Revue de Presse
du Mois

 Hepatoweb édition
Mobile

 
HEPATOBASE
Retour


"Nous remercions les Editions Masson qui ont accepté à titre gracieux la reproduction
de l'ensemble de ces textes issus de leur fonds éditorial"


Histoire naturelle de l'infection par le virus de l'hépatite C
Jean-Claude TRINCHET (1)

(1)Service d'Hépato-gastroentérologie, Hôpital Jean-Verdier (AP-HP) et UFR SMBH (Université Paris 13), Bondy

Gastroentérologie clinique & biologique 2002; 26: 144-153
© Masson, Paris, 2002

 

Gastroentérologie clinique & biologique

 

Les étapes successives de l'histoire naturelle de l'infection par le virus de l'hépatite C (VHC) sont bien connues [1]
a. la contamination par le VHC entraîne une hépatite aiguë, le plus souvent inapparente, et la plupart des malades infectés restent porteurs chroniques du virus ;
b. la persistance de l'infection virale entraîne l'apparition de lésions d'hépatite chronique et le développement d'une fibrose, pouvant aboutir à la cirrhose généralement plusieurs décennies après la contamination ;
c. les complications cliniques, notamment le carcinome hépatocellulaire (CHC), surviennent presque exclusivement au stade de cirrhose et sont responsables de la mortalité de l'affection.
De nombreuses incertitudes demeurent néanmoins. La principale controverse concerne la proportion réelle de malades infectés développant des lésions hépatiques sévères. En effet, à côté des malades évoluant vers la cirrhose, dont la vie est menacée à court ou moyen terme, il existe une population importante de malades dont les lésions hépatiques sont minimes, même plusieurs décennies après la contamination, et semblent peu évolutives [2]. En théorie, l'histoire naturelle devrait être établie à partir de cohortes de malades suivis sans traitement depuis la contamination jusqu'au décès, ayant régulièrement une biopsie pour évaluer l'évolution des lésions hépatiques. Ce type d'étude n'est pas disponible (et difficile à réaliser en pratique). En effet,
a. chez un malade donné, la date de contamination est souvent imprécise : l'infection aiguë est souvent inapparente et les malades ayant une infection chronique sont asymptomatiques pendant une longue période ;
b. les complications cliniques surviennent plusieurs décennies après la contamination : la durée de suivi est trop courte dans beaucoup d'études ;
c. a répétition de la biopsie hépatique est difficile pour des raisons éthiques et pratiques ;
d. enfin, un nombre croissant de malades est traité par les agents antiviraux.
Ce texte a pour but de décrire l'histoire naturelle de l'hépatite C en insistant sur les travaux publiés depuis la conférence de consensus européenne de 1999 [3] [4] [5] [6].


Infection aiguë

L'infection aiguë par le VHC est cliniquement inapparente dans la plupart des cas [3], [6] [7] [8]. Son histoire naturelle est donc surtout connue dans les cas symptomatiques ou en cas de suivi systématique après transfusion de sang ou de produits dérivés du sang.
Le déroulement de l'infection aiguë peut être résumé comme suit [3], [6], [8]
a. l'ARN du VHC est le premier marqueur détectable dans le sérum, 7 à 21 jours après la contamination ;
b. l'augmentation de l'activité des aminotransférases sériques, souvent supérieure à 10 fois la limite supérieure de la normale (mais moins importante qu'en cas d'hépatite aiguë A ou B) survient au-delà du 15e jour, souvent au-delà de 4 semaines, après la contamination ;
c. les symptômes cliniques, en particulier l'ictère, ne sont observés que dans 10 % des cas, 2 à 12 semaines après la contamination et disparaissent rapidement ;
d. les anticorps anti-VHC apparaissent dans le sérum 20 à 150 jours après la contamination ;
cette séroconversion est l'élément majeur du diagnostic de l'infection aiguë, la positivité de l'ARN viral sérique, habituelle à ce stade, ne permettant pas à elle seule de distinguer une infection aiguë d'une infection chronique. L'hépatite aiguë C n'est jamais fulminante en l'absence de cofacteurs ; sa survenue pourrait être favorisée par l'existence d'un portage chronique de l'AgHBs [9].
La guérison de l'infection aiguë est définie par l'absence d'ARN du VHC détectable dans le sérum. Dans l'étude de Villano et al. [10], 6 des 43 malades (14 %) atteints d'infection aiguë (attestée par la constatation d'une séroconversion anti-VHC) ont guéri. Chez 5 d'entre eux (le sixième n'ayant jamais eu de virémie positive), l'ARN du VHC devenait indétectable dans le sérum dans un délai médian de 19 mois (extrêmes : 15 à 45 mois) et le demeurait ultérieurement. La négativité persistante de la recherche d'ARN du VHC dans le sérum serait associée à l'absence d'ARN du VHC dans le foie, ce qui traduirait l'élimination complète du virus [11], [12]. La guérison serait plus fréquente chez les malades ayant eu un ictère [10], [11]. À l'inverse, la positivité persistante de l'ARN du VHC dans le sérum traduit l'évolution vers une infection chronique [10], [11]. Chez certains malades, l'ARN du VHC devient transitoirement indétectable dans le sérum avant de réapparaître de façon permanente [6]. La normalisation de l'activité des aminotransférases sériques est fréquente malgré la persistance de l'infection, de l'ordre de 15 %, et ne permet donc pas de conclure seule à la guérison [10].
On considère habituellement que le pourcentage de guérison ne dépasse pas 15 à 20 % des malades infectés [3], [6], [8]. Néammoins, ce pourcentage a été déterminé d'après des études effectuées chez des malades contaminés par transfusion sanguine et pourrait être plus élevé dans d'autres populations de malades contaminés. Dans les études réalisées chez des femmes contaminées par les immunoglobulines anti-D [13], [14] ou chez des malades toxicomanes [15], la proportion de guérison était d'environ 45 %. Le pourcentage global de guérison pourrait aussi être sous-estimé du fait de l'existence de malades qui ont été contaminés, mais qui sont séronégatifs et par conséquent non identifiables par la sérologie. En effet, certains malades en contact répété avec de faibles quantités de virus (attestée par l'existence d'une immunité cellulaire) pourraient ne pas développer ou perdre rapidement les anticorps [8]. Enfin, la sérologie VHC peut devenir négative chez certains malades guéris, même si les anticorps persistent généralement très longtemps : 7 des 44 malades guéris de l'étude de Rodger et al. [15] avaient des anticorps anti-VHC indétectables 25 ans après contamination.


