer le bénéfice du traitement antirétroviral, grâce à une meilleure tolérance.


La sélection des malades co-infectés en vue d'un éventuel traitement de l'hépatite C doit passer par plusieurs étapes.

Une première sélection clinique doit prendre en compte les souhaits, la personnalité et le mode de vie du malade

Il faut tenir compte de la motivation du malade pour un traitement qui va être long et difficile ainsi que des données psycho-sociologiques. Il faut apprécier les possibilités de suivi, un alcoolisme ou une toxicomanie active et les problèmes d'observance. Il faut garder à l'esprit que certains stupéfiants (cocaïne, métamphétamine) ou certains médicaments (psychotropes, antidépresseurs, paracétamol, etc.) peuvent être hépatotoxiques [34]. Le sevrage ou la substitution de certaines dépendances semble indispensable pour espérer mener à bien le traitement. La lourdeur, la tolérance et l'acceptabilité d'autres traitements (anti-VIH, traitements d'infections opportunistes, etc.) doivent être prises en compte dans la décision que prennent ensemble le malade et son médecin. Un syndrome dépressif doit être traité avant d'envisager de démarrer un traitement incluant de l'interféron. Un traitement anti-VHC ne semble pas indiqué actuellement devant une cirrhose décompensée.

Une deuxième sélection est immuno-virologique.

Une concentration de lymphocytes CD4 supérieure ou égale à 200/ml devrait être si possible requise avant de recommander un traitement anti-VHC à un malade infecté par le VIH. En effet, lorsque les lymphocytes CD4 sont très bas, d'autres problèmes que l'hépatite C sont souvent au premier plan, qui doivent être résolus en priorité. De plus, il est probable que ces malades répondent moins bien au traitement anti-VHC. Seuls les résultats des études prospectives permettront de confirmer ce point.
La recherche de l'ARN viral C doit bien entendu être positive. Cette recherche doit être systématique chez le grand immunodéprimé, même en cas de sérologie VHC négative.
L'élévation de l'activité des aminotransférases n'est pas un prérequis (contrairement à ce que l'on observe chez les sujets mono-infectés par le VHC). En effet, dans l'expérience de l'essai ANRS Ribavic, une activité des aminotransférases normale s'observe fréquemment chez des malades ayant une hépatite histologique avancée.
Le génotypage de la souche du VHC peut influencer la décision thérapeutique, car il est plus facile de motiver un malade en cas de génotype " bon répondeur ".

La troisième sélection est histologique

En l'état actuel, les scores de fibrose hépatique, qui sont encore en cours d'évaluation chez les sujets immunocompétents, ne sont pas davantage validés chez les sujets infectés par le VIH. La biopsie hépatique reste systématique, par voie transjugulaire chez les hémophiles, avant traitement anti-VHC. Elle devrait être réservée a priori aux malades observants et motivés dont les critères cliniques, biologiques et virologiques sont compatibles avec une indication thérapeutique anti-VHC. Il faut si possible traiter tout malade co-infecté ayant un score METAVIR d'activité >= 2 ou un score de fibrose >= 2. Le traitement des hépatites minimes (A1-F1) est discuté ; il peut se justifier dans certains cas dans la mesure où l'hépatite peut évoluer plus rapidement chez les sujets co-infectés. Une hépatite minime non traitée nécessite une surveillance clinique et biologique régulière et un éventuel contrôle histologique 2 à 3 ans plus tard.

L'indication thérapeutique

L'indication thérapeutique repose, chez les malades sélectionnés par ces étapes successives, sur la confrontation des données virologiques VIH, VHC et des données histologiques.
Par quel traitement, anti-VIH ou anti-VHC, commencer et quand les associer ?
On peut distinguer certains cas de figure relevant de la pratique courante.
Malade en cours de traitement pour l'un des virus
Introduire le traitement de l'autre virus s'il devient indiqué par l'évolutivité de cet autre virus. L'introduction de ce deuxième traitement ne devra se faire que si la tolérance du premier traitement est correcte avec une bonne observance et si les anomalies biologiques, notamment hépatiques, qui auraient pu être observées sont contrôlées et stabilisées.


