Hépatobase
               
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 Stéatose dysmétabolique


Définitions histologiques

  • stéatose
  • microscopie optique
    • présence grosses vésicules contenant des lipides envahissant une grande partie de l'hépatocyte
    • refoulant le noyau en périphérie.
    • diffuse ou localisée prédominant zone centro-lobulaire.

stéato-hépatite non alcoolique

  • Stéatose + lésions
    • altération des hépatocytes sous forme d'une ballonisation voire d'une nécrose
    • présence d'agrégats de cytokératine => corps de Mallory (Pas indispensable pour la définition)
    • infiltrat inflammatoire lobulaire contenant de façon prédominante des polynucléaires neutrophiles.
    • => fibrose, sinusoïdale ou centro-lobulaire => stade extrême cirrhose.
    • (corps de Mallory pas indispensable).

Aspects clinico-pathologiques

  • stéatose
  • totalement asymptomatique.
  • hépatomégalie
  • rarement douleur de l'hypochondre droit
  • foie douloureux à la palpation
  • stéatose constituée très rapidement => en tension la capsule de Glisson.

stéato-hépatite non-alcoolique

  • asymptomatique > 70% des cas.
  • symptomatique
  • asthénie
  • rarement douleur de l'hypochondre droit,
  • hépatomégalie
  • hypertension portal

biologique

  • augmentation aminotransférases
  • 2 à 3 N
  • ALAT>ASAT
  • stéato-hépatites alcooliques.
    • GGT sérique augmentée.
    • PAL N ou augmentée.
    • bilirubinémie N
    • TP N
    • Pas hypergammaglobulinémie.
    • anomalies métaboliques
      • hyperglycémie
      • hypertriglycéridémie
      • hypercholestérolémie
      • hyperuricémie
      • 60% des cas, une hyperferritinémie.

échographie

  • aspect hyperéchogène,
  • brillant du foie

 

Diagnostic différentiel

  • pathologie alcoolique
    • plus difficile à éliminer
    • anomalies cliniques, biologiques ou morphologiques strictement identiques.
    • Dosage de la transferrine désialylée (CDT)
    • rapport transferrine désialylée par rapport à la transferrine totale > 1,3.
  • hépatite chronique virale notamment C et B,
  • hépatite C, fréquemment une stéatose.
  • maladie de Wilson rarement envisagée => rare
  • déficit en alpha-antitrypsine => rare
  • hépatites autoimmunes => auto-anticorps
  • hémochromatose => tests génétiques, en particulier la recherche des mutations C282Y et H63D.

Etiologie des stéatoses et stéato-hépatite non-alcooliques

Causes nutritionnelle et dysmétabolique

Principal groupe.

  • obèses = 70% des cas,
  • diabète mal contrôlé et en général insulino-dépendant dans 40% des cas
  • et hypertriglycéridémie =50 %.
  • Ces troubles métaboliques et nutritionnels sont souvent associés.

troubles nutritionnels prolongés,

  • nutrition parentérale totale,
  • opération chirurgicale aboutissant à une dénutrition
  • volontaire réalisation de court-circuit digestif pour obtenir un amaigrissement ou par gastroplastie
  • résection étendue du grêle (tumeur ou maladie de Crohn).

Causes non métaboliques : médicaments et maladies rares

  • stéatose
    • corticostéroïdes à dose relativement élevée de façon prolongée.
  • stéato-hépatite non alcoolique plus limité.
    • Tamoxifène (anti-oestrogène traitement adjuvant dans le cancer du sein).
    • utilisation de ce médicament de façon prolongée dans le traitement adjuvant au cancer du sein doit être donc reconsidéré sur un plan bénéfice/risque.
    • anti-calciques ( nifédipine et le diltiazem).
    • méthotrexate,
    • glucocorticoïdes
    • maladies très rares cause de stéato-hépatite non-alcoolique.
      • diverticulose avec une pullulation microbienne très prolongée et très intense. 