Infection chronique

Définition

En pratique, les malades infectés sont identifiés longtemps après l'infection aiguë par la détection d'anticorps sériques anti-VHC. L'infection chronique est alors attestée par la présence d'ARN du VHC dans le sérum. L'ARN du VHC reste constamment détectable tout au long de l'évolution [16] [17] [18] [19] [20], bien que certains malades puissent avoir ponctuellement une virémie négative [21]. La charge virale paraît globalement stable [18], [19], mais pourrait diminuer fortement, voire devenir indétectable, en cas de cirrhose décompensée [22] ou de CHC [20]. Cette évolution pourrait être la conséquence de la réduction de la masse hépatocytaire, et non d'une moindre virulence du VHC en fin d'évolution.
À l'opposé, les malades ayant une sérologie positive et une recherche d'ARN du VHC constamment négative dans le sérum sont probablement guéris. Chez les 41 malades de l'étude de Martinot-Peignoux et al. [12] répondant à cette définition, l'activité des aminotransférases sériques était normale et la biopsie hépatique (réalisée dans 51 % des cas) ne montrait pas de lésion significative. L'absence d'ARN du VHC détectable dans le foie était en faveur d'une élimination virale complète, même si ce point reste controversé [23], [24]. Enfin, après un suivi de plusieurs années, aucune augmentation de l'activité des aminotransférases n'était observée et l'ARN du VHC restait constamment indétectable dans le sérum.


Évaluation des lésions hépatiques. Malades "à transaminases normales"

Les malades ayant de l'ARN du VHC présent dans le sérum et une augmentation de l'activité des aminotransférases ont généralement des lésions d'hépatite chronique. Du fait de l'absence de corrélation entre le degré d'augmentation de l'activité des aminotransférases et celui des lésions histologiques [25], la réalisation d'une ponction biopsie hépatique est recommandée [5].
Vingt-cinq à 40 % des malades ayant une sérologie VHC positive ont une activité des aminotransférases sériques normale de façon répétée [12], [26], [27]. Ceux n'ayant pas de virémie détectable sont probablement guéris, comme cela a été dit plus haut. En revanche, la situation des malades ayant une activité des aminotransférases sériques normale de façon répétée et une virémie détectable reste controversée.
La définition de la normalité "persistante" de l'activité des aminotransférases est imprécise. Dans l'étude d'Inglesby et al. [28], réalisée chez 647 malades ayant une activité des aminotransférases sériques initialement normales, 49 % avaient au moins un résultat anormal dans les 25 mois qui suivaient. Il existe un consensus concernant la nécessité de disposer de plusieurs résultats normaux successifs avant de conclure que le malade appartient au groupe "à transaminases normales". Cependant, le nombre et l'intervalle de réalisation des dosages restent imprécis. La plupart des études requièrent l'obtention d'au moins 3 à 4 résultats normaux sur une période de 6 à 12 mois [12], [27], [29]. Cependant, si la période de surveillance est plus longue, la proportion de malades "à transaminases normales" diminue progressivement. Dans les études de Persico et al. [29] et de Martinot-Peignoux et al. [12], 20 % environ des malades avaient au moins un résultat anormal pendant un suivi de 3 à 4 ans.
Lorsqu'une biopsie est réalisée chez les malades virémiques "à transaminases normales", les lésions histologiques sont habituellement discrètes : 25 % des malades n'ont pas de lésion ou des anomalies non spécifiques et 50 à 55 % ont une hépatite chronique minime et il existe des lésions d'hépatite chronique modérée dans 20 % des cas, et une cirrhose dans moins de 1 % des cas [6]. Des études récentes ont évalué l'évolution des lésions entre deux biopsies hépatiques successives : les malades ayant des lésions initialement minimes n'avaient aucune progression significative [12], [29], [30]. Cependant, l'intervalle entre les deux biopsies ne dépassait pas 7 ans et l'on ne peut exclure une progression des lésions à plus long terme. Dans l'étude de Mathurin et al. [27], la progression de la fibrose, évaluée sur une seule biopsie à l'aide d'un modèle théorique, paraissait très faible, en tout cas très inférieure à celle des malades ayant une augmentation de l'activité des aminotransférases ; dans cette étude, les 3 malades qui avaient une cirrhose avaient une consommation excessive d'alcool.
Bien que le terme "porteurs sains" soit déconseillé [6], la plupart des malades virémiques "à transaminases normales" ont donc des lésions hépatiques absentes ou minimes et qui semblent peu évolutives. De ce fait, la réalisation systématique d'une biopsie hépatique, préconisée par certaines équipes [7], a été déconseillée par la conférence de consensus internationale de 1999 [5]. Si l'on veut néanmoins identifier les rares malades ayant des lésions sévères, le critère "transaminases normales" n'est pas le seul à prendre en compte pour l'indication de la biopsie. Outre une définition stricte de la normalité de l'activité des aminotransférases, cette indication dépend aussi de la coexistence d'autres causes d'atteinte hépatique (alcoolisme chronique, surpoids, coinfection virale) ou de la présence de signes cliniques, échographiques ou biologiques suggérant l'existence d'une maladie chronique du foie évoluée.

Hépatite chronique

Manifestations cliniques

En l'absence de maladie hépatique évoluée, les malades atteints d'hépatite chronique C sont habituellement asymptomatiques. En fait, de nombreux malades se plaignent spontanément d'asthénie et de troubles somatiques variés, notamment de douleurs articulaires ou musculaires [7]. La prévalence élevée des troubles psychologiques, notamment la dépression et l'anxiété, a également été soulignée [31]. Plusieurs études récentes, utilisant de façon prospective des questionnaires standardisés, ont confirmé ces faits. Dans l'étude de Barrett et al. [13], la prévalence de la dépression était de 23 %, celle de l'anxiété était de 43 %, et 77 % des malades étaient considérés comme ayant une souffrance psychologique. Dans l'étude de Fontana et al. [32], 35 % des 220 malades étudiés consécutivement avaient une souffrance émotionnelle contre 10 % dans la population témoin. Ces troubles sont souvent associés à une altération de la qualité de la vie, parfois très importante [31] [32] [33] [34] [35] [36].
L'origine de ces troubles reste imprécise [33]. Les toxicomanes ont souvent des troubles psychologiques en l'absence de toute infection virale [31]. Néammoins, ces troubles semblent plus fréquents chez les toxicomanes infectés par le VHC que chez ceux non infectés [31]. De plus, la prévalence des troubles psychologiques est aussi augmentée chez les malades non toxicomanes en comparaison avec celle d'une population témoin [31]. Beaucoup d'arguments plaident en faveur de l'origine réactionnelle de ces troubles, résultant de la connaissance par le malade du risque potentiel de complication et de l'incertitude sur l'avenir qui en découle, en particulier chez les malades jeunes. Dans l'étude de Barrett et al. [13], chez les femmes contaminées par les immunoglobulines anti-D, l'intensité des troubles psychologiques dépendait de la "publicité médiatique" entourant l'hépatite C : les femmes évaluées après les campagnes d'information étaient significativement plus anxieuses que celles dont l'évaluation avait été réalisée auparavant. Dans cette même étude, les femmes guéries avaient même davantage de symptômes non spécifiques que celles ayant une infection chronique. Dans l'étude de Rodger et al. [35], les malades qui connaissaient la positivité de la sérologie du VHC au moment de l'évaluation avaient un score de qualité de vie inférieur à celui des malades qui l'ignoraient. Dans l'étude de Fontana et al. [32], les malades qui pensaient mourir rapidement de l'hépatite C avaient le score de souffrance psychologique le plus élevé. Enfin, l'intensité de ces troubles ne paraît pas corrélée à celle des lésions hépatiques [31], [32], [34].
On ne peut cependant exclure une origine au moins en partie somatique pour expliquer ces troubles. L'asthénie pourrait résulter de la production de cytokines (ou d'autres substances) liée à l'infection virale chronique ou aux lésions inflammatoires hépatiques [37]. L'étude de Piche et al. [38] a montré l'existence d'une augmentation de la dépense énergétique basale qui disparaissait après traitement antiviral efficace. Les malades infectés par le VHC pourraient avoir des anomalies cérébrales [39]. Dans certaines études, les troubles psychologiques s'amélioraient après traitement antiviral efficace [31], [34], [36]. Cet effet pourrait cependant résulter des conséquences psychologiques favorables de l'efficacité du traitement.