Malade n'ayant reçu aucun traitement antiviral

Lorsque les lymphocytes CD4 sont > 350/ml avec une situation clinique et biologique stable : proposer de traiter d'abord l'hépatite C. Cela permet d'éviter un traitement trop lourd avec le risque d'interactions médicamenteuses. Le traitement anti-VIH pourra être proposé après la fin du traitement de l'hépatite C, si l'évolution immuno-virologique le rend indiqué. Chez certains malades, l'évolution immuno-virologique nécessitera la mise en route du traitement antirétroviral alors que le traitement de l'hépatite C est en cours. L'amélioration des lésions hépatiques initiée par le traitement anti-VHC devrait permettre une meilleure tolérance des antirétroviraux.
Lorsque les lymphocytes CD4 sont < 200/ml avec une charge virale VIH élevée : proposer de traiter d'abord le VIH afin de restaurer l'immunité. Le traitement de l'hépatite C pourra être proposé après quelques mois dès que l'immunité sera améliorée et que le traitement anti-VIH sera équilibré. Dans quelques cas, on sera amené à gérer la survenue d'une hépatite de restauration immunitaire.
Lorsque les lymphocytes CD4 sont compris entre 200 et 350/ml : décider au cas par cas en fonction de l'évolutivité respective des deux infections, et en sachant que la priorité est le plus souvent l'infection à VIH.
En cas d'infection à VHC très évolutive, apparaissant au premier plan du tableau clinique, responsable de lésions hépatiques sévères, et notamment de cirrhose active (non décompensée), le traitement de l'hépatite C devrait être proposé d'emblée, si les paramètres immuno-virologiques de l'infection VIH le permettent.

Surveillance des traitements

En cas d'instauration d'un traitement anti-VIH, le bilan hépatique devra être régulièrement surveillé afin de dépister précocement une hépatite médicamenteuse (nécessitant une adaptation du traitement antirétroviral) ou une hépatite de restauration immunitaire. Le dosage plasmatique des antirétroviraux potentiellement hépatotoxiques doit être recommandé afin d'éviter des surdosages.
Lorsque le traitement de l'hépatite C et le traitement antirétroviral sont concomitants, il est indispensable d'assurer une surveillance accrue clinique (poids, lipodystrophie) et biologique (hémogramme, bilan hépatique, amylasémie, lipasémie). Toute anomalie significative faisant suspecter une cytopathie mitochondriale devra conduire à un dosage de la lactatémie, en particulier lorsque le traitement contient de la didanosine.
Tout effet secondaire important implique une réévaluation de l'utilité de chaque médicament, et à réduire le dosage ou interrompre l'administration de tout médicament éventuellement en cause.

 



