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L'étude de la cinétique virale des patients
fournit des informations utiles aux médecins traitants
Les résultats de la plus grande étude de cinétique
virale jamais entreprise chez les patients atteints d'hépatite
C (HCV) ont indiqué que la réponse virologique
prolongée (RVP) au traitement par peginterféron
alfa-2a (40KD)/ribavirine (PEGASYS(r)/ COPEGUS(r)) peut désormais
être prédite dès la première ou la
quatrième semaine- en suivant le profil de décroissance
de la charge virale du patient.
A l'heure actuelle, les patients doivent subir 12 semaines
de traitement avant de savoir s'il a des chances de réussite.
L'étude DITTO-HCV (Traitement Individualisé
Dynamiquement de l'Infection Hépatite C et Corrélats
de la Dynamique Virale/Hôte), un projet de la Commission
Européenne instauré par des investigateurs, a aussi
révélé que, bien que personnalisation précoce
du traitement selon la cinétique virale puisse en principe
être efficace quand d'autres options de traitement sont
disponibles, il était impossible, avec les modifications
de traitement testées, d'améliorer les taux RVP
davantage que le régime standard de 24 ou 48 semaines
de PEGASYS(r)/ COPEGUS(r).
Le RVP total pour le génotype 1 était de 58%
pour un traitement standard (180 mcg de peginterféron
alfa-2a par semaine plus 1000 - 1200 mg de ribavirine par jour
pendant 48 semaines) contre 49% pour le traitement personnalisé.
Pour le génotype 2/3, le RVP était de 87% pour
le traitement standard contre 90% pour le traitement personnalisé.
"Nous avons découvert qu'un groupe de patients
que nous avons classifiés comme 'patients à réponse
virale rapide' ont la meilleure chance d'obtenir une réponse
virologique prolongée avec le traitement standard,"
a déclaré le Professeur Stefan Zeuzem, Directeur
du Département de Médicine Interne à l'University
Hospital de Homburg, en Allemagne, et investigateur de l'étude
DITTO-HCV.
"Le traitement individualisé selon la cinétique
virale précoce n'a toutefois pas amélioré
la réponse virologique prolongée que nous pouvons
déjà obtenir, étant donné qu'aucune
modification du traitement n'améliorait le résultat
thérapeutique des patients dont la réponse virale
n'est pas rapide."
L'étude a donc conclu que le concept de personnalisation
du traitement selon la cinétique virale devait être
testé à nouveau quand de meilleures alternatives
existeraient pour les patients ne réagissant pas rapidement
au traitement par peginterféron alfa-2a/ribavirine.
Les patients à réponse virale rapide obtiennent
les résultats les plus prometteurs.
Les patients à réponse virale rapide furent
définis prospectivement comme les patients dont le HCV
RNA avait baissé d'au moins 99% pendant le premier mois
du traitement.
L'étude a révélé que, dans ce
sous-groupe, même les patients de génotype 1 les
plus difficiles à traiter pouvaient obtenir un RVP de
83%. Un taux RVP relativement élevé (71%) fut même
obtenu chez les patients à réponse rapide traités
à la ribavirine pendant les 6 premières semaines
uniquement, au lieu du régime standard de ribavirine qui
se prolonge pendant le traitement complet de 48 semaines de peginterféron.
Ces taux RVP sont semblables à ceux obtenus par les
patients de génotype 2/3 (88%), qui, traditionnellement,
ont été plus faciles à traiter.
"Il est donc crucial que ces patients à réponse
rapide soient identifiés," a déclaré
le Professeur Zeuzem.
De nouveaux critères de prédiction pourront
ramener la règle d'arrêt de 12 semaines à
moins d'un mois
L'étude DITTO-HCV a identifié rétrospectivement
deux nouveaux critères de classification des patients
à réponse virale rapide et de prédiction
des résultats thérapeutiques éventuels.
Pour le critère DITTO de 1ère semaine, les niveaux
viraux sont mesurés au point de référence
et deux fois pendant la première semaine du traitement;
tandis que le critère DITTO de 2ième pente utilise
trois mesures des niveaux viraux entre la seconde et la quatrième
semaine de traitement.
"Ces deux nouveaux critères ont prédit
qui était et qui n'était pas susceptible de répondre
au traitement de manière bien plus précise que
la règle d'arrêt à 12 semaines actuelle.
