| Hépatobase | |||||||
Le virus de l'hépatite D (VHD) a été découvert par le Pr Mario Rizzetto qui, travaillant sur des biopsies hépatiques de patients souffrant d'hépatite virale chronique B particulièrement sévère, a mis en évidence dans le noyau des hépatocytes un nouvel antigène, nommé pour la circonstance antigène delta.Structure du virus
Génome du VHD ARN circulaire simple brin d'environ 1680 nucléotides de polarité négative
Plus petit génome connu des virus infectant les mammifères.
ÉpidémiologieL'infection par le VHD est un problème majeur de santé publique.
Proportion de porteurs Ag-HBs infectés par le VHD est estimée à 5%. Pour environ 300 millions de porteurs d'Ag-HBs, il existerait donc 15 millions de personnes infectées par le VHD.
L'épidémiologie du VHD est caractérisée par l'existence de zones d'endémie
- dans le bassin méditerranéen,
- dans certaines régions d'Europe de l'Est,
- au Proche-Orient,
- en Afrique sud-saharienne
- dans certaines régions d'Amérique latine.
Les zones non endémiques sont situées en Europe du Nord et de l'Ouest et en Amérique du Nord.
Des épidémies d'hépatites delta ont été observées
- A Naples en 1977,
- Chez les Indiens Yupca du Venezuela en 1981,
- En Colombie
- Au Brésil
- En République Centre-africaine.
Remarque : Ces épidémies sont caractérisées par leur gravité.
Remarque : VHD peu répandu dans le Sud-Est asiatique malgré la très forte prévalence de l'infection par le VHB.
Physiopathologie
Plusieurs mécanismes conduiraient aux lésions hépatiques. Ces lésions seraient liées
- soit directement au VHD
- soit à une réponse immunitaire du malade
- soit au VHB
PathologieLe VHD étant un virus défectif chez l'homme, il ne se développe que chez des patients également infectés par le VHB.
Cette double infection résulte d'une co-infection ou d'une surinfection d'un patient préalablement infecté par le VHB
- La co-infection est à l'origine d'une hépatite aiguë.
- Le VHB disparaît après l'hépatite et la réplication du VHD s'annule progressivement.
- hépatites fulminantes sont décrites.
- Deux pics d'élévation du taux des transaminases, séparés de deux à cinq semaines, s'observent dans 10 à 20% des co-infections.
- Au début de la maladie, l'Ag-HD n'est pas toujours détecté car l'antigénémie est très fugace. Les anticorps (Ac) IgM prédominent. En général, le titre des Ac reste modéré (< 1 : 1000).
- Au cours d'une surinfection, la multiplication du VHD est massive et les lésions hépatiques sont sévères. Il se développe une hépatite aiguë symptomatique chez 50 à 70% des patients Une hépatite fulminante peut également survenir plus fréquemment que lors d'une infection isolée par le VHB.
- La surinfection entraîne fréquemment une hépatite chronique active (HCA).
- Ces hépatites chroniques D évoluent rapidement vers la cirrhose dans 60 à 70% des cas.
- En phase aiguë d'une surinfection, la détection de l'Ag-HD est rapidement suivie par l'apparition des Ac qui persistent à des taux élevés. Les Ac totaux anti-HD persistent indéfiniment, tandis que les Ac IgM anti-HD ne persistent que lors des hépatites chroniques.
Diagnostic de l'infection
Repose sur la détection de l'Ag-HD, la détection des Ac anti-HD et la détection du génome viral.
hépatite D aiguë présence des IgG anti-HD.
hépatite chronique, chez les sujets non immunodéprimés, la persistance virale sera appréciée par la détection de l'ARN tandis que les anticorps témoigneront de la rencontre avec le virus (IgG anti-HD). Dans ce contexte, les anticorps de classe IgM sont considérés, à l'opposé des modèles classiques d'infection virale, comme un témoin de l'infection chronique.
Traitement et prévention
Les traitements actuels sont expérimentaux et peu efficaces.
Lors d'une hépatite D chronique, seuls les interférons (IFN) alpha ou gamma diminuent temporairement la virémie et améliorent la maladie hépatique.
Références Bibliographiques :
Article de base ayant permis la réalisation de ce résumé :
Le virus de l'hépatite D
Hélène POINSOT
Frédéric LE GAL
Paul DÉNYlaboratoire de bactériologie-virologie, hôpital Avicenne, UFR de santé,
médecine et biologie humaine de Bobigny, université Paris XIII,
125, route de Stalingrad, 93009 Bobigny, France.Hépato-Gastro. Vol. 2, n° 1, janvier-février 1995 : 25-30
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