Évolution

Les résultats hétérogènes des études concernant l'évolution des malades atteints d'hépatite chronique C ont généré une controverse. Maladie bénigne, sans impact détectable sur la survie dans certaines études, l'hépatite C est au contraire considérée dans d'autres comme une maladie grave, un "tueur silencieux" [2], responsable d'une mortalité élevée à court ou moyen terme. En effet, au moment du diagnostic, souvent fait 10 à 20 ans après la contamination, la première biopsie hépatique montre des lésions très variables d'un malade à l'autre. La majorité des malades ont des lésions histologiques minimes ; une minorité a des lésions modérées, rarement sévères. Le premier facteur identifié expliquant ces discordances concerne le mode de sélection des malades dans les études de cohortes.
Tout d'abord, les cohortes de malades pour lesquels la date de contamination est connue avec précision rapportent dans l'ensemble un faible risque d'évolution vers la cirrhose, et donc un nombre très faible d'événements cliniques en rapport avec la maladie hépatique [13] [14] [15], [40] [41] [42] [43]. Dans ces études, les malades étaient habituellement jeunes lors de la contamination. La population totale infectée est souvent identifiée, permettant de déterminer la proportion des malades ayant spontanément guéri. Les cohortes de femmes contaminées par les immunoglobulines anti-D à la fin des années 70 en Irlande [13], [14] et en Allemagne [43] en sont un exemple démonstratif. Ainsi, près de 20 ans après la contamination, les femmes irlandaises ayant une infection chronique (55 % des malades initialement contaminées) avaient des lésions inflammatoires minimes ou modérées dans respectivement 41 % et 52 % des cas ; une fibrose minime ou modérée était observée dans 51 % des cas, mais seules 2 % des malades avaient une cirrhose [14]. Un résultat similaire a été observé dans l'étude réalisée en Allemagne [43]. Dans ces études, les complications cliniques étaient très rares [43] ou absentes [14] tableau I. Dans une autre étude réalisée après 45 ans de suivi chez 17 jeunes recrues de l'armée américaine identifiés a posteriori comme ayant une sérologie C positive [44], un seul des 7 décès observés était lié à la maladie hépatique. Ces études, bien que globalement rassurantes, ont cependant des limites
a. le jeune âge des malades au moment de la contamination est probablement un facteur important de faible progression des lésions (voir ci-dessous) ;
b. le suivi après la contamination est probablement encore trop court pour voir survenir les lésions sévères ;
c. les malades inclus ont actuellement moins de 50 ans, et il est possible que la progression des lésions s'accélère à partir de cet âge (voir ci-dessous).
De ce fait, la poursuite de la surveillance de ces cohortes paraît indispensable.
Dans d'autres études, la mortalité globale est plus élevée, mais paraît surtout en rapport avec l'évolution d'affections extrahépatiques associées. Dans l'étude de Seef et al. [42], réalisée chez 222 malades ayant fait une hépatite aiguë post-transfusionnelle dans les années 70, la mortalité globale après 25 ans de suivi était élevée (67 %), supérieure à celle de la population générale, mais non différente de celle d'une population témoin transfusée n'ayant pas fait d'hépatite (65 %) ; le pourcentage de décès en rapport avec la maladie hépatique était très faible (4,1 %), mais significativement supérieur à celui de la population témoin transfusée (1,3 %, p = 0,05). Dans l'étude de Rodger et al. [15] concernant 98 toxicomanes ayant fait une hépatite aiguë, seuls 8 % des malades ayant une infection chronique avaient une cirrhose après 25 ans d'évolution ; le risque de décès par surdose ou suicide était 8 fois supérieur à celui lié à la maladie du foie.
Les résultats des études issues de centres spécialisés dans le traitement des maladies du foie contrastent fortement, et concernent clairement des populations de malades ayant des caractéristiques différentes [45] [46] [47] [48] [49] [50] tableau II. La date de la contamination est souvent inconnue. Les malades sont plus âgés au moment du diagnostic de l'infection tableau II, et ont été souvent adressés au centre spécialisé en raison d'anomalies cliniques ou biologiques évocatrices de maladie chronique du foie. De ce fait, la prévalence au moment du diagnostic de lésions hépatiques évoluées, notamment cirrhose, est nettement plus élevée tableau II. Malgré un suivi ne dépassant pas quelques années, l'incidence des complications et de la mortalité en rapport avec la maladie hépatique est plus élevée que dans les cohortes précédentes tableau II. Dans l'étude de Tong et al. [49], plus de la moitié des malades avaient une cirrhose au moment de l'inclusion ; à la fin du suivi de 4 ans en moyenne, 8 % des malades avaient eu une décompensation de la cirrhose, 10 % un CHC, et 15 % étaient décédés, principalement du fait de la maladie hépatique. Dans les études qui ont exclu les malades ayant une cirrhose au moment du diagnostic [45], [46], la mortalité était encore notablement influencée par les affections extrahépatiques associées, mais la part revenant directement à la maladie hépatique était déjà significative. Il est donc très probable que les études provenant des centres spécialisés sélectionnent des malades ayant une maladie hépatique déjà évoluée et, de ce fait, surestiment l'impact global des complications cliniques et la mortalité par rapport à l'ensemble de la population contaminée par le VHC.
Néanmoins, les différences concernant le mode de recrutement des malades ne suffisent pas à expliquer les différences individuelles : à durée d'infection égale, les lésions hépatiques et la vitesse de progression vers la cirrhose sont très variables d'un malade à l'autre [51].
Facteurs influençant la progression de la fibrose
La sévérité des lésions hépatiques dues à l'infection virale C est liée à la progression de la fibrose, qui aboutit à la perturbation majeure de l'architecture hépatique qu'est la cirrhose.
Sur le plan clinique, trois facteurs indépendants principaux influençant la progression de la fibrose ont été identifiés : l'âge au moment de la contamination, la consommation d'alcool et le sexe [7], [51] [52] [53]. Ces facteurs expliquent au moins un tiers de la variabilité de la vitesse de progression de la fibrose [7]. Les malades contaminés après l'âge de 40-50 ans ont une progression de la fibrose beaucoup plus rapide que si la contamination intervient avant cet âge et ce, quel que soit leur stade de fibrose [52] [53] [54]. Pour expliquer ce fait, on invoque le vieillissement de différents mécanismes de défense et celui du système immunitaire. La consommation excessive d'alcool est également un facteur majeur [53], [55]. Son rôle aggravant de la progression de la fibrose est bien établi pour une consommation quotidienne supérieure à 40-50 g [52], [53], [56]. L'influence de ce facteur serait surtout nette chez les malades ayant une fibrose significative (F2 à F4) après 10 ans d'infection et ne concernerait pas (ou peu) les malades ayant une fibrose minime (F1) [53]. L'influence néfaste de quantités plus faibles d'alcool est controversée et se heurte à la difficulté pratique d'obtenir une évaluation précise de la consommation quotidienne. En pratique, il est habituellement conseillé aux malades atteints d'hépatite chronique C de cesser toute consommation régulière d'alcool [5]. Le troisième facteur principal mis en évidence est le sexe. Les femmes ont dans l'ensemble une progression de la fibrose plus lente que les hommes [52]. Cette différence serait surtout nette en cas de fibrose importante (F3 ou F4) et après 20 ans d'infection [53]. On invoque un effet inhibiteur des oestrogènes sur la fibrogenèse, suggéré par certains travaux expérimentaux [57].
L'obésité et les troubles métaboliques fréquemment associés (diabète de type 2, hyperlipidémie) pourraient accélerer la progression de la fibrose par l'intermédiaire d'une stéatose hépatique [58], [59]. L'obésité viscérale (reflétée par la mesure du tour de taille) serait plus en cause que l'obésité globale (reflétée par l'indice de masse corporelle) [58]. Dans l'étude récente de Ratziu et al. [60], le surpoids et ses complications métaboliques semblaient surtout intervenir au stade de fibrose évoluée (F3 ou F4). La confirmation de l'influence néfaste de ce facteur pourrait déboucher sur des conseils pratiques d'amaigrissement et de correction des troubles métaboliques. Le rôle du tabac a été suggéré récemment ; il nécessite confirmation. La conséquence pratique pour les malades serait l'arrêt du tabagisme [61].
Si l'existence et le rôle aggravant éventuel de la surcharge en fer a été évoqué, cette surcharge ne paraît pas en rapport avec la mutation hétérozygote C282Y du gène HFE [59], [62]. L'influence d'autres facteurs, tels que l'activité histologique, le mode de contamination, le génotype et la charge virale, paraît faible voire absente [53]. Enfin, la coinfection par le VHB et le VIH ainsi que l'immunodépression ont un rôle aggravant.