Nous avons obtenu un coefficient de prévision négatif
(CPN) de 100% et un coefficient de prévision positif (CPP)
de 90% avec ces critères," a déclaré
le Professeur Avidan Neumann, de l'Université Bar-Ilan,
en Israël, coordinateur de l'étude DITTO-HCV.
L'utilisation de ces critères pour arrêter le
traitement chez les patients dont le manque de réponse
est prédit à un stade précoce rendra le
traitement plus économique, malgré le coût
additionnel des mesures de la charge virale.
"Ce sont d'excellentes nouvelles pour les patients et
les médecins.
En utilisant ces nouveaux critères, nous serons en
mesure d'identifier à un stade très précoce
un plus grand nombre de patients qui n'obtiendront pas de RVP,
de manière à pouvoir leur recommander de cesser
de prendre leurs médicaments, améliorant ainsi
leur qualité de vie," a déclaré le
Professeur Neumann.
"Nous savons maintenant que la personnalisation du traitement
selon la cinétique virale ne peut pas améliorer
les taux RVP avec les options de traitement disponibles à
l'heure actuelle.
Néanmoins, en mesurant les niveaux viraux à
un stade plus précoce du traitement, un test que les médecins
connaissent déjà bien, nous pouvons probablement
ramener la règle d'arrêt fixée actuellement
à la semaine 12, à la semaine 4 ou même à
la semaine 1, et éviter un traitement inutile aux patients
qui n'obtiendront pas de RVP. Ces nouveaux algorithmes prédictifs
seront, espérons-le, bientôt confirmés par
d'autres essais cliniques et leur faisabilité en pratique
clinique sera évaluée, ce qui nous permettra d'optimiser
le traitement des patients atteints d'hépatite C,"
a conclu le Professeur Neumann.
A propos de DITTO-HCV
L'étude DITTO-HCV est une étude multicentrique
indépendante européenne initiée par un groupe
d'investigateurs et soutenue par le programme Qualité
de vie FP5 (QLK2-2000-00836) de la Commission Européenne,
Hoffmann La-Roche et Maxim Pharmaceuticals (NASDAQ: MAXM - actualité)
. 300 patients atteints d'hépatite C chronique et originaires
de France, d'Allemagne, de Grèce, d'Israël, d'Italie,
des Pays Bas, d'Espagne, de Suède et de Suisse participèrent
à l'étude qui débuta en avril 2001.
Présentation des résultats
Les résultats de l'étude DITTO-HCV seront présentés
à AASLD, Boston, sous forme de poster le samedi 25 octobre
et oralement le lundi 27 octobre 2003.
Notes aux rédacteurs:
L'étude DITTO-HCV fut menée dans 9 centres cliniques
de France (Hôpital Mondor, Paris), d'Allemagne (Goele Universitat,
Francfort), de Grèce (Univ.
Thessalonoki), d'Israël (Tel-Aviv Sourasky Medical Center),
d'Italie (University Hospital of Parma), des Pays bas (Erasmus
Univ Hospital Rotterdam Dijzit), d'Espagne (Univ.
Barcelona), de Suède (Goeteborg Univ.) et de Suisse
(Univ.
Genève) et coordonnée en Israël (Bar-Ilan
University).
Références:
Neumann AU, Schalm SW, von Wagner M, Germanidis G, Lurie Y,
Missale G, Martell M, Vrolijk J-M, Norkrans G, Soulier A, Verheij-Hart
E, Colucci G, Ferrari C, Zeuzem S & Pawlotsky J-M. Early
viral kinetics prediction of sustained virological response after
1 or 4 weeks of peg-interféron-alfa-2a and ribavirin therapy
(DITTO-HCV Project).
Présenté à la American Association for
the Study of Liver Diseases, Boston, les 24-28 octobre 2003.
Sommaire no. 192. Hepatology, octobre 2003, Volume 37, Numéro
4, Suppl.
1, 248A.
Zeuzem S, Pawlotsky J-M, Hagai E, von Wagner M, Goulis I,
Lurie Y, Gianfranco E, Vrolijk J-M, Esteban JI, Soulier A, Verheij-Hart
E, Hansen B, Tal R, Ferrari C, Schalm SW & Neumann AU. International,
multicenter, randomized, controlled study comparing standard
versus dynamically individualized treatment in patients with
chronic hepatitis C (DITTO-HCV Project).
Présenté à la American Association for
the Study of Liver Diseases, Boston, les 24-28 octobre 2003.
Source : Yahoo
santé vendredi 24 octobre 2003, 14h30
Copyright Yahoo santé 2003. Tous droits réservés.
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