Le Sevrage
L’envie de boire (le désir), l’envie d’alcool.
La réalcoolisation
Le sevrage
Le sevrage est le traitement de la dépendance physique. Il vise à supprimer le besoin d’alcool sans souffrance, ni risque. Il dure en moyenne de 7 à 10 jours et répond à un protocole bien précis et codifié. Il est préférable que le sevrage ne se fasse pas seul, sans accompagnement médico-social. Le sevrage nécessite une préparation avec l’ensemble de l’équipe, plus ou moins longue et décidée avec l’accord du patient. Cette phase, très importante, s’inscrit dans le modèle de changement de Di Clemente et Proshaska et vise à renforcer la motivation et le désir de changement. Par la suite, peuvent coexister des sentiments contradictoires : satisfaction d’une liberté retrouvée, disparition de la souffrance du manque, retour à l’estime de soi… mais aussi sentiment de vide, sentiment d’isolement, perte de désir sexuel parfois… C’est la situation de « sans alcool ». Tous ces sentiments ambivalents de joie et de tristesse, de toute puissance retrouvée et d’impuissance face à de petits événements de la vie quotidienne… peuvent alterner au cours des semaines voire d’une même journée. Ils signent la seconde dépendance, celle qui est au coeur de la dépendance de tout malade alcoolique : l’envie de boire (le désir), l’envie d’alcool.
L’envie de boire (le désir), l’envie d’alcool.
Elle ne doit pas effrayer, ni inquiéter. Tous les malades alcooliques la ressentent pendant parfois des années. Auparavant, dans l'alcool, envie (la dépendance psychique) et besoin (la dépendance physique) coexistaient : la seule réponse possible était «boire», un acte aussi tyrannique et absolu que le besoin de respirer. Après le sevrage, différer l'envie d'alcool devient possible. Pour pouvoir la différer, il faut d'abord la reconnaître, ne pas en avoir peur, et, plus encore pouvoir anticiper les situations de la vie où l'alcool risque d'être le plus présent. Souvent, ce sont des situations de stress ou de tristesse qui sont envisagées comme dangereuses ; or, les situations de joie sont autant de situations à risque. En effet, plus que les évènements en eux-mêmes, ce sont les émotions qui les accompagnent (qu'elles soient positives ou négatives) que l'alcool vient apaiser. Le contrôle des émotions fait donc partie intégrante du parcours. Progressivement, les envies d'alcool seront maîtrisées, puis s'éloigneront pour céder la place au “hors alcool”. Ce chemin peut être jalonné d'accidents de parcours.
La réalcoolisation
Pendant longtemps le malade alcoolique nourrit l’illusion d’un retour possible à une consommation « comme tout le monde ». La prise d’un verre, un jour, une réalcoolisation, peut être un simple accident de parcours. En parler le plus rapidement possible est indispensable. C’est à ce prix qu’elle ne sera pas un échec, quelle pourra être dédramatisée, analysée, comprise et intégrée comme « accident » dans l’histoire du sujet. Non dite, cachée, elle peut être suivie d’autres verres signant la rechute, c’est-à-dire le retour à la situation d’avant le sevrage, dans la dépendance. Dans le cadre d’un suivi alcoologique, l’éventualité de réalcoolisations doit être évoquée trés tôt avec le patient. Toujours faire appel à votre équipe soignante. Ne jamais s'isoler. Plusieurs personnes sont là pour vous aider, notamment les groupes d'entraide.