Modèles de progression de la fibrose

Des modèles théoriques de progression de la fibrose ont été établis en prenant en compte les différents facteurs identifiés précédemment [7]. Ces modèles ont pour objectif d'identifier des profils de malades ayant une vitesse de progression différente, afin d'essayer de prévoir le délai d'évolution vers la cirrhose. Dans le modèle de Poynard et al. [52], en l'absence de traitement, la médiane globale de progression vers la cirrhose était de 30 ans. Les malades ont été séparés en trois groupes : les "fibroseurs rapides", les "fibroseurs intermédiaires" et les "fibroseurs lents" : 33 % des malades aboutissaient à la cirrhose en moins de 20 ans et 31 % en plus de 50 ans [7]. À titre d'exemple, une femme contaminée avant 40 ans et consommant moins de 50 g/j d'alcool avait un risque très faible de progression vers la cirrhose (médiane : 42 ans) ; à l'opposé, un homme contaminé après 40 ans avait une médiane de progression vers la cirrhose de 13 ans.
Le premier modèle proposé par Poynard et al. considérait que la vitesse de progression de la fibrose était un phénomène linéaire [52]. En fait, cette linéarité n'a pas été démontrée à long terme. Des études plus récentes suggèrent que la vitesse de progression de la fibrose pourrait augmenter avec le temps. Dans une étude plus récente de Poynard et al. [53], l'histoire naturelle a été remodelée en 4 périodes successives. La progression de la fibrose, à peu près linéaire au sein de chaque période, augmentait progressivement d'une période à l'autre : très lente (pendant 10 ans), lente (pendant 15 ans), intermédiaire (pendant 10 ans) et rapide (pendant 5 ans). L'augmentation était surtout importante après l'âge de 50 ans : la vitesse de progression de la fibrose était 300 fois plus rapide entre 61 et 70 ans qu'entre 21 et 40 ans [7]. Cette hypothèse d'une accélération de la progression de la fibrose après 50 ans pourrait tempérer les jugements optimistes concernant l'évolution des malades contaminés très jeunes dont le devenir réel à long terme est encore inconnu.
Ces modèles restent néanmoins des simulations fondées sur des hypothèses issues des données fragmentaires disponibles, reposant sur une seule biopsie hépatique et sont amenés à être modifiés. L'influence sur la progression de la fibrose de certains facteurs est encore imprécise (surpoids et troubles métaboliques, tabagisme). Il existe probablement d'autres facteurs encore inconnus. Des études prospectives, avec des biopsies hépatiques répétées, sur de larges cohortes de malades sont nécessaires.


Cirrhose

C'est presque exclusivement à ce stade que surviennent les complications responsables de la morbidité et de la mortalité de la maladie, la décompensation de la cirrhose et le CHC [48]. En France, l'hépatite chronique C est la deuxième cause de cirrhose et de CHC, après la consommation excessive d'alcool, ces deux causes étant assez souvent associées [63].