[1] Bani-Sadr F, Perronne C. Co-infection par le virus de l'hépatite C et le virus de l'immunodéficience humaine : aspects actuels. Med Mal Infect 2000;30:43-8.
[2] Perronne C, Bani-Sadr F. Co-infection par le VIH et le virus de l'hépatite C. Med Mal Infect 2000;30:344S-346S.
[3] Dorrucci M, Pezzoti P, Phillips AN, Lepri AC, Rezza G. Coinfection of hepatitis C virus with human immunodeficiencey virus and progression to AIDS. J Infect Dis 1995;172:1503-8.
[4] Piroth L, Duong M, Quantin C, Abrahamowicz M, Michardière R, Aho LS, et al. Does hepatitis C virus coinfection accelerate clinical and immunological evolution of HIV infected patients? AIDS 1998;12:381-8.
[5] Geffray L, Rosenthal E, Cacoub P, Perronne C, Veyssier P, Raguin G et al. Mortalité par cirrhose virale C chez les patients infectés par le VIH dans les services de médecine interne et de pathologie infectieuse en 1997. Enquête multicentrique GERMIVIC. Rev Med Interne 1999;20:1082-7.
[6] Esteyr ME, Diamondstone LS, Lien JM, Ehmann WC, Quan S, Goedert JJ. Natural history of hepatitis C virus infection in multitransfused hemophiliacs: effect of coinfection with human immunodeficiency virus. AIDS 1993;6:602-10.
[7] Darby SC, Ewart DW, Gianggrande PLF, Spooner RJ, Rizza CR, Dusheiko GM. Mortality from liver cancer and liver disease in haemophiliac men and boys in UK given blood products contaminated with hepatitis C. Lancet 1997;350:1425-31.
[8] Lesens O, Deschînes M, Steben M, Belanger G, Tsoukas CM. Hepatitis C virus is related to progressive liver disease in HIV-positive hemophiliacs and should be treated as an opportunistic infection. J Infect Dis 1999;179:1254-8.
[9] Benhamou Y, Bochet M, Di Martino V, Charlotte F, Azria F, Coutellier A et al. Liver fibrosis progression in human immunodeficiency virus and hepatitis C virus coinfected patient. Hepatology 1999;4:1054-8.
[10] Monga HK, Rodriguez-Barradas MC, Breaux K, Khattak K, Troisi CL, Velez M et al. Hepatitis C virus infection-related morbidity and mortality among patients with human immunodeficiency virus infection. Clin Infect Dis 2001;33:240-7.
[11] Dieterich DT. Hepatitis C virus and human immunodeficiency virus: clinical issues of coinfection. Am J Med 1999;107:79S-84S.
[12] Matsiota-Bernard P, Vrioni G, Onody C, Bernard L, de Truchis P, Perronne C. Human immunodeficiency virus (HIV) protease inhibitors have no effect on hepatitis C virus (HCV) serum levels of HIV-HCV co-infected patients. International J Antimicrob Agents 2001;17:155-7.
[13] Rockstroh JK, Theisen A, Kaiser R, Sauerbruch T, Spengler U. Antiretroviral triple therapy decreases HIV viral load but does not alter hepatitis C virus serum levels in HIV-HCV co-infected haemophiliacs. AIDS 1998;12:829-39.
[14] Rutschmann OT, Negro F, Hirschel B, Hadengue A, Anwar D, Perrin LH, Impact of treatment with human immunodeficiency virus (HIV) protease inhibitors on hepatitis C viremia in patients coinfected with HIV. J Infect Dis 1998;177:783-5.
[15] Puoti M, Gargiulo F, Roldan EQ, Chiodera A, Palvarini L, Spinetti A, et al. Liver damage and kinetics of hepatitis C virus and human immunodeficiency virus replication during the early phases of combination antiretroviral treatment. J Infect Dis 2000;181:2033-6.
[16] Torre D, Tambini R, Cadario F, Barbarini G, Moroni M, Basilico C. Evolution of coinfection with human immunodeficiency virus and hepatitis C virus in patients treated with highly active antiretroviral therapy. Clin Infect Dis 2001;33:1579-85.
