Hépatobase
               
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La gastroentérite à éosinophiles


Manifestations cliniques de la GEAE

classification établi par Klein et al. en 1970

  • présentation clinique varie en fonction de la profondeur de l'infiltration dans la paroi digestive.
    • prédomine dans la muqueuse
      • signes cliniques
      • nausées
      • vomissements
      • douleurs abdominales
      • diarrhée avec malabsorption
      • parfois une entéropathie exsudative.
    • couche musculaire atteinte
      • syndromes obstructifs au premier plan.
    • atteinte séreuse prédominante
      • ascite riche en éosinophiles
      • occasionnellement à une effusion pleurale.

Actuellement : manifestations cliniques dépendent également de la distribution de l'infiltration à éosinophiles le long du tractus digestif.

  • atteinte oesophagienne rarement symptomatique => dysphagie principal signe clinique.
  • atteinte gastrique ( 40 à 80 %) antre => nausées, vomissements, douleurs abdominales et un amaigrissement.
  • atteintes de l'intestin grêle plus fréquentes
    • associées à une autre localisation dans 75 % à 90 % des cas.
  • atteintes duodénales => ulcérations ou sténose lorsque la musculeuse est atteinte.
    • tableau de diarrhée avec malabsorption et entéropathie exsudative.
  • localisations coliques plus rares,
  • ascite exsudative riche en polynucléaires éosinophiles.
    • éosinophiles représentaient plus de 90 % des cellules péritonéales
    • (environ 400 à 140 000 éosinophiles/mm3).
    • à distinguer de l'hyperéosinophilie du liquide péritonéal survenant au cours
      • des dialyses chroniques,
      • des péritonites spontanées à Escherichia coli ,
      • des lymphomes abdominaux ,
      • de la périartérite noueuse
      • des cancers du pancréas.
  • atteintes extra-intestinales
    • pancréatiques
    • hépatiques
    • vésicales

Explorations biologiques

  • hyperéosinophilie présente > 70 % des patients avec GEAE.
  • dosages d'IgE totale élevés > 50 % des cas.

Explorations morphologiques

  • explorations nécessaires
    • pour éliminer une atteinte extra-intestinale
    • affirmer le diagnostic de GEAE.
  • diagnostic de GEAE essentiellement histologique => biopsies par voie endoscopique.
  • aspect endoscopique => souvent normal.

Difficultés diagnostiques

  • hyperéosinophilie intestinale,
  • trois étiologies essentielles sont à éliminer :
    • les parasitoses,
    • les causes médicamenteuses
    • localisations intestinales d'un SHE.
  • les parasitoses
    • éosinophilie modérée localisation ou cycle intestinal
      • taenia
      • trichocéphale
      • oxyure.
    • hyperéosinophilies importantes phase larvaire ou adulte dans d'autres tissus :
      • ascaridiose, toxocarose, trichinose, bilharziose, ankylostomose, anguillulose.
      • angiostrongylose intestinale (Angiostrongylus costaricensis)
      • Amérique Centrale, Amérique du Sud, Antilles.
      • => atteintes iléocaecales
    • ascite riche en éosinophiles => Toxocara canis.
    • colite granulomateuse => Strongyloides stercoralis.
    • Ancylostoma caninum, parasite du chien =>grande majorité des GEAE en Australie
  • Tous les médicaments peuvent entraîner des manifestations allergiques avec hyperéosinophilie sanguine.
    • sels d'or
    • hypoglycémiants oraux
    • psychotropes
    • antibiotiques
    • anti-inflammatoires non stéroïdiens.
    • syndrome éosinophilie-myalgie tryptophane
  • SHE se définit
    • présence d'une éosinophilie sanguine > 1 500/mm3
    • pendant plus de 6 mois
    • associée à des manifestations viscérales sans cause connue.
    • homme > femme.
    • atteinte du tube digestif (14 % des cas)
      • diarrhée avec malabsorption
      • hépatomégalie
      • splénomégalie.
    • distinction avec la GEAE :
      • (1) l'hyperéosinophilie sanguine constante et souvent majeure;
      • (2) l'atteinte multiviscérale qui peut être symptomatique ou silencieuse, dépistée par des examens complémentaires ;
      • (3) le dosage de l'IL-5 sérique.


Physiopathologie de la GEAE

Allergie ?

Traitements de la GEAE

mal définie en l'absence de protocole thérapeutique contrôlé et de la régression parfois spontanée de la maladie

  • Dans les formes allergiques, => exclusion antigénique suffisante
  • épinéphrine pourrait être efficace.
  • Corticothérapie => traitement d'attaque de 20-40 mg/j de prednisone pendant environ 15 jours, une diminution lente des doses peut-être obtenue.
  • Si corticodépendance => 5-10 mg/j entretien
  • corticoïdes d'action locale (budésonide) =>dose de 9 mg/j [94].
  • corticorésistance => chromoglycate disodique inconstants.
  • anti-histaminiques (ketotifen ; 2-4 mg/j)

Références Bibliographiques :


Article de base ayant permis la réalisation de ce résumé :

Pierre DESREUMAUX1 
David SEGUY1 
Emmanuel DUTOIT2 
Sylvain DUBUCQUOI3 
Jean-Frédéric COLOMBEL1 
 

1 clinique des maladies de l'appareil digestif, hôpital Huriez,  CHRU  Lille, 59037 Lille Cedex, France.
2 service de parasitologie-mycologie, Faculté de Médecine,1, place de Verdun, 59045 Lille Cedex, France.
3 service d'immunologie, hôpital Huriez, CHRU Lille,  France.

Hépato-Gastro. Vol. 3, n° 4, juillet-août 1996 : 279-86

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