Décompensation et carcinome hépatocellulaire

Un malade atteint de cirrhose peut être longtemps asymptomatique (cirrhose "compensée"). Il est néanmoins menacé par la décompensation de la cirrhose et la survenue d'un CHC. La décompensation (traduite cliniquement par une ascite, un ictère ou une hémorragie digestive par rupture de varices oesophagiennes) résulte de la détérioration de la fonction hépatique et de l'aggravation de l'hypertension portale, du fait de la persistance et de l'aggravation des lésions d'hépatite chronique. Le développement du CHC résulte principalement des altérations précancéreuses du parenchyme cirrhotique. En effet, ce parenchyme présente fréquemment des altérations génétiques [64], et le caractère monoclonal de la moitié environ des micro- [65] ou macronodules [66] de régénération d'aspect bénin suggère fortement que la cirrhose est une maladie pré-néoplasique. Le rôle carcinogène direct du VHC est resté longtemps controversé, en raison notamment de l'absence d'intégration de son génome dans celui de la cellule hôte [4]. Cependant, certaines protéines virales pourraient intervenir dans les mécanismes de carcinogenèse, en particulier la protéine de capside [67].
L'incidence de survenue des complications de la cirrhose a été évaluée dans plusieurs études réalisées chez des malades atteints de cirrhose C compensée tableau III [68] [69] [70] [71] [72] [73] [74] [75] [76] [77]. L'évaluation de l'histoire naturelle de la cirrhose C est gênée par l'hétérogénéité du suivi d'une étude à l'autre et par le fait qu'une proportion notable de malades a été traitée par l'interféron, ce qui pourrait modifier l'incidence du CHC [74]. Au moins pendant les 5 premières années d'évolution, l'incidence annuelle de survenue de la décompensation est de l'ordre de 3 à 5 %, et celle du CHC de 2 à 4 % tableau III. Le risque de survenue d'un CHC n'est cependant pas identique d'un malade à l'autre. Les facteurs prédictifs indépendants principaux sont l'âge supérieur à 55-60 ans [69], [70], [75], le sexe masculin [69], [70], [75], la présence de varices oesophagiennes [70], [72], un nombre de plaquettes bas [70], une bilirubinémie augmentée [70] et une augmentation de la concentration de l'alpha-foetoprotéine dans le sérum [72], [75]. Le rôle carcinogène additionnel de l'alcool est controversé [55]. L'existence fréquente d'une coinfection occulte par le VHB [78], [79], si elle est confirmée, pourrait également favoriser le développement du CHC.


Survie. Transplantation hépatique

Globalement, le risque annuel de décès chez les malades atteints de cirrhose C est de l'ordre de 2 à 5 % tableau III. À la différence de ce qui est observé dans les cohortes de malades atteints d'hépatite chronique sans cirrhose tableau II, la plupart de ces décès sont en rapport avec la maladie hépatique, qu'il s'agisse d'un CHC ou d'une insuffisance hépatocellulaire. Les facteurs prédictifs indépendants du décès ne sont pas spécifiques de la cirrhose C. Il s'agit principalement de l'âge supérieur à 55 ans [70] et du sexe masculin [74], ainsi que de facteurs reflétant le caractère évolué de la cirrhose : la bilirubinémie [71], [72], le nombre de plaquettes [70], [71], l'albuminémie [70], [72] [73] [74], [76], le taux de prothrombine [72] et la présence de varices oesophagiennes [70].
Après la survenue de la première décompensation de la cirrhose, le risque de décès augmente de façon importante. L'incidence annuelle du décès est alors de l'ordre de 10 % [71], [73]. L'espérance de vie à 5 ans est donc inférieure à 50 % en l'absence de transplantation hépatique. Cette dernière est envisagée principalement en cas de décompensation clinique de la cirrhose (ascite réfractaire, infection spontanée du liquide d'ascite), d'un risque non contrôlé d'hémorragie digestive par rupture de varices oesophagiennes ou en cas de survenue d'un CHC [80].
La cirrhose C est actuellement la première indication de transplantation hépatique en Europe et aux États-Unis [80], [81]. Entre 1988 et 1998, elle a représenté 19 % des indications en Europe [81]. En France, c'était la deuxième cause de transplantation après la cirrhose alcoolique : 17 % des cas de transplantation (versus 27 % pour la cirrhose alcoolique) en 1998 [81]. Si l'on ajoute les cas de CHC liés au VHC transplantés, la cirrhose C représente donc environ 20 % des 700 à 800 transplantations hépatiques réalisées chaque année dans notre pays. En 2000, 144 malades atteints de cirrhose C ont été inscrits en France sur une liste de transplantation (14 % de la totalité des malades inscrits) [82].


Conclusions

L'amélioration de la connaissance de l'histoire naturelle de l'infection chronique par le VHC figure 1, même si elle est encore imparfaite, permet schématiquement d'identifier 4 groupes principaux de malades.
Les malades ayant une sérologie VHC positive et une recherche négative (confirmée) de l'ARN du VHC dans le sérum
Ces malades n'ont pas de lésions histologiques hépatiques significatives et sont probablement guéris. Néanmoins, la réalité de l'éradication virale complète et la stabilité de cette situation à long terme doivent encore être confirmées.
Les malades ayant une infection chronique et des lésions hépatiques minimes et une absence de facteurs favorisant la progression de la cirrhose
Il s'agit souvent de malades jeunes ayant une activité des aminotransférases sériques normale (ou peu élevée) de façon permanente. Il est peu probable qu'un traitement antiviral efficace modifie significativement l'espérance de vie à court ou moyen terme. Ce pronostic favorable doit néanmoins être tempéré par la possibilité d'une accélération de la progression des lésions à partir d'un certain âge (après l'âge de 50 ans ?). La périodicité des examens de surveillance destinés à détecter l'aggravation des lésions reste à définir. Le pronostic et la surveillance reposent actuellement sur la ponction biopsie hépatique. La mise au point de méthodes non invasives, permettant d'éviter (ou de limiter) le recours à la biopsie hépatique, est un domaine de recherche important [83]. Enfin, ces malades ont souvent des troubles psychologiques et une altération de la qualité de vie qui doivent être pris en considération. Du fait de l'origine probablement réactionnelle de ces troubles, il paraît utile d'améliorer l'information des malades, notamment concernant le pronostic favorable, au moins à moyen terme.
Les malades ayant des lésions hépatiques significatives sans cirrhose constituée et/ou des facteurs de risque d'aggravation des lésions
Le but principal de la prise en charge est d'éviter la constitution de lésions hépatiques sévères, surtout une cirrhose. Ces malades représentent actuellement l'indication privilégiée du traitement, l'éradication virale permettant d'obtenir la stabilisation, voire la régression, des lésions hépatiques. La lutte contre les facteurs incriminés dans l'aggravation des lésions (consommation excessive d'alcool et surpoids ou obésité notamment) est également une priorité.
Les malades ayant une cirrhose constituée
Ces malades sont menacés à court terme de complications graves et de décès. Le risque est cependant variable d'un malade à l'autre. Il est nécessaire de mettre au point des indicateurs simples permettant d'évaluer le risque de décompensation ou de CHC. La prise en charge des malades est fondée sur des mesures communes à tous les malades atteints de cirrhose, quelle qu'en soit la cause : arrêt de toute consommation d'alcool, traitement préventif des ruptures de varices oesophagiennes [84], dépistage et traitement précoce du CHC [85], [86]. De plus, s'il parvient à éradiquer l'infection virale, le traitement pourrait réduire l'incidence de ces complications [87]. Il est possible également que l'interféron joue un rôle propre par un effet antifibrosant spécifique. Enfin, il est urgent de permettre un accès plus large et surtout plus rapide à la transplantation hépatique, seul traitement permettant d'obtenir une survie à long terme en cas d'insuffisance hépatocellulaire terminale ou de CHC.