[17] Benhamou Y, Di Martino V, Bochet M, Colombet G, Thibault V, Liou A, et al. Factors affecting liver fibrosis in human immunodeficiency virus and hepatitis C virus-coinfected patients: impact of protease inhibitor therapy. Hepatology 2001;2:283-7.
[18] Cacoub P, Geffray L, Rosenthal E, Perronne C, Veyssier P, Raguin G and Germivic Study Group. Mortality among human immunodeficiency virus-infected patients with cirrhosis or hepatocellular carcinoma due to hepatitis C virus in French departments of internal medicine/infectious diseases, in 1995 and 1997. Clin Infect Dis 2001;32:1207-4.
[19] Soriano V, Garcia-Samaniego J, Rodriguez-Rosado R, Gonzalez J, Pedreira J. Hepatitis C and HIV infection: biological, clinical and therapeutic implications. J Hepatology 1999;31:119-23.
[20] Den Brinker M, Wit FW, Wertheim-van Dillen PME, Jurriaans S, Weel J, Van Leeuwen R et al. Hepatitis B and C virus co-infection and the risk for hepatotoxicity of highly active antiretroviral therapy in HIV-1 infection. AIDS 2000;14:2895-902.
[21] Savès M, Raffi F, Clevenbergh P, Marchou B, Waldner-Combernoux A et al. Hepatitis B or hepatitis C virus infection is a risk factor for severe hepatic cytolysis after initiation of a protease inhibitor-containing antiretroviral regimen in human immunodeficiency virus-infected patients. Antimicrob Agents Chemother 2000;12:3451-5.
[22] Sulkowski MS, Thomas DL, Chaisson RE, Moore RD. Hepatotoxicity associated with antiretroviral therapy in adults infected with human immunodeficiency virus and the role of hepatitis C or B virus infection. JAMA 2000;1:74-80.
[23] Savès M, Vandentorren S, Daucourt V, Marimoutou C, Dupon M, Couzigou P, et al. Severe hepatic cytolysis and risk factors in patients treated by antiretroviral combinations. Aquitaine Cohort France: 1996-1998. AIDS 1999;13:115-21.
[24] Arribas JR, Ibanez C, Ruiz-Antoran B, Pena JM, Esteban-Calvo C, Frias J, et al. Acute hepatitis in HIV-infected patients with HIV protease inhibitors: an immune restoration disease? AIDS 1998;12:2289-93.
[25] Lai KK, Gang DL, Zawacki JK, Cooley TP. Fulminant hepatic failure associated with 2', 3'-dideoxyinosine (ddI). Ann Intern Med 1991;115:283-4.
[26] Braü N, Leaf HL, Wieczorek RL, Margolis DM. Severe hepatitis in three AIDS patients treated by indinavir. Lancet 1997;349:924-5.
[27] Brinkman K, Hofstede HJM. Mitochondrial toxicity of nucleoside analogue reverse transcriptase inhibitors: lactic acidosis, risk factors and therapeutic options. AIDS Clin Rev 1999;1:140-6.
[28] D'Arminio Monforte A, Bugarini R, Pezzotti P, De Luca A, Antinori A, Mussini C, et al. Low frequency of severe hepatotoxicity and association with HCV coinfection in HIV-positive patients treated with HAART. JAIDS 2001;2:114-23.
[29] Pol S. Prise en charge de l'infection virale C chez les patients coinfectés par le VIH recevant un traitement antirétroviral. Presse Med 2001;14:677-82.
[30] Poles MA, Dieterich DT. Hepatitis C virus/human immunodeficiency virus coinfection: clinical management issues. Clin Infect Dis 2000;31:154-61.
[31] Rodriguez-Rosado R, Perez-Olmeda M, Garcia-Samaniego J, Soriano V. Management of hepatitis C in HIV-infected persons. Antiviral Res 2001;52:189-98.
[32] John M, Flexman J, Franch MAH. Hepatitis C-virus associated hepatitis following treatment of HIV-infected patients with protease inhibitors: an immune restoration disease? AIDS 1998;12:2289-93.
[33] Zylberberg H, Pialoux G, Carnot F, Landau A, Bréchot C, Pol S. Rapidly evolving hepatitis C virus related cirrhosis in a human immunodeficiency patient receiving triple antiretroviral therapy. Clin Infect Dis 1998;27:1255-8.
