Hépatobase
               
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Le virus de l'hépatite G

Dr Didier Mennecier

Historique :
Le virus de l'hépatite G/GB-C a été identifié simultanément par deux compagnies (Genelabs et Abbott, USA) grâce à l' utilisation de techniques sophistiquées de biologie moléculaire.

Structure :
Les deux virus (HGB et GB-C) correspondent en effet à deux isolats différents d'un même virus qui appartient, comme le virus de l'hépatite C, à la famille des Flaviviridae mais est clairement différent du VHC.Une différence notable est l'absence de proteine de capside complète pour le VHG/GB-C. La variabilité génétique du VHG/GB-C, bien que moins importante que pour le VHC, a cependant conduit à décrire différents génotypes viraux.

Epidémiologie
Prévalence : la prévalence du VHG/GB-C est de 3 à 4% chez des nouveau donneurs de sang en France. La prévalence de l'infection à VHG/GBV-C chez les patients ayant une hépatopathie chronique cryptogénétique est très variable selon les séries ( de 3 à 60%) mais est généralement autour de 10-15% dans la plupart des études, ce qui ne semble pas différent de celle observée chez les patients ayant une hépatopathie non-virale.

Transmission :
Mal connu, indiscutablement transmissible par la transfusion de produits sanguins; le VHG/GB-C est également, fortement prévalent, chez les toxicomanes. Une transmission par voie sexuelle et de la mère à l'enfant est de plus probable mais non démontrée. Des coinfections avec le VHC et le VHB sont fréquentes : de l'ordre de 20 % dans les populations toxicomanes.

Manifestations :
D'une manière générale, le VHG/GB-C semble peu pathogène et la majorité des sujets infectés ont des activitées sériques de transaminases normales; De même, une infection à VHG/GB-C est détectée dans seulement 10-15% des patients avec hépatite aiguë ou chronique "Non-A,B,C,D,E. Le rôle de ce virus dans certaines hépatites fulminantes a été suggéré dans certaines séries au Japon et en Allemagne mais les données sont actuellement très contradictoire. La coinfection VHG/GB-C / VHB / VHC ne semble pas aggraver les lésions histologiques, ni influencer la réponse au traitement par interféron alpha.

Diagnostic de l'infection :
La détection du VHG/GB-C repose actuellement sur la détection de l'ARN VHG/GB-C. Il n'y a pas en effet de test sérologique de routine.

L'ensemble de ces éléments suggèrent que le terme de virus de l'hépatite G est peut-être inapproprié et que la grande majorité des hépatites non A-E est dûe à un agent non encore identifié.


Références

Le virus de l'hépatite G/GB-C:

- Le virus de l'hépatite G VHG/VHGB-C. Izopet J, Payen JL. Hépato-Gastro 1997; 4: 127-32.
- Simons JN, Pilot-Matias TJ, Leary TP, Dawson GJ, Desai SM, Schlauder GG, et al. Identification of two flavivirus-like genomes in the GB hepatitis agent. Proc Natl Acad Sci USA 1995 ; 92 : 3401-5.
- Cohard M. Les nouveaux virus responsables d'hépatite. Gastroenterol Clin Biol 1996 ; 20 : 527-30.