Figure 1. Propositions concernant l'histoire naturelle de l'infection par le VHC. Le pourcentage réel de guérison est inconnu. En cas d'infection chronique, il existe habituellement des lésions histologiques du foie, mais leur intensité est très variable, de l'hépatite minime jusqu'à l'hépatite très sévère. Les incidences annuelles de survenue de la décompensation, du carcinome hépatocellulaire (CHC) et du décès concernent les malades atteints de cirrhose. N : normale. PBH : ponction biopsie hépatique.
Proposals about the natural history of HCV infection. The true proportion of recovery is unknown. In patients with chronic infection, histological lesions are nearly constant but markedly vary, from mild to severe hepatitis. Annual incidences of decompensation, hepatocellular carcinoma and death have been estimated in patients with cirrhosis.



[1] Lauer GM, Walker BD. Hepatitis C virus infection. N Engl J Med 2001;345:41-52.
[2] Hirsch KR, Wright TL. "Silent killer" or benign disease? The dilemma of hepatitis C virus outcomes. Hepatology 2000;31:536-7.
[3] Alberti A, Chemello L, Benvegnu L. Natural history of hepatitis C. J Hepatol 1999;31:17-24.
[4] Colombo M. Natural history and pathogenesis of hepatitis C virus related hepatocellular carcinoma. J Hepatol 1999;31:25-30.
[5] EASL International Consensus Conference on hepatitis C. Paris, 26-27 February 1999. Consensus statement. J Hepatol 1999;31:3-8.
[6] Marcellin P. Hepatitis C: the clinical spectrum of the disease. J Hepatol 1999;31:9-16.
[7] Poynard T, Ratziu V, Benhamou Y, Opolon P, Cacoub P, Bedossa P. Natural history of HCV infection. Best Pract Res Clin Gastroenterol 2000;14:211-28.
[8] Orland JR, Wright TL, Cooper S. Acute hepatitis C. Hepatology 2001;33:321-7.
[9] Chu CM, Yeh CT, Liaw YF. Fulminant hepatic failure in acute hepatitis C: increased risk in chronic carriers of hepatitis B virus. Gut 1999;45:613-7.
[10] Villano SA, Vlahov D, Nelson KE, Cohn S, Thomas DL. Persistence of viremia and the importance of long-term follow-up after acute hepatitis C infection. Hepatology 1999;29:908-14.
[11] Barrett S, Kieran N, Ryan E, O'Keane JC, Crowe J. Intrahepatic hepatitis C viral RNA status of serum polymerase chain reaction-negative individuals with histological changes on liver biopsy. Hepatology 2001;33:1496-502.
[12] Martinot-Peignoux M, Boyer N, Cazals-Hatem D, Pham BN, Gervais A, Le Breton V, et al. Prospective study on anti-hepatitis C virus-positive patients with persistently normal serum alanine transaminase with or without detectable serum hepatitis C virus RNA. Hepatology 2001;34:1000-5.
[13] Barrett S, Goh J, Coughlan B, Ryan E, Stewart S, Cockram A, et al. The natural course of hepatitis C virus infection after 22 years in a unique homogenous cohort: spontaneous viral clearance and chronic HCV infection. Gut 2001;49:423-30.
[14] Kenny-Walsh E, Irish Hepatology Research Group. Clinical outcomes after hepatitis C infection from contaminated anti-D immune globulin. N Engl J Med 1999; 340:1228-33.
[15] Rodger AJ, Roberts S, Lanigan A, Bowden S, Brown T, Crofts N. Assessment of long-term outcomes of community-acquired hepatitis C infection in a cohort with sera stored from 1971 to 1975. Hepatology 2000;32:582-7.
[16] Pontisso P, Bellati G, Brunetto M, Chemello L, Colloredo G, di Stefano R, et al. Hepatitis C virus RNA profiles in chronically infected individuals: do they relate to disease activity? Hepatology 1999;29:585-9.
[17] Yeo AE, Ghany M, Conry-Cantilena C, Melpolder JC, Kleiner DE, Shih JW, et al. Stability of HCV-RNA level and its lack of correlation with disease severity in asymptomatic chronic hepatitis C virus carriers. J Viral Hepat 2001;8:256-63.
[18] Fanning L, Kenny-Walsh E, Levis J, Choudhury KR, Cannon B, Sheehan M, et al. Natural fluctuations of hepatitis C viral load in a homogeneous patient population: a prospective study. Hepatology 2000;31:225-9.
[19] Gordon SC, Dailey PJ, Silverman AL, Khan BA, Kodali VP, Wilber JC. Sequential serum hepatitis C viral RNA levels longitudinally assessed by branched DNA signal amplification. Hepatology 1998;28:1702-6.
[20] Yokosuka O, Kojima H, Imazeki F, Tagawa M, Saisho H, Tamatsukuri S, et al. Spontaneous negativation of serum hepatitis C virus RNA is a rare event in type C chronic liver diseases: analysis of HCV RNA in 320 patients who were followed for more than 3 years. J Hepatol 1999;31:394-9.
[21] Kuramoto IK, Moriya T, Schoening V, Holland PV. Fluctuation of serum HCV-RNA levels in untreated blood donors with chronic hepatitis C virus infection. J Viral Hepat 2002;9:36-42.
[22] Duvoux C, Pawlotsky JM, Bastie A, Cherqui D, Soussy CJ, Dhumeaux D. Low HCV replication levels in end-stage hepatitis C virus-related liver disease. J Hepatol 1999;31:593-7.
[23] Dries V, Von Both I, Muller M, Gerken G, Schirmacher P, Odenthal M, et al. Detection of hepatitis C virus in paraffin-embedded liver biopsies of patients negative for viral RNA in serum. Hepatology 1999;29:223-9.
[24] Haydon GH, Jarvis LM, Blair CS, Simmonds P, Harrison DJ, Simpson KJ, et al. Clinical significance of intrahepatic hepatitis C virus levels in patients with chronic HCV infection. Gut 1998;42:570-5.
[25] Saadeh S, Cammell G, Carey WD, Younossi Z, Barnes D, Easley K. The role of liver biopsy in chronic hepatitis C. Hepatology 2001;33:196-200.
[26] Jamal MM, Soni A, Quinn PG, Wheeler DE, Arora S, Johnston DE. Clinical features of hepatitis C-infected patients with persistently normal alanine transaminase levels in the Southwestern United States. Hepatology 1999;30:1307-11.