[34] Pol S. La co-infection par les virus de l'hépatite C et de l'immunodéficience humaine. Gastroenterol Clin Biol 2001;25:152-6.
[35] Duong M, Petit JM, Piroth L, Grappin M, Buisson M, Chavanet P et al. Association between insulin resistance and hepatitis C virus chronic infection in HIV-hepatitis C virus coinfected patients undergoing antiretroviral therapy. JAIDS 2001;27:245-50.
[36] Jos Frissen PH, de Wollf F, Reiss P, Bakker PJM, Veenhof CHN, Danner SA, et al. High dose interferon-alpha2a exerts potent activity against human immunodeficiency virus type 1 not associated with antitumour activity in subjects with Kaposi's sarcoma. J Infect Dis 1997;176:811-4.
[37] Reynes J, Rouzier-Panis R, Laughlin M, Baillat V, Kanouni T, Garaud JJ. Antiretroviral activity and tolerability of PEG-interferon alpha-2b in patients on stable background: results of a phase I/II study. 7th Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections. 2000, San Francisco, abstract 542.
[38] Soriano V, Garcia-Samaniego J, Bravo R, Gonzalez J, Castro A, Castilla J, et al. Interferon alpha for the treatment of chronic hepatitis C in patients infected with human immunodeficiency virus. Clin Infect Dis 1996;23:585-91.
[39] Causse X, Payen JL, Izopet J, Babany G, Saint-Marc Girardin MF. French Multicenter Study Group. Does HIV-infection influence the response of chronic hepatitis C to interferon treatment? A French multicenter prospective study. J Hepatology 2000;32:1003-10.
[40] Sax H, Friedl A, Renner E, Steuerwald H, Weber R for the Swiss HIV Cohort Study. Pilot study of interferon-alpha with and without amantadine for the treatment of hepatitis C in HIV coinfected individuals on antiretroviral therapy. Infection 2001;5:267-70.
[41] Roberts RB, Jurica K, Meyer III WA, Paxton H, Makush RW. A phase 1 study of ribavirin in human immunodeficiency virus-infected patients. J Infect Dis 1990;162:638-42.
[42] Vogt MW, Hartshorn KL, Furman PA, Chou TC, Fyle JA, Coleman LA, et al. Ribavirin antogonizes the effect of azidothymidine on HIV replication. Science 1987;235:1376-9.
[43] Hoggard PG, Barry MG, Khoo SH, Back DJ. Drug interactions with d4T phosphorylation in vitro. Br J Clin Pharmacol 1996;42:278.
[44] Malinoski F, Stollar V. Inhibitors of IMP dehydrogenase prevent sindbis virus replication and reduce GTP levels in Aedes albopictus cells. Virology 1981;110:281-9.
[45] Hoggard PG, Veal GJ, Wild MJ, Barry MG, Back DJ. Drug interactions with zidovudine phosphorylation in vitro. Antimicrob Agents Chemother 1995;39:1376-8.
[46] Sim SM, Hoggard PG, Sales SD, Phiboonbanakit D, Hart CA, Back DJ. Effect of ribavirin on zidovudine efficacy and toxicity in vitro: a concentration-dependent interaction. AIDS Res Hum Retroviruses 1998;14:1661-7.
[47] Hoggard PG, Kewn S, Barry MG, Khoo SH, Bach DJ. Effets of drugs on 2'-3'-dideoxy-2'-3'-didehydrothymidine phosphorylation in vitro. Antimicrob Agents Chemother 1997;41:1231-6.
[48] Salmon D, Perusat S, Becker F, Grassi J, Lunel F, Bouvier-Alias M, et al. L'interaction très probable in vivo entre ribavirine et d4T n'a pas d'impact à court terme sur l'ARN-VIH plasmatique. Réunion Interdisciplinaire de Chimiothérapie Anti-infectieuse 2001, Paris. Résumé 169/P1.
[49] Harvie P, Omar RF, Dusserre N, Lansac N, Desormeaux A, Gourde P, al. Ribavirin potentiates the efficacy and toxicity of 2'-3'dideoxyinosine in the murine acquired immunodeficiency syndrome model. J Pharmacol Exp Ther 1996;279:1009-17.
