Hépatobase
               
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Acide ursodésoxycholique et cholestases



Historique

L'acide ursodésoxycholique (AUDC) a été introduit en 1975 dans le traitement des calculs de cholestérol. Il a, depuis lors, en grande partie remplacé l'acide chénodésoxycholique (ACDC), responsable d'un pourcentage significatif d'effets secondaires, dans cette indication

  • L'AUDC est un acide biliaire hydrophile, capable de désaturer la bile et de dissoudre les calculs de cholestérol.
  • Les mécanismes sont une diminution de l'absorption intestinale du cholestérol et une diminution de la synthèse hépatique du cholestérol
  • En 1985, Leuschner et al. ont montré que l'administration prolongée d'AUDC pour dissoudre les calculs s'accompagnait d'une amélioration des paramètres biologiques, en particulier permettait de diminuer les transaminases chez les patients traités.
  • En 1987, Poupon et al. ont suggéré que l'AUDC pouvait avoir un effet bénéfique dans le traitement des maladies cholestatiques chroniques.
  • L'hypothèse proposée pour expliquer l'effet bénéfique de l'AUDC au cours des maladies cholestatiques reposait sur le remplacement des acides biliaires endogènes, qui sont cytotoxiques, par l'acide ursodésoxycholique, non toxique, dans le parenchyme hépatique.
  • Au cours des cholestases, il existe en effet un défaut d'excrétion des acides biliaires endogènes, qui s'accumulent dans le parenchyme hépatique où ils exercent des effets toxiques.
  • Ces données ont été confirmées chez des patients atteints de cirrhose biliaire primitive (CBP) où ont été constatés une amélioration des paramètres cliniques et biologiques, puis par une étude contrôlée à long terme
  • Depuis cette date, l'AUDC a été proposé pour le traitement de nombreuses maladies cholestatiques chroniques.

Traitement des maladies cholestatiques de l'adulte

Cirrhose biliaire primitive

La CBP est caractérisée par une destruction progressive des canaux interlobulaires, une nécrose hépatocytaire et une fibrose, conduisant à la cirrhose et à l'insuffisance hépatocellulaire. Le traitement de la phase terminale de cette maladie reste la transplantation hépatique.

De nombreuses substances ont été proposées pour le traitement de la CBP,

  • méthotrexate
  • D-pénicillamine
  • corticoïdes
  • ciclosporine
  • colchicine

Efficacité biologique dans la CBP, mais effets secondaires importants, limitant leur utilisation prolongée.

l'AUDC ralentit la progression de la maladie, sans cependant diminuer le recours à la transplantation hépatique.

Des associations thérapeutiques telles que AUDC + colchicine ou AUDC + méthotrexateont été récemment proposées.


Cholangite sclérosante primitive

Bien que l'efficacité de l'AUDC ait été démontrée dans la cholangite sclérosante primitive, son utilisation dans cette pathologie est d'un intérêt moindre que dans la CBP.

En effet, les patients atteints de cholangite sclérosante primitive développent fréquemment un cholangiocarcinome, et l'indication de transplantation hépatique est plus fréquente que dans la CBP.

De ce fait, le traitement par l'AUDC a pour objectif essentiel l'amélioration de l'état et de la qualité de vie du patient, dans l'attente d'une future transplantation hépatique.


Rejet de greffe de foie

Le rejet de greffe de foie aigu ou chronique est une complication fréquente de la transplantation hépatique, survenant chez 50-75 % des patients et nécessitant des traitements agressifs. L'utilisation de l'AUDC dans cette situation a été proposée sur les arguments suivants : mais résultats sont difficiles à interpréter

Maladie du greffon contre l'hôte

Demande confirmation.

Cholestase induite par la ciclosporine

La cholestase induite par la ciclosporine après transplantation hépatique pourrait s'améliorer sous AUDC


Cholestase associée à la nutrition parentérale

Une cholestase peut survenir au cours d'une nutrition parentérale au long cours. Il n'existe pas actuellement de traitement efficace. l'AUDC pourrait prévenir ou améliorer les anomalies hépatiques dans cette situation .


Cholestase gravidique

La cholestase gravidique est une maladie d'étiologie inconnue, caractérisée par un prurit et une perturbation des tests hépatiques évoquant une cholestase. Elle apparaît durant la seconde partie de la grossesse chez des femmes précédemment en bonne santé. Après l'accouchement, le prurit disparaît rapidement et les tests hépatiques reviennent à la normale. Outre le désagrément pour la mère, cette maladie peut entraîner une souffrance foetale, une naissance prématurée, une mortalité périnatale. Il n'existe pas de traitement efficace.
L'AUDC pourrait être efficace.


Cholestase récurrente bénigne

La cholestase récurrente bénigne est caractérisée par l'apparition soudaine, chez des sujets par ailleurs sains, d'une cholestase sévère régressant spontanément après quelques semaines. Ces crises aiguës ont été attribuées à un défaut de sécrétion canaliculaire des acides biliaires, provoqué par des facteurs non identifiés chez des sujets présentant une susceptibilité génétique. Aucun des traitements testés ne s'est révélé satisfaisant. L'AUDC pourrait être efficace.

 


Références Bibliographiques :


Article de base ayant permis la réalisation de ce résumé :

Acide ursodésoxycholique et cholestases

Yvon CALMUS1
Philippe PODEVIN2
Raoul POUPON2 
Renée POUPON3   

1 clinique chirurgicale, service du professeur Chapuis, hôpital Cochin,  27, rue du Faubourg-Saint-Jacques, 75014 Paris, France.
2 unité d'hépatogastroentérologie, hôpital Saint-Antoine, Paris, France.  3 INSERM U. 21, Villejuif, France.

Hépato-Gastro. Vol. 2, n° 6, novembre-décembre 1995 : 527-35

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