[27] Mathurin P, Moussalli J, Cadranel JF, Thibault V, Charlotte F, Dumouchel P, et al. Slow progression rate of fibrosis in hepatitis C virus patients with persistently normal alanine transaminase activity. Hepatology 1998;27:868-72.
[28] Inglesby TV, Rai R, Astemborski J, Gruskin L, Nelson KE, Vlahov D, et al. A prospective, community-based evaluation of liver enzymes in individuals with hepatitis C after drug use. Hepatology 1999;29:590-6.
[29] Persico M, Persico E, Suozzo R, Conte S, de Seta M, Coppola L, et al. Natural history of hepatitis C virus carriers with persistently normal aminotransferase levels. Gastroenterology 2000;118:760-4.
[30] Cividini A, Rebucci C, Silini E, Mondelli MU. Is the natural history of hepatitis C virus carriers with normal aminotransferase really benign? Gastroenterology 2001;121:1526-7.
[31] Foster GR. Hepatitis C virus infection: quality of life and side effects of treatment. J Hepatol 1999;31:250-4.
[32] Fontana RJ, Hussain KB, Schwartz SM, Moyer CA, Su GL, Lok ASF. Emotional distress in chronic hepatitis C patients not receiving antiviral therapy. J Hepatol 2002 (sous presse).
[33] Koff RS. Impaired health-related quality of life in chronic hepatitis C: the how, but not the why. Hepatology 1999;29:277-9.
[34] Bonkovsky HL, Woolley JM, and the Consensus Interferon Study Group. Reduction of health-related quality of life in chronic hepatitis C and improvement with interferon therapy. Hepatology 1999;29:264-70.
[35] Rodger AJ, Jolley D, Thompson SC, Lanigan A, Crofts N. The impact of diagnosis of hepatitis C virus on quality of life. Hepatology 1999;30:1299-301.
[36] Ware JE, Jr., Bayliss MS, Mannocchia M, Davis GL, and the Interventional Therapy Group. Health-related quality of life in chronic hepatitis C: impact of disease and treatment response. Hepatology 1999;30:550-5.
[37] Gershon AS, Margulies M, Gorczynski RM, Heathcote EJ. Serum cytokine values and fatigue in chronic hepatitis C infection. J Viral Hepat 2000;7:397-402.
[38] Piche T, Schneider SM, Tran A, Benzaken S, Rampal P, Hebuterne X. Resting energy expenditure in chronic hepatitis C. J Hepatol 2000;33:623-7.
[39] Forton DM, Allsop JM, Main J, Foster GR, Thomas HC, Taylor-Robinson SD. Evidence for a cerebral effect of the hepatitis C virus. Lancet 2001;358:38-9.
[40] Datz C, Cramp M, Haas T, Dietze O, Nitschko H, Froesner G, et al. The natural course of hepatitis C virus infection 18 years after an epidemic outbreak of non-A, non-B hepatitis in a plasmapheresis centre. Gut 1999;44:563-7.
[41] Franchini M, Rossetti G, Tagliaferri A, Capra F, de Maria E, Pattacini C, et al. The natural history of chronic hepatitis C in a cohort of HIV-negative Italian patients with hereditary bleeding disorders. Blood 2001;98:1836-41.
[42] Seeff LB, Hollinger FB, Alter HJ, Wright EC, Cain CM, Buskell ZJ, et al. Long-term mortality and morbidity of transfusion-associated non-A, non-B, and type C hepatitis: a National Heart, Lung, and Blood Institute collaborative study. Hepatology 2001;33:455-63.
[43] Wiese M, Berr F, Lafrenz M, Porst H, Oesen U. Low frequency of cirrhosis in a hepatitis C (genotype 1b) single-source outbreak in Germany: a 20-year multicenter study. Hepatology 2000;32:91-6.
[44] Seeff LB, Miller RN, Rabkin CS, Buskell-Bales Z, Straley-Eason KD, Smoak BL, et al. 45-year follow-up of hepatitis C virus infection in healthy young adults. Ann Intern Med 2000;132:105-11.
[45] Forns X, Ampurdanes S, Sanchez-Tapias JM, Guilera M, Sans M, Sanchez-Fueyo A, et al. Long-term follow-up of chronic hepatitis C in patients diagnosed at a tertiary-care center. J Hepatol 2001;35:265-71.
[46] Ikeda K, Saitoh S, Suzuki Y, Kobayashi M, Tsubota A, Koida I, et al. Disease progression and hepatocellular carcinogenesis in patients with chronic viral hepatitis: a prospective observation of 2,215 patients. J Hepatol 1998;28:930-8.
[47] Khan MH, Farrell GC, Byth K, Lin R, Weltman M, George J, et al. Which patients with hepatitis C develop liver complications? Hepatology 2000;31:513-20.
[48] Niederau C, Lange S, Heintges T, Erhardt A, Buschkamp M, Hurter D, et al. Prognosis of chronic hepatitis C: results of a large, prospective cohort study. Hepatology 1998;28:1687-95.
[49] Tong MJ, Elfarra NS, Reikes AR, Co RL. Clinical outcomes after transfusion-associated hepatitis C. N Engl J Med 1995;332:1463-6.
[50] Yoshida H, Shiratori Y, Moriyama M, Arakawa Y, Ide T, Sata M, et al. Interferon therapy reduces the risk for hepatocellular carcinoma: national surveillance program of cirrhotic and noncirrhotic patients with chronic hepatitis C in Japan. Ann Intern Med 1999;131:174-81.
[51] Freeman AJ, Dore GJ, Law MG, Thorpe M, Von Overbeck J, Lloyd AR, et al. Estimating progression to cirrhosis in chronic hepatitis C virus infection. Hepatology 2001;34:809-16.
[52] Poynard T, Bedossa P, Opolon P, and the OBSVIRC, METAVIR, CLINIVIR, and DOSVIRC groups. Natural history of liver fibrosis progression in patients with chronic hepatitis C. Lancet 1997;349:825-32.
[53] Poynard T, Ratziu V, Charlotte F, Goodman Z, McHutchison J, Albrecht J. Rates and risk factors of liver fibrosis progression in patients with chronic hepatitis C. J Hepatol 2001;34:730-9.
[54] Matsumura H, Moriyama M, Goto I, Tanaka N, Okubo H, Arakawa Y. Natural course of progression of liver fibrosis in Japanese patients with chronic liver disease type C. A study of 527 patients at one establishment. J Viral Hepat 2000;7:268-75.
[55] Degos F. Hepatitis C and alcohol. J Hepatol 1999;31:113-8.
[56] Wiley TE, McCarthy M, Breidi L, Layden TJ. Impact of alcohol on the histological and clinical progression of hepatitis C infection. Hepatology 1998;28:805-9.
[57] Bissell DM. Sex and hepatic fibrosis. Hepatology 1999;29:988-9.