Evolution clinique

  • la stéatose isolée est un phénomène très fréquent, l'évolution vers une stéato-hépatite est plus rare.
  • Celle-ci, une fois enclenchée, peut mener à l'évolution classique vers une cirrhose et ses complications comme une stéato-hépatite alcoolique.
  • Ainsi, on peut voir une évolution avec aggravation par insuffisance hépato-cellulaire, hypertension portale ou bien développement ultérieur d'un cancer.
  • Stéatose, stéato-hépatite non-alcoolique et développement d'une fibrose ou d'une cirrhose
  • différentes études effectuées depuis 20 ans
    • fibrose sévère peut être constatée histologiquement chez 15 à 50% des patients
    • une cirrhose chez 7 à 16% des patients.
  • Analyse des facteurs contribuant à la formation de cette fibrose aboutit à des résultats controversés.
  • Fer et développement de la fibrosedans la stéato-hépatite non-alcoolique
    • corrélation entre la surcharge en fer et le développement de la fibrose suggérée
    • par l'hyperferritinémie fréquente et/ou
    • surcharge en fer hépatique constatée à l'examen histologique hépatique.
    • travaux récents suggéré facteur avec des mutations du gène HFE.
    • autre possibilité association entre fibrose et développement d'une hépatosidérose dysmétabolique
    • lien entre l'insulino-résistance et la surcharge en fer.
  • facteurs prédictifs d'une fibrose sévère ou d'une cirrhose
    • âge
    • obésité
    • diabète
    • rapport ASAT/ALAT > 1
  • pas prédictif
    • sexe
    • taux de prothrombine
    • triglycéridémie
    • ferritinémie
    • transferrinémie.
  • étude française Ratziu et coll.
  • patients tests hépatiques anormaux + BMI > 25,
    • fibrose septale = 30%
    • cirrhose = 11%.
    • âge > 50 ans
    • BMI > 28
    • hypertriglycéridémie > 1,7 mmol/l
    • ALAT > 2 N.
    • cumule facteurs de gravité, âge > 45 ans + obésité + diabète,
    • le risque de fibrose sévère ou de cirrhose atteint 60%
    • risque est encore augmenté quand le rapport ASAT/ALAT > 1.

 

Quand faire une biopsie hépatique ?

  • importante si diagnostic de stéato-hépatite non-alcoolique douteux
  • importante si diagnostic probable pour évaluer risque d'évolution fibrosante.
  • recommander une biopsie hépatique
    • patient > 50 ans
    • transaminases > à 1,5 fois la normale de façon prolongée
    • facteurs de risque
    • obésité BMI > à 28
    • hypertriglycéridémie
    • diabète associé
    • rapport ASAT/ALAT > 1.

Mécanismes impliqués dans la stéato-hépatite non-alcoolique

  • stress oxydatif
  • peroxydation lipidique
  • anomalies de production de cytokines
  • anomalies du métabolisme des acides gras
  • insulino-résistance. 

simple stéatose peu d'anomalies.

  • formation basale d'espèce réactive d'oxygène (EROS) => limitée
    • pas de production d'une péroxydation lipidique importante.
    • risque stéato-hépatite faible
    • pas de risque de développer des lésions graves du foie.
  • formation des espèces réactives d'oxygène est fortement stimulée par différents facteurs
    • forte insulino-résistance,
    • activation du cytochrome P450 2E1,
    • déplétion de facteur de protection comme le glutathion et production accrue de toxines
    • activation de la peroxydation lipidique
      • péroxydation peut agir
        • par activation du ligand FAS,
        • par toxicité directe ou immunoallergique et
        • par la production de malonedialdéhyde et de 4-hydroxynonénale.
    • libération accrue de cytokines.
      • Les cytokines incriminés
      • TNFa,
      • TGFb
      • l'interleukine 8.

Traitement

  • corriger facteurs déclenchants de la stéatose et la stéato-hépatite.
  • correction de l'obésité.
  • correction du diabète
  • correction anomalies lipidiques.
  • éviter les médicaments hépatotoxiques.
  • consommation d'alcool pondérée.

Traitements médicamenteux

  • stéato-hépatite non-alcoolique
  • aucun d'entre eux n'a fait la preuve définitive d'une efficacité.
  • acide ursodesoxycholique fréquemment proposé en raison
    • d'une utilisation simple,
    • de l'absence de toxicité du produit.
    • reste à prouver que l'efficacité est réelle.
  • hypolipémiants pourraient s'avérer utiles
  • décontamination bactérienne pour éviter la pullulation microbienne : métronidazole.
  • utilisation d'antioxydants
  • vitamine E
  • précurseur du glutathion
  • anticytokines ( anti-TNFa),
  • inhibiteurs de l'insulino-résistance,
  • protecteurs ou des médicaments favorisant la restauration du stock d'ATP hépatocytaire,
  • inhibiteurs de cytochromes P450 2E1.
  • déplétion du fer de façon préconisée par certains auteurs

Références Bibliographiques :


Article de base ayant permis la réalisation de ce résumé :

Serge Erlinger

Service d'Hépatologie Hôpital Beaujon, Clichy


EPU Paris VII  Journée d'Hépatologie de l'Hôpital Beaujon

Samedi 8 Janvier 2000