[50] Allen LB, Quenelle DC, Westbrook L, Taylor BA, Prichard MN, Brazier AD. In vitro and in vivo enhancement of ddI activity against Rausher murine leukemia virus by ribavirin. Antiviral Res 1995;27:317-23.
[51] Kakuda TN, Brinkman K. Mitochondrial toxic effects and ribavirin. Lancet 2001;357:1802-3.
[52] Salmon-Céron D, Chauvelot-Moachon L, Abad S, Silbermann B, Sogni P. Mitochondrial toxic effects and ribavirin. Lancet 2001;357:1802-3.
[53] Brinkman K, Kakuda TN. Mitochondrial toxicity of nucleoside analogue reverse transcriptase inhibitors: a looming obstacle for long term antiretroviral therapy. Curr Opin Infect Dis 2000;13 :5-11.
[54] Perez-Olmeda M, Gonzalez J, Garcia-Samaniego J, Arribas JR, Pena JM, Soriano V. Interferon plus ribavirin in HIV-infected patients with chronic hepatitis C. JAIDS 1999;22:308-9.
[55] Landau A, Batisse D, Duong Van Huyen JP, Piketty C. Bloch F, Pialoux G, et al. Efficacy and safety of combination therapy with interferon-alpha2b and ribavirin for chronic hepatitis C in HIV-infected patients. AIDS 2000;14:839-44.
[56] Zylberberg H, Benhamou Y, Lagneaux JL, Landau A, Chaix ML, Fontaine H, et al. Safety and efficacy of interferon-ribavirin combination therapy in HCV-HIV coinfected subjects: an early report. Gut 2000;47:694-7.
[57] Nasti G, Di Gennaro G, Tavio M, Cadorin L, Tedeschi RM, Talamini R et al. Chronic hepatitis C in HIV infection: feasibility and sustained efficacy of therapy with interferon alfa-2b and tribavirin. AIDS 2001;15:1783-7.
[58] Sauleda S, Juarez A, Esteban I, Altisent C, Ruiz I, Puig L, et al. Interferon and ribavirin combination therapy for chronic hepatitis C in human immunodeficiency virus-infected patients with congenital coagulation disorders. Hepatology 2001;5:1035-40.
[59] Landau A, Batisse D, Piketty C, Duong Van Huyen JP, Bloch F, et al. Long-term efficacy of combination therapy with interferon alpha-2b and ribavirin for severe chronic hepatitis C in HIV-infected patients. AIDS 2001;15:2149-55.
[60] Brinkman K, Smeitink JA, Reiss P. Mitochondrial toxicity induced by nucleoside-analogue reverse-transcriptase inhibitors is a key factor in the pathogenesis of antiretroviral therapy related lipodystrophy. Lancet 1999;354:1112-5.
[61] Carr A, Miller J, Law M, Cooper DA. A syndrome of lipoatrophy, lactic acidaemia and liver dysfunction associated with HIV nucleoside analogue therapy: contribution to protease inhibitor-related lipodystrophy syndrome. AIDS 2000;14:F25-F32.
[62] Japour AJ, Lertora JJ, Meehan PM, Erice A, Connor JD, Griffith BP, et al. A phase-I study of the safety, pharmacokinetics, and antiviral activity of combination didanosine and ribavirin in patients with HIV-1 disease. JAIDS 1996;13:235-46.
[63] Lafeuillade A, Hittinger G, Chadapaud S. Increased mitochondiral toxicity with ribavirin in HIV/HCV coinfection. Lancet 2001;357:208-81.
[64] Hester J, Keiser P, Berggren R. Pancreatitis: an emerging complication of HCV treatment in HIV co-infected patients treated with didanosine/stavudine containing regimens. Interscience Conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy 2001, Chicago; abstract 739.
[65] National Institutes of Health. Consensus Development Conference Panel Statement: Management of hepatitis C. Hepatology 1997;26:2-10.
[66] Consensus Statement EASL. International Consensus Conference on hepatitis C. J Hepatol. 1999;30:956-61.
[67] Soriano V, Bravo R, Garcia-Samaniego J, Castilla J, Gonzalez J, Castro A. Relapses of chronic hepatitis C in HIV-infected patients who responded to interferon therapy. AIDS 1997;11:400-1.



 


 Hit-Parade