[58] Adinolfi LE, Gambardella M, Andreana A, Tripodi MF, Utili R, Ruggiero G. Steatosis accelerates the progression of liver damage of chronic hepatitis C patients and correlates with specific HCV genotype and visceral obesity. Hepatology 2001;33:1358-64.
[59] Hourigan LF, Macdonald GA, Purdie D, Whitehall VH, Shorthouse C, Clouston A, et al. Fibrosis in chronic hepatitis C correlates significantly with body mass index and steatosis. Hepatology 1999;29:1215-9.
[60] Ratziu V, Munteanu M, Bonyhay L, Charlotte F, Opolon P, Poynard T. Impact du surpoids dans la progression de la fibrose au cours de l'hépatite C (résumé). Gastroenterol Clin Biol 2001 ; 25 : A15.
[61] Pessione F, Ramond MJ, Njapoum C, Duchatelle V, Degott C, Erlinger S, et al. Cigarette smoking and hepatic lesions in patients with chronic hepatitis C. Hepatology 2001;34:121-5.
[62] Hézode C, Cazeneuve C, Coue O, Roudot-Thoraval F, Lonjon I, Bastie A, et al. Liver iron accumulation in patients with chronic active hepatitis C: prevalence and role of hemochromatosis gene mutations and relationship with hepatic histological lesions. J Hepatol 1999;31:979-84.
[63] Chevret S, Trinchet JC, Mathieu D, Rached AA, Beaugrand M, Chastang C et al. A new prognostic classification for predicting survival in patients with hepatocellular carcinoma. J Hepatol 1999;31:133-41.
[64] Yeh SH, Chen PJ, Shau WY, Chen YW, Lee PH, Chen JT, et al. Chromosomal allelic imbalance evolving from liver cirrhosis to hepatocellular carcinoma. Gastroenterology 2001;121:699-709.
[65] Paradis V, Dargère D, Bonvoust F, Rubbia-Brandt L, Bioulac-Sage P, Bedossa P. La cirrhose est une maladie néoplasique : étude de la clonalité des micronodules cirrhotiques (résumé). Gastroenterol Clin Biol 2001 ; 25 Suppl 1 : A17.
[66] Paradis V, Laurendeau I, Vidaud M, Bedossa P. Clonal analysis of macronodules in cirrhosis. Hepatology 1998;28:953-8.
[67] McLauchlan J. Properties of the hepatitis C virus core protein: a structural protein that modulates cellular processes. J Viral Hepat 2000;7:2-14.
[68] Benvegnu L, Pontisso P, Cavalletto D, Noventa F, Chemello L, Alberti A. Lack of correlation between hepatitis C virus genotypes and clinical course of hepatitis C virus-related cirrhosis. Hepatology 1997;25:211-5.
[69] Bruno S, Silini E, Crosignani A, Borzio F, Leandro G, Bono F, et al. Hepatitis C virus genotypes and risk of hepatocellular carcinoma in cirrhosis: a prospective study. Hepatology 1997;25:754-8.
[70] Degos F, Christidis C, Ganne-Carrie N, Farmachidi JP, Degott C, Guettier C, et al. Hepatitis C virus related cirrhosis: time to occurrence of hepatocellular carcinoma and death. Gut 2000;47:131-6.
[71] Fattovich G, Giustina G, Degos F, Tremolada F, Diodati G, Almasio P, et al. Morbidity and mortality in compensated cirrhosis type C: a retrospective follow-up study of 384 patients. Gastroenterology 1997;112:463-72.
[72] Gramenzi A, Andreone P, Fiorino S, Camma C, Giunta M, Magalotti D, et al. Impact of interferon therapy on the natural history of hepatitis C virus related cirrhosis. Gut 2001;48:843-8
[73] Hu KQ, Tong MJ. The long-term outcomes of patients with compensated hepatitis C virus-related cirrhosis and history of parenteral exposure in the United States. Hepatology 1999;29:1311-6.
[74] Nishiguchi S, Shiomi S, Nakatani S, Takeda T, Fukuda K, Tamori A, et al. Prevention of hepatocellular carcinoma in patients with chronic active hepatitis C and cirrhosis. Lancet 2001;357:196-7.
[75] Romeo R, Rumi MG, Delninno E, Colombo M. Hepatitis C virus genotype 1b and risk of hepatocellular carcinoma. Hepatology 1997;26:1077.
[76] Serfaty L, Aumaitre H, Chazouillères O, Bonnand AM, Rosmorduc O, Poupon RE, et al. Determinants of outcome of compensated hepatitis C virus-related cirrhosis. Hepatology 1998;27:1435-40.
[77] Valla DC, Chevallier M, Marcellin P, Payen JL, Trepo C, Fonck M, et al. Treatment of hepatitis C virus-related cirrhosis: a randomized, controlled trial of interferon alfa-2b versus no treatment. Hepatology 1999;29:1870-5.
[78] Cacciola I, Pollicino T, Squadrito G, Cerenzia G, Orlando ME, Raimondo G. Occult hepatitis B virus infection in patients with chronic hepatitis C liver disease. N Engl J Med 1999;341:22-6.
[79] Kazemi-Shirazi L, Petermann D, Muller C. Hepatitis B virus DNA in sera and liver tissue of HBsAg negative patients with chronic hepatitis C. J Hepatol 2000;33:785-90.
[80] Berenguer M, Wright TL. Hepatitis C and liver transplantation. Gut 1999;45:159-63.
[81] Duvoux C, Malassagne B, Métreau JM, Hézode C, Cherqui D. Transplantation hépatique de l'adulte : indications, résultats et suivi post-opératoire. Gastroenterol Clin Biol 1999 ; 24 : 557-66.
[82] Établissement Français des Greffes. Rapport d'activité, 2000.
[83] Imbert-Bismut F, Ratziu V, Pieroni L, Charlotte F, Benhamou Y, Poynard T. Biochemical markers of liver fibrosis in patients with hepatitis C virus infection: a prospective study. Lancet 2001;357:1069-75.
[84] Club Francophone de l'Hypertension Portale. Traitement de l'hypertension portale. Recommandations. Gastroenterol Clin Biol 1999 ; 23 : 353-4.
[85] Bolondi L, Sofia S, Siringo S, Gaiani S, Casali A, Zironi G, et al. Surveillance programme of cirrhotic patients for early diagnosis and treatment of hepatocellular carcinoma: a cost effectiveness analysis. Gut 2001;48:251-9.
[86] Yuen MF, Cheng CC, Lauder IJ, Lam SK, Ooi CGC, Lai CL. Early detection of hepatocellular carcinoma increases the chance of treatment: Hong Kong experience. Hepatology 2000;31:330-5.
[87] Castera L, Roulot D, Trinchet JC, Beaugrand M. Faut-il traiter par les antiviraux les malades atteints de cirrhose virale C ? Gastroenterol Clin Biol 2001 ; 25 : 509-13.




 


 